COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CNAFC – LES AFC AUDITIONNEES A L’ASSEMBLEE NATIONALE SUR LA NATALITE.

Dans le cadre de la mission d’information sur les causes et les conséquences de
la baisse de la natalité en France, la Confédération Nationale des AFC a été
auditionnée le 6 novembre par les députés.

Les AFC alertent depuis plusieurs années sur la chute de la natalité et le danger
que cela représente pour l’avenir de notre société.


Parmi les causes notoires qui ont considérablement impacté la natalité, le
premier est d’ordre économique et directement lié aux mesures politiques
défavorables aux familles touchant au quotient familial, aux prestations
familiales et aux congés parentaux liés à l’arrivée d’un enfant. Le deuxième
facteur est d’ordre sociétal : la crainte d’accueillir un enfant, la progression
constante, depuis ces vingt dernières années, de la solitude et la diminution des
perspectives d’avenir des jeunes ont également contribué à faire régresser le
nombre de naissances.


A côté de ces causes objectives, la quasi-absence de valorisation de la famille,
de messages d’estime envers les pères et les mères et d’encouragement à
l’accueil de nouveaux enfants constitue une cause culturelle importante. Au
cours de la crise du Covid, nous avons constaté que lorsque tout vacille, seule la
famille tient bon. Pourtant, à l’issue de l’épidémie, nous n’en avons pas tiré les
conséquences pour exprimer la gratitude de la nation envers les parents et les
familles, cellules vitales de la société.


Par conséquent la baisse de la natalité met en danger le modèle social français
qui repose sur la solidarité intergénérationnelle, fragilise nos perspectives
économiques et affaiblit notre influence et notre rayonnement dans le monde
sans répondre aux attentes des jeunes couples.


Alors que le désir d’enfants par Français est de 2,27 (sondage UNAF 2023), le
nombre effectif d’enfants nés en 2024 était de 1,62 par femme. Force est de
constater que les Français n’ont pas le nombre d’enfants qu’ils désirent.
Pour agir utilement sur la natalité des couples, il est impératif d’offrir aux
familles les moyens et la liberté de s’organiser comme elles le souhaitent. Il
est tout aussi important de valoriser les familles qui font le choix de mettre au
monde et d’élever la nouvelle génération.
Investir dans la famille, c’est investir pour l’avenir.

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CNAFC – LES AFC AUDITIONNEES AU SENAT A PROPOS DU PLFSS.

Dans le cadre de l’examen du projet de Loi de financement de la Sécurité Sociale
par la commission des affaires sociales, les AFC ont été auditionnées le jeudi 6
novembre 2025.

Les AFC rappellent que les comptes de la CNAF ont régulièrement fait l’objet
d’économies réalisées sur le dos des familles, déséquilibrant l’ensemble du
système de solidarité du modèle social français.


Concernant le nouveau congé de naissance, (congé de 2 mois pour chaque
parent, indemnisé 70% du revenu antérieur le premier mois, puis 60% le second
mois) les AFC estiment que cette proposition est un petit pas dans le bon sens
mais devrait s’appliquer dès 2026 et non 2027. De plus, ce congé de 4 mois au
total ne devrait pas être soumis à l’obligation de partage, car il revient aux
parents de s’organiser selon ce qui convient le mieux pour leur famille. Les AFC
rappellent que les attentes des Français portent sur un congé de naissance de 6
à 12 mois, bien rémunéré.


Les AFC rejoignent en cela les conclusions du rapport Cyrulnik préconisant un
congé de naissance jusqu’au 1er anniversaire de l’enfant. Elles souhaitent qu’il
soit complété par la possibilité d’un congé parental jusqu’à l’entrée en
maternelle. Les AFC demandent ainsi une réévaluation de la PreParE permettant
aux parents qui le souhaitent de pouvoir effectivement prendre un tel congé.
Enfin, elles invitent à envisager une évolution du droit du travail pour permettre
aux familles d’ajuster leurs temps de travail en fonction de leurs contraintes et
des possibilités offertes par leurs emplois. Le Royaume-Uni a ainsi mis en place
le « Right to request » ou « organisation flexible du travail » qui gagnerait à être
adoptée en France sans coût supplémentaire.


Les AFC plaident pour offrir aux familles les moyens et la liberté de s’organiser
comme elles le souhaitent pour accueillir leurs enfants. Elles appellent les élus
à investir sans délai dans une politique familiale ambitieuse, lisible et pérenne.
La Famille est un investissement impérieux pour notre société puisqu’investir
dans la famille, c’est investir pour l’avenir.

IA GENERATIVE : QUELQUES CONSEILS D’UTILISATION. (Article de la CNAFC)

Alors que l’IA vient bouleverser les quotidiens, et même la manière d’enseigner des professeurs. Hervé Bry est président de l’AFC de Triel et auteur de La Grande Illusion – le dialogue social au risque des IA génératives (aux éditions de l’Onde). Il nous livre ses conseils pour utiliser l’intelligence artificielle.

Maintenir une vigilance active

Si l’on n’y prend pas garde, utiliser une IA nous conduit à une sorte d’assoupissement et de consentement passif. Il est tentant de croire qu’on a affaire à une intelligence en voyant s’aligner des caractères, des mots et des phrases. Or, les réponses ne sont que des statistiques de vraisemblance. Sur le plan intellectuel : il faut se poser régulièrement la question du degré de confiance que l’on accorde à l’IA, et se demander si l’on maintient un effort constant de réflexion et de construction du savoir. Sur le plan physique aussi, il est mieux d’utiliser l’IA quand on est bien réveillé que quand on est fatigué, pour mieux résister à l’illusion.

Vérifier les sources de l’IA

Il est possible, dans le prompt que l’on écrit, de demander à l’IA de citer ses sources, pour pouvoir les vérifier. Attention, certains biais cognitifs de l’IA peuvent l’inciter à créer de toutes pièces de fausses informations, que l’on appelle des « hallucinations ».

Veiller à la sécurité de ses données

A chaque fois qu’un utilisateur écrit un prompt, il crée de l’information, de la « data », susceptible de devenir accessible pour tout le monde, à moins d’avoir acheté une licence de Large Language Model (LLM), et de le faire travailler dans un milieu domestique non ouvert. Attention alors aux données personnelles que l’on utilise dans un prompt. De même, l’utilisation sans discernement de données confidentielles dans un cadre professionnel peut mettre en péril son employeur.

Attention au vocabulaire

Les concepteurs d’IA ont tout fait pour donner au robot une apparence humaine, en lui donnant un prénom, en la faisant parler à la première personne. Certaines IA peuvent simuler des émotions – « je suis désolé », « je vous félicite ». Quand on les utilise, ne pas les remercier ou les saluer aide à ne pas tomber dans l’illusion.

IA ET ENSEIGNEMENT : ENCOURAGER LE CONTACT AVEC LE REEL. (Article CNAFC).

Véronique Bebin, 35 ans, est professeur de français depuis douze ans au collège et au lycée. L’émergence de l’IA l’a obligée à adapter son enseignement. Témoignage.

J’ai pris conscience de l’importance que l’IA allait prendre dans mon métier d’enseignante l’année dernière, lorsque j’ai donné une rédaction à faire à la maison à des élèves de troisième. J’ai reçu trois copies bien trop élaborées pour leur âge. Surtout, malgré les différences de formulation, je percevais une sorte de trame commune. Ces élèves ont fini par m’avouer que ces rédactions ne venaient pas d’eux. Pour l’instant, la question des devoirs maison est le problème principal auquel je suis confrontée.

Une question d’honnêteté

La plupart de mes élèves, dès la 6e, font appel à ChatGPT, pour connaître la météo ou organiser leur week-end, avec le même naturel que ma génération le faisait avec Google. Beaucoup d’entre eux font donc de même avec les devoirs maison. Ce qui me gêne beaucoup, c’est le rapport à la vérité. Quand ils me rendent un devoir écrit par ChatGPT en mettant leur nom, ce n’est pas honnête. Je le leur fais remarquer et je suis très sévère sur cette question. Le problème, c’est qu’il n’y a aucun moyen fiable de le savoir. Ils peuvent personnaliser leurs prompts, pour que le devoir ait l’air écrit par un élève de 6e ou de 3e, ou pour qu’il contienne quelques fautes d’orthographe…

Adapter son enseignement

Mais je ne peux pas faire peser le temps qu’ils doivent passer à leurs devoirs maison sur le peu d’heures de classe dont je dispose ! Pour les réorienter, je me suis demandé ce que l’IA ne pouvait pas faire. Par exemple, elle ne peut pas apprendre par cœur. Je leur demande donc régulièrement d’apprendre des extraits par cœur et d’apprendre à les situer, pour pouvoir les déclamer en classe. Ce contact avec la langue et avec sa beauté est très riche. Et cela permet de muscler leur cerveau. Car l’une de mes peurs, avec l’IA, c’est la passivité qu’elle induit, quand on devient le consommateur d’une réflexion fournie par une machine.

Une autre de mes méthodes, c’est de leur donner en avance un sujet de rédaction : ils ont une semaine pour mener leurs recherches comme bon leur semble, pourquoi pas avec l’IA, de la même manière que ma génération allait au CDI. Et la rédaction se fait en classe, ce qui garantit que le travail de réflexion est le leur.

Les conséquences de l’IA

Parmi les conséquences de la place grandissante du numérique dans nos vies, je remarque que mes élèves – comme moi-même ! – ont plus de mal à concentrer leur attention, notamment pour la lecture. Ils sont aussi moins actifs intellectuellement : je perçois moins d’émerveillement face à la nouveauté d’un savoir.

Mais je suis convaincue qu’il ne sert à rien de se crisper sur la question de l’IA : plutôt que de dénoncer la passivité qu’elle introduit insidieusement dans nos vies, je trouve plus intéressant d’encourager le contact avec le réel. Je cherche donc à développer un enseignement plus kinesthésique, qui fait appel à tout le corps. J’aimerais aussi développer davantage le théâtre. L’émergence de l’IA pose des questions passionnantes qui m’obligent à approfondir ma réflexion sur le sens de mon métier et à me réinventer.

Propos recueillis par Sophie le Pivain

(COMMUNIQUE DE PRESSE) : PLFSS 2026 : UN CONGE DE NAISSANCE A MINIMA.

Le gouvernement a présenté en début de semaine son projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Les AFC dénoncent un manque de soutien à la natalité, alors que les chiffres sont au plus bas.

La politique du soutien à la natalité reste insuffisante.

La préservation de la PreParE constitue un point d’appui encourageant, mais le nouveau congé de naissance complémentaire ne répond pas suffisamment aux enjeux d’une vraie politique de soutien à la natalité.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 s’inscrit dans un contexte de baisse préoccupante de la natalité et de vieillissement accéléré de la population. Or l’équilibre démographique et social de la France dépend étroitement de la vitalité des naissances et du soutien apporté aux familles.

S’il convient de saluer la volonté du gouvernement de maîtriser les déficits et d’engager un effort de régulation dans plusieurs domaines (soins, dépenses hospitalières, lutte contre les fraudes), force est de constater que l’encouragement à accueillir et élever des enfants reste largement absent des solutions proposées.

Un maintien de la PreParE

Le maintien de la Prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) est une bonne nouvelle. En effet, la PreParE reste un levier essentiel de soutien à la parentalité, permettant encore à 200 000 familles de suspendre leur travail pour se consacrer à leurs jeunes enfants dans la période préscolaire. Ce maintien témoigne d’une reconnaissance, encore trop rare, du rôle des familles dans la cohésion sociale et la préparation de l’avenir. Néanmoins, avec un montant de la PreParE à 456,06 €, cette liberté de prendre du temps avec son enfant d’âge préscolaire n’est réellement accessible qu’aux familles les plus aisées.

Un « congé de naissance complémentaire » mais loin du compte

Le nouveau « congé de naissance complémentaire » annoncé par le gouvernement constitue une avancée symbolique, en ce qu’il reconnaît la nécessité d’un temps d’accompagnement renforcé pour les jeunes parents.

Toutefois, sa durée limitée à deux mois, l’absence de chiffrage précis de son montant et la rémunération dégressive du second mois suscitent des réserves par rapport aux attentes des parents.

En l’état, cette mesure reste en deçà des besoins réels des familles qui demandent un congé bien rémunéré de 6 à 12 mois ; elle empiète sur leur liberté d’organisation en ne permettant pas la possibilité de transfert de ce congé entre les conjoints. Elle risque de s’avérer inaccessible pour nombre de foyers, si la compensation financière n’était pas suffisante, en particulier le deuxième mois. Rappelons que le rapport des 1000 premiers jours préconisait un congé « parental » de 9 mois avec un niveau d’indemnisation d’un montant minimum de 75% du revenu perçu !

Le budget moyen d’une place de crèche étant de 1600€, le mode de garde le moins onéreux pour les finances publiques est la garde familiale, lorsque les parents le souhaitent et en ont les moyens.

Des choix budgétaires et sociaux décorrélés

Au-delà de ces aspects, plusieurs dispositions du texte interrogent :

  • Le transfert de ressources de la branche famille vers la maladie et la vieillesse compromet la capacité de la branche à investir dans l’avenir.
  • La sous-indexation programmée des prestations sociales et des pensions jusqu’en 2030 fragilise les ménages.
  • Enfin, le report de la majoration des allocations familiales de 14 ans à 18 ans diffère le soutien aux familles confrontées à des coûts accrus dès l’adolescence, ce d’autant qu’en parallèle le PLF prévoit de supprimer les réductions d’impôts pour frais de scolarité des parents ayant des enfants dans le secondaire et le supérieur.

Les AFC attendent des mesures à la hauteur des défis économiques et démographiques à venir ; c’est-à-dire des politiques qui fassent réellement confiance aux familles leur donnent les moyens d’accueillir le nombre d’enfants qu’elles souhaitent et leur laissent la liberté de s’organiser selon leurs besoins.