Trois pistes pour donner du sens au stage de 3ème de son enfant. (Caroline Moulinet pour ALETEIA)

« Croire que le stage de troisième n’apporte rien est une erreur : c’est une opportunité pour le jeune de mettre un pied dans l’univers professionnel et de l’observer avec ses yeux à lui », affirme Alix de Quillacq.

En classe de quatrième ou de troisième, l’adolescent doit réaliser un stage d’une semaine. Cette étape fait partie de son orientation, un passage obligé qui pousse les parents à investir la question. En effet, le jeune se sent en général bien loin de la vie professionnelle. Une courte semaine à la fin du trimestre, le stage de troisième sert-il vraiment à quelque chose ? Comment ces cinq petits jours peuvent-ils apporter quelque chose dans la vie d’un adolescent ?

1TROP COURT POUR PORTER DU FRUIT ? PAS SI SÛR !

Professionnelle de l’orientation depuis plus de dix ans et auteur du livre “Face aux choix d’orientation, parents et éducateurs, libérez votre pouvoir d’agir !” (Quasar), Alix de Quillacq explique : « Vers quinze ans, les adolescents ont une vision de la vie professionnelle essentiellement par les yeux de leurs parents. Croire que le stage de troisième n’apporte rien est une erreur : c’est une opportunité pour le jeune de mettre un pied dans l’univers professionnel et de l’observer avec ses yeux à lui. »

Pourtant, trouver quoi faire pendant une courte semaine, alors que tous les élèves cherchent en même temps le fameux stage, peut relever du parcours du combattant. Les parents sont alors tentés de réaliser les démarches à la place de leur enfant, rédiger la lettre de motivation ou activer tout leur réseau. Le jeune gagne pourtant à y mettre du sien. Alix de Quillacq explique : « Ce stage correspond à la première fois que le jeune passe du monde scolaire au monde professionnel. Il est bon qu’il se décarcasse pour trouver son stage, et qu’il ose sortir des sentiers battus, quitte à aller vers quelque chose qui l’intéresse moins. Par exemple, si son père est médecin, le jeune a déjà entendu parler des journées d’un médecin. Aller faire son stage chez un collègue du père sera moins riche que d’aller chez un ébéniste, un ingénieur, dans le monde du spectacle ou tester un logiciel 3D chez un graphiste. »

2NE PAS CHERCHER L’ACTION, MAIS L’HUMAIN

Ce premier stage n’est pas une occasion de trouver ce qui aura le plus d’attrait sur un futur CV. « L’objectif du stage de troisième est une mise en mouvement, une ouverture qui permet au jeune d’apprendre une posture », explique la professionnelle de l’orientation. « On ne parle pas de la même façon à un adulte dans le monde professionnel qu’à un copain. Beaucoup de jeunes ont besoin d’apprendre le savoir-être professionnel : connaître les codes vestimentaires du secteur, regarder dans les yeux, dire Bonjour Monsieur, Bonjour Madame, savoir s’intéresser et poser des questions. »

Il ne faut pas chercher l’action, mais l’humain. L’orientation est le fruit des expériences, ce n’est pas une démarche intellectuelle.

Même si les questions posées ne sont pas les plus pertinentes, l’intérêt que montre le jeune permet aux adultes de lui faire découvrir un monde qui lui est encore inconnu. D’autant que le stage de troisième n’est plus une garderie, bon nombre d’entreprises proposent des parcours qui permettent aux adolescents de discuter avec plusieurs interlocuteurs. « Il ne faut pas chercher l’action, mais l’humain. L’orientation est le fruit des expériences, ce n’est pas une démarche intellectuelle », explique Alix de Quillacq.

3DONNER LE MEILLEUR DE SOI-MÊME DANS LE TRAVAIL

Les adolescents vont découvrir des personnes qui aiment leur travail et en parlent positivement. « Ils vont découvrir une diversité, d’autres jeunes sympas qui aiment ce qu’ils font : ce stage va élargir leur regard. A leur âge, ils ont besoin de voir qu’on peut être content d’aller travailler », encourage Alix de Quillacq. 

Le stage de troisième est donc une première occasion pour l’adolescent de mettre un pied dans le monde des adultes, de découvrir, d’expérimenter et ainsi, de développer son estime de lui-même. Plus tard, il sera appelé à apporter sa pierre à l’édifice et à trouver un lieu pour donner le meilleur de lui-même. 

L’eutrapélie, cette vertu à conquérir pour adoucir la vie de famille (Article Aleteia)

Mathilde de Robien – publié le 01/02/24

L’eutrapélie est la vertu de bonne humeur. Appliquée à la vie de famille, elle est promesse de détente, de joie et de paix.

L’eutrapélie est difficile à cerner car elle a eu plusieurs significations au fil des siècles. Jusqu’à ne plus apparaître dans les dictionnaires généralistes d’aujourd’hui, ce qui est bien triste! Pendant longtemps, cette disposition de l’esprit érigée en vertu par saint Thomas d’Aquin, a eu deux facettes. Du grec eutrapelia, eutrapélie signifie littéralement « facilité à se tourner ». Elle définit la souplesse d’esprit, la finesse, mais aussi une certaine démesure. Elle a ainsi longtemps gardé un sens péjoratif lorsqu’elle était attribuée aux mauvais plaisants, ou aux personnages grossiers. Dans son Épître aux Éphésiens, saint Paul utilise le mot eutrapelia pour désigner et condamner des « propos grossiers, stupides ou scabreux » (Eph 5, 4) qu’il juge malvenus chez des chrétiens.

Ce sens péjoratif côtoyait un sens positif, développé par Aristote. Le philosophe grec définit l’eutrapélie comme une « impertinence polie », une « démesure tempérée par la bonne éducation » (Rhétorique). Aristote en parle comme de la « bonne tournure » de paroles ou d’actes pour réaliser un bien. Ainsi donne-t-elle naissance à l’enjouement, à la joie simple d’être ensemble, mais aussi à la détente méritée après l’effort ou le devoir accompli.

Au XIIIe siècle, saint Thomas d’Aquin vante les bienfaits de l’eutrapélie, un repos nécessaire à l’âme, une détente bienvenue sans s’éloigner pour autant de la vertu de tempérance ou du regard de Dieu. Ni paresse, ni exubérance, l’eutrapélie s’épanouit dans la bonne humeur, la blague innocente, le sourire et le rire. Une vertu à rechercher, pour saint Thomas d’Aquin, car de même que le corps a besoin de se reposer, l’âme a besoin de se détendre : « De même que la fatigue du corps disparaît avec le repos du corps, de même, il faut que la fatigue de l’âme disparaisse avec le repos de l’âme. Or, le repos de l’âme, c’est le plaisir. Et les paroles et actions où l’on ne recherche que le plaisir de l’âme s’appellent divertissement ou récréation. Il est donc nécessaire d’en user de temps en temps, comme moyen de donner à l’âme un certain repos. » (Somme théologique)

L’eutrapélie appliquée à la vie de famille

Dans la revue L’Anneau d’Or de mai 1946, le père Henri Caffarel, fondateur des Équipes Notre-Dame, fait l’éloge de l’eutrapélie et invite à s’interroger sur sa pratique lors de son examen de conscience. Car, souligne-t-il, « sa pratique est d’une grande importance dans la vie de société et, très spécialement, dans la vie de famille ». La bonne humeur a en effet de grands pouvoirs. D’abord, elle facilite la pratique des vertus. « Sans elle, tout est laborieux, avec elle, tout devient aisé », souligne le père Henri Caffarel.

Elle est créatrice d’amour et de bonheur grâce à sa puissance d’union et de réconciliation.

Ensuite, elle obtient des miracles de réconciliation. « Elle est créatrice, dans la famille, d’amour et de bonheur grâce à sa puissance d’union et de réconciliation », affirme le prêtre. S’il y a de « légers mécontentements à dissiper » ou des pardons à donner, l’eutrapélie, la bonne humeur, favorise ce rapprochement entre les êtres. « Elle commence par réconcilier les êtres avec eux-mêmes, premier temps de leur réconciliation avec les autres. Elle les réconcilie également avec la vie, ses humbles tâches et ses grands devoirs ».

Une vertu contagieuse

En outre, la bonne humeur est contagieuse. « Si l’eutrapélie règne dans votre foyer, elle communiquera sa tonalité aux choses comme aux personnes », précise encore le père Henri Caffarel. Il s’agit de ce qu’on appelle en psychologie les « interactions favorables ». Dans son récent ouvrage L’amour durable (Artège), Marc d’Anselme, général dans l’Armée devenu psychologue et thérapeute de couple, en donne un exemple parlant pour démontrer combien « notre état d’esprit imprègne nos proches ».

« Imaginons un père de famille rentrant chez lui. A l’entrée, il bute sur le cartable d’un enfant qui traîne et hurle son exaspération ! Assurément le dîner se passe mal… », illustre-t-il. Les enfants se disputent, la femme boude… Que ce serait-il passé s’il avait enjambé le cartable et eu un mot gentil pour chacun ? Sans doute l’atmosphère familiale eût été bien différente. « Chacun de nous possède le pouvoir de déclencher des réflexes positifs ou négatifs avec son entourage. Inconsciemment, les neurones miroirs captent l’état d’esprit d’autrui qui se généralise ainsi entre les personnes qui se mettent spontanément sur une même modalité d’humeur », explique le psychologue.

Une vertu à conquérir

Cette disposition de l’esprit n’est pas évidente à adopter tous les jours ! C’est pourquoi il s’agit bien d’une vertu, à travailler, à développer, à conquérir. « Car il s’agit d’une conquête », reconnaît le père Henri Caffarel. « Tout homme en possède les germes, il ne les développe cependant que par un patient effort. Sa pratique sans défaillance exige parfois un véritable héroïsme ». Héroïsme face au cartable qui traîne dans l’entrée, par exemple…

POSTCASTS: VIVRE PLUS SAINTEMENT LE QUOTIDIEN EN FAMILLE.

Dès le 30 décembre, 2 fois par semaine
Hozana un court audio sur un thème concret  :

 – Se rendre service en famille

 – Les langages d’amour en famille

 – Être couple ET parents

 – Les joies en famille

 – Se supporter en famille

 – La prière en famille…  et bien d’autres encore

Vivre plus saintement le quotidien en famille – Hozana

ARTICLE DE LA CNAFC: « EXERCER SON AUTORITE »

L’autorité est le cadre nécessaire et sécurisant de toute éducation. Mais comment en faire bon usage ?

« Le cadre sécurisant dont a besoin l’enfant pour s’épanouir, explorer et grandir passe par l’existence d’une autorité », affirme le dr Anne Raynaud, psychiatre. L’autorité serait donc la clé pour éduquer son enfant. Mais qu’est-ce que l’autorité ?

Faire croître

L’autorité vient du latin auctoritas, du verbe augere, qui veut dire : faire croître. oui, nous les parents avons ce souci de faire grandir notre enfant. l’autorité parentale est partagée par le père et la mère. L’exercice du dialogue et l’accord du père et de la mère contribuent à l’équilibre de l’enfant. L’autorité implique des règles claires et précises, en un mot un cadre bien défini. Elle allie la bienveillance et la fermeté. Cette fermeté bienveillante sécurise notre enfant. L’autorité implique une écoute attentive de notre part. L’autorité doit s’exercer avec sagesse et pondération et non sous l’emprise de la colère ou d’émotions de toutes sortes. Ne craignons pas de dire et redire « non » à notre enfant ou à notre adolescent, mais de façon plus nuancée.

Ceci l’empêche de goûter à une liberté illusoire qui ne le construit aucunement et l’empêche de se confronter à la réalité. Ainsi, l’enfant grandissant prend de plus en plus confiance en lui et trouve la joie de vivre ! Il est plus fort pour ne pas succomber au relativisme ambiant et encore moins aux « idées noires », voire aux addictions, et peut ainsi commencer à exercer sa liberté.

Cohérence entre éducateurs

Nous, parents, sommes les premiers éducateurs de nos enfants : l’autorité que nous exerçons s’applique à tous les champs de la vie de l’enfant : à ses relations, à ses activités, et aussi aux éléments spirituels et religieux de la transmission pour son bien et pour son avenir social. Elle est naturelle et légitime. Cette autorité est cependant limitée, et s’articule peu à peu avec d’autres lorsque l’enfant grandit : école, mouvements, associations. L’idéal est de rechercher la cohérence de toutes ces instances : celle-ci devient alors une véritable colonne vertébrale pour le jeune qui apprend à se maîtriser, à exercer sa volonté, son altruisme et à développer ses talents.

Non, l’autorité n’est point un abus de pouvoir ni une tyrannie. elle est avant tout un service pour le bien commun. Les parents chrétiens le savent, eux qui lisent dans la Parole de dieu que « toute autorité vient de dieu » (Rom, 13, 1).

ALMA, une association au service de l’éducation et de l’accompagnement des jeunes filles.

Alma est une association au service de l’éducation et de l’accompagnement des jeunes filles (14-16 ans) par des jeunes femmes, via des sessions de 3 week-ends.


Les jeunes filles y abordent avec leurs animatrices des questions d’identité et d’estime de soi au travers de moyens pédagogiques concrets, joyeux et variés (ateliers, vie fraternelle,
enseignements, vie de prière). Le but que l’association se donne est ainsi de permettre à chaque jeune femme d’incarner fièrement ce qu’elle est pour rayonner dans le monde qui l’entoure !
Fondées sur un enseignement solide issu de la doctrine sociale de l’Eglise, ces sessions ont été pensées pour des adolescentes, dans un cadre convivial et serein, jeune et pétillant, pour les associer pleinement à notre proposition à chaque étape.


Alma propose cette année des sessions à Paris, Nantes et Lyon (Bourgoin-Jallieu et
Bourg-en-Bresse).


Le projet vous intéresse? Vous souhaitez inscrire une jeune fille? Plus d’infos sur notre site
internet: www.associationalma.fr ou par contact.alma.asso@gmail.com .