L’eutrapélie, cette vertu à conquérir pour adoucir la vie de famille (Article Aleteia)

Mathilde de Robien – publié le 01/02/24

L’eutrapélie est la vertu de bonne humeur. Appliquée à la vie de famille, elle est promesse de détente, de joie et de paix.

L’eutrapélie est difficile à cerner car elle a eu plusieurs significations au fil des siècles. Jusqu’à ne plus apparaître dans les dictionnaires généralistes d’aujourd’hui, ce qui est bien triste! Pendant longtemps, cette disposition de l’esprit érigée en vertu par saint Thomas d’Aquin, a eu deux facettes. Du grec eutrapelia, eutrapélie signifie littéralement « facilité à se tourner ». Elle définit la souplesse d’esprit, la finesse, mais aussi une certaine démesure. Elle a ainsi longtemps gardé un sens péjoratif lorsqu’elle était attribuée aux mauvais plaisants, ou aux personnages grossiers. Dans son Épître aux Éphésiens, saint Paul utilise le mot eutrapelia pour désigner et condamner des « propos grossiers, stupides ou scabreux » (Eph 5, 4) qu’il juge malvenus chez des chrétiens.

Ce sens péjoratif côtoyait un sens positif, développé par Aristote. Le philosophe grec définit l’eutrapélie comme une « impertinence polie », une « démesure tempérée par la bonne éducation » (Rhétorique). Aristote en parle comme de la « bonne tournure » de paroles ou d’actes pour réaliser un bien. Ainsi donne-t-elle naissance à l’enjouement, à la joie simple d’être ensemble, mais aussi à la détente méritée après l’effort ou le devoir accompli.

Au XIIIe siècle, saint Thomas d’Aquin vante les bienfaits de l’eutrapélie, un repos nécessaire à l’âme, une détente bienvenue sans s’éloigner pour autant de la vertu de tempérance ou du regard de Dieu. Ni paresse, ni exubérance, l’eutrapélie s’épanouit dans la bonne humeur, la blague innocente, le sourire et le rire. Une vertu à rechercher, pour saint Thomas d’Aquin, car de même que le corps a besoin de se reposer, l’âme a besoin de se détendre : « De même que la fatigue du corps disparaît avec le repos du corps, de même, il faut que la fatigue de l’âme disparaisse avec le repos de l’âme. Or, le repos de l’âme, c’est le plaisir. Et les paroles et actions où l’on ne recherche que le plaisir de l’âme s’appellent divertissement ou récréation. Il est donc nécessaire d’en user de temps en temps, comme moyen de donner à l’âme un certain repos. » (Somme théologique)

L’eutrapélie appliquée à la vie de famille

Dans la revue L’Anneau d’Or de mai 1946, le père Henri Caffarel, fondateur des Équipes Notre-Dame, fait l’éloge de l’eutrapélie et invite à s’interroger sur sa pratique lors de son examen de conscience. Car, souligne-t-il, « sa pratique est d’une grande importance dans la vie de société et, très spécialement, dans la vie de famille ». La bonne humeur a en effet de grands pouvoirs. D’abord, elle facilite la pratique des vertus. « Sans elle, tout est laborieux, avec elle, tout devient aisé », souligne le père Henri Caffarel.

Elle est créatrice d’amour et de bonheur grâce à sa puissance d’union et de réconciliation.

Ensuite, elle obtient des miracles de réconciliation. « Elle est créatrice, dans la famille, d’amour et de bonheur grâce à sa puissance d’union et de réconciliation », affirme le prêtre. S’il y a de « légers mécontentements à dissiper » ou des pardons à donner, l’eutrapélie, la bonne humeur, favorise ce rapprochement entre les êtres. « Elle commence par réconcilier les êtres avec eux-mêmes, premier temps de leur réconciliation avec les autres. Elle les réconcilie également avec la vie, ses humbles tâches et ses grands devoirs ».

Une vertu contagieuse

En outre, la bonne humeur est contagieuse. « Si l’eutrapélie règne dans votre foyer, elle communiquera sa tonalité aux choses comme aux personnes », précise encore le père Henri Caffarel. Il s’agit de ce qu’on appelle en psychologie les « interactions favorables ». Dans son récent ouvrage L’amour durable (Artège), Marc d’Anselme, général dans l’Armée devenu psychologue et thérapeute de couple, en donne un exemple parlant pour démontrer combien « notre état d’esprit imprègne nos proches ».

« Imaginons un père de famille rentrant chez lui. A l’entrée, il bute sur le cartable d’un enfant qui traîne et hurle son exaspération ! Assurément le dîner se passe mal… », illustre-t-il. Les enfants se disputent, la femme boude… Que ce serait-il passé s’il avait enjambé le cartable et eu un mot gentil pour chacun ? Sans doute l’atmosphère familiale eût été bien différente. « Chacun de nous possède le pouvoir de déclencher des réflexes positifs ou négatifs avec son entourage. Inconsciemment, les neurones miroirs captent l’état d’esprit d’autrui qui se généralise ainsi entre les personnes qui se mettent spontanément sur une même modalité d’humeur », explique le psychologue.

Une vertu à conquérir

Cette disposition de l’esprit n’est pas évidente à adopter tous les jours ! C’est pourquoi il s’agit bien d’une vertu, à travailler, à développer, à conquérir. « Car il s’agit d’une conquête », reconnaît le père Henri Caffarel. « Tout homme en possède les germes, il ne les développe cependant que par un patient effort. Sa pratique sans défaillance exige parfois un véritable héroïsme ». Héroïsme face au cartable qui traîne dans l’entrée, par exemple…

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ALMA, une association au service de l’éducation et de l’accompagnement des jeunes filles.

Alma est une association au service de l’éducation et de l’accompagnement des jeunes filles (14-16 ans) par des jeunes femmes, via des sessions de 3 week-ends.


Les jeunes filles y abordent avec leurs animatrices des questions d’identité et d’estime de soi au travers de moyens pédagogiques concrets, joyeux et variés (ateliers, vie fraternelle,
enseignements, vie de prière). Le but que l’association se donne est ainsi de permettre à chaque jeune femme d’incarner fièrement ce qu’elle est pour rayonner dans le monde qui l’entoure !
Fondées sur un enseignement solide issu de la doctrine sociale de l’Eglise, ces sessions ont été pensées pour des adolescentes, dans un cadre convivial et serein, jeune et pétillant, pour les associer pleinement à notre proposition à chaque étape.


Alma propose cette année des sessions à Paris, Nantes et Lyon (Bourgoin-Jallieu et
Bourg-en-Bresse).


Le projet vous intéresse? Vous souhaitez inscrire une jeune fille? Plus d’infos sur notre site
internet: www.associationalma.fr ou par contact.alma.asso@gmail.com .

Articles de la CNAFC: Fausses promotions : les repérer

À la suite de la directive européenne dite Omnibus, de nouvelles règles ont été transposées en droit français concernant les réductions de prix.

À la suite de la directive européenne dite Omnibus, de nouvelles règles ont été transposées en droit français par l’ordonnance n° 2021-1734 du 22 décembre 2021[1]. L’une de ces règles vise les réductions de prix faites aux consommateurs. Il s’agit de lutter contre les fausses promotions.

Ainsi, depuis le 28 mai 2022, le prix de référence , ou prix antérieur, est le prix le plus bas pratiqué par le professionnel à l’égard de tous les consommateurs au cours des trente derniers jours précédant l’application de la première réduction de prix.[2]. Auparavant, le professionnel avait une grande liberté pour définir le prix de référence. Quelques cas particuliers sont néanmoins prévus dans cette réglementation.

Dans le cas de réductions de prix successives dans les 30 jours précédant, le prix de référence doit être ajusté à la baisse en tenant compte des réductions effectuées. Une dérogation vise le cas des produits périssables « susceptibles d’une altération rapide ». Le code de la consommation contient aussi une disposition pour les professionnels prévoyant de pratiquer des comparaisons de prix qui ne doivent pas être présentées comme des annonces de réduction de prix. [3]

Comme le précise la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) « cette règle (du prix le plus bas pratiqué dans les 30 derniers jours) ne s’applique pas lorsque le professionnel compare le prix qu’il affiche avec des prix pratiqués par d’autres professionnels. Dans ce cas, le consommateur doit alors être clairement informé qu’il s’agit d’une comparaison de prix et non d’une réduction, ainsi que de la nature de ce prix de comparaison (prix conseillé fabricant, prix habituellement constaté chez les concurrents, etc.) ». Cela ne va pas manquer de créer des problèmes d’interprétation pour bien distinguer les comparaisons de prix et les annonces de réduction de prix.

Cette réglementation sur les annonces de réductions de prix s’applique tant aux promotions en cours d’année (« Black Friday » , « Cyber Monday » ou autres dénominations) qu’aux périodes de soldes.

[1] legifrance.gouv.fr

[2] Article L. 112-1-1- I du code de la consommation

[3] Article L 122-1-1 -II id.code