IA GENERATIVE : QUELQUES CONSEILS D’UTILISATION. (Article de la CNAFC)

Alors que l’IA vient bouleverser les quotidiens, et même la manière d’enseigner des professeurs. Hervé Bry est président de l’AFC de Triel et auteur de La Grande Illusion – le dialogue social au risque des IA génératives (aux éditions de l’Onde). Il nous livre ses conseils pour utiliser l’intelligence artificielle.

Maintenir une vigilance active

Si l’on n’y prend pas garde, utiliser une IA nous conduit à une sorte d’assoupissement et de consentement passif. Il est tentant de croire qu’on a affaire à une intelligence en voyant s’aligner des caractères, des mots et des phrases. Or, les réponses ne sont que des statistiques de vraisemblance. Sur le plan intellectuel : il faut se poser régulièrement la question du degré de confiance que l’on accorde à l’IA, et se demander si l’on maintient un effort constant de réflexion et de construction du savoir. Sur le plan physique aussi, il est mieux d’utiliser l’IA quand on est bien réveillé que quand on est fatigué, pour mieux résister à l’illusion.

Vérifier les sources de l’IA

Il est possible, dans le prompt que l’on écrit, de demander à l’IA de citer ses sources, pour pouvoir les vérifier. Attention, certains biais cognitifs de l’IA peuvent l’inciter à créer de toutes pièces de fausses informations, que l’on appelle des « hallucinations ».

Veiller à la sécurité de ses données

A chaque fois qu’un utilisateur écrit un prompt, il crée de l’information, de la « data », susceptible de devenir accessible pour tout le monde, à moins d’avoir acheté une licence de Large Language Model (LLM), et de le faire travailler dans un milieu domestique non ouvert. Attention alors aux données personnelles que l’on utilise dans un prompt. De même, l’utilisation sans discernement de données confidentielles dans un cadre professionnel peut mettre en péril son employeur.

Attention au vocabulaire

Les concepteurs d’IA ont tout fait pour donner au robot une apparence humaine, en lui donnant un prénom, en la faisant parler à la première personne. Certaines IA peuvent simuler des émotions – « je suis désolé », « je vous félicite ». Quand on les utilise, ne pas les remercier ou les saluer aide à ne pas tomber dans l’illusion.

IA ET ENSEIGNEMENT : ENCOURAGER LE CONTACT AVEC LE REEL. (Article CNAFC).

Véronique Bebin, 35 ans, est professeur de français depuis douze ans au collège et au lycée. L’émergence de l’IA l’a obligée à adapter son enseignement. Témoignage.

J’ai pris conscience de l’importance que l’IA allait prendre dans mon métier d’enseignante l’année dernière, lorsque j’ai donné une rédaction à faire à la maison à des élèves de troisième. J’ai reçu trois copies bien trop élaborées pour leur âge. Surtout, malgré les différences de formulation, je percevais une sorte de trame commune. Ces élèves ont fini par m’avouer que ces rédactions ne venaient pas d’eux. Pour l’instant, la question des devoirs maison est le problème principal auquel je suis confrontée.

Une question d’honnêteté

La plupart de mes élèves, dès la 6e, font appel à ChatGPT, pour connaître la météo ou organiser leur week-end, avec le même naturel que ma génération le faisait avec Google. Beaucoup d’entre eux font donc de même avec les devoirs maison. Ce qui me gêne beaucoup, c’est le rapport à la vérité. Quand ils me rendent un devoir écrit par ChatGPT en mettant leur nom, ce n’est pas honnête. Je le leur fais remarquer et je suis très sévère sur cette question. Le problème, c’est qu’il n’y a aucun moyen fiable de le savoir. Ils peuvent personnaliser leurs prompts, pour que le devoir ait l’air écrit par un élève de 6e ou de 3e, ou pour qu’il contienne quelques fautes d’orthographe…

Adapter son enseignement

Mais je ne peux pas faire peser le temps qu’ils doivent passer à leurs devoirs maison sur le peu d’heures de classe dont je dispose ! Pour les réorienter, je me suis demandé ce que l’IA ne pouvait pas faire. Par exemple, elle ne peut pas apprendre par cœur. Je leur demande donc régulièrement d’apprendre des extraits par cœur et d’apprendre à les situer, pour pouvoir les déclamer en classe. Ce contact avec la langue et avec sa beauté est très riche. Et cela permet de muscler leur cerveau. Car l’une de mes peurs, avec l’IA, c’est la passivité qu’elle induit, quand on devient le consommateur d’une réflexion fournie par une machine.

Une autre de mes méthodes, c’est de leur donner en avance un sujet de rédaction : ils ont une semaine pour mener leurs recherches comme bon leur semble, pourquoi pas avec l’IA, de la même manière que ma génération allait au CDI. Et la rédaction se fait en classe, ce qui garantit que le travail de réflexion est le leur.

Les conséquences de l’IA

Parmi les conséquences de la place grandissante du numérique dans nos vies, je remarque que mes élèves – comme moi-même ! – ont plus de mal à concentrer leur attention, notamment pour la lecture. Ils sont aussi moins actifs intellectuellement : je perçois moins d’émerveillement face à la nouveauté d’un savoir.

Mais je suis convaincue qu’il ne sert à rien de se crisper sur la question de l’IA : plutôt que de dénoncer la passivité qu’elle introduit insidieusement dans nos vies, je trouve plus intéressant d’encourager le contact avec le réel. Je cherche donc à développer un enseignement plus kinesthésique, qui fait appel à tout le corps. J’aimerais aussi développer davantage le théâtre. L’émergence de l’IA pose des questions passionnantes qui m’obligent à approfondir ma réflexion sur le sens de mon métier et à me réinventer.

Propos recueillis par Sophie le Pivain

(COMMUNIQUE DE PRESSE) : PLFSS 2026 : UN CONGE DE NAISSANCE A MINIMA.

Le gouvernement a présenté en début de semaine son projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Les AFC dénoncent un manque de soutien à la natalité, alors que les chiffres sont au plus bas.

La politique du soutien à la natalité reste insuffisante.

La préservation de la PreParE constitue un point d’appui encourageant, mais le nouveau congé de naissance complémentaire ne répond pas suffisamment aux enjeux d’une vraie politique de soutien à la natalité.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 s’inscrit dans un contexte de baisse préoccupante de la natalité et de vieillissement accéléré de la population. Or l’équilibre démographique et social de la France dépend étroitement de la vitalité des naissances et du soutien apporté aux familles.

S’il convient de saluer la volonté du gouvernement de maîtriser les déficits et d’engager un effort de régulation dans plusieurs domaines (soins, dépenses hospitalières, lutte contre les fraudes), force est de constater que l’encouragement à accueillir et élever des enfants reste largement absent des solutions proposées.

Un maintien de la PreParE

Le maintien de la Prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) est une bonne nouvelle. En effet, la PreParE reste un levier essentiel de soutien à la parentalité, permettant encore à 200 000 familles de suspendre leur travail pour se consacrer à leurs jeunes enfants dans la période préscolaire. Ce maintien témoigne d’une reconnaissance, encore trop rare, du rôle des familles dans la cohésion sociale et la préparation de l’avenir. Néanmoins, avec un montant de la PreParE à 456,06 €, cette liberté de prendre du temps avec son enfant d’âge préscolaire n’est réellement accessible qu’aux familles les plus aisées.

Un « congé de naissance complémentaire » mais loin du compte

Le nouveau « congé de naissance complémentaire » annoncé par le gouvernement constitue une avancée symbolique, en ce qu’il reconnaît la nécessité d’un temps d’accompagnement renforcé pour les jeunes parents.

Toutefois, sa durée limitée à deux mois, l’absence de chiffrage précis de son montant et la rémunération dégressive du second mois suscitent des réserves par rapport aux attentes des parents.

En l’état, cette mesure reste en deçà des besoins réels des familles qui demandent un congé bien rémunéré de 6 à 12 mois ; elle empiète sur leur liberté d’organisation en ne permettant pas la possibilité de transfert de ce congé entre les conjoints. Elle risque de s’avérer inaccessible pour nombre de foyers, si la compensation financière n’était pas suffisante, en particulier le deuxième mois. Rappelons que le rapport des 1000 premiers jours préconisait un congé « parental » de 9 mois avec un niveau d’indemnisation d’un montant minimum de 75% du revenu perçu !

Le budget moyen d’une place de crèche étant de 1600€, le mode de garde le moins onéreux pour les finances publiques est la garde familiale, lorsque les parents le souhaitent et en ont les moyens.

Des choix budgétaires et sociaux décorrélés

Au-delà de ces aspects, plusieurs dispositions du texte interrogent :

  • Le transfert de ressources de la branche famille vers la maladie et la vieillesse compromet la capacité de la branche à investir dans l’avenir.
  • La sous-indexation programmée des prestations sociales et des pensions jusqu’en 2030 fragilise les ménages.
  • Enfin, le report de la majoration des allocations familiales de 14 ans à 18 ans diffère le soutien aux familles confrontées à des coûts accrus dès l’adolescence, ce d’autant qu’en parallèle le PLF prévoit de supprimer les réductions d’impôts pour frais de scolarité des parents ayant des enfants dans le secondaire et le supérieur.

Les AFC attendent des mesures à la hauteur des défis économiques et démographiques à venir ; c’est-à-dire des politiques qui fassent réellement confiance aux familles leur donnent les moyens d’accueillir le nombre d’enfants qu’elles souhaitent et leur laissent la liberté de s’organiser selon leurs besoins.

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CNAFC (6/10/2025) : POUR LA PROTECTION DES CONSOMMATEURS.

Les AFC s’alarment de l’annonce de la probable suppression de l’Institut national de la consommation (INC), organisme public essentiel au service des consommateurs depuis plus de 50 ans.

La CNAFC, association familiale de consommateurs, s’alarme de l’annonce de la probable suppression de l’Institut national de la consommation (INC), organisme public essentiel au service des consommateurs depuis plus de 50 ans.

Le 15 mai dernier, lors de son audition devant la commission sénatoriale sur les agences de l’État, la ministre chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a déclaré que l’INC serait supprimé car, selon elle, « ses missions sont échues ». Une déclaration qui soulève de vives inquiétudes et qui, pour nous, ne peut rester sans réponse.

L’INC n’est pas un organisme dépassé. Il est un pilier de l’information indépendante, un soutien indispensable pour les associations de consommateurs, notamment quant à la formation, et un acteur clé de l’éducation à la consommation. Grâce à des outils comme le magazine 60 Millions de consommateurs ou l’émission Consomag, l’INC joue un rôle unique pour décrypter les offres, alerter sur les pratiques abusives et aider chacun à faire des choix éclairés.

Dans un contexte de complexification croissante des marchés (énergie, assurances, télécoms, immobilier…), d’inflation, de scandales sanitaires, de désinformation en ligne et de vulnérabilités sociales accrues, la disparition d’un acteur public indépendant comme l’INC serait une grave erreur.

Nous considérons que supprimer l’INC, c’est affaiblir la protection des consommateurs, priver les familles d’un appui précieux, et nier les enjeux d’intérêt général portés par cet institut. Ce n’est pas seulement une question de budget : c’est une question de justice, de transparence et de démocratie économique.

Nous demandons le maintien et la consolidation des missions de l’INC, au service de tous les citoyens.

non à la supression de l’INC

LA FRATRIE, UN MODELE D’INCLUSION.(article CNAFC)

En côtoyant la différence dès leur plus jeune âge, et avec beaucoup de naturel, les frères et sœurs d’enfants porteurs de handicaps ont beaucoup à apprendre à notre société en matière d’inclusion.

Aujourd’hui, on parle beaucoup de l’inclusion des personnes porteuses de handicaps, cela est positif. Parfois pourtant, cette inclusion semble contenir implicitement l’injonction à être « comme les autres ». Alors, penchons-nous sur cette « inclusion naturelle » pratiquée dans les fratries, pour voir comment elle s’y vit.

Tant que les enfants sont assez jeunes, tout se fait de manière très naturelle. Parler de handicap est incongru. Avec l’âge et les regards extérieurs, la prise de conscience vient peu à peu. Les écarts se creusent quand le plus petit « passe devant », et acquiert des compétences que n’a pas son aîné. Ce sont des moments qui paraissent douloureux, mais qui permettent à chacun d’avancer dans l’acceptation du handicap, de grandir. Cela requiert d’en parler librement et aussi souvent que possible.

La famille est une bonne école pour apprendre à vivre ensemble et à prendre soin les uns des autres. Le handicap agit comme booster. Il crée une solidarité particulière au sein de la fratrie et dans la relation avec les parents. Les enfants voient leurs parents souffrir et se réjouir, ils les voient démunis, ils les voient se battre pour relever ce défi éducatif particulier et constatent qu’ils ne savent pas toujours s’ils font les bons choix. Par la vie avec le handicap, accepter, aimer l’autre dans sa différence leur est bien souvent plus naturel.

Pour autant, ils souffrent par moment de la différence de traitement qui peut être perçue comme une injustice ou une inégalité. Car le handicap prend parfois beaucoup de place et de l’attention des parents.

À l’extérieur, par contre, les enfants qui vivent avec un frère ou une sœur différents sont les premiers à s’indigner du moindre regard ou de la moindre parole d’exclusion ou de jugement sur le handicap.

En somme, l’inclusion d’un enfant porteur de handicaps dans une fratrie ne se décrète pas : elle se vit, au jour le jour, dans la richesse des liens, les ajustements constants et les émotions partagées. Elle n’est ni parfaite ni facile, mais elle simplement humaine. Elle façonne les frères et sœurs, les rend souvent plus attentifs à l’autre, plus tolérants, plus conscients des fragilités de chacun. À condition de leur offrir un espace pour s’exprimer, de reconnaître leurs besoins spécifiques, et de leur dire qu’ils comptent tout autant, cette expérience peut être fondatrice. Car vivre avec la différence au cœur même de sa famille, c’est peut-être apprendre très tôt à aimer sans condition et en inclusion.

Claire Gilles

Les « Chantiers atypiques »

Anciennement appelés « Chantiers zèbres », il en en existe dans de nombreuses régions. Les Chantiers atypiques accueillent des parents dont les enfants sont HPI ou TDAH principalement. Ces parents éprouvent le besoin de se retrouver pour échanger sur leurs enfants qui ont un fonctionnement atypique.