Enfants, pension de réversion…Ce qui va changer concrètement pour les retraites des femmes

DÉCRYPTAGE – Dans la réforme présentée par Édouard Philippe, les règles vont fortement changer pour la prise en compte de la maternité dans le calcul de la retraite.

Édouard Philippe l’a martelé mercredi, les femmes seront «les grandes gagnantes» de la réforme des retraites. Cette affirmation, qui est depuis sur les lèvres de tout l’exécutif et de la majorité, ne semble pourtant pas si évidente que veut bien laisser l’entendre le premier ministre.

Au contraire les annonces faites n’ont pas dissipé les craintes que le système les pénalise davantage, estiment les nombreux détracteurs du futur régime universel. «Il n’y a pas un bonus femme», reconnaît au Figaro la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes, Marlène Schiappa. «Il y a en revanche toute une succession de mesures pour améliorer la situation des femmes. Nous avons travaillé méthodiquement en regardant ce qui cause des inégalités entre les pensions des hommes et des femmes et on est en train de lever, un par un, tous les points de blocage sur ce sujet», précise-t-elle. À lire aussi : À quoi va ressembler le futur régime universel de répartition par points

https://www.lefigaro.fr/retraite/a-quoi-va-ressembler-le-futur-regime-universel-de-repartition-par-points-20191211

Aujourd’hui, les pensions des hommes sont, en moyenne, 42% plus élevées que celles des femmes, et ce alors que les écarts de salaires sont «seulement» de l’ordre de 24%. Ainsi, en 2017, les hommes touchaient en moyenne 1933 euros brut de pension contre 1123 euros pour les femmes, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS).

Le premier argument avancé par l’exécutif pour améliorer cette situation repose dans la mise en place d’une pension minimale à hauteur de 1000 euros. Si cette mesure n’est pas expressément destinée à ces dernières, elle tendra toutefois à diminuer les inégalités de pension avec les hommes. «Aujourd’hui, 38% des femmes touchent moins de 1000 euros à l’âge de la retraite. Cette première mesure va leur permettre d’atteindre ces 1000 euros de pensions et ce dès 2022», explique Marlène Schiappa.   Toutefois, ce dispositif ne s’appliquera qu’à une condition près : il faudra pouvoir attester d’une carrière complète.

Or, et c’est bien là le problème, les femmes ont dans la plupart du temps des carrières hachées.

Mais la ministre précise que, désormais, les congés de proche aidant ouvriront des droits à la retraite et que le congé maternité sera compensé à 100%.

La disparition des 8 trimestres acquis par enfant

Autre changement majeur pour le calcul de la pension des femmes, les majorations de durée d’assurance (MDA) vont disparaître. Ce mécanisme permettait l’attribution de trimestres d’assurance sans condition d’interruption ou de réduction d’activité, pour chaque enfant dès le premier. Concrètement, la mère de famille recevait quatre trimestres dits «d’accouchement». Puis quatre autres trimestres – dits «d’éducation» – étaient à allouer à l’un des deux parents, selon le choix du couple, mais revenant par défaut à la mère. «Les trimestres avaient un double intérêt, ils pouvaient augmenter les pensions des femmes si elles allaient au bout de leur activité ou alors ils permettaient de terminer plus tôt. Ce que le nouveau système ne permettra plus de faire», explique au Figaro l’Union nationale des associations familiales (Unaf) qui précise que «dans 65% des cas, la MDA fait augmenter la pension des bénéficiaires et dans 20% des cas elle permet de partir plus tôt».

C’est pourquoi l’Unaf a demandé comment sera compensée la suppression des majorations des durées d’assurance pour que les familles ne soient pas pénalisées.

À lire aussi : Les coûts et les économies générés par la réforme des retraites demeurent très flous https://www.lefigaro.fr/social/les-couts-et-les-economies-generes-par-la-reforme-des-retraites-demeurent-tres-flous-20191212

Désormais, pour les femmes qui bénéficieront du régime universel, chaque naissance d’enfant donnera droit à une majoration de 5% des points acquis pour la retraite. Avant les quatre ans de chaque enfant, les couples devront choisir à qui revient cette bonification. Celle-ci pourra être allouée à la mère, au père ou bien être scindée en deux, chaque parent recevant 2,5% de bonification. Sans choix précisé, la mère de l’enfant obtiendra les droits par défaut. Mais il se pourrait, que dans l’intérêt commun de la famille, les couples décident de gonfler la pension du père, souvent plus élevée que celle des femmes. Il faudra donc choisir entre l’intérêt collectif de la famille et l’intérêt des individus. Face à cette critique, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes en appelle à la «responsabilité des couples». «L’État met en place des correctifs pour améliorer la situation des femmes à la retraite, c’est ensuite aux couples de faire leurs choix en soutien à l’autonomie financière des femmes, en ne revenant pas sur l’attribution d’office de la majoration pour les femmes. La situation des couples en 2020 n’est plus la même qu’en 1945, il y a désormais de nombreux divorces et remariages, des familles recomposées. C’est un point à prendre en compte», estime Marlène Schiappa. En cas de divorce, et si la majoration a été donnée toute ou partie au père, ce point pourrait être pris en compte dans le jugement de la séparation, à l’appréciation du juge.

Le cas des familles nombreuses

Le régime universel va également acter la disparition des majorations de pension pour les pères et mères de famille nombreuse. Ce dispositif permettait pour chaque parent, père comme mère, d’engranger un supplément de 10% du montant de leur pension pour le troisième enfant. Et cette majoration est plafonnée, même si le couple a plus de trois enfants.

Désormais, dans la réforme présentée par Édouard Philippe, au troisième enfant, une majoration de 2% supplémentaire sera appliquée aux assurés, en plus des 5% de bonification pour chaque enfant. «Le rebond de 2% pour le 3e enfant est une avancée par rapport au projet initial. Mais si la mère gagne moins, faire le choix d’une attribution à la mère pourra rendre les familles et les femmes perdantes», explique l’Unaf. «Un exemple: pour une famille de trois enfants dont la mère a une pension de 1000 euros et le père de 2000 euros. La bonification était de 10% chacun, soit 300 euros pour le couple. Avec le nouveau système, si la bonification est attribuée au père, la famille est gagnante avec 340 euros, s’ils partagent ils ont 260 euros, et si elle est attribuée à la mère, la famille n’a que 170 euros de bonification. Dans ces conditions, le choix en faveur des femmes n’est pas gagnant pour la famille. C’est pour cela que l’Unaf a demandé un partage.» Au-delà de trois enfants, la bonification reste à préciser dans le régime universel.

À lire aussi : Ces points de la réforme des retraites restés sans réponse https://www.lefigaro.fr/politique/ces-points-de-la-reforme-des-retraites-restes-sans-reponse-20191212

Enfin, les règles pour le calcul de la pension de réversion, perçue à 88% par les femmes à la disparition de leur conjoint, vont être harmonisées.

Le premier ministre a notamment promis que 70% du total des retraites perçues par le couple seraient «garantis» pour le conjoint restant. Mais par rapport aux règles actuelles, la pension ne pourra être perçue qu’à partir de 62 ans, contre 55 ans aujourd’hui dans certains régimes, et que si le couple était encore marié. Actuellement, la pension de réversion peut êtrepartagée au prorata de la durée de mariage entre la dernière épouse et les précédentes. Environ «84.000 femmes âgées de 55 à 62 ans» ne toucheront plus la pension de réversion estime Sophie Binet, dirigeante confédérale de la CGT.

Défendons la retraite des mères de famille !

Chers amis,

Aujourd’hui, la France entière va se rassembler pour manifester contre la réforme des retraites, chacun défendant un régime spécial ou une corporation.

Mais qui va défendre la retraite des mères de famille qui interrompent leur travail pour élever leurs enfants ?

Les Associations Familiales Catholiques ont alerté depuis des mois sur les insuffisances, voire les injustices, de ce projet de réforme des retraites pour les mères de famille.

Lorsque des « droits familiaux » sont accordés aux familles, c’est pour reconnaître que les femmes, du fait de leur investissement auprès de leurs enfants, n’ont pu se constituer une retraite équivalente à celle des personnes qui ont eu une carrière continue.

Les AFC ne veulent pas qu’une fois de plus, l’effort financier à consentir soit porté par les familles avec enfants.

Il serait juste qu’elles ne soient pas les principales perdantes de l’actuelle réforme.

Donnez-nous les moyens d’agir en faveur d’une politique familiale plus juste

en faisant un don aux AFC.

https://www.afc-france.org/nous-rejoindre/actions/faire-un-donhttps://www.afc-france.org/nous-rejoindre/actions/faire-un-don

Par avance, un grand merci.

Pascale Morinière Présidente des AFC

A propos du vote des lois…petit rappel qui ne doit pas nous décourager concernant le projet bioéthique…

Tout projet de loi passe en 1ere lecture à l’Assemblée Nationale (AN), avec deux passages, 1 par article et par amendement, puis 1 sur le texte complet, puis 1e lecture au Sénat, puis 2e lecture à l’AN, puis 2e lecture au Sénat, puis, en général, commission mixte paritaire (avec des parlementaires des deux assemblées).

En ce qui concerne le Projet de loi (PJL) bioéthique, le vote (dit « solennel ») de 1ere lecture aura lieu à l’AN le 15 octobre. A partir du 16 octobre, le Sénat va d’abord mettre en place une commission spéciale. Les débats en séance publiques au Sénat sont – pour le moment – annoncés pour début janvier. Naturellement, nous n’avons pas le calendrier pour la suite.

En tout cas, Agnès Buzyn a dit que son objectif est le vote du PJL bioéthique d’ici l’été 2020.

Autrement dit, *nous ne sommes qu’au tout début d’un long processus*.

N’hésitez donc pas à dire et répéter que rien n’est joué, rien n’est fait, bien au contraire !

En outre, il s’agit d’un choix idéologique, politique. Or, en politique, rien n’est jamais joué d’avance, rien n’est inéluctable, bien au contraire !

Il suffit d’ailleurs de penser à la dernière présidentielle pour le constater !

J’ajoute que, par conséquent, même après le vote du 15 octobre à l’AN – dont les médias ne manqueront pas de se faire à nouveau l’écho et sur lequel Marlène Schiappa dira encore « on l’a dit, on le fait » (la 1e proposition étant aussi fausse que la 2e !) – cela ne sera encore qu’un simple début.

Loi bioéthique, tout est encore possible…

Chers amis,

Le projet de loi bioéthique a été adopté en commission à l’Assemblée nationale samedi dernier.

Malgré les États généraux du CCNE, malgré nos auditions devant le CCNE, au Ministère de la Santé, au Ministère de la Justice et devant la commission de bioéthique de l’Assemblée Nationale, malgré les rencontres des AFC locales avec les députés, nous n’avons pas été entendus.

Ce projet de loi, s’il était voté, bouleverserait les cadres de l’éthique, et cela, dans de nombreux domaines : filiation, procréation, recherche sur l’embryon

L’examen du projet à l’Assemblée Nationale commencera mardi prochain, il durera plusieurs jours.

L’opinion publique peut encore basculer !

Alors que certains parlementaires restent sourds à nos alertes, nos arguments commencent à porter auprès du public, devenu plus à l’écoute et mieux informé sur ce sujet, comme le montrent les derniers chiffres du journal Le Monde* (forte baisse du soutien à l’ouverture de la PMA). Hier soir, au Collège des Bernardins, Mgr Éric de Moulins Beaufort, président de la Conférence des Evêques de France, nous a encouragés à faire entendre notre voix pour montrer aux Français et aux députés combien cette loi est injuste et dangereuse.

Votre mobilisation le 6 octobre est essentielle !

Des trains et des cars sont déjà réservés aux quatre coins de la France.

Pour organiser cette manifestation, pour mener à bien nos actions, je dois encore réunir 20 000 €.

Avec un don de 50 €, 100 €, ou selon vos moyens, vous pouvez m’y aider.

http://www.afc-france.org/nous-rejoindre/actions/faire-un-don

Car j’ai besoin de vous ! Soyez assurés de mon engagement.

Je compte sur vous !

Dr Pascale Morinière,

Présidente des Associations Familiales Catholiques

P.S. : * « Les sympathisants Les Républicains (LR), qui étaient encore l’an dernier 62 % à soutenir l’ouverture de la PMA aux femmes seules ne sont plus que 32 % à y être favorables. De même, la part de ceux qui étaient pour l’ouverture de la PMA aux couples de femmes a été quasiment divisée par deux, passant de 46 % à 24 %. Plus de trois quarts des LR sont opposés à la GPA (78 %, en hausse de huit points). Peut être l’argumentaire politique consistant à présenter la PMA comme la porte ouverte à la GPA a-t-il porté ? »

Communiqué de presse AFC – Projet de loi bioéthique : Qui pense aux enfants ?

Edouard Philippe a annoncé hier, dans son discours de politique générale à l’Assemblée Nationale, la présentation d’un projet de loi de bioéthique fin juillet au Conseil des ministres pour une discussion fin septembre au Parlement. Ce projet de loi inclura la généralisation de la  » PMA  » aux femmes célibataires et aux couples de femmes.


Depuis l’ouverture des Etats Généraux de la bioéthique, les AFC ont dit leur totale désapprobation.

Ce projet priverait délibérément des enfants de père et serait la dernière marche avant la légalisation de la GPA.


Cette évolution changerait profondément le droit de la famille et de la filiation dans notre pays. Aujourd’hui, ce droit est fondé sur la référence biologique à la paternité et à la maternité. Demain, il pourrait être fondé sur le seul  » projet parental  » ou sur le désir – par essence mouvant – des adultes. Comment les enfants se construiront-ils psychiquement alors que leur état civil leur reconnaîtrait une prétendue  » double filiation maternelle « , par nature impossible ?


Ce projet ouvrirait aussi la voie à la commercialisation des produits du corps humain : le Conseil d’Etat chiffre à plusieurs centaines le nombre de donneurs de sperme manquant. La tentation pourrait devenir grande de rétribuer le  » don  » ou d’acheter du sperme dans les banques de sperme étrangères, notamment au Danemark. La sélection des  » donneurs  » induit, en outre, une démarche eugéniste.


Les AFC ont été reçues le 25 avril par Adrien Taquet, secrétaire d’Etat en charge de la protection de l’enfance auprès d’Agnès Buzyn, ministre de la Santé et le 11 juin par la Garde des Sceaux, Nicole Belloubet.


Elles leur ont redit leur très ferme opposition et les ont mis en garde contre les conséquences néfastes de ce projet qui porte les germes d’une nouvelle fracture sociale. Elles ont rappelé combien la loi sur le  » Mariage pour tous  » avait suscité de clivages et de rancœurs dans notre pays.


Elles se préparent à résister par tous les moyens, y compris par la manifestation, à cette transgression lourde de conséquences.