GOÛTER LA BEAUTE EN FAMILLE. (article CNAFC)

Voici quelques pistes très concrètes pour apprendre à s’émerveiller en famille et éduquer ses enfants par le beau.

Éduquons-nous nos enfants à la beauté ? À première vue, tant de choses paraissent prioritaires à transmettre à nos enfants. Et pourtant, apprendre à s’émerveiller, à goûter, à ressentir sont des incontournables de toute relation éducative. Cultiver la beauté en soi et autour de soi, pour pouvoir s’en faire à son tour le témoin, tout cela n’est pas seulement important, mais vital.

Que les parents se rassurent, nul besoin d’être soi-même Léonard de Vinci ou d’avoir suivi dix années de conservatoire : tous les parents transmettent d’une manière ou d’une autre leur sensibilité au beau, parfois même sans s’en rendre compte. Ils aident ainsi leurs enfants à mieux s’aimer, à aimer le monde qui les entoure et à s’ouvrir à la transcendance.

Voici quelques pistes concrètes pour s’éveiller au beau en famille :

  • Valoriser par un compliment tous les efforts de tenue vestimentaire de nos enfants ou de leurs camarades : une jolie coiffure, des attitudes avenantes, des visages souriants, etc.
  • Chercher avec le jeune à reformuler correctement une expression inappropriée, un anglicisme, un mot pauvre…
  • Développer le sens de l’observation : avoir de la rigueur, ne pas négliger les détails… dans la réalisation aussi.
  • Encourager ses enfants à soigner leurs dessins de poésie.
  • Faire remarquer une publicité astucieuse, un emballage bien conçu, l’harmonie d’un lieu, l’élégance d’une personne…
  • Apprendre à remarquer et retenir ce qui est beau plutôt que ce qui est laid dans une personne, un lieu ou une situation : adopter un regard concrètement positif.
  • Lever les yeux et contempler le ciel pendant une minute au moins une fois par jour.
  • Le lever très tôt pour aller admirer un lever de soleil ensemble.
  • Oser exprimer ses émotions artistiques, lectures, tableaux, musique…
  • Montrer que tout ne se vaut pas, faire des choix.
  • Développer les sens dès le plus jeune âge.
  • Mettre des mots sur les nuances dans ce qui est perçu par les sens.
  • Timbres, pierres, cartes postales… aider un enfant à constituer une collection est une manière de lui apprendre à observer, à apprécier, et à rêver.
  • Un jour de beau temps, partir dans la nature avec des crayons et des carnets à dessin, et inviter chaque membre de la famille à choisir un endroit et à dessiner ce qu’il voit.
  • Les soirs d’été, attendre la nuit tombée pour s’allonger dehors sur une couverture et admirer les étoiles.

(COMMUNIQUE DE PRESSE CNAFC) « NATALITE : UNE TIMIDE ACCALMIE DANS LA DYNAMIQUE BAISSIERE ».

Les AFC proposent des solutions et demandent à l’État de réagir rapidement
face au déclin de notre démographie.
L’INSEE vient de publier le nombre des naissances enregistrées en juin 2025 qui
se monte à 54 186, en hausse de 2,6 % par rapport au mois de juin 2024.
C’est la première fois depuis 3 ans que le nombre des naissances est supérieur
à celui du même mois de l’année précédente. Ce meilleur résultat est à
relativiser puisque le mois de juin 2024 avait été marqué par un nombre de
naissances particulièrement faible.
Les chiffres de la natalité publiés par l’INSEE pour le premier semestre de l’année
montrent que 2025 confirme le déclin démographique général enclenché depuis
2010, avec 317 340 naissances depuis le début de l’année, en retrait de 2,2 %
par rapport au 1er semestre 2024. La courbe jointe en fait une démonstration
édifiante.
En 10 ans, la natalité s’est effondrée de plus de 155 000 naissances, soit
l’équivalent de la ville d’Angers.
Les enfants non nés aujourd’hui ne participeront pas dans 20 ans à notre
système social fondé sur la solidarité entre les générations ; leur absence incite
bien moins à investir dans notre économie ou à consommer ; le vieillissement
de la population nous tourne vers le passé et contribue à l’humeur décliniste des
Français ; par ailleurs, notre pays continue de perdre du poids dans des
équilibres géopolitiques en pleine mutation et, enfin, nous ne permettons pas
suffisamment au désir d’enfant des couples de se réaliser.
En effet, les Français ne parviennent pas à accueillir le nombre d’enfants qu’ils
souhaitent. Ce désir d’enfants était de 2,27 en 2023 alors que l’indice de
fécondité s’élevait à 1,62 enfant par femme en 2024. L’État doit prendre en
compte cette différence entre le désir d’enfant et sa réalisation et comprendre
les raisons d’un tel écart.
Les AFC ont apporté une première réponse grâce à un sondage réalisé en juillet
2023 auprès d’adultes ayant renoncé à avoir un enfant ou un enfant de plus. Les
couples attendent : –
Le développement de modes de garde abordables, proches et de
qualité ;

L’accompagnement financier des familles qui prennent un congé
parental long avec un relèvement du montant de la PreParE ;
Des mesures d’équilibre entre vie privée et vie professionnelle.
Le congé de naissance proposé pour le « réarmement démographique » est un
premier élément de réponse mais il reste insuffisant, en particulier si les couples
n’ont pas la liberté de le répartir comme ils le souhaitent entre le père et la
mère.
Les AFC exhortent le gouvernement à écouter les besoins des familles pour
réaliser un diagnostic précis et mettre en place les réformes adéquates.
Il s’agit d’un investissement vital pour l’avenir de notre pays.

ARTICLE CNAFC : « MINEURS ET TRANSITION DE GENRE: LES AFC ALERTENT. »

Les AFC s’opposent fermement à la décision-cadre du 16 juin 2025 sur la transition de genre des mineurs, contraire à l’intérêt de l’enfant.

Les Associations Familiales Catholiques expriment leur profond désaccord avec la décision-cadre du 16 juin 2025 rendue par Madame la Défenseure des Droits concernant la transition de genre, en particulier lorsqu’elle concerne des mineurs.

Sans vouloir entrer dans le débat de fond sur la légitimité d’une demande de changement de genre — rappelons toutefois qu’à ce jour, la réalité biologique distingue deux genres, masculin et féminin, déterminés par les chromosomes — il semble pour le moins préoccupant d’encourager ce type de démarche chez des mineurs. D’autant que plusieurs pays, qui avaient initialement facilité ces pratiques, font aujourd’hui marche arrière : c’est notamment le cas de la Suède, du Royaume-Uni, du Danemark et des États-Unis.

En tout état de cause :

  • Les enfants et les adolescents peuvent, à certaines étapes de leur développement, ressentir un mal-être lié à leur corps. Cette situation est souvent transitoire et peut évoluer naturellement. Dans ces moments-là, ils ont avant tout besoin d’un accompagnement psychologique, et non qu’on cède à des demandes irréversibles. La transition de genre entraîne des conséquences majeures, souvent irréversibles. De nombreux témoignages d’adultes ayant entrepris cette démarche dans leur jeunesse révèlent des regrets profonds, alors qu’il est trop tard pour revenir en arrière.
  • Une décision de cette nature ne saurait être prise sans l’accord des parents. Ces derniers, ainsi que les institutions éducatives accueillant les mineurs concernés, doivent être encouragés à la plus grande prudence. Il est inacceptable d’exercer des pressions sur les familles ou sur les établissements scolaires pour les contraindre à accepter les demandes de transition de genre émanant d’enfants mineurs.

Les Associations Familiales Catholiques demandent l’interdiction formelle de toute démarche de transition de genre concernant des mineurs. À tout le moins, elles exigent le respect de la liberté éducative des parents ainsi que du droit des établissements scolaires et éducatifs à s’y opposer. Il en va de la protection essentielle des mineurs.

Mineurs et transition de genre : les AFC alertent

ARTICLE CNAFC : « PREVENIR LES RUPTURES CONJUGALES : UN ACCOMPAGNEMENT AU SERVICE DE L’AMOUR. »

Alors que le divorce est une situation répandue aujourd’hui en France, l’accompagnement par un professionnel peut aider les couples à traverser les périodes difficiles à travers la relecture de leur histoire et l’écoute mutuelle en présence d’un tiers. Les explications de Pascale Jahan, conseillère conjugale.

Pascale Jahan est conseillère conjugale et familiale, membre de l’Association nationale des conseillers conjugaux et familiaux (ANCCEF) et thérapeute de couple à Figeac. Elle est membre du secteur conjugalité de la CNAFC.

Vous qui recevez de nombreux couples, comment expliquez-vous l’importance du taux de divortialité en France ?

L’une des explications que j’y vois, c’est ce que certains appellent le « couple tapis roulant » : on se rencontre, on se plaît, on a rapidement des relations sexuelles, ça se passe bien, on s’installe ensemble (ce qui permet de faire des économies), on a un premier enfant… Mais à aucun moment le couple n’a pris de décision. Quand, dans mon cabinet, je demande à un couple à quel moment ils ont décidé de vivre ensemble, les deux se regardent. Puis ils me disent : « Ça s’est fait comme ça, on s’est laissé porter ». Ces couples-là sont les plus difficiles à accompagner, parce qu’ils n’ont pas eu de projet de couple au départ. C’est particulièrement frappant chez ceux qui ont une trentaine d’années. Chez les plus âgés, vers 40-45 ans, je rencontre beaucoup de couples qui avaient des projets (fonder une famille, construire une maison). Ils ont mis toute leur énergie là-dedans, et le jour où la maison est finie, ils se rendent compte qu’ils ont négligé leur couple. Il est devenu une coquille vide : ils ont mis toute leur énergie à construire le nid, mais il n’y a plus rien dedans. En consultation, je demande aux personnes quelle part de leur temps elles consacrent à leur travail, à leurs enfants, à leur maison, à leur couple : il n’y a souvent pas de place dans leur vie pour des temps gratuits à deux. Je vois aussi qu’on a souvent du mal à accepter que l’autre soit différent, qu’il n’aime pas les mêmes films, qu’il ne s’occupe pas des enfants de la même manière ou qu’il n’a pas le même rythme de sommeil… Or, heureusement qu’on est différents ! Le risque serait de remettre en cause son couple pour cette raison en pensant que l’on s’est trompé, puis de se remettre en couple avec quelqu’un d’autre avec qui il risque de se produire exactement la même chose.

Comment un accompagnement de couple peut-il être un moyen de prévenir les ruptures conjugales ?

 Déjà, la consultation, et le chemin pour s’y rendre quand on arrive ensemble, sont en eux-mêmes un temps consacré au couple. On y expérimente le fait de pouvoir se parler et d’être écouté en allant jusqu’au bout de sa phrase dans un cadre sécurisant. Je rappelle que le sens du mot « conseil » peut prêter à confusion : en aucun cas un conseiller conjugal ne donne de conseils. Je dis plutôt qu’il « tient conseil » avec le couple, l’interroge, lui donne éventuellement des pistes, mais jamais ne lui dit ce qu’il doit faire. Quand je reçois un couple, je travaille beaucoup sur les ressentis de chacun, sur l’histoire du couple, qui peut être lourde. Cette relecture permet parfois de faire remonter des choses que l’on n’avait pas pu, ou pas su se dire. En relisant sa vie, le couple se rend aussi compte des belles choses qu’il a vécues, et peut se demander comment y arriver à nouveau. Enfin, un tel accompagnement est une occasion de se reconnecter quand on a pris, sans s’en rendre compte, des chemins différents : en se parlant, en se touchant (parfois, pendant la séance, j’invite l’un des deux à se placer derrière l’autre et à lui parler en lui tenant les épaules), on réapprend à créer une intimité qu’on avait perdue.

Quels sont, selon vous, les signaux à prendre en compte avant qu’il ne soit trop tard pour éviter la rupture ?

Quelqu’un m’a dit une fois qu’il avait la boule au ventre en rentrant chez lui le soir. Parfois, le corps parle, et le malaise physique traduit une difficulté. Il ne faut pas attendre que la situation devienne trop lourde pour venir consulter. De même qu’on va voir un dentiste quand on a mal aux dents, on devrait pouvoir aller voir un conseiller conjugal quand on sent que son couple souffre. Dans ce domaine, les jeunes générations me semblent plus décomplexées, et c’est une bonne chose. De même, il ne faut pas hésiter à venir seul dans un premier temps si l’un des deux est réticent : cela est déjà bénéfique.

L’infidélité fait évidemment aussi partie des raisons qui poussent les couples à consulter, quand l’un s’est rendu compte que l’autre le trompait. Mais je tiens à dire qu’elle n’est pas la mort du couple. J’ai ainsi reçu un jour un couple de catholiques engagés, parents de cinq enfants. Lui avait entamé une liaison avec une autre femme. Il est venu plusieurs fois seul, se demandant qui il devait quitter, de son épouse ou de sa maîtresse. Puis il a décidé de rompre avec sa maîtresse. Il est revenu avec sa femme, et ils ont avancé sur le chemin du pardon. Cela n’a pas été facile, mais ils y sont arrivés en travaillant ensemble sur leur histoire, car l’infidélité n’arrive jamais par hasard, elle est souvent le symptôme d’une difficulté au sein du couple. Leur témoignage montre qu’il est possible de la dépasser.

Les statistiques montrent une augmentation des séparations après la naissance du premier enfant. Comment l’expliquez-vous ?

Absolument, je le constate très souvent. Hier encore, j’ai entendu dans mon cabinet : « Depuis la naissance de mon fils, ce n’est plus pareil ». J’incrimine beaucoup la pression sociétale qui demande aux mères d’être parfaites. À une période où la femme est fatiguée, en plein bousculement, la société la pousse à reprendre son travail avant même que son bébé fasse ses nuits. Entre la maison, les enfants et le travail, c’est souvent le couple qui trinque. Au moment de la naissance, on passe aussi d’un rythme où l’on disposait de son temps comme on voulait à une vie marquée par beaucoup plus de contraintes. Parfois, on ne l’avait pas vraiment anticipé. Pour peu que le désir d’enfant n’ait pas été tout à fait partagé, le couple est mis à rude épreuve.

Quelles autres périodes fragilisent le couple ?

 Quand l’un des deux s’investit beaucoup dans l’accompagnement d’un parent malade ou âgé, cela peut être vécu comme un abandon de la part de l’autre. Il est important d’en parler, de voir ensemble comment faire la part des choses. D’une manière plus générale, tous les changements sont des périodes sensibles pour le couple : déménagement, changement professionnel, départ des enfants de la maison, arrivée à la retraite. Pendant ces périodes délicates, il est d’autant plus important de parler et d’exprimer ses difficultés. Sans quoi celles-ci peuvent fragiliser le couple, sur le moment ou en rejaillissant plus tard.

N’y a-t-il pas des situations pour lesquelles la rupture s’impose ?

En effet, il y a des cas pour lesquels la séparation est non seulement possible, mais indispensable. Lors d’une formation délivrée par la Conférence des évêques de France au sujet des violences conjugales, j’ai appris que celles-ci étaient plus fréquentes au sein des couples croyants que dans le reste de la population. Cela est dû à une mauvaise lecture de la Parole de Dieu sur la fidélité, sur le sens de la souffrance ou du pardon, qui empêche de se dire que certains comportements ne sont pas normaux. Je ne remets absolument pas en cause l’indissolubilité du mariage. Mais quand il y a de la violence, qu’elle soit physique ou psychologique, et que l’un des époux ne respecte pas l’autre comme une personne, quand l’intégrité d’une personne est mise en danger, le lien du sacrement demeure mais il est dévitalisé. Il est important d’être attentif à ces situations dans son entourage, dans sa paroisse, ou même au sein des parcours de préparation au mariage, par exemple.

Pourriez-vous nous raconter un souvenir qui vous a marquée lors d’un de vos accompagnements ?

 J’ai reçu un couple à l’approche de leurs vingt ans de mariage. Ça n’allait pas tellement mal, mais ils avaient envie de renouveler leur communication conjugale, que ça aille mieux. Un jour où ils rentraient chez eux, un de leurs enfants, adolescent, leur a dit : « Mais qu’est-ce que vous faites, les parents, en ce moment ? On ne vous reconnaît pas… ». Il les trouvait plus légers, plus joyeux, plus amoureux. Quand ils m’ont dit ça, je me suis dit que je n’avais pas perdu mon temps… et eux non plus !

Sophie Le Pivain

Prévenir les ruptures conjugales