Nous, Enfants : nos jeunes s’adressent à l’ONU

Chers amis de Juristes pour l’enfance

En 1990, la France a ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant. 

Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU examine les Etats sur leur respect de la Convention. Le tour de la France arrive en juillet 2020.

Pour préparer le travail du Comité, les associations peuvent lui adresser des rapports. Juristes Pour l’Enfance a bien entendu préparé un rapport dont nous reparlerons. 

Le Comité accorde une attention particulière aux rapports adressés par des enfants eux-mêmes : c’est pourquoi nous avons constitué au sein de Juristes pour l’enfance une branche « jeunes », des jeunes de moins de 18 ans qui, sous le nom de « NOUS, ENFANTS », sont en train de rédiger leur propre rapport.

Leur démarche est expliquée sur cette page :

https://www.juristespourlenfance.com/nous-enfants/

Afin de donner une large assise à leur rapport, ils ont élaboré un questionnaire destiné à la consultation anonyme de plusieurs milliers d’enfants : vous pouvez les aider en faisant suivre ce questionnaire à vos enfants, petits-enfants, amis, tous les jeunes de moins de 18 ans que vous connaissez !

Voici le lien vers le questionnaire :https://www.juristespourlenfance.com/nous-enfants/

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSccRpNfy_t24rfQo40aTfKb0n2yM1gToEfaOFW4yEDEIjnOFw/viewform

Merci d’avance de transférer largement par mail, Facebook, instagram….

Scandale des bébés GPA en Ukraine

Par ailleurs, vous avez entendu parler des enfants nés de GPA en Ukraine (et ailleurs) que les commanditaires ne peuvent venir chercher en raison de la fermeture des frontières. Cette situation dramatique révèle la réalité de la GPA et rend urgente une attitude ferme de la France vis-à-vis de ses ressortissants qui se laissent tenter par ce procédé et des agences qui exploitent leur souffrance et la détresse financière des femmes étrangères. Voyez le communiqué de presse de Juristes pour l’enfance ci-dessous.

Vous pouvez faire beaucoup en transmettant largement ce message !

Merci d’avance

Aude Mirkovic

Porte-parole de Juristes pour l’enfance

Communiqué de presse JPE 19 mai 2020

Bébés GPA en Ukraine: quelle solution pour les enfants? 

La fermeture des frontières a révélé au monde la situation de dizaines (bientôt de centaines) d’enfants nés de GPA en Ukraine, réunis dans des pouponnières improvisées par les agences de GPA dont les clients sont empêchés de venir récupérer l’enfant commandé.

La situation cruelle de ces bébés fait ressortir l’urgence de légiférer de manière ferme pour proscrire définitivement ces trafics d’êtres humains qui violent les droits des enfants.

L’association Juristes pour l’enfance salue la déclaration du Commissaire aux droits de l’enfant du président ukrainien, Mykola Kuleba, en faveur d’une interdiction de la GPA en Ukraine.

Elle appelle une nouvelle fois la France à lancer l’initiative d’un moratoire international sur la GPA.

Pour l’heure, il convient de prendre soin des enfants qui sont en train de passer les premières semaines de leur vie à l’isolement.

Ces enfants ne sont pas nés seuls, car personne ne nait seul : ils sont nés d’une mère dont le contrat de GPA a organisé la disparition dès leur naissance. Même dans les cas où les commanditaires viennent réceptionner l’enfant, l’enfant est toujours séparé de sa mère de naissance, délibérément exposé au risque bien connu de la blessure d’abandon, un choc traumatique majeur qui, s’il est révélé par les circonstances présentes, existe dans toutes les GPA.

A cet abandon programmé, s’ajoute aujourd’hui l’absence de relations affectives sécurisées pendant de longues semaines.

La solitude et l’isolement des enfants sont la conséquence du contrat passé entre la mère porteuse, l’agence et ceux qui ont commandé ces enfants : c’est parce que l’enfant a été envisagé, avant même sa conception, comme une marchandise que l’on cède, qu’il subit aujourd’hui le sort des marchandises stockées dans des dépôts en attendant d’être récupérées.

En outre, si la fermeture des frontières révèle la situation choquante des enfants non réceptionnés, cette situation n’a en réalité rien d’exceptionnel et la GPA expose chaque fois l’enfant au risque que les commanditaires ne le récupèrent pas pour des raisons diverses (changement d’avis, séparation du couple, enfant handicapé, mort du commanditaire etc).

Confier les enfants à l’adoption?

Des évêques ukrainiens ont demandé « l’interdiction de la maternité de substitution sous quelque forme que ce soit et la garantie d’une garde et d’une adoption adéquates des nouveau-nés».

L’Italie avait déjà fait ce choix de retirer au couple commanditaire l’enfant obtenu par GPA en Russie pour le confier à une famille d’accueil en vue de son adoption, et avait obtenu gain de cause devant la Grande chambre de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH, 27 janv. 2015, no 25358/12, Paradiso et Campanelli c/ Italie).

Certes, parmi les commanditaires étrangers, l’homme est le plus souvent le père biologique de l’enfant : confier l’enfant à l’adoption le priverait de son père biologique.

Pourtant, les contractants ne s’émeuvent guère de priver l’enfant de sa mère biologique, après avoir rendu la maternité obscure en dissociant celle-ci entre une donneuse d’ovocyte et une gestatrice. En réalité, il apparaît que le lien biologique n’a de valeur que dans la mesure où cela arrange les adultes.

L’extrême difficulté de dégager une situation juste pour ces enfants ukrainiens révèle l’impasse à laquelle conduit la GPA qui expose les enfants à ce genre de situation.

C’est pourquoi, Juristes pour l’enfance appelle de ses vœux :

–      La fermeture immédiate de toutes les cliniques, agences et sociétés spécialisées dans le GPA, la saisie de leurs biens en vue de la création de fondations destinées à venir en aide aux enfants (orphelinats, organismes d’aide à des mères en détresse, organismes de parrainage d’enfants et de soutien aux familles).

–      L’adoption d’une convention internationale prohibant la GPA

La liberté de culte serait-elle moins importante que la liberté de consommer?

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/la-liberte-de-culte-serait-elle-moins-importante-que-la-liberte-de-consommer-20200501

La liberté de culte est une liberté fondamentale et le gouvernement l’oublie, s’inquiètent 67 parlementaires dans une tribune au Figaro.
Pour des raisons sanitaires, nous sommes rentrés dans une période de restriction considérable des libertés, libertés de se déplacer, de travailler, de faire vivre les associations, de rencontrer nos parents, nos amis ; liberté de culte pour toutes les religions, chrétiennes ou non. Cette restriction de liberté est jusqu’ici consentie par une très grande majorité de nos concitoyens, conscients de la nécessité de maîtriser l’épidémie, mais également conscients que cette perte des libertés fondamentales est temporaire.
Le président de la République nous a annoncé le déconfinement à partir du 11 mai, c’est-à-dire la reconquête progressive des libertés dont la perte avait été provisoirement consentie.
L’exercice n’est pas simple. Il est fait de règles venues d’en haut et de confiance dans le sens des responsabilités de nos compatriotes.
Le gouvernement a fait le choix d’un déconfinement progressif. Il édicte un ordre des priorités qui devient très vite un ordre d’importance.
C’est là que les citoyens français, pratiquant une religion dans un lieu de culte, ne comprennent plus cet ordre d’importance.
Ils constatent d’abord l’ignorance de nos dirigeants quant aux pratiques religieuses, et la paresse de certains d’entre eux quand il s’agit de faire l’effort de mieux connaître et comprendre les religions. Lorsque le premier ministre dit, à la tribune de l’Assemblée nationale, que les lieux de culte resteront ouverts, mais que les «cérémonies» ne pourront pas y être célébrées, il fait fausse route. Les cérémonies ne sont pas interdites, mais seuls les rassemblements le sont. C’est avec ce type d’approximation que la police nationale est entrée armée dans l’église Saint-André de l’Europe à Paris (8e ), alors que le curé célébrait une messe sans qu’il y ait rassemblement. Jamais nos dirigeants n’ont semblé aussi ignorants de la réalité religieuse de nos concitoyens.
Les citoyens français pratiquant une religion constatent que nos dirigeants considèrent cette pratique comme accessoire dans leurs vies, alors qu’elle est pour la plupart d’entre eux essentielle au sens étymologique du terme. Ces dirigeants, faute peut-être d’exercer cette vie spirituelle, n’imaginent pas que celle-ci puisse être indispensable à nos concitoyens qui pratiquent une religion. Ils imaginent que l’on peut se passer de pratique religieuse comme on peut se passer d’un loisir superflu. Leur ignorance les amène à prendre des mesures blessantes pour les Français qui pratiquent une religion, ou qui jugent indispensable de se retrouver dans un lieu de culte à l’occasion d’obsèques. Que devient une civilisation qui n’honore plus ses morts?
Les citoyens français pratiquant une religion ont fait la preuve d’une très grande sagesse, voire d’une très grande «résilience» depuis le début de la pandémie. Ils se sont pour beaucoup, parmi d’autres, investis avec force dans des actions de solidarité. Ils ne sont pas moins responsables que d’autres lorsqu’il s’agit d’organiser le culte en respectant les règles liées à la pandémie et ne comprennent pas que leurs propositions d’organisation soit balayées d’un revers de main.
La taille des lieux de culte permet de prendre les dispositions pour éloigner les chaises, répartir les fidèles pour satisfaire aux exigences sanitaires. Ceux-ci ne sont pas moins que les autres Français, dignes de confiance. L’interdiction de rassemblements dans les lieux de culte avant le 2 juin prochain, c’est-à-dire, notamment, après les grandes fêtes chrétiennes de l’Ascension et de la Pentecôte, est souvent vécue comme une humiliation et une atteinte inédite à la liberté de culte.
Non, les citoyens français qui pratiquent une religion ne sont pas des citoyens de seconde zone, qui vaudraient moins que des consommateurs autorisés à fréquenter leur boutique préférée.
Les préfets pourraient réunir les représentants départementaux des cultes pour étudier localement les conditions d’un recommencement des célébrations du culte à partir du 11 mai. Les différents cultes sont capables de respecter les mêmes mesures sanitaires que les autres lieux publics actuellement ouverts. Il est donc incompréhensible que dès lors que les mesures sanitaires de base sont respectées dans les lieux de culte, les rassemblements en vue des cérémonies ne soient pas autorisés.
C’est avec gravité que nous interpellons le gouvernement afin qu’il revienne sur cette décision et examine avec plus de «bienveillance» et d’attention la demande des grandes religions de France qui souhaitent pouvoir exercer le culte en toute liberté. Nous attirons leur attention sur les conséquences graves que pourrait avoir une atteinte sans précédent à l’une des libertés fondamentales des citoyens français: la liberté de culte.


Marc Le Fur, Vice-président de l’Assemblée nationale, Député des Côtes d’Armor 
Damien Abad, Député de l’Ain, Président du Groupe Les Républicains à l’Assemblée Nationale 
Bruno Retailleau, Sénateur de la Vendée, Président du Groupe Les Républicains au Sénat 
François-Xavier Bellamy, Député au Parlement européen, président de la délégation française au sein du groupe PPE 
Emmanuelle Anthoine, Députée de la Drôme 
Julien Aubert, Député du Vaucluse 
Serge Babary, Sénateur d’Indre-et-Loire 
Philippe Bas, Sénateur de la Manche 
Jérôme Bascher, Sénateur de l’Oise 
Thibault Bazin, Député de Meurthe-et-Moselle 
Valérie Beauvais, Députée de la Marne 
Jean Bizet, Sénateur de la Manche 
Céline Boulay-Espéronnier, Sénatrice de Paris 
Bernard Bonne Sénateur de la Loire 
Jean-Claude Bouchet, Député du Vaucluse 
Xavier Breton, Député de l’Ain 
Bernard Brochand, Député des Alpes-Maritimes 
Anne Chain-Larché, Sénatrice de Seine-et-Marne 
Marie-Christine Chauvin, Sénatrice du Jura 
Guillaume Chevrollier, Sénateur de la Mayenne 
Martha de Cidrac, Sénatrice des Yvelines 
Pierre Cordier, Député des Ardennes 
Pierre Cuypers, Sénateur de Seine-et-Marne 
Laure Darcos, Sénatrice de l’Essonne 
Marc-Philippe Daubresse, Sénateur du Nord 
Jacky Deromédi, Sénatrice des Français de l’Etranger 
Dominique de Legge, Sénateur d’Ille-et-Vilaine 
Louis-Jean de Nicolay, Sénateur de la Sarthe 
Catherine Di Folco, Sénatrice du Rhône 
Julien Dive, Député de l’Aisne 
Pierre-Henri Dumont, Député du Pas-de-Calais 
Dominique Estrosi-Sassone, Sénatrice des Alpes-Maritime 
Daniel Fasquelle, Député du Pas-de-Calais 
Joëlle Garriaud-Maylam, Sénatrice des Français de l’Etranger 
Annie Genevard, Députée du Doubs 
Philippe Gosselin, Député de la Manche 
Pascale Gruny, Sénatrice de l’Aisne 
Patrick Hetzel, Député du Bas-Rhin 
Brigitte Kuster, Députée de Paris 
Antoine Lefèvre, Sénateur de l’Aisne 
Constance Le Grip, Députée des Hauts-de-Seine 
Olivier Marleix, Député d’Eure-et-Loir 
Jean-Louis Masson, Député du Var 
Gérard Menuel, Député de l’Aube 
Sébastien Meurant, Sénateur du Val d’Oise 
Brigitte Micouleau, Sénatrice de la Haute-Garonne 
Jean-Marie Morisset, Sénateur des Deux-Sèvres 
Philippe Mouiller, Sénateur des Deux-Sèvres 
Jérôme Nury, Député de l’Orne 
Jean-François Parigi, Député de Seine-et-Marne 
Bernard Perrut, Député du Rhône 
Didier Quentin, Député de la Charente-Maritime 
Damien Regnard, Sénateur des Français de l’Etranger 
Frédéric Reiss, Député du Bas-Rhin 
Jean-Marie Sermier, Député du Jura 
Bruno Sido, Sénateur de la Haute-Marne 
Eric Straumann, Député du Haut-Rhin 
Guy Teissier, Député des Bouches-du-Rhône 
Jean-Louis Thiériot, Député de Seine-et-Marne 
Claudine Thomas, Sénatrice de Seine-et-Marne 
Laurence Trastour-Isnart, Député des Alpes-Maritime 
Michel Vaspart, Sénateur des Côtes d’Armor 
Pierre Vatin, Député de l’Oise 
Patrice Verchère, Député du Rhône 
Jean-Pierre Vial, Sénateur de la Savoie 
Stéphane Viry, Député des Vosges 
Eric Woerth, Député de l’Oise 

Lettre à Emmanuel Macron co-signée par les AFC contre les sites pornos gratuits

Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française Palais de l’Élysée, 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré 75008 Paris, France

Paris, le 8 avril 2020

M. le Président de la République,

Nous tenons à porter à votre attention l’offre que le géant de la pornographie en ligne, Pornhub, vient de mettre à disposition de l’ensemble de la population française depuis le 17 Mars 2020, premier jour de la période de confinement liée à l’émergence du COVID-19. Cette offre prévoit que les utilisateurs puissent accéder à la version premium de ses contenus de manière gratuite jusqu’au 23 Avril 2020.

Pornhub est le site leader à l’international dans la distribution de vidéos à caractère sexuel, avec 42 milliards de visites par an. Dans les derniers mois ont été découvertes plusieurs vidéos exposant de véritables abus sexuels sur des femmes et des mineurs, des agressions sexuelles, des victimes de traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle et d’exploitation sexuelle de mineurs.

Par exemple, une des vidéos téléchargées présentait un homme de 49 ans en train de violer une jeune fille de 14 ans. Sur le site ont été également trouvées 58 vidéos montrant les viols réitérés sur une jeune fille de 15 ans portée disparue depuis un an. Il s’agit de victimes invisibles dont la voix n’est pas entendue et qui n’ont aucun moyen pour se défendre. A chaque fois qu’une vidéo est visionnée, c’est comme si la victime était violée à nouveau. Par ailleurs, diverses plaintes ont été déposées par des femmes dont les vidéos avaient été téléchargées sans leur consentement, et par les associations de défense des enfants car le site ne remplit pas ses obligations légales vis-à-vis des mineurs, laissant ses contenus pornographiques trop facilement accessibles. Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur de telles situations. Et nous regrettons que les diffuseurs de contenus à caractère sexuel cherchent à profiter sans vergogne de la pandémie mondiale de coronavirus pour gagner de nouveaux consommateurs au détriment de victimes d’exploitation sexuelle.

Nous vous demandons donc solennellement par ce courrier, en tant que pays signataire du Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies du 15 novembre 2000 contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants et de la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains du 16 mai 2005 ; ayant à l’esprit la Décision-cadre 2004/68/JAI du Conseil de l’Union européenne du 22 décembre 2003 relative à la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants et la pédopornographie ; conformément au second Plan national de lutte contre la traite des êtres humains 2019-2021, présenté le 18 octobre 2019 ; en adéquation avec vos déclarations, le 20 novembre 2019 pour le 30ème anniversaire de la Convention Internationale des droits de l’enfant, visant à protéger les enfants de la pornographie et de la pédocriminalité ;

d’intervenir pour protéger les victimes d’exploitation sexuelle.

Nous demandons que :

• Le site Pornhub ainsi que les autres plateformes de vidéos pornographiques, telles que Dorcel et J&M, ne soient pas gratuitement accessibles pendant la période du confinement lié à la crise sanitaire du COVID-19, puis définitivement fermées à brève échéance ;

• Que des mesures immédiates et des sanctions fortes soient prises pour protéger les enfants contre l’accès à la pornographie sur internet et pour lutter contre la pédocriminalité ;

• Que soient ouvertes des enquêtes judiciaires : concernant les contenus vidéos licencieux de Pornhub et autres sites, sur les propriétaires des plateformes et leur implication dans la diffusion sans contrôle de vidéos montrant des victimes de traite, d’abus sexuels et des mineurs, et que soient définies leurs responsabilités, ainsi que celles des utilisateurs, dans l’exploitation de ces personnes.

Au nom de toutes les victimes de traite des êtres humains et de tous ceux qui veillent pour les accompagner et les protéger, nous vous remercions de l’attention que vous aurez portée à ce sujet et nous espérons une action rapide et forte de votre part. Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre respectueuse considération.

Signataires :

M. Daniel Naud, président de l’Armée du Salut M. Franck Meyer, président du Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine Mme Françoise Caron, présidente des Associations Familiales Protestantes Mme Pascale Morinière, présidente des Associations Familiales Catholiques M. Christian De La Roque, président de Cnef-Solidarité M. Patrick Guiborat, président de Michée-France Mme Emmanuelle Bourgueil, Présidente de Planète Enfants et Développement

Le projet de réforme des retraites pénalise les femmes et les familles nombreuses

 Par Mériadec Rivière

Mériadec Rivière, responsable de la politique familiale des Associations familiales catholiques (AFC) expose ses craintes quant à certaines mesures de la réforme des retraites.

Selon lui, celle-ci ne pourra porter de fruits si elle ne s’accompagnepas d’une politique familiale ambitieuse.

Or les familles font partie des grands perdants du projet porté par le gouvernement.

Le projet de réforme des retraites inquiète les associations familiales. Il contient des mesures qui modifient considérablement les “droits familiaux”.

Ces droits (environ 21 milliards d’euros, bénéficiant pour 70 % de leur montant aux femmes) ont pour but de prendre en compte les différences de niveau de vie entre les familles avec enfants et les couples sans enfant, et de compenser les pensions des femmes, qui sont inférieures en moyenne de 40 % à celles des hommes.

Quant à la majoration de durée d’assurance (MDA) de huit trimestres par enfant, dès le premier, qui a pour effet d’augmenter de 65 % en moyenne la pension de retraite des mères ou permet à 20 % d’entre elles de partir en retraite plus tôt, le projet de loiprévoit de la remplacer par une majoration de la pension de 5 % par enfant. Or, cette majoration ne comble pas la suppression de la MDA.

Le projet modifie aussi l’assurance vieillesse du parent au foyer (AVPF) ouverte aux parents qui n’ont pu exercer suffisamment longtemps d’activité professionnelle. C’est la branche famille de la Sécurité sociale qui cotise pour le compte de ces parents, sur une base de calcul égale au Smic. Or le projet de loi prévoit de réduire cette base à 60 % du Smic et jusqu’aux 6 ans de l’enfant, alors qu’actuellement cette assurance s’exerce jusqu’aux 21 ans de l’aîné. Une telle modification est de nature à pénaliser un grand nombre de familles modestes.

Enfin, l’attribution d’une majoration de 5 % par enfant dès le premier (et 2 % supplémentaire à compter du troisième) peut se révéler pénalisante pour les femmes et les familles nombreuses. En effet, le projet de loi prévoit que la majoration ne pourra porter que sur la pension d’un seul des conjoints ou être partagée par moitié entre les deux conjoints, ceux-ci devant effectuer leur choix à compter des 4 ans de l’enfant, ce qui est beaucoup trop tôt.

Il est à craindre que les couples fassent le choix de faire porter la majoration sur la future pension la plus élevée dans le couple (dans 75 % des cas la pension perçue par l’homme), les femmes se trouvant ainsi pénalisées dans l’avenir. Quant aux familles de trois enfants, une majoration de 17 % (5 + 5 + 5 + 2) portant sur une seule pension peut dans bien des cas se trouver moins intéressante qu’une majoration de 10 % portant sur chacune des deux pensions.

Avec d’autres associations familiales, les Associations familiales catholiques demandent le maintien de l’AVPF sur la base de 100 % du Smic jusqu’aux 21 ans de l’enfant, que le choix de la répartition de la majoration de pension se fasse au moment de la liquidation de la retraite et non aux 4 ans de l’enfant.

Elles proposent également que la majoration d’assurance pour enfant soit remplacée plus simplement par des points forfaitaires pour chaque enfant.

Elles redisent avec force un principe de bon sens : toute réformede notre système de retraite par répartition sera vaine à plus ou moins long terme si elle ne s’accompagne pas d’emblée d’une politique familiale ambitieuse pour notre pays.

La réforme des retraites – aspects familiaux

La réforme des retraites inquiète

Avertissement : Le projet de loi peut encore évoluer, puisqu’aujourd’hui il a été transmis au Conseil d’Etat et aux partenaires sociaux, et qu’il est passé en conseil des ministres le 24 janvier 2020.

Avant même d’être débattu à l’assemblée nationale, il fait déjà l’objet d’un record de 22000 amendements enregistrés par sa commission spéciale ! Par ailleurs, de nombreuses modifications ne passeront que par ordonnance, donc au bon vouloir du gouvernement… Enfin, ce sujet étant d’une très grande complexité, cet article est volontairement simplificateur (régime général uniquement, données actuelles sans tenir compte de la partie de carrière avant les nombreuses réformes précédentes…etc…).

I- Le régime général de retraite, situation actuelle avant la réforme :

Un retraité touche une retraite de base et une retraite complémentaire, qu’il ne peut pas prendre avant ses 62 ans.

Aujourd’hui, la retraite de base, celle de la Sécurité Sociale, est basée sur la durée de cotisation ; quelqu’un né en 1961 aura une retraite « à taux plein » (soit 50% de son salaire moyen, limité au plafond de la sécurité sociale, des 25 meilleures années) s’il a cotisé 42 ans. Avant cette durée, il subira une décote (baisse supérieure à la proportion de durée manquante) sauf s’il attend 67 ans.

La retraite complémentaire (ARRCO et AGIRC) est en points : les cotisations sur la fiche de paie sont converties en points ; au moment du départ à la retraite, le total des points multiplié par la valeur du point détermine le montant de la pension de retraite.

Les aspects familiaux de la retraite :

Les majorations pour enfants (appelées par certains « avantages familiaux » !) : Pour la retraite de base, la mère de famille bénéficie d’une durée de 2 ans par enfant. Par ailleurs, le père et la mère ont chacun une majoration de 10% de leur retraite pour 3 enfants élevés et plus. (depuis 2012 ; avant, règles différentes). A noter que cette majoration est plafonnée à 2071,58 euros par an pour le régime complémentaire (ARRCO-AGIRC). Cette majoration est appliquée aussi aux pensions de réversion.

L’AVPF (Assurance Vieillesse du Parent au Foyer) : L’Assurance Vieillesse des Parents au Foyer (AVPF) prend en charge, sous certaines conditions (de ressources notamment), les cotisations sociales dues au titre de l’assurance vieillesse d’une personne physique ayant à charge un enfant de moins de trois ans ou trois enfants et plus. Ainsi, le parent bénéficie de droits à la retraite de base (Sécurité Sociale), calculés sur la base de 100% du SMIC.

(pour en savoir plus : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2574) https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2574

La pension de réversion : Le conjoint survivant a droit à une partie de la retraite de son conjoint décédé, à certaines conditions : uniquement s’ils étaient mariés, à partir de ses 55 ans, et sous conditions de ressources pour la retraite sécurité sociale (pas de conditions de ressources pour ARRCO-AGIRC) ; son montant est de 54% de la retraite de base du conjoint décédé et de 60% de la retraite complémentaire du conjoint décédé.

NB : Pour quelles raisons le système de retraite a-t-il prévu ces majorations familiales ?

Par justice : au fur et à mesure que la famille grandit, de plus en plus de mères de famille abandonnent leur travail (on devrait d’ailleurs dire : leur activité salariée).

Parce que le système par répartition repose sur les cotisations sociales prélevées sur les salariés (et leur employeur) ; et les actifs d’aujourd’hui assurent les pensions des retraités d’aujourd’hui. Les familles élèvent les cotisants de demain ; elles assurent donc l’équilibre du système de retraite autant par le nombre d’enfants (équilibre démographique entre actifs et retraités) qu’en leur donnant une bonne éducation de façon à leur permettre d’avoir un métier (bon salaire générant un bon montant de cotisations sociales).

A noter que le système par répartition ne peut pas s’équilibrer sans famille nombreuse… En bref, les majorations familiales ne sont pas des « avantages familiaux », mais seulement une mesure permettant de pérenniser le système de retraite.

II- Les conséquences familiales de la réforme des retraites :

En préambule : au moment de la mise en place de la réforme (pour les salariés concernés, ceux nés après 1975), la période d’activité antérieure fera l’objet d’un calcul sur les anciennes règles ; et on repartira sur les nouvelles règles pour le futur.

Quatre points de la réforme des retraites ont principalement une influence sur la famille :

a) Le passage en points, qui remet en cause la majoration des 2 années dont bénéficient les mères

b) La suppression de l’AVPF

c) La modification des majorations pour enfants élevés

d) La pension de réversion

a) Passage de durée de cotisation (pour le régime Sécurité Sociale) à un système à points :

Le système universel de retraite sera en points ; il n’y aura donc plus de durée de cotisations, seulement un âge limite (« âge pivot »). Par conséquent, ce système par point est incompatible avec les 2 ans par enfant élevé attribué à la mère de famille… Les mères de famille risquent donc de travailler plus longtemps pour toucher leur retraite. Cependant, pour les salariées nées avant 1975, la durée supplémentaire des 2 ans sera ajoutée à la période d’activité antérieure à la mise en place de la réforme. Par ailleurs, pour les mères nées après 1975, le congé maternité donnera des points en plus, à hauteur des revenus de l’année précédente.

b) La suppression de l’AVPF (Assurance Vieillesse du Parent au Foyer)

Toujours pour les mères nées après 1975, le congé parental donnera des points à hauteur de 60% du SMIC pendant les 3 premières années de l’enfant (6 années à compter du 3°). Cette dernière mesure remplace l’AVPF (Assurance Vieillesse du Parent au Foyer) qui – pour mémoire – donne des droits retraites à hauteur de 100% du SMIC.

c) La modification des majorations pour enfants élevés

A budget constant, la réforme prévoit, à compter de 2025, une majoration pour enfant d’un montant de 5% par enfant (à défaut, pour la mère), à laquelle se rajoute 2% pour le troisième enfant (par défaut partagés entre les deux conjoints).

Conséquences :

• Les mères de 1 ou 2 enfants bénéficieront de majoration (respectivement 5 ou 10%), alors qu’elles n’en avaient pas auparavant.

• Pour 3 enfants, la mère (sauf autre choix avant les 4 ans de l’enfant…) aura 16% de majoration de sa retraite, et le père aura 1% de majoration.

Les familles de 3 enfants sont donc les grandes perdantes…

• Se pose une question pour les familles de 4 enfants ou plus : le rapport Delevoye, comme le site internet gouvernemental sur la réforme de la retraite, mentionne une majoration de 22% pour 4 enfants, etc… Soit 5% par enfant même après 3 enfants, sans limitation.

N’y a-t-il pas de plafond, sachant que dans les attendus de cette modification, il est indiqué qu’elle est faite avec le même budget qu’actuellement ?

d) Réversion

L’âge à partir duquel le conjoint peut toucher la réversion reste finalement à 55 ans (dans le premier projet il avait été fixé à 62 ans…). A partir de 2037, le montant de la pension de réversion serait de 70% de la retraite globale du couple. A priori, il n’y aurait plus de conditions de ressources. Les conditions du droit à réversion sont précisées : non seulement le couple doit être marié, mais aussi le survivant ne doit pas être remarié pour continuer à la toucher.

Conséquences :

• Restons vigilant sur l’âge de 55 ans… la loi peut encore changer !

• Il est difficile de comparer les montants de réversion, avant (montant supplémentaire s’ajoutant aux revenus du conjoint survivant, mais en partie sous condition de ressources) et après (montant global).


Conclusion : Alors, les familles sont elles gagnantes ou perdantes dans cette réforme ?

A l’heure actuelle, difficile de répondre…

En effet, les bases de calcul sont très différentes entre la situation actuelle et le projet de réforme.

Cependant :

• L’âge pivot étant primordial pour avoir une bonne retraite, on peut craindre que les mères de famille doivent travailler plus longtemps pour atteindre le même montant de retraite qu’actuellement.

• Il est certain que les familles de trois enfants sont perdantes, sauf cas exceptionnels : leur majoration n’est plus que de 17% au lieu de 10% pour la mère et 10% pour le père (le seul cas où les familles de trois enfants sont gagnantes est lorsque seul le père a une retraite, et que la famille a opté pour l’attribution de la majoration au père avant les 4 ans de chaque enfant).

Pour les mères de un ou deux enfants, il n’est pas certain que la majoration de 5% par enfant compense la durée supplémentaire d’activité, ou plus exactement la décote qu’elles risquent de subir si elles n’atteignent pas l’âge pivot.

Les mères de famille ayant de petits revenus (donc sous les plafonds de ressources de l’AVPF) sont perdantes en cas de congé parental ; actuellement, l’AVPF a une assiette de 100% du SMIC, alors que le nouveau congé parental donnera des points seulement sur une assiette de 60% du SMIC (et limité en temps à la durée de la PreParE, et non la durée du congé parental).

Pour la pension de réversion, pour les conjoints qui sont en dessous des plafonds de ressources, le nouveau calcul risque d’être pénalisant pour les maris ! En effet, la retraite des femmes est inférieure de 40% à celle des hommes.

Prenons l’exemple où la retraite du mari est de 100 et de sa femme de 60, et que si le conjoint survivant est en dessous des plafonds de ressources de la retraite sécurité sociale : la femme survivante recevra actuellement 54% à 60% de la retraite de son mari, en plus que sa retraite (donc entre 114 et 120) ; dans le futur système, elle recevra 70% du total des retraites (donc 160 x 70% = 112). Donc une baisse, mais limitée. En revanche, si le mari est survivant, il reçoit actuellement 54% à 60% de la retraite de sa femme (60), c’est-à-dire 32 à 36 en plus de sa retraite de 100, donc au total 132 à 136. Avec la réforme, il touchera 112…

Comme on peut l’observer dans les cas ci-dessous, la réforme pénalise en particulier les familles ayant des revenus faibles ou moyens… A suivre !