Communiqué de presse Loi Bioéthique : son retour au Sénat détourne l’attention des vrais problèmes

Le Sénat a inscrit, hier, la seconde lecture du projet de loi de bioéthique à son agenda dans moins de deux mois : les 2, 3 et 4 février prochains. Les travaux de la commission de bioéthique commenceront, eux, dès le 19 janvier.  


Alors que la pandémie de Covid-19 est loin d’être endiguée, que notre système de santé est encore fragile, que notre économie est vacillante et que notre société est fracturée de toutes parts, les Associations Familiales Catholiques jugent irresponsable l’obstination du Gouvernement à faire voter un texte qui aura pour utilité principale de détourner l’attention des préoccupations de fond de notre pays mais qui impactera la société tout entière. 


Elles demandent, une fois encore, le retrait de ce projet de loi qui vise à organiser le business de la procréation et transforme l’enfant à naître en produit de laboratoire à rebours des préoccupations écologiques. 


Les AFC demeurent attentives et mobilisées contre cette loi qui contribue à opposer les Français alors que toutes nos forces gagneraient à être engagées vers davantage d’unité. 

17 décembre 2020
Contact presse : Claire Avalle
07 66 42 72 33
c.avalle@afc-france.org

Communiqué de presse : la décision de la Cour de Cassation affaiblit la société

Depuis 2015, la Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques est en procès contre Gleeden, site spécialisé dans les rencontres extra-conjugales. Après avoir perdu en première instance et en appel, la CNAFC attendait l’arrêt de la Cour de Cassation avec espoir et intérêt.


Cette dernière a malheureusement conclu hier au rejet du pourvoi des AFC.


Inlassablement, à chaque étape de cette procédure, les AFC ont interrogé en fait la société tout entière sur cette question du commerce de l’infidélité et sur l’affaiblissement de l’institution du mariage, en totale contradiction avec le Code civil qui prévoit que  » les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance « . 


Comment un maire peut-il solennellement rappeler aux nouveaux époux cette obligation alors que, sitôt franchie la porte de la mairie, une affiche publicitaire pourrait les inciter à la transgresser ? 


Derrière la légèreté apparente du commerce de Gleeden, il y a des époux, des enfants, et des familles qui souffrent. Il y a aussi la remise en cause d’une institution sociale structurante au moment même où le tissu social se déchire de toutes parts.
Pour motiver sa décision, la Cour des Cassation considère Gleeden à travers le seul prisme de la liberté d’expression ignorant ainsi celui du mariage et des obligations qui en découlent.


Là était pourtant le vrai sujet qui lui était soumis : le mariage se réduit-il à un contrat liant les seuls époux ? Ou constitue-t-il encore une institution structurante de la société, qu’il appartient à la nation de valoriser et au juge de protéger parce qu’elle est utile à la stabilité de toute la société ?


 Si le juge doit tenir compte de l’évolution des mœurs de la société, ses décisions ne doivent en principe avoir ni pour objet ni pour effet de la précipiter. Il faut craindre que ce soit pourtant le cas ici. Avec cette décision, la justice manque une occasion précieuse de renforcer le tissu social en réaffirmant l’importance du mariage et les devoirs des époux. 
Une nouvelle fois en matière sociétale, au lieu d’encadrer les dérives, la justice dérive avec le cadre.  

17 décembre 2020
Contact presse : Claire Avalle
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Communiqué de presse : La liberté d’instruction est un droit

Le projet de loi  » confortant les principes républicains  » a été présenté aujourd’hui 9 décembre en conseil des Ministres. Il prévoit diverses mesures, notamment pour lutter contre  » l’islamisme radical « . Il prévoit également de modifier les modalités actuelles de l’instruction en famille. 


Les Associations Familiales Catholiques réaffirment leur attachement à la liberté d’éducation des parents qui inclut la possibilité de pratiquer l’instruction à domicile.


Elles émettent de fortes réserves sur plusieurs points du projet gouvernemental :


– La liberté d’éducation n’est plus un droit dès lors que l’on passe d’un régime de déclaration à un régime d’autorisation.


– L’obligation scolaire à partir de 3 ans est excessive à un âge où la vie en collectivité n’est pas indispensable. Les pays voisins qui interdisent l’école à domicile ne rendent l’école obligatoire qu’à partir de 6 ans.


– Les possibilités ouvertes à l’instruction en famille restent très limitées et ne permettent pas aux parents qui le souhaitent de le faire sans justification dûment établie.


Les AFC demandent qu’une évaluation précise de la réalité du fonctionnement de l’instruction à domicile soit effectuée, à partir, par exemple des contrôles effectués ces dernières années, avant de prendre une mesure qui reste attentatoire à un principe fondamental reconnu* par les lois de la République et dont la grande majorité des familles concernées ne seraient que des victimes colatérales.


Elles seront particulièrement vigilantes à ce sujet lors du parcours législatif de ce texte de loi. 



*principe de valeur constitutionnelle dégagé par le Conseil constitutionnel et par le Conseil d’État

9 décembre 2020


Contact presse : 

Claire Avalle

07 66 42 72 33
c.avalle@afc-france.org

Retour sur le décret « Rivotril »

Suite aux informations sur les réseaux sociaux concernant le décret du Premier Ministre, sur le rapport du ministre des Solidarités et de Santé, permettant la prescription de  « Rivotril » injectable en médecine de ville, nous vous invitons à prendre connaissance de l’avis du Pr Guirimand, responsable de la maison médicale Jeanne Garnier, à Paris, et du Dr Claire Fourcade, vice-présidente de la SFAP (Société Française d’Accompagnement et de soins Pallaitifs). Cette circulaire a pour but de pallier temporairement des carences de médicaments en médecine de ville.

Un décret autorisant la disponibilité transitoire en ville de certains médicaments (paracétamol injectable, Rivotril®…) a semé le trouble chez certains avec la crainte d’une « légalisation » de l’euthanasie qui ne dirait pas son nom en particulier dans les établissements pour personnes âgées (EHPAD). https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041763328&categorieLien=id
Nous affirmons avec force que cette crainte n’est pas fondée.
L’infection par le Covid 19 provoque chez certains patients, en particulier les plus fragiles, des atteintes respiratoires graves pouvant parfois entraîner la mort par asphyxie.
La réanimation nécessaire à la prise en charge de ces troubles respiratoires est extrêmement lourde et ne peut être supportée par les patients les plus vulnérables. Pour lui éviter une obstination déraisonnable, une décision de non-réanimation peut être prise avec le patient s’il est en état d’exprimer sa volonté ; sinon, elle est prise de façon collégiale, c’est-à-dire après une réflexion associant ses médecins, son équipe soignante et chaque fois que possible l’avis d’une équipe de soins palliatifs ou une équipe gériatrique, en respectant ses directives anticipées ou, à défaut, après consultation de sa personne de confiance ou de sa famille (loi du 2/2/2016 sur la fin de vie).
Assurer à ces patients un accompagnement digne et le soulagement de leurs symptômes reste une priorité. Pour éviter la sensation d’étouffement une sédation (diminution de la conscience) peut être nécessaire et parfois en urgence car la dégradation peut être rapide.
Des propositions thérapeutiques graduées selon la gravité de la situation et indiquant dans quelles circonstances et comment manier ces médicaments ont été faites par la SFAP (société française d’accompagnement et de soins palliatifs). Il s’agit d’aider les équipes à anticiper ces situations et à pouvoir réagir rapidement. (http://www.sfap.org/actualite/outils-et-ressources-soins-palliatifs-etcovid-19)
Il existe un grand nombre de médicaments à visée sédative dont le Rivotril® fait partie. Comme les autres (Valium®, Seresta®, Lysanxia®, Temesta®, Xanax®, Lexomil®…), selon les doses, il agit contre l’anxiété avec un effet amnésiant puis comme sédatif. Certains sont très difficilement disponibles actuellement en raison de nombre de patients à traiter. Il était donc utile de rendre le Rivotril® plus facilement accessible.
La crainte d’une intention d’euthanasie relayée par les réseaux sociaux n’est pas fondée. Restons tous responsables de nos propos. Il est difficile pour les soignants, infirmiers(ières) et médecins, de poser ce geste d’endormir un patient en asphyxie comme il est difficile pour les familles de ne pas pouvoir accompagner leur proche. A la souffrance, n’ajoutons pas la culpabilité.

Frédéric Guirimand Professeur associé de Médecine Palliative. Université de Versailles Saint Quentin Maison Médicale Jeanne Garnier – Paris

Dr Claire Fourcade, vice-présidente de la SFAP, pôle de soins palliatifs, Polyclinique le Languedoc, Narbonne.

Article de Pascale Morinière : Nous sommes tous touchés !

Chers amis,

Nous sommes tous touchés. Non pas tous par le virus lui-même, mais tous par ce que nous craignons pour nous et pour nos proches. Impossible aujourd’hui d’ignorer que l’humanité entière est unie dans une destinée commune. Le mythe prométhéen du transhumanisme ou du « gender » qui permettrait à l’Homme de se survivre ou de se transformer lui-même a été mis en échec par le corona virus. « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » disait la Fontaine dans « Les animaux malades de la peste ». Oui, nous sommes tous touchés d’être ramenés à notre simple condition humaine et sommes invités, selon les mots du pape François à nous rendre compte que « nous nous trouvons dans la même barque, tous fragiles et désorientés, mais en même temps, tous importants et nécessaires, tous appelés à ramer ensemble, tous ayant besoin de nous réconforter mutuellement ».

Ce réconfort mutuel est le meilleur de ce que peuvent aujourd’hui apporter les AFC aux difficultés ou souffrances qui nous entourent. Je vous encourage vivement à vous appuyer sur votre réseau local de familles pour développer ou relayer des initiatives de service, de présence et de consolation. Les idées ne manquent pas et certaines vous sont à nouveau communiquées dans cette Lettre aux Présidents et Responsables AFC. N’hésitez pas non plus à nous faire part de ce que vous mettez en œuvre dans votre propre AFC ! (a.devaulx@afc-france.org)

A sa mesure, la Confédération essaye de contribuer à ces efforts. Nous avons été alertés ce week-end sur la situation dans certains hôpitaux publics qui n’acceptaient plus la présence des aumôniers des différents cultes dans leurs murs en raison de l’épidémie. Des malades agonisaient seuls, sans accompagnement spirituel ni sacramentel, malgré leurs demandes. La Confédération a donc décidé, dans la journée de samedi, d’engager une procédure juridique d’urgence auprès du Conseil d’Etat (référé-liberté) afin que la liberté de culte puisse être maintenue là-même où se vivent les plus grandes détresses. Le Gouvernement a rapidement été mis au courant de notre démarche et, dès samedi soir, Matignon informait que des mesures seraient prises sans délai pour remédier à cette situation dans les hôpitaux. Plus que jamais, nous restons vigilants à ce sujet.

Voici un exemple parmi d’autres pour vous encourager à être attentifs à des initiatives ou des besoins sortant de l’ordinaire de nos actions, et où notre intervention peut être bénéfique et efficace.

Bon courage à chacun. Restons unis dans la prière et l’engagement au service des familles.

Pascale Morinière

Présidente des AFC