Parlons « Education » : pour réfléchir à la manière d’éduquer vos enfants à la lumière des valeurs que vous voulez transmettre

Chers Parents,

Les Chantiers-Education vous invitent à prendre du temps pour réfléchir à la manière d’éduquer vos enfants à la lumière des valeurs que vous voulez transmettre.La réflexion se fait alors en 3 temps :- Je regarde ce qui se vit dans ma propre famille.

– Je réfléchis aux objectifs et au fondement vers lesquels je tends pour éduquer.

– Je regarde alors si je suis en cohérence et j’ajuste ma façon de faire et d’être sinécessaire.

1 Le confinement est une contrainte pour tous et peut-être vécu comme un moment privilégié de prendre du temps ensemble pour construire notre famille et favoriser l’accomplissement de chacun de ses membres.Comment en ce temps particulier notre famille fait « famille » et permet-elle à chacun deses membres de s’accomplir ?

– 1) De quelles façons très concrètement prenons-nous soin les uns des autres ?

– 2) De quoi ai-je besoin pour vivre ce confinement ?

– 3) En quoi est ce important pour moi que chacun prenne soin des uns des autres ?

On pourra selon les âges associer les enfants à cette réflexion.

2 Pour aller plus loin :

– Extraits du Compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise

238

À travers l’œuvre d’éducation, la famille forme l’homme à la plénitude de sa dignité sous toutes ses dimensions, y compris la dimension sociale. En effet, la famille « constitue une communauté d’amour et de solidarité, apte de façon unique à enseigner et à transmettre des valeurs culturelles, éthiques, sociales,spirituelles et religieuses essentielles au développement et au bien-être de ses propres membres et de la société ». En exerçant sa mission éducative, la famille contribue au bien commun et constitue la première école de vertus sociales, dont toutes les sociétés ont besoin. Les personnes sont aidées en famille à grandir dans la liberté et dans la responsabilité,prémisses indispensables pour remplir toutes sortes de tâches dans la société. En outre, l’éducation permet de communiquer, pour qu’elles soient assimilées et qu’elles deviennent propres à chacun, certaines valeurs fondamentales, nécessaires pour être des citoyens libres, honnêtes et responsables.

239

La famille joue un rôle tout à fait original et irremplaçable dans l’éducation des enfants. L’amour des parents, en se mettant au service des enfants pour les aider à tirer d’eux (« e-ducere ») le meilleur d’eux-mêmes, trouve sa pleine réalisation précisément dans la tâche de l’éducation: « De source qu’il était, l’amour des parents devient ainsi l’âme et donc la norme qui inspirent et guident toute l’action éducative concrète, en l’enrichissant des valeurs de douceur, de constance, de bonté, de service, de désintéressement, d’esprit de sacrifice, qui sont les fruits les plus précieux de l’amour ».

– Vidéos de Vies de Famille

vidéo « Le lien vertueux entre les générations est une garantie [d’avenir], et c’est une garantie d’une histoire vraiment humaine », Pape François, Exhortation apostolique Amoris Laetitia, §189, 2016. Ainsi, d’histoires en histoires, la grande histoire d’une famille se construit, de générations en générations. Fonder sa propre famille prend alors un sens de continuité et de nouveauté : avoir des enfants, faire perdurer le nom familial, avoir un nouveau livret de famille, signe d’une toute nouvelle famille… alors quand la petite famille s’élargit, c’est toute une famille qui s’agrandit et traverse les années ! Témoignage et points de repères dans Vies de Famille.

Vidéo Vivre ensemble, partager des événements familiaux, autant de moments qui permettent de créer des liens entre les différents membres de lafamille, et de construire son identité autour de valeurs communes.Quelles sont les valeurs qui sont reçues, transmises au sein d’une famille? En quoi cela permet-il à la famille de se construire comme famille, dans son quotidien ?

Vidéo C’est dans la famille que les enfants font leurs premiers pas, que les parents deviennent eux-mêmes parents, et que se fait également l’apprentissage de la vie en communauté. Si l’on y grandit physiquement, la famille est donc aussi un lieu d’apprentissage humain et spirituel pour tous. En quoi la famille est-elle essentielle pour grandir ?

Quelques réflexions sur…la gestion des écrans,… le rôle des époux… et la charte du confinement…

Comment gérer le temps d’écran des enfants en cette période de confinement ?

Par Jacques Henno, journaliste, auteur et conférencier, spécialiste du bon usage des écrans par les enfants*. Père de trois adolescents.

Fermeture des établissements scolaires, des lieux publics interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes, et enfin confinement (que je vous invite, bien sûr, à respecter le plus scrupuleusement possible). Inutile de dire que toutes mes conférences ont été annulées.

En attendant des temps meilleurs et de pouvoir repartir sur les routes, je vous propose quelques conseils pour vous aider à encadrer l’utilisation des réseaux sociaux par vos (pré)adolescentes et (pré)adolescents, qui vont bénéficier d’un peu plus de temps libres au cours des prochaines semaines.

Bien sûr, il est normal, en cette période de confinement, qu’ils veuillent retrouver leurs ami(e)s sur WhatsApp, Instagram, Snapchat, TikTok…

Beaucoup de parents de collégien(ne)s qui, jusqu’ici avaient tenu bon, ont légitimement donné un téléphone mobile ou un smartphone à leur enfant afin qu’il puisse garder le contact avec ses camarades de classe, pour échanger des nouvelles ou travailler en groupes.

Mais, nous parents, pouvons aussi profiter de ces moments – plus longs que d’habitude – que nous allons passer avec eux pour entamer un dialogue constructif au sujet des écrans et plus particulièrement des réseaux sociaux.

C’est d’abord l’occasion d’insister sur le fait que ces semaines sont exceptionnelles. Certes, il sera difficile de reprendre leur appareil à ceux qui viennent d’en avoir un, mais il sera souhaitable de restreindre le temps d’utilisation de tous, une fois la situation sanitaire redevenue normale.

Il faut d’abord encourager la prudence : WhatsApp, qui, normalement, ne permet de créer que des groupes fermés à partir des numéros de téléphone des personnes que l’on connaît, est plus sécurisé, a priori, que les autres réseaux où l’on peut être abordé par des inconnus.

Il faut ensuite rappeler à nos enfants, en termes simples, le modèle économique de ces applications. Lorsque j’interviens devant des collégiens ou des lycéens, je leur explique que ces plateformes n’ont qu’un seul but : leur faire passer le maximum de temps devant leurs écrans afin de pouvoir leur montrer le plus de publicités possibles et, ainsi, maximiser leurs profits. Je leur détaille également quelques astuces mises au point par les Instagram et autres Snapchat pour capter leur attention : l’autoplay (les vidéos qui se déclenchent automatiquement), les flammes sur Snapchat…

Si vous souhaitez en savoir plus sur les conséquences du temps passé par les jeunes sur les réseaux sociaux, je vous invite à lire l’article que j’ai publié en novembre dernier dans le quotidien Les Échos après avoir rencontré une dizaine d’universitaires spécialistes du sujet dans la Silicon Valley : Comment décrocher les ados de leurs écrans ? http://bit.ly/decrocherdesreseaux

Enfin, si, comme moi, vous êtes persuadés que même en la période actuelle, nos enfants ne doivent pas avoir un accès illimité aux réseaux sociaux, mais que leur temps d’écran doit

être encadré, voici quelques conseils pratiques sous forme d’une vidéo de 110 secondes : http://bit.ly/aiderados

Parents confinés, mais unis dans la tempête

_________________________________________________________________

Père Michel Martin-Prével, cb | 29 mars 2020 ALETEIA

Le stress ambiant, parce qu’il génère beaucoup d’insécurité chez les enfants, attend d’abord que les époux soient particulièrement unis entre eux. La maîtrise de soi du capitaine assure la paix pour tout le bateau. Et les époux sont ensemble le capitaine de ce beau navire qu’est la famille, surtout quand la croisière devient une traversée en pleine tempête.

Les époux ne se ressemblent pas mais se complètent. A chacun sa grâce de parent : quand l’un est plus pédagogue avec les écoliers à la maison, l’autre plus moteur pour les moments de jeux et de retrouvailles sympathiques. L’un sait privilégier le rapport de la confidence, l’autre réunir tout le monde autour d’une prière familiale ou d’un projet dans le jardin. La cuisine aussi peut bénéficier des talents des deux époux : l’un s’implique dans l’élaboration des menus, les courses ou la préparation des repas, l’autre dans la vaisselle, la décoration ou l’animation. Etre parent signifie être soi-même, en lien de communion avec l’autre. La confiance en l’autre est la clé. L’unité n’étant pas l’accord sur tout mais le lâcher-prise quand il faut, et la miséricorde pour ce qui ne se passe pas très bien.

S’unir sur l’essentiel

En revanche, la différence n’empêche pas l’unité, qui elle-même engendre la paix. Quatre remarques en ce temps spécial. D’abord, pour s’unir, il faut commencer par s’écouter (nous avons deux oreilles et une seule bouche) avant de vouloir réaliser trop vite son désir. D’où la nécessité d’un dialogue régulier. Ensuite, il est important de bien définir, entre époux d’abord, l’équilibre savant de la famille entre suivi scolaire, temps de jeux, rapport de dialogue à deux, temps de prière, exercice physique… Puis, gardez à l’esprit que la créativité est bien meilleure à deux que tout seul. « Ah tiens, je n’avais pas pensé à cette idée ! » s’exclame-t-on parfois. Enfin, à l’heure où les écrans sont devenus omniprésents, pour le travail aussi bien que pour les loisirs, il est nécessaire de montrer l’exemple en en faisant le strict emploi nécessaire (ce qui laisse de la place aux autres).

Courage ! Marie et Joseph ont été confinés à Nazareth pendant 30 ans ! Régnait alors dans leur famille une solide collaboration de parents : « Ton père et moi », disait Marie à Jésus en s’adressant à lui. Et Joseph était à sa mission : « Il prit l’enfant et sa mère ». Jésus avait une place centrale au milieu d’eux, mais dans la dépendance et l’obéissance absolue. Leur unité fut capitale au milieu des nombreuses épreuves qu’ils ont traversées.

______________________________________________________________________La charte de confinement, le secret d’une ambiance détendue ?

Mathilde de Robien | 23 mars 2020

Depuis que les écoles sont fermées et le télétravail privilégié en raison du coronavirus, parents et enfants font réellement l’expérience de ce que signifie « vivre ensemble ».

Nombreuses sont les familles à avoir rédigé une charte de confinement afin que les règles soient claires et éviter ainsi les tensions.

Heure du lever, rythme des activités scolaires, temps d’écran autorisé, fréquence maximale des caprices déterminée… Ces règles, de nombreux parents ont choisi de les définir rapidement avec leurs enfants pour que cette période de confinement à la maison se déroule au mieux. Et de fait, cette charte peut être rédigée lors d’un « conseil de famille » qui sera amené à trancher des questions délicates telles que l’heure du coucher, le tableau des services, la durée de la prière familiale ou celle de la récréation.

C’est une manière de donner, à tous, un rythme et des repères, pendant cette période si particulière. Un règlement familial qui permet d’organiser les journées, de fixer à tous des petits objectifs et d’éviter ainsi tout sentiment de lassitude qui pourrait légitimement survenir au bout de quelques jours. C’est aussi un outil qui favorise une bonne hygiène de vie, évitant de décaler trop les repas ou les heures de coucher. Cette charte peut être évolutive selon les besoins, les envies ou les recadrages nécessaires.

Tous les membres de la famille sont invités à cosigner le document. Une façon de s’investir dans ce planning inédit et de s’engager à le respecter. Veillez cependant à ce que les objectifs soient réalistes, sans quoi vous allez vite vous décourager. Didier Pleux, docteur en psychologie du développement, soulignait déjà à Aleteia, bien avant le confinement, la nécessité d’établir un « code familial, de la même manière qu’il existe un code de la route, un code civil, un code pénal, afin qu’il y ait des règles bien définies. Ce système permet de ne pas se laisser dépasser par les événements et de ne pas sanctionner à l’émotion », estimait-il. Une charte utile, donc, en ces temps particulièrement troublés. Il ne reste plus qu’à y demeurer fidèle.

Article éducation : « Mission supermarché ! »

Près du rayon des jeux, j’entends un petit bonhomme de 7 ou 8 ans déclarer : « Maman, j’veux ça ! » « Ce n’est pas possible. Certes, tu as fait tout ton travail mais tout n’est pas juste, je pense que tu ne mérites pas de récompense. » Tout doit-il être parfait pour mériter une récompense ? Car si l’enfant a mis toute son énergie et son attention dans un exercice sans le réussir à 100 pour 100, que juger ? la performance ou l’effort de l’enfant ?

Après réflexion, je vous partage les questions suivantes :

– Quand récompenser son enfant ?

– Quand tout est parfait ou encourager ses efforts ?

– Quelles étaient les règles annoncées au départ ?

– Quel est son moteur pour agir ?

– Même s’il cherche ou attend toujours une récompense matérielle, comment les encouragements, le regard positif de ses proches lui donnent confiance en lui ?

Cher enfant, puisses-tu gérer les sentiments, les frustrations, qui t’animent et grandir grâce aux « non » de tes parents dont tu ne comprendras le sens que plus tard.

Chère Maman, quelle que soit la méthode choisie, cherchez la cohérence et la justesse. Respectez la règle fixée, même s’il est dur de résister à cet enfant qui réclame bien fort et profite peut-être d’être en public pour vous tester…

Cher badaud, témoin de la scène, ne jugez pas trop vite ! Vous ne connaissez pas leur histoire, et êtes bien content aujourd’hui de ne pas être sur la scène avec vos têtes blondes, à vous dépatouiller du rayon jeux… (en fait, il ne faudrait jamais y passer avec des enfants, si on ne veut pas de problème !)

Laurence – département du Rhône (69)

Dossier AFC : Eduquer à la fertilité

Vers une prise de conscience d’un enjeu national ? La France est en tête des pays de l’Union Européenne avec ses 758 000 naissances par an mais garde un taux de fécondité en-dessous du seuil de renouvellement des générations. L’État devrait mettre en place prochainement un plan de lutte contre les causes de l’infertilité. Mais ne devrait-on pas plutôt parler, d’une manière plus positive, d’action en faveur de la fertilité ? La CNAFC agit depuis de nombreuses années auprès des adultes et des jeunes pour les inciter à adopter un nouveau regard.

Retrouver la joie d’accueillir un enfant

Le projet de loi de bioéthique rencontre de nombreuses résistances. Dans le même temps, paradoxalement, beaucoup d’initiatives nationales ou associatives voient le jour pour mettre en avant la fertilité dans…

Lire la suite :

https://afc-france.org/societe/questions-de-societe/vie-affective-et-sexuelle/3607-retrouver-la-joie-d-accueillir-un-enfant?utm_source=Oximailing&utm_medium=e-mail&utm_campaign=NL_janvier2020

Parcours TeenSTAR Apprendre à s’ouvrir à la vie

Lors d’une après-midi festive, la fédération des AFC de l’Ariège a proposé une conférence tenue par des animateurs du parcours Teenstar. Il en existe plus d’une centaine qui propose aux adolescents une éducation…

Lire la suite :

https://afc-france.org/societe/questions-de-societe/vie-affective-et-sexuelle/3606-parcours-teenstar-apprendre-a-s-ouvrir-a-la-vie?utm_source=Oximailing&utm_medium=e-mail&utm_campaign=NL_janvier2020

Éduquer à la fertilité – Concrètement

Les AFC vous apportent quelques réflexions pour éduquer à la fertilité à travers des textes du pape François, des conseils de livre ou de formation et la chronique du P. philippe Verdin o.p.

Lire la suite :

https://afc-france.org/societe/questions-de-societe/vie-affective-et-sexuelle/3605-eduquer-a-la-fertilite-concretement?utm_source=Oximailing&utm_medium=e-mail&utm_campaign=NL_janvier2020

Retards de langage chez les enfants : trop d’écrans ?

C’est une étude de Santé publique France qui vient, une fois encore, démontrer la nocivité des écrans pour les plus jeunes de nos enfants. Précisément : les enfants qui ont le nez sur la télé, le smartphone, la tablette ou l’ordinateur avant de dire bonjour à papa et maman ont six fois plus de risques que les autres de présenter des troubles du langage.

L’étude a porté sur 276 enfants âgés de 3 à 6 ans en Ille-et-Vilaine, un département aux marches de Bretagne, préfecture Rennes.

Les résultats publiés par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire montrent que, sur ce panel, 167 enfants ont été diagnostiqués avec des troubles primaires du langage (dysphasie, bégaiement, manque de vocabulaire… non liés à une maladie ou une surdité) et 109 ne présentent aucun retard.

Sur la foi du témoignage des parents, « au cours d’une semaine scolaire classique, 44,3 % des cas [enfants diagnostiqués] et 22 % des témoins [enfants non diagnostiqués] étaient exposés aux écrans le matin avant l’école. Dans les deux groupes, ils étaient seuls face à l’écran 40 % du temps. »

Conclusion de Manon Collet, médecin généraliste et coauteur du dossier, pour 20 Minutes Santé : « Cette étude de cas-témoins montre qu’un enfant qui est exposé aux écrans le matin serait trois fois plus à risque de développer des troubles du langage. Et pour celui qui, en plus, ne parlerait pas avec ses parents après avoir consommé des écrans, le risque serait six fois supérieur. »

Ça vous étonne ? Pas moi.

Il faut dire qu’à observer les recommandations récentes de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), on demeure perplexe, voire inquiet, sur ce qu’elles signifient. En effet, que l’OMS en soit réduite – au nom de la santé, donc – à recommander aux parents de « bannir les écrans pour les enfants de moins de 2 ans et de limiter à une heure par jour leur usage entre 2 et 5 ans » en dit assez long sur la façon dont beaucoup éduquent leur progéniture.

Encore que le mot « élèvent » serait, en l’occurrence, plus juste car, on le devine, le problème est moins l’abondance des écrans que le manque des parents !

Les écrans sont des nounous commodes et finalement peu chères, mais aux conséquences délétères sur le cerveau des gamins : « L’exposition le matin va épuiser la concentration de l’enfant, moins apte aux acquisitions […] Il va répondre de façon réflexe à ce stimulus très important, qui n’a rien à voir avec l’attention volontaire face à un instituteur. L’adulte est capable de contrôler ce réflexe, pas le tout-petit, il est absorbé, en hypervigilance, excité », dit Manon Collet.

Résultat : des gamins qui arrivent en classe surexcités et ayant déjà épuisé toutes leurs capacités de concentration !

Enfin, et c’est sans doute le plus grave dans l’affaire, ces enfants sont seuls devant les écrans. Grégoire Borst, professeur de psychologie du développement à l’université Paris-Descartes, souligne lui aussi ce qui apparaît comme une évidence : « Peut-être que le problème n’est pas l’écran, mais le manque d’interaction avec les parents. » On en revient toujours à cela, constaté à longueur de temps : loin de créer du lien, les écrans isolent le plus souvent. On refuse de le dire, pourtant ils sont plus que jamais un élément majeur dans la construction de cette « fracture sociale » qu’on nous sert à toutes les sauces. Alors, on pourra bien dédoubler les classes, puis dédoubler les dédoublements, jamais on ne rattrapera l’écart qui se creuse dès le berceau entre l’enfant à qui l’on parle, celui qui écoute les histoires lues à l’heure du coucher, qui feuillette un livre assis sur les genoux de ses parents, apprend les mots de leur bouche en les collant sur des images, dit et répète, questionne… Celui qui, surtout, a des réponses à ses questions quand d’autres n’ont pour interlocuteur qu’un parent lui-même vissé à son smartphoneet qui l’éloigne d’un geste d’impatience quand, pauvre de lui, il ose se mettre en travers du paradis virtuel en quémandant un peu d’attention.

Marie Delarue

Ecrivain, musicienne, plasticienne