







Elles se font discrètes, mais se prêtent facilement à des dérives. D’où l’importance pour les parents de connaître le fonctionnement de certaines appli chéries des ado pour en parler avec eux, toute en délicatesse. Si Facebook, Twitter et Instagram sont bien connus du grand public, et à peu près maîtrisés par les générations de parents, d’autres applications, plus discrètes, conquièrent de nombreux adolescents, qui semblent mettre un point d’honneur à les garder secrètes. Pourtant, leur utilisation peut connaître des dérives et s’avérer dangereuses si on n’y prête pas attention.
Yubo, un Tinder pour ado
Regroupant 20 millions d’utilisateurs dans le monde, Yubo, anciennement appelé Yellow, est présenté comme un réseau social « pour se faire de nouveaux amis ». Créée en 2015 par trois Français, l’application mêle site de rencontres, accessible dès 13 ans, et des live vidéos, discussions retransmises en direct où les jeunes se mettent en scène. Sur Yubo, on swipe (on balaie l’écran de son smartphone pour sélectionner le profil qui plaît), on chat, on match, et on crée ou on rejoint des live où dix utilisateurs (appelés « streameurs ») peuvent se filmer et diffuser des contenus. S’affichant comme une application de rencontre amicale, Yubo est en réalité utilisé par les adolescents pour rencontrer des partenaires sexuels occasionnels. « J’ai un date Yubo dimanche prochain », peut-on lire sur un forum. Appli de drague, terrain de chasse pour les prédateurs sexuels, l’application est également mise en cause pour des cas de harcèlement, notamment envers les jeunes filles. Incitées à envoyer des photos ou des vidéos intimes, pour séduire un petit copain ou devenir « populaires » dans la communauté, de jeunes adolescentes sont victimes de chantage ou de harcèlement lorsque les contenus se mettent à circuler. Des « procès » sont même organisés, jugeant le physique des filles ou dénonçant leur comportement.
Tik Tok, ou quand les ados se prennent pour des stars
Toute jeune appli également, Tik Tok fait déjà 9 millions d’adeptes en France et 500 millions dans le monde. Créée en septembre 2016 par Zhang Yiming, l’application chinoise lance chaque semaine un nouveau défi à ses utilisateurs : réaliser une vidéo de 15 secondes, sur un thème donné, en dansant et faisant du play-back, façon karaoké. L’enjeu est de se montrer inventif, créatif, à grand renfort d’effets ou de filtres. On voit de nombreuses utilisatrices, très jeunes, recélant des trésors d’imagination pour imiter leurs idoles du moment. Maquillage, poses suggestives, tenues sexy, Tik Tok est le royaume de l’apparence… et de la médisance lorsque les canons de beauté ne sont pas conformes à un certain idéal de perfection. En outre, depuis son lancement, Tik Tok collectait les données personnelles de ses utilisateurs mineurs sans l’autorisation de leurs parents. L’appli vient donc d’écoper d’une amende de 5,7 millions de dollars, la plus lourde amende jamais infligée par la Federal Trade Commission des États-Unis.
Snapchat, une promesse bien éphémère
Réunissant 188 millions d’utilisateurs actifs chaque jour dans le monde, Snapchat est dans le top trois des applis préférées des jeunes : sur la tranche d’âge 15-24 ans, Snapchat arrive en tête du classement des applications les plus utilisées, devant Facebook et Instagram. Le concept ? Envoyer des photos, notamment des selfies, ou des vidéos éphémères, qui s’autodétruisent, en théorie, au bout d’une, dix, vingt secondes, selon la durée choisie par l’expéditeur. L’application permet également aux utilisateurs de créer une « story », juxtaposition de plusieurs photos ou vidéos. Une « story » peut être vue autant de fois que l’utilisateur le souhaite mais chaque élément de la story possède une durée de vie de 24 heures. Parmi les dérives, au-delà de la pression engendrée par le réseau pour poster des nudes (photo d’une partie du corps dénudée), Snapchat ne peut tenir la promesse d’effacer tous les contenus dans la mesure où nul n’est à l’abri d’une capture d’écran. C’est pourquoi l’appli est un des premiers fournisseurs de photos détournées à caractère sexuel.
Askip, où l’anonymat est roi
Créée en 2017, Askip, raccourci de « À ce qu’il paraît », rassemble un million d’utilisateurs. Le principe est plutôt étrange : c’est une application conçue pour recevoir des messages anonymes… (seuls les pseudos apparaissent). Alors que le but avoué est de briser la timidité et d’engager la conversation, le résultat est sans surprise : les messages à caractère sexuel sont légion.
Squad, la toute dernière-née
Elle émerge depuis fin janvier, et permet de partager avec ses amis son écran à distance, tout en continuant à discuter avec eux, à consulter son fil Instagram, à regarder une vidéo sur YouTube… Si jusqu’à maintenant ces activités étaient faites en solitaires, la vocation de Squad est de les vivre à plusieurs, six maximum, à distance. Il est désormais possible d’utiliser la fonction « partage d’écran » avec les membres d’un groupe sur la plupart des applications. Les messages privés n’auront donc plus rien de privés : des comptes inaccessibles au public, tels que Facebook ou Insta, pourraient voir leur contenu circuler sur la toile si l’un des utilisateurs décide de passer par Squad pour le partager avec d’autres personnes… Sans compter les captures d’écran, que Squad cherche à restreindre en intégrant prochainement un outil pour prévenir les utilisateurs qu’une autre personne fait des captures d’écran.
« Le bonheur passe par la maturité ». Après une définition de la maturité affective, Véronique Lemoine parle de l’autorité, de son évolution durant les dernières décennies et surtout comment l’exercer aujourd’hui à partir de deux outils psycho-éducatifs : l’éducation à la liberté et l’éducation à la frustration.
Véronique Lemoine est psychologue et psychothérapeute depuis près de 20 ans, co-fondatrice de l’association MCAdS (Mieux Connaître l’Angoisse de Séparation) et elle a écrit avec Agnès Daubricourt « Guide de survie à l’usage des parents » (2014).
Cette conférence a eu lieu lors des assises des Chantiers-Education, le 1er février 2019.
🎧 / 🎥 Ecouter ou voir la conférence :
Pour l’écouter voici le lien :
https://drive.google.com/file/d/1HKjgr15CeE3rMBhh-On4mMlskzIhHEvC/view
Pour voir la vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=Lk3b6L9ESyQ&list=PLY2V0QMXqguxPDc-o3sXJDQl-YLlUNsCi
Les premiers mots qu’on adresse à l’enfant, les paroles douces qui le concernent, sont aussi importants que les caresses. Elles l’intègrent au monde des humains et l’aident à bâtir sa personnalité à venir.
Communément, aimer quelqu’un, c’est lui donner une place particulière dans sa vie. De fait, il faut de l’amour pour se construire : les enfants privés d’affection grandissent moins que les autres.
Il y a dans l’amour d’une femme pour son enfant quelque chose de sublime : son inconditionnalité ; quelque chose de ridicule : son aveuglement ; et quelque chose d’ignoble : le fait qu’il ne concerne que son enfant et non les autres. Une mère est « intéressée » par son enfant. Mieux vaut qu’elle le sache, et sache épurer son amour de sa part de narcissisme, de volonté, de pouvoir, de captation.
Le père peut être l’agent de cette conversion car l’amour paternel est beaucoup plus sage : le rapport du père à l’enfant est empreint d’une certaine distance, d’une lucidité, d’une modération, d’un respect qui ne sont pas moins indispensables à l’enfant que le fol amour maternel.
Mais attention : dans la relation parents-enfants, il est certes important que l’enfant sente qu’il compte pour ses parents, mais il ne doit pas sentir qu’il est leur « chose » sous prétexte qu’il était, au départ, totalement dépendant d’eux !
La grande question, ce n’est pas d’aimer nos enfants, parce qu’à de rares exceptions près, tous les parents aiment leurs enfants, mais la difficulté, c’est de montrer à nos enfants que nous les aimons.
Dans chaque enfant se trouve un «réservoir émotionnel» qui ne demande qu’à être rempli d’affection.
Comment remplir son réservoir affectif, et ainsi le sécuriser par notre amour ? D’après Ross Campbell, c’est en essayant d’apprendre sa langue maternelle émotionnelle, et en veillant à lui parler ce langage qui est le sien.
Il existe ainsi cinq langages de l’amour: les paroles valorisantes, les moments de qualité, les cadeaux, les services rendus, le toucher physique. Quel que soit son langage, l’enfant doit percevoir l’amour de ses parents comme inconditionnel, c’est-à-dire au-dessus de toute autre considération. Cela ne signifie pas que nous apprécions toujours sa façon de se conduire ou de répondre, mais que nous l’aimons, lui, cet enfant, comme un trésor unique, au-delà de son aspect, de son potentiel, de son éventuel handicap, et sans préjuger de sa conduite. Parce que du petit enfant qui pleure de manière inexpliquée, jusqu’à l’adolescent qui nous provoque, qui fait des fugues, se met à fumer des joints ou à faire des tas de bêtises, jusqu’à l’adulte qui se montre désagréable ou provocateur, derrière tout cela, il y a toujours la même question : est-ce que tu m’aimes ?
Soyons clairs : on n’aime pas ses enfants de la même manière. Et heureusement ! L’essentiel est que chacun soit reconnu comme unique. Une mère de famille nombreuse à qui on demandait comment elle avait pu diviser l’amour entre ses enfants, répondit : « Je n’ai rien divisé, j’ai multiplié l’amour ».
Source : site web CNAFC 12/02/19
Lien vers le film tourné par l’UDAF du Rhône :
https://www.dailymotion.com/video/x6ujei3