COMUNIQUE DE PRESSE CNAFC « POLITIQUE FAMILIALE ET NATALITE : QUE FONT LES PAYS EUROPEENS ? » (COMMUNIQUE DE PRESSE CNAFC)

Alors que l’indicateur conjoncturel de fécondité de la France s’effondre à 1,56
enfant par femme, au plus bas depuis la première guerre mondiale, les AFC ont
analysé le lien entre politique familiale et natalité en Europe.
 Je lis l’étude : Calaméo – Livret Natalité AFC 2026 Hd
Deux enseignements se dégagent. Premièrement, la transition démographique
opérée par nos pays touche à sa fin. Ce qui suit cette étape est une baisse
généralisée de la natalité menant à une diminution de la population.
Deuxièmement, la politique familiale est indispensable, mais, seule, elle ne
suffit pas, quels que soient les efforts consentis par les pays.
L’INED définit ainsi la transition démographique : « passage d’un régime
traditionnel où la fécondité et la mortalité sont élevées et s’équilibrent à peu
près, à un régime où la natalité et la mortalité sont faibles et s’équilibrent
également. » Cette définition doit être complétée : après la transition
démographique et la forte augmentation de population qui l’accompagne, un
phénomène en rebond s’en suit avec une forte baisse de la natalité
aboutissant à un solde naturel négatif.
L’organisation du monde post-moderne qui priorise, dans la plupart des
cultures, la réussite matérielle et individuelle alors que la fécondité est très
maitrisée, conduit à un report, parfois sine die, de l’accueil des enfants.
Le soutien à la natalité passe par une politique familiale au plus près des
besoins des parents et par un environnement culturel favorable à la
réalisation du désir d’enfant, c’est-à-dire une société plus accueillante pour
les enfants et leurs parents.
Il est urgent de remettre au cœur de notre projet sociétal une vision positive
de la famille et de son rôle de cellule vitale structurant de la société, puis
d’en faire une traduction concrète par une politique familiale ambitieuse,
pérenne et lisible.
 Je lis l’étude : Calaméo – Livret Natalité AFC 2026 Hd

EUTHANASIE : UN SURSAUT EST POSSIBLE. (Tribune de Mgr Olivier de Germay).

Tribune de Mgr Olivier de Germay, archevêque de Lyon, à l’occasion de l’examen du projet de loi sur l’ « aide à mourir » à partir du 20 janvier 2026

La proposition de loi relative au « droit à l’aide à mourir » adoptée par l’Assemblée nationale va donc passer au Sénat. La Commission des affaires sociales et la Commission des lois du Sénat ont examiné ce texte.

La Commission des lois, qui a le mérite d’éviter une falsification du langage, constate que ce texte « prend la forme d’une euthanasie ou d’un suicide assisté ». Elle reconnait « une profonde rupture quant au rapport de notre société à la mort » et même « une incitation à la mort ». Elle considère également que « le domaine d’application de la loi parait extensible » et qu’il faut bien « avoir en tête le risque que ce texte serve de ‘pied dans la porte’ vers une extension future du champ couvert par ce droit à mourir ».

La Commission des affaires sociales, quant à elle, constate « une rupture fondamentale avec l’exercice traditionnel des professions de santé ». Consciente des « dérives observées dans les pays ayant légiféré sur l’aide à mourir », elle met en garde contre un texte qui doterait « la France d’une des législations les plus permissives au monde ».

Doit-on pour autant s’attendre à ce que le Sénat rejette le principe de « l’aide à mourir » ? Rien n’est moins sûr. Ces deux commissions proposent simplement une « amélioration » de la proposition de loi afin de « sécuriser la procédure » permettant l’accès à l’aide à mourir.

Comment expliquer une telle incohérence ? Est-ce pour céder à la pression « d’une demande sociétale d’autodétermination en toutes circonstances », comme l’écrit la Commission des lois ? Est-ce pour palier « les carences de l’offre de soins palliatifs » que constate la même commission ? Est-ce pour faire des économies ?

L’heure est venue de proposer à nos concitoyens autre chose que cet individualisme mortifère qui fragilise la cohésion sociale. Alors que la violence et la mort provoquée se banalisent, il est urgent de rappeler le caractère sacré de la vie humaine.

Mesdames et Messieurs les parlementaires, l’heure est au courage et à la vérité. Nous comptons sur vous pour dire non à l’euthanasie et oui aux soins palliatifs !

+ Olivier de Germay
Archevêque de Lyon

Euthanasie : un sursaut est possible – Diocèse de Lyon

(COMMUNIQUE DE PRESSE CNAFC) NATALITE EN BERNE : LA BONNE AFFAIRE DU GOUVERNEMENT.

La natalité est en chute libre en 2025 : l’INSEE recense plus de décès que de naissances. Les AFC dénoncent l’inaction du gouvernement et appellent à une vraie politique familiale.

L’INSEE vient de communiquer ce jour le nombre de naissances et de décès enregistrés en France en 2025. Les statistiques de la natalité peuvent être qualifiées de catastrophiques non seulement pour l’année 2025, mais aussi et surtout pour l’avenir. L’indicateur conjoncturel de fécondité s’effondre à 1,56 enfant par femme, au plus bas depuis la première guerre mondiale, alors que le désir d’enfant des Français est près du double (2,27 enfants par Français en 2023).

Désormais en France, il y a plus de décès que de naissances. Alors que notre économie et notre système social sont en difficultés, le budget de l’Etat tire parti de la situation. Depuis désormais plus de 20 ans, la branche Famille de la Caisse de Sécurité Sociale est excédentaire, du fait que la somme des recettes est supérieure à celle des dépenses. Cet excédent est depuis lors ponctionné pour réduire les déficits abyssaux des autres branches, vieillesse et maladie, de la Sécurité sociale.

La CNAFC dénonce le manque de réaction énergique à l’effondrement de la natalité et appelle à une utilisation efficace, au bénéfice des familles, de ces excédents qui permette un investissement dans la population. En effet, le modèle social français repose sur la solidarité intergénérationnelle et il est vital
d’aider les familles ayant charge d’enfants.

Dernièrement, le PLFSS a validé le report de l’âge de la majoration des allocations familiales de 14 à 18 ans pour financer le congé supplémentaire de naissance. Mais les économies générées à terme par le report de la majoration sont deux fois supérieures au coût du congé supplémentaire de
naissance (1,3 Mds vs 600 M EUR).

Le soutien de la natalité nécessite une politique familiale ambitieuse, pérenne, universelle et lisible adossée à une reconnaissance de l’importance de la famille et des couples stables pour la prospérité sociale. La politique familiale n’est pas une dépense supplémentaire mais un investissement pour l’avenir de notre pays. L’enfant n’est pas un signe extérieur de richesse mais la condition même de notre avenir.

Les AFC exhortent le gouvernement à donner aux familles des moyens suffisants pour accueillir réellement le nombre d’enfants qu’elles désirent.

(ARTICLE CNAFC) LES ETATS GENERAUX DE LA BIOETHIQUE 2026.

Les États généraux de la bioéthique 2026 lancent un grand débat citoyen sur la santé, la génétique, l’IA et la fin de vie afin de préparer la prochaine loi de bioéthique.

Pilotés par le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE), les États généraux de la bioéthique constituent une grande démarche de consultation publique. Les champs de réflexion sont variés : santé, recherches scientifiques, technologies médicales, valeurs sociétales, etc. Outre l’objectif d’identification des questions éthiques émergentes, les travaux des États généraux de la bioéthique servent ceux du législateur.

Cette grande consultation citoyenne doit obligatoirement précéder la prochaine loi de bioéthique ou se tenir dans un délai de cinq ans après la précédente. La dernière consultation date de 2021. Au vu de la situation politique actuelle qui est délicate, Il y a fort à parier que l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale ainsi que les prochaines échéances électorales – municipales et sénatoriales en 2026, et la présidentielle en 2027 – risquent de retarder à 2028-2029 l’adoption de la future loi de bioéthique.

L’édition 2026 des États généraux de la bioéthique s’inscrit dans un contexte de transformations rapides et permanentes de nombreux secteurs. Plusieurs axes, mêlant thématiques traditionnelles et modernes, articuleront la consultation publique : examens génétiques et médecine génomique, neurosciences, cellules souches et organoïdes, transplantations d’organes et xénogreffes, procréation, santé, environnement et climat, numérique (intelligence artificielle), sobriété en médecine, et prévention en santé, ainsi que l’euthanasie et le suicide assisté.

Afin d’assurer une pluralité des opinions, le CCNE va organiser 300 débats entre janvier et avril 2026 sur l’ensemble du territoire, y compris en outre-mer. De plus, 200 auditions seront menées par le CCNE en partenariat avec le Conseil économique, social et environnemental (CESE). Les citoyens, chercheurs, professionnels de santé, collectifs et organisations ont également la possibilité de faire entendre leur voix par une contribution écrite. Le bilan des États généraux est prévu pour l’été prochain et précédera l’avis du CCNE à l’automne de la même année.

La CNAFC sera pleinement mobilisée pour faire entendre la voix des familles et défendre une éthique respectueuse des valeurs chrétiennes. Il est important de s’intéresser aux travaux des États généraux et d’y prendre part car ils vont façonner le futur de notre vie en société ainsi que notre rapport collectif à la fraternité. Nous vivons une période de risques majeurs inquiétants, avec au premier chef la proposition de loi sur le droit à l’aide à mourir. La CNAFC s’oppose à cette dernière, qui renforcerait une vision matérialiste et utilitariste de l’être humain.

ARTICLE CNAFC – L’EURO NUMERIQUE, LA MONNAIE DE DEMAIN ?

Moins d’espèces, plus de paiements dématérialisés, des réseaux américains omniprésents : le paysage des paiements change à toute vitesse. Présentation du projet d’euro numérique.

Vers une monnaie toujours plus numérique

Le constat est simple : nous avons changé de monde sans vraiment nous en rendre compte. Les paiements se dématérialisent à grande vitesse et la tendance n’a rien d’anecdotique. Les AFC vous donnent les clés pour comprendre les paiements numériques pour mieux se protéger dans un autre article.

En France, l’usage des espèces pour les paiements en magasin est passé de 68 % des transactions en 2016 à 43 % aujourd’hui. La pandémie du Covid a accéléré brutalement ce mouvement, mais la courbe continuait déjà de baisser avant… et elle a continué après. La carte, le paiement mobile ou encore sans contact, les achats sur internet ont pris le relais, dans un quotidien où l’on fait appel à de moins en moins de billets et de pièces.

Cette évolution ne se limite pas à la France : tous les pays européens connaissent une numérisation rapide des paiements. Simplement, ils ne partent pas du même point, ni n’avancent au même rythme. Les pays du Nord – Pays-Bas, Finlande, Norvège, Suède – utilisent désormais très peu d’espèces. À l’inverse, dans certains pays du Sud, comme l’Italie ou la Grèce, le cash reste très présent.

Mais partout, la tendance est la même : payer devient un geste numérique.

Quand les espèces reculent, que perd-on vraiment ?

Cette baisse de l’usage des espèces ne pose pas seulement une question d’habitude ou de confort. Elle soulève deux grands enjeux résumés en deux mots : caractéristiques et souveraineté.

D’abord, les espèces ont des propriétés uniques. Elles sont de la monnaie de banque centrale, acceptée partout parce qu’elles ont cours légal. Elles sont gratuites à l’usage pour le payeur, ne nécessitent pas de compte bancaire et donc très inclusives. Elles sont aussi très protectrices de la vie privée : un billet qui passe de main en main ne laisse aucune trace dans un serveur.

À mesure que ces espèces sont moins utilisées, toutes ces caractéristiques reculent aussi dans notre vie quotidienne. On s’habitue à ce que chaque paiement laisse une trace, à dépendre d’un compte bancaire ou d’un smartphone, à faire confiance à des intermédiaires privés.

Le deuxième défi est d’ordre stratégique : plus les paiements deviennent numériques, plus ils reposent sur des infrastructures et des acteurs spécifiques, souvent privés, parfois situés hors d’Europe. Notre dépendance envers eux augmente mécaniquement.

Visa, Mastercard et la question de la souveraineté

Dans le domaine des cartes, cette dépendance porte un nom : Visa et Mastercard. Ces deux groupes américains jouent un rôle central dans les paiements du quotidien, en particulier dans les pays qui n’ont pas développé de réseau national.

En France, la situation est un peu différente grâce au schéma CB, qui reste très puissant. Beaucoup de cartes sont « co-marquées » : CB pour les paiements en France, Visa ou Mastercard pour l’étranger. Mais même ainsi, la tendance européenne globale est claire : près de sept transactions sur dix en zone euro passent par Visa ou Mastercard.

Ces acteurs ont des atouts considérables : puissance d’investissement, innovation rapide, effets de réseau mondiaux. Ils définissent des standards techniques, multiplient les partenariats exclusifs – par exemple sur de grands événements sportifs où seule une marque est acceptée – et mènent des stratégies commerciales agressives auprès des banques pour qu’elles n’émettent plus que leurs cartes.

Les conséquences sont multiples. En termes de souveraineté, d’abord : quand un pays est capable de déconnecter un autre d’un réseau de cartes – comme la Russie l’a expérimenté par le passé – ou quand un juge français siégeant à la Cour pénale internationale se retrouve soudain sous sanctions américaines et ne peut plus payer avec aucune carte Visa, Mastercard ou American Express, la dépendance devient très concrète. Il se retrouve par exemple à La Haye avec une carte… inutilisable, sauf à disposer d’un moyen de paiement ancré dans un réseau domestique.

En termes de résilience, ensuite : si une grande partie de l’économie repose sur quelques acteurs, la moindre panne ou restriction peut bloquer des pans entiers d’activité.

Enfin, en termes de concurrence : lorsque deux acteurs se retrouvent en duopole, voire en quasi-monopole, ils ont la main sur la tarification. Les commerçants le ressentent directement : hausse des commissions, frais additionnels, services facturés en plus. Une étude menée au niveau européen estime ainsi à environ deux milliards d’euros par an les montants versés à Visa et Mastercard au titre des seules cartes de débit. Autant de marge qui part soutenir des entreprises étrangères plutôt que l’économie locale.

Une Europe fragmentée qui n’arrive pas à s’unir

Face à ce constat, l’Europe n’est pas partie de zéro. Il existe des réseaux nationaux de carte dans certains pays, des initiatives de paiement mobile comme Wero dans quelques États et plusieurs projets ont déjà tenté de construire un « grand » schéma européen.

Mais ces tentatives se heurtent régulièrement aux mêmes obstacles : difficulté à se mettre d’accord entre communautés bancaires, divergence sur les modèles économiques, enjeux de valorisation d’actifs existants, inertie des habitudes, fragmentation des marchés. Chacun défend « son » système, ses priorités, ses compromis.

Le résultat, c’est un paysage morcelé : quelques îlots nationaux solides, quelques solutions régionales prometteuses, mais rien qui couvre réellement l’ensemble de la zone euro. Et pendant que les Européens discutent entre eux, Visa et Mastercard continuent de gagner du terrain.

L’euro numérique, une réponse publique dans un monde privé

C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet d’euro numérique. L’intervenant le présente comme une pièce de plus dans le puzzle, pas comme un outil miracle qui remplacerait tout.

L’idée est double. D’abord, proposer dans l’espace numérique un équivalent des espèces : une forme de « billet numérique » émis par la banque centrale, qui retrouverait les caractéristiques fondamentales du cash, mais pour les paiements en ligne et dématérialisés. Acceptation partout en zone euro, gratuité pour l’utilisateur, très haut niveau de confidentialité, utilisable y compris par des personnes peu à l’aise avec l’outil bancaire classique.

Ensuite, apporter une réponse européenne à la dépendance actuelle. L’euro numérique serait un moyen de paiement public, commun à tous les pays de la zone euro, ne reposant pas sur des réseaux de cartes privés américains. Il viendrait compléter les initiatives comme CB ou Wero et renforcer l’autonomie stratégique de l’Union dans un domaine aussi vital que les paiements.

Comment fonctionnera concrètement l’euro numérique ?

Dans la vision présentée, l’euro numérique aurait deux grandes modalités d’usage, qui se complètent.

La première ressemble à ce que nous connaissons déjà avec nos comptes bancaires : une utilisation « en ligne ». La seconde est plus innovante : une utilisation « hors ligne », qui redonne au numérique certaines propriétés du billet de papier.

  • La version “en ligne” : un compte en euro numérique

Dans le mode en ligne, l’euro numérique fonctionnerait comme un compte alimenté en monnaie de banque centrale. C’est votre banque qui vous donnerait accès à ce service, via son application ou son site, un peu comme elle le fait déjà pour vos comptes courants ou vos livrets.

Vous pourriez alors payer sur internet, envoyer de l’argent, recevoir des paiements, avec un euro numérique qui circule dans les mêmes canaux que les paiements scripturaux actuels. Les transactions seraient validées, contrôlées, sécurisées, avec les mêmes obligations réglementaires que pour les autres moyens de paiement : lutte contre le blanchiment, contre le financement du terrorisme, contre la fraude.

En matière de confidentialité, ce mode en ligne serait un peu plus protecteur que certaines solutions actuelles, mais il resterait dans le même univers : votre banque verrait encore une partie des informations nécessaires à ces contrôles. Ce n’est pas là que se situe la différence la plus spectaculaire.

  • La version “hors ligne” : un billet numérique dans le téléphone

C’est le second mode qui change vraiment la donne : le paiement hors ligne. Dans cette configuration, des euros numériques seraient stockés directement sur un support sécurisé – une carte, un téléphone mobile – et non plus uniquement sur les serveurs d’une banque.

Pour un paiement de proximité, entre deux personnes ou chez un commerçant, le transfert pourrait se faire directement d’un support à l’autre, sans que la transaction ne soit validée à distance par la banque ou la banque centrale. Pas besoin de réseau, pas besoin de connexion internet : la valeur passerait d’un porte-monnaie numérique à un autre, exactement comme un billet passe de main en main.

Sur le plan de la confidentialité, la promesse est forte : lors de ces paiements hors ligne, aucune donnée de transaction ne remonte vers un tiers. Seuls les deux participants à l’échange savent ce qui a été payé, comme avec les espèces. Sur le plan de la résilience, c’est tout aussi décisif : même en cas de panne de réseau, de coupure internet, de saturation des systèmes, les paiements pourraient continuer de circuler localement.

Un participant a rapproché cette idée de l’ancien système Moneo ou des cartes de resto U préchargées de quelques dizaines d’euros. La comparaison a du sens : il y a effectivement un aspect « préchargement ». Mais l’intervenant souligne que l’euro numérique va beaucoup plus loin : utilisable sur smartphone, entre particuliers, pour bien plus que la cafétéria d’une université, et intégré à un cadre européen unifié.

Confidentialité, confiance et limites

La question de la confiance vient naturellement : comment être sûr que ces paiements hors ligne restent vraiment confidentiels ? Comment un citoyen peut-il être certain qu’aucune donnée ne sort de son téléphone ou de sa carte ?

L’intervenant de la Banque de France, Bruno Monteil, distingue clairement les deux mondes. Pour l’euro numérique en ligne, la confidentialité sera renforcée mais pas absolue : la banque qui tient le « compte » en euro numérique aura accès aux données nécessaires aux contrôles imposés par la loi. C’est le même équilibre que pour les paiements actuels.

En revanche, pour les paiements hors ligne, l’ambition est bien de ne transmettre ni au prestataire, ni à la banque, ni à la banque centrale les détails des transactions courantes. Une fois les euros numériques chargés sur l’instrument, les échanges de personne à personne se feront sans tiers technique au milieu, comme pour les billets.

Autre point sensible : la limite de montant. L’euro numérique n’a pas vocation à devenir un gigantesque coffre-fort numérique où chacun thésauriserait des dizaines de milliers d’euros en dehors du système bancaire. Il y aurait donc un plafond, sans doute de quelques milliers d’euros, suffisant pour couvrir les paiements du quotidien, les besoins d’une famille ou d’un petit commerçant, mais pas pour vider massivement les comptes bancaires classiques.

Cette limite répond à un enjeu précis : ne pas déstabiliser les banques commerciales, qui ont besoin de dépôts pour financer l’économie. Il ne s’agit pas d’opposer l’euro numérique et les banques, mais de les articuler.

Un outil en plus, pas un outil en trop

L’euro numérique ne doit pas être compris comme une « fin de l’histoire » des paiements, ni comme la disparition programmée des espèces, ni comme un concurrent direct de tous les autres moyens de paiement.

Il s’agit d’un outil supplémentaire, public, européen, pensé pour compléter ce qui existe déjà : le cash, la carte, le virement, les solutions comme CB ou Wero. Un outil qui permettrait de garder, dans un monde de paiements de plus en plus numériques, ce qui fait la force de la monnaie fiduciaire : l’acceptation universelle, la gratuité à l’usage, la confidentialité, l’inclusion.

Le projet d’euro numérique est encore en phase préparatoire. Les travaux actuels portent sur la conception, les tests techniques et les modalités d’usage. Le passage à une éventuelle phase de mise en œuvre dépendra de l’avancée du projet au niveau des institutions européennes, puis françaises…

La CNAFC, association de consommateurs

La Confédération nationale des Associations Familiales Catholiques (CNAFC) est l’une des 14 associations de défense des consommateurs reconnues par la DGCCRF (la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes). Grâce à cet agrément, la CNAFC vient en aide à tous les particuliers qui rencontrent des difficultés d’ordre commercial avec des entreprises. Ainsi, en cas de litige, toute personne, même non adhérente aux AFC, peut contacter l’une des nombreuses antennes consommation disséminées dans toute la France.

Plus d’informations