(ARTICLE CNAFC) LOI FIN DE VIE : OÙ EN SOMMES-NOUS ?

Le Sénat rejette les conditions d’accès à l’euthanasie et au suicide assisté, envoie un signal fort avant le vote solennel du 28 janvier. Décryptage.

Le Sénat a examiné en première lecture la loi Fin de vie et a voté, le 21 janvier, contre l’article 4 qui définissait les conditions d’accès à l’euthanasie ou au suicide assisté. Ces conditions d’accès sont la clé de voute du texte : sans conditions d’accès, pas de malades éligibles à cette pratique et donc pas d’euthanasie, ni de suicide assisté.

Tous les amendements ont été examinés par le Sénat : certains articles ont été réécrits et une clause spécifique pour les établissements qui s’opposeraient à ces pratiques a été intégrée. Néanmoins, la clause de conscience ou le rôle de la commission de contrôle figurent toujours dans le texte alors qu’il n’y a plus la possibilité de pratiquer des euthanasies. Ce texte est donc bancal et insatisfaisant pour le législateur. Le projet de loi fera, comme prévu, l’objet d’un vote solennel le 28 janvier.

Si ce texte est rejeté, la deuxième lecture de l’Assemblée, prévue dès le mois de février, repartira du texte voté par l’Assemblée le 27 mai dernier. Les votes du Sénat auront une influence très relative.

Si ce texte est voté, la deuxième lecture de l’Assemblée devra repartir de ce texte certes imparfait mais qui a supprimé la mort administrée et a créé une clause d’établissement.

Quoi qu’il en soit, le Sénat a donc envoyé un message fort à l’Assemblée : « Nous ne voulons pas de l’euthanasie, ni du suicide assisté. Nous voulons protéger les établissements qui refusent ces pratiques » Si rien n’est gagné, il s’agit d’une étape importante qui permettra au Sénat de peser dans ce débat au long cours.

Nous pouvons encourager nos sénateurs à voter positivement lors du vote solennel du 28 janvier.

COMUNIQUE DE PRESSE CNAFC « POLITIQUE FAMILIALE ET NATALITE : QUE FONT LES PAYS EUROPEENS ? » (COMMUNIQUE DE PRESSE CNAFC)

Alors que l’indicateur conjoncturel de fécondité de la France s’effondre à 1,56
enfant par femme, au plus bas depuis la première guerre mondiale, les AFC ont
analysé le lien entre politique familiale et natalité en Europe.
 Je lis l’étude : Calaméo – Livret Natalité AFC 2026 Hd
Deux enseignements se dégagent. Premièrement, la transition démographique
opérée par nos pays touche à sa fin. Ce qui suit cette étape est une baisse
généralisée de la natalité menant à une diminution de la population.
Deuxièmement, la politique familiale est indispensable, mais, seule, elle ne
suffit pas, quels que soient les efforts consentis par les pays.
L’INED définit ainsi la transition démographique : « passage d’un régime
traditionnel où la fécondité et la mortalité sont élevées et s’équilibrent à peu
près, à un régime où la natalité et la mortalité sont faibles et s’équilibrent
également. » Cette définition doit être complétée : après la transition
démographique et la forte augmentation de population qui l’accompagne, un
phénomène en rebond s’en suit avec une forte baisse de la natalité
aboutissant à un solde naturel négatif.
L’organisation du monde post-moderne qui priorise, dans la plupart des
cultures, la réussite matérielle et individuelle alors que la fécondité est très
maitrisée, conduit à un report, parfois sine die, de l’accueil des enfants.
Le soutien à la natalité passe par une politique familiale au plus près des
besoins des parents et par un environnement culturel favorable à la
réalisation du désir d’enfant, c’est-à-dire une société plus accueillante pour
les enfants et leurs parents.
Il est urgent de remettre au cœur de notre projet sociétal une vision positive
de la famille et de son rôle de cellule vitale structurant de la société, puis
d’en faire une traduction concrète par une politique familiale ambitieuse,
pérenne et lisible.
 Je lis l’étude : Calaméo – Livret Natalité AFC 2026 Hd

EUTHANASIE : UN SURSAUT EST POSSIBLE. (Tribune de Mgr Olivier de Germay).

Tribune de Mgr Olivier de Germay, archevêque de Lyon, à l’occasion de l’examen du projet de loi sur l’ « aide à mourir » à partir du 20 janvier 2026

La proposition de loi relative au « droit à l’aide à mourir » adoptée par l’Assemblée nationale va donc passer au Sénat. La Commission des affaires sociales et la Commission des lois du Sénat ont examiné ce texte.

La Commission des lois, qui a le mérite d’éviter une falsification du langage, constate que ce texte « prend la forme d’une euthanasie ou d’un suicide assisté ». Elle reconnait « une profonde rupture quant au rapport de notre société à la mort » et même « une incitation à la mort ». Elle considère également que « le domaine d’application de la loi parait extensible » et qu’il faut bien « avoir en tête le risque que ce texte serve de ‘pied dans la porte’ vers une extension future du champ couvert par ce droit à mourir ».

La Commission des affaires sociales, quant à elle, constate « une rupture fondamentale avec l’exercice traditionnel des professions de santé ». Consciente des « dérives observées dans les pays ayant légiféré sur l’aide à mourir », elle met en garde contre un texte qui doterait « la France d’une des législations les plus permissives au monde ».

Doit-on pour autant s’attendre à ce que le Sénat rejette le principe de « l’aide à mourir » ? Rien n’est moins sûr. Ces deux commissions proposent simplement une « amélioration » de la proposition de loi afin de « sécuriser la procédure » permettant l’accès à l’aide à mourir.

Comment expliquer une telle incohérence ? Est-ce pour céder à la pression « d’une demande sociétale d’autodétermination en toutes circonstances », comme l’écrit la Commission des lois ? Est-ce pour palier « les carences de l’offre de soins palliatifs » que constate la même commission ? Est-ce pour faire des économies ?

L’heure est venue de proposer à nos concitoyens autre chose que cet individualisme mortifère qui fragilise la cohésion sociale. Alors que la violence et la mort provoquée se banalisent, il est urgent de rappeler le caractère sacré de la vie humaine.

Mesdames et Messieurs les parlementaires, l’heure est au courage et à la vérité. Nous comptons sur vous pour dire non à l’euthanasie et oui aux soins palliatifs !

+ Olivier de Germay
Archevêque de Lyon

Euthanasie : un sursaut est possible – Diocèse de Lyon

(COMMUNIQUE DE PRESSE CNAFC) NATALITE EN BERNE : LA BONNE AFFAIRE DU GOUVERNEMENT.

La natalité est en chute libre en 2025 : l’INSEE recense plus de décès que de naissances. Les AFC dénoncent l’inaction du gouvernement et appellent à une vraie politique familiale.

L’INSEE vient de communiquer ce jour le nombre de naissances et de décès enregistrés en France en 2025. Les statistiques de la natalité peuvent être qualifiées de catastrophiques non seulement pour l’année 2025, mais aussi et surtout pour l’avenir. L’indicateur conjoncturel de fécondité s’effondre à 1,56 enfant par femme, au plus bas depuis la première guerre mondiale, alors que le désir d’enfant des Français est près du double (2,27 enfants par Français en 2023).

Désormais en France, il y a plus de décès que de naissances. Alors que notre économie et notre système social sont en difficultés, le budget de l’Etat tire parti de la situation. Depuis désormais plus de 20 ans, la branche Famille de la Caisse de Sécurité Sociale est excédentaire, du fait que la somme des recettes est supérieure à celle des dépenses. Cet excédent est depuis lors ponctionné pour réduire les déficits abyssaux des autres branches, vieillesse et maladie, de la Sécurité sociale.

La CNAFC dénonce le manque de réaction énergique à l’effondrement de la natalité et appelle à une utilisation efficace, au bénéfice des familles, de ces excédents qui permette un investissement dans la population. En effet, le modèle social français repose sur la solidarité intergénérationnelle et il est vital
d’aider les familles ayant charge d’enfants.

Dernièrement, le PLFSS a validé le report de l’âge de la majoration des allocations familiales de 14 à 18 ans pour financer le congé supplémentaire de naissance. Mais les économies générées à terme par le report de la majoration sont deux fois supérieures au coût du congé supplémentaire de
naissance (1,3 Mds vs 600 M EUR).

Le soutien de la natalité nécessite une politique familiale ambitieuse, pérenne, universelle et lisible adossée à une reconnaissance de l’importance de la famille et des couples stables pour la prospérité sociale. La politique familiale n’est pas une dépense supplémentaire mais un investissement pour l’avenir de notre pays. L’enfant n’est pas un signe extérieur de richesse mais la condition même de notre avenir.

Les AFC exhortent le gouvernement à donner aux familles des moyens suffisants pour accueillir réellement le nombre d’enfants qu’elles désirent.

(ARTICLE CNAFC) LES ETATS GENERAUX DE LA BIOETHIQUE 2026.

Les États généraux de la bioéthique 2026 lancent un grand débat citoyen sur la santé, la génétique, l’IA et la fin de vie afin de préparer la prochaine loi de bioéthique.

Pilotés par le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE), les États généraux de la bioéthique constituent une grande démarche de consultation publique. Les champs de réflexion sont variés : santé, recherches scientifiques, technologies médicales, valeurs sociétales, etc. Outre l’objectif d’identification des questions éthiques émergentes, les travaux des États généraux de la bioéthique servent ceux du législateur.

Cette grande consultation citoyenne doit obligatoirement précéder la prochaine loi de bioéthique ou se tenir dans un délai de cinq ans après la précédente. La dernière consultation date de 2021. Au vu de la situation politique actuelle qui est délicate, Il y a fort à parier que l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale ainsi que les prochaines échéances électorales – municipales et sénatoriales en 2026, et la présidentielle en 2027 – risquent de retarder à 2028-2029 l’adoption de la future loi de bioéthique.

L’édition 2026 des États généraux de la bioéthique s’inscrit dans un contexte de transformations rapides et permanentes de nombreux secteurs. Plusieurs axes, mêlant thématiques traditionnelles et modernes, articuleront la consultation publique : examens génétiques et médecine génomique, neurosciences, cellules souches et organoïdes, transplantations d’organes et xénogreffes, procréation, santé, environnement et climat, numérique (intelligence artificielle), sobriété en médecine, et prévention en santé, ainsi que l’euthanasie et le suicide assisté.

Afin d’assurer une pluralité des opinions, le CCNE va organiser 300 débats entre janvier et avril 2026 sur l’ensemble du territoire, y compris en outre-mer. De plus, 200 auditions seront menées par le CCNE en partenariat avec le Conseil économique, social et environnemental (CESE). Les citoyens, chercheurs, professionnels de santé, collectifs et organisations ont également la possibilité de faire entendre leur voix par une contribution écrite. Le bilan des États généraux est prévu pour l’été prochain et précédera l’avis du CCNE à l’automne de la même année.

La CNAFC sera pleinement mobilisée pour faire entendre la voix des familles et défendre une éthique respectueuse des valeurs chrétiennes. Il est important de s’intéresser aux travaux des États généraux et d’y prendre part car ils vont façonner le futur de notre vie en société ainsi que notre rapport collectif à la fraternité. Nous vivons une période de risques majeurs inquiétants, avec au premier chef la proposition de loi sur le droit à l’aide à mourir. La CNAFC s’oppose à cette dernière, qui renforcerait une vision matérialiste et utilitariste de l’être humain.