Parlons « Education » : pour réfléchir à la manière d’éduquer vos enfants à la lumière des valeurs que vous voulez transmettre

Chers Parents,

Les Chantiers-Education vous invitent à prendre du temps pour réfléchir à la manière d’éduquer vos enfants à la lumière des valeurs que vous voulez transmettre.La réflexion se fait alors en 3 temps :- Je regarde ce qui se vit dans ma propre famille.

– Je réfléchis aux objectifs et au fondement vers lesquels je tends pour éduquer.

– Je regarde alors si je suis en cohérence et j’ajuste ma façon de faire et d’être sinécessaire.

1 Le confinement est une contrainte pour tous et peut-être vécu comme un moment privilégié de prendre du temps ensemble pour construire notre famille et favoriser l’accomplissement de chacun de ses membres.Comment en ce temps particulier notre famille fait « famille » et permet-elle à chacun deses membres de s’accomplir ?

– 1) De quelles façons très concrètement prenons-nous soin les uns des autres ?

– 2) De quoi ai-je besoin pour vivre ce confinement ?

– 3) En quoi est ce important pour moi que chacun prenne soin des uns des autres ?

On pourra selon les âges associer les enfants à cette réflexion.

2 Pour aller plus loin :

– Extraits du Compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise

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À travers l’œuvre d’éducation, la famille forme l’homme à la plénitude de sa dignité sous toutes ses dimensions, y compris la dimension sociale. En effet, la famille « constitue une communauté d’amour et de solidarité, apte de façon unique à enseigner et à transmettre des valeurs culturelles, éthiques, sociales,spirituelles et religieuses essentielles au développement et au bien-être de ses propres membres et de la société ». En exerçant sa mission éducative, la famille contribue au bien commun et constitue la première école de vertus sociales, dont toutes les sociétés ont besoin. Les personnes sont aidées en famille à grandir dans la liberté et dans la responsabilité,prémisses indispensables pour remplir toutes sortes de tâches dans la société. En outre, l’éducation permet de communiquer, pour qu’elles soient assimilées et qu’elles deviennent propres à chacun, certaines valeurs fondamentales, nécessaires pour être des citoyens libres, honnêtes et responsables.

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La famille joue un rôle tout à fait original et irremplaçable dans l’éducation des enfants. L’amour des parents, en se mettant au service des enfants pour les aider à tirer d’eux (« e-ducere ») le meilleur d’eux-mêmes, trouve sa pleine réalisation précisément dans la tâche de l’éducation: « De source qu’il était, l’amour des parents devient ainsi l’âme et donc la norme qui inspirent et guident toute l’action éducative concrète, en l’enrichissant des valeurs de douceur, de constance, de bonté, de service, de désintéressement, d’esprit de sacrifice, qui sont les fruits les plus précieux de l’amour ».

– Vidéos de Vies de Famille

vidéo « Le lien vertueux entre les générations est une garantie [d’avenir], et c’est une garantie d’une histoire vraiment humaine », Pape François, Exhortation apostolique Amoris Laetitia, §189, 2016. Ainsi, d’histoires en histoires, la grande histoire d’une famille se construit, de générations en générations. Fonder sa propre famille prend alors un sens de continuité et de nouveauté : avoir des enfants, faire perdurer le nom familial, avoir un nouveau livret de famille, signe d’une toute nouvelle famille… alors quand la petite famille s’élargit, c’est toute une famille qui s’agrandit et traverse les années ! Témoignage et points de repères dans Vies de Famille.

Vidéo Vivre ensemble, partager des événements familiaux, autant de moments qui permettent de créer des liens entre les différents membres de lafamille, et de construire son identité autour de valeurs communes.Quelles sont les valeurs qui sont reçues, transmises au sein d’une famille? En quoi cela permet-il à la famille de se construire comme famille, dans son quotidien ?

Vidéo C’est dans la famille que les enfants font leurs premiers pas, que les parents deviennent eux-mêmes parents, et que se fait également l’apprentissage de la vie en communauté. Si l’on y grandit physiquement, la famille est donc aussi un lieu d’apprentissage humain et spirituel pour tous. En quoi la famille est-elle essentielle pour grandir ?

Quelques réflexions sur…la gestion des écrans,… le rôle des époux… et la charte du confinement…

Comment gérer le temps d’écran des enfants en cette période de confinement ?

Par Jacques Henno, journaliste, auteur et conférencier, spécialiste du bon usage des écrans par les enfants*. Père de trois adolescents.

Fermeture des établissements scolaires, des lieux publics interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes, et enfin confinement (que je vous invite, bien sûr, à respecter le plus scrupuleusement possible). Inutile de dire que toutes mes conférences ont été annulées.

En attendant des temps meilleurs et de pouvoir repartir sur les routes, je vous propose quelques conseils pour vous aider à encadrer l’utilisation des réseaux sociaux par vos (pré)adolescentes et (pré)adolescents, qui vont bénéficier d’un peu plus de temps libres au cours des prochaines semaines.

Bien sûr, il est normal, en cette période de confinement, qu’ils veuillent retrouver leurs ami(e)s sur WhatsApp, Instagram, Snapchat, TikTok…

Beaucoup de parents de collégien(ne)s qui, jusqu’ici avaient tenu bon, ont légitimement donné un téléphone mobile ou un smartphone à leur enfant afin qu’il puisse garder le contact avec ses camarades de classe, pour échanger des nouvelles ou travailler en groupes.

Mais, nous parents, pouvons aussi profiter de ces moments – plus longs que d’habitude – que nous allons passer avec eux pour entamer un dialogue constructif au sujet des écrans et plus particulièrement des réseaux sociaux.

C’est d’abord l’occasion d’insister sur le fait que ces semaines sont exceptionnelles. Certes, il sera difficile de reprendre leur appareil à ceux qui viennent d’en avoir un, mais il sera souhaitable de restreindre le temps d’utilisation de tous, une fois la situation sanitaire redevenue normale.

Il faut d’abord encourager la prudence : WhatsApp, qui, normalement, ne permet de créer que des groupes fermés à partir des numéros de téléphone des personnes que l’on connaît, est plus sécurisé, a priori, que les autres réseaux où l’on peut être abordé par des inconnus.

Il faut ensuite rappeler à nos enfants, en termes simples, le modèle économique de ces applications. Lorsque j’interviens devant des collégiens ou des lycéens, je leur explique que ces plateformes n’ont qu’un seul but : leur faire passer le maximum de temps devant leurs écrans afin de pouvoir leur montrer le plus de publicités possibles et, ainsi, maximiser leurs profits. Je leur détaille également quelques astuces mises au point par les Instagram et autres Snapchat pour capter leur attention : l’autoplay (les vidéos qui se déclenchent automatiquement), les flammes sur Snapchat…

Si vous souhaitez en savoir plus sur les conséquences du temps passé par les jeunes sur les réseaux sociaux, je vous invite à lire l’article que j’ai publié en novembre dernier dans le quotidien Les Échos après avoir rencontré une dizaine d’universitaires spécialistes du sujet dans la Silicon Valley : Comment décrocher les ados de leurs écrans ? http://bit.ly/decrocherdesreseaux

Enfin, si, comme moi, vous êtes persuadés que même en la période actuelle, nos enfants ne doivent pas avoir un accès illimité aux réseaux sociaux, mais que leur temps d’écran doit

être encadré, voici quelques conseils pratiques sous forme d’une vidéo de 110 secondes : http://bit.ly/aiderados

Parents confinés, mais unis dans la tempête

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Père Michel Martin-Prével, cb | 29 mars 2020 ALETEIA

Le stress ambiant, parce qu’il génère beaucoup d’insécurité chez les enfants, attend d’abord que les époux soient particulièrement unis entre eux. La maîtrise de soi du capitaine assure la paix pour tout le bateau. Et les époux sont ensemble le capitaine de ce beau navire qu’est la famille, surtout quand la croisière devient une traversée en pleine tempête.

Les époux ne se ressemblent pas mais se complètent. A chacun sa grâce de parent : quand l’un est plus pédagogue avec les écoliers à la maison, l’autre plus moteur pour les moments de jeux et de retrouvailles sympathiques. L’un sait privilégier le rapport de la confidence, l’autre réunir tout le monde autour d’une prière familiale ou d’un projet dans le jardin. La cuisine aussi peut bénéficier des talents des deux époux : l’un s’implique dans l’élaboration des menus, les courses ou la préparation des repas, l’autre dans la vaisselle, la décoration ou l’animation. Etre parent signifie être soi-même, en lien de communion avec l’autre. La confiance en l’autre est la clé. L’unité n’étant pas l’accord sur tout mais le lâcher-prise quand il faut, et la miséricorde pour ce qui ne se passe pas très bien.

S’unir sur l’essentiel

En revanche, la différence n’empêche pas l’unité, qui elle-même engendre la paix. Quatre remarques en ce temps spécial. D’abord, pour s’unir, il faut commencer par s’écouter (nous avons deux oreilles et une seule bouche) avant de vouloir réaliser trop vite son désir. D’où la nécessité d’un dialogue régulier. Ensuite, il est important de bien définir, entre époux d’abord, l’équilibre savant de la famille entre suivi scolaire, temps de jeux, rapport de dialogue à deux, temps de prière, exercice physique… Puis, gardez à l’esprit que la créativité est bien meilleure à deux que tout seul. « Ah tiens, je n’avais pas pensé à cette idée ! » s’exclame-t-on parfois. Enfin, à l’heure où les écrans sont devenus omniprésents, pour le travail aussi bien que pour les loisirs, il est nécessaire de montrer l’exemple en en faisant le strict emploi nécessaire (ce qui laisse de la place aux autres).

Courage ! Marie et Joseph ont été confinés à Nazareth pendant 30 ans ! Régnait alors dans leur famille une solide collaboration de parents : « Ton père et moi », disait Marie à Jésus en s’adressant à lui. Et Joseph était à sa mission : « Il prit l’enfant et sa mère ». Jésus avait une place centrale au milieu d’eux, mais dans la dépendance et l’obéissance absolue. Leur unité fut capitale au milieu des nombreuses épreuves qu’ils ont traversées.

______________________________________________________________________La charte de confinement, le secret d’une ambiance détendue ?

Mathilde de Robien | 23 mars 2020

Depuis que les écoles sont fermées et le télétravail privilégié en raison du coronavirus, parents et enfants font réellement l’expérience de ce que signifie « vivre ensemble ».

Nombreuses sont les familles à avoir rédigé une charte de confinement afin que les règles soient claires et éviter ainsi les tensions.

Heure du lever, rythme des activités scolaires, temps d’écran autorisé, fréquence maximale des caprices déterminée… Ces règles, de nombreux parents ont choisi de les définir rapidement avec leurs enfants pour que cette période de confinement à la maison se déroule au mieux. Et de fait, cette charte peut être rédigée lors d’un « conseil de famille » qui sera amené à trancher des questions délicates telles que l’heure du coucher, le tableau des services, la durée de la prière familiale ou celle de la récréation.

C’est une manière de donner, à tous, un rythme et des repères, pendant cette période si particulière. Un règlement familial qui permet d’organiser les journées, de fixer à tous des petits objectifs et d’éviter ainsi tout sentiment de lassitude qui pourrait légitimement survenir au bout de quelques jours. C’est aussi un outil qui favorise une bonne hygiène de vie, évitant de décaler trop les repas ou les heures de coucher. Cette charte peut être évolutive selon les besoins, les envies ou les recadrages nécessaires.

Tous les membres de la famille sont invités à cosigner le document. Une façon de s’investir dans ce planning inédit et de s’engager à le respecter. Veillez cependant à ce que les objectifs soient réalistes, sans quoi vous allez vite vous décourager. Didier Pleux, docteur en psychologie du développement, soulignait déjà à Aleteia, bien avant le confinement, la nécessité d’établir un « code familial, de la même manière qu’il existe un code de la route, un code civil, un code pénal, afin qu’il y ait des règles bien définies. Ce système permet de ne pas se laisser dépasser par les événements et de ne pas sanctionner à l’émotion », estimait-il. Une charte utile, donc, en ces temps particulièrement troublés. Il ne reste plus qu’à y demeurer fidèle.

Retrouvez la conférence de Véronique Lemoine « Autorité et liberté : les défis de l’éducation »

« Le bonheur passe par la maturité ». Après une définition de la maturité affective, Véronique Lemoine parle de l’autorité, de son évolution durant les dernières décennies et surtout comment l’exercer aujourd’hui à partir de deux outils psycho-éducatifs : l’éducation à la liberté et l’éducation à la frustration.

Véronique Lemoine est psychologue et psychothérapeute depuis près de 20 ans, co-fondatrice de l’association MCAdS (Mieux Connaître l’Angoisse de Séparation) et elle a écrit avec Agnès Daubricourt « Guide de survie à l’usage des parents » (2014).

Cette conférence a eu lieu lors des assises des Chantiers-Education, le 1er février 2019.

🎧 / 🎥 Ecouter ou voir la conférence :

Pour l’écouter voici le lien :

https://drive.google.com/file/d/1HKjgr15CeE3rMBhh-On4mMlskzIhHEvC/view

Pour voir la vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=Lk3b6L9ESyQ&list=PLY2V0QMXqguxPDc-o3sXJDQl-YLlUNsCi

Réflexion éducative des Chantiers-Education décembre 2018 : Comment mettre fin efficacement et sans délai aux colères enfantines et ramener la paix dans la famille ?

Notre consoeur portugaise, Fabiana Santos, mère de deux enfants, a expérimenté une méthode d’une efficacité avérée pour mettre fin, sans délai, aux colères enfantines et ramener la paix dans la famille. Explications.

« Je n’ai pas lu tous les livres de psychologie infantile et je n’ai pas non plus suivi toutes les formations pour apprendre à éviter les colères des enfants. Pourtant, forte d’une expérience personnelle avec ma fille de 5 ans, je souhaite vous faire part d’une méthode que j’ai récemment découverte. Elle pourrait vous servir grandement quand vos enfants semblent éprouver un malin plaisir à faire un drame pour n’importe quelle raison.

Les faits, tout d’abord. Quand ma fille a commencé à aller à la crèche, elle est devenue très angoissée. Haute comme trois pommes, elle nous menaçait néanmoins de ne rien nous raconter sur ce qui se passait à la garderie. Son comportement, à la maison, est devenu incontrôlable. Toutes les occasions étaient bonnes pour faire une scène, même dans les moments les plus anodins.

La crèche nous a alors encouragé à solliciter l’assistance d’un psychologue infantile, pour quelques séances. Il était important qu’Alice puisse s’épancher afin d’apaiser la situation. Nous avons donc pris rendez-vous et la personnes qui nous a reçus, Sally Neuberger, nous a fourni un conseil aussi simple qu’excellent.

La psychologue nous a expliqué qu’il fallait faire en sorte que l’enfant se sente respecté, en accordant de la valeur à ce qu’il pouvait ressentir. En effet, à partir de l’âge de 5 ans, l’enfant a besoin d’être écouté pendant ses crises, quel qu’en soit le motif, et il a besoin de réfléchir, de trouver la réponse à ce qui lui arrive.

L’inclure dans la résolution du problème et accorder de l’attention à ses préoccupations, constituent les éléments clés pour désamorcer la situation.

Ainsi, concrètement, lors d’un accès de colère – parce que c’est l’heure du coucher, parce qu’il ne veut pas aller faire ses devoirs… – quel que soit le motif, il faut poser la question suivante à l’enfant, en le regardant dans les yeux et d’une voix apaisée : « Est-ce que c’est un grand, un moyen ou un petit problème ? »

L’effet est littéralement magique. Chaque fois que je lui pose cette question, ma fille me répond. En sondant son ressenti, elle parvient à trouver une solution au problème.

Un petit problème sera facilement résolu. Le problème moyen ne sera probablement pas résolu dans l’immédiat : l’enfant comprendra que, certaines choses, demandent des efforts particuliers et du temps. Si un problème est grave – les choses graves pour un enfant ne doivent pas être dédaignées ou survolées par les adultes – cela demandera sûrement un échange approfondi et une attention plus aiguë afin que l’enfant puisse comprendre qu’il y a des choses qui ne peuvent être exactement comme on les souhaite.

Je pourrais citer de nombreux exemples pour vous montrer de quelle manière j’applique cette méthode. Je me contenterais d’un cas récent : juste au moment de se préparer pour aller à l’école. Ma fille me fait souvent des scènes pour choisir sa tenue. Elle veut porter son pantalon préféré, alors qu’il est à la machine. Elle fond en larmes et je reste ferme : « Alice, est-ce qu’il s’agit d’un problème grand, moyen ou petit ? » Toute penaude, elle me regarde et chuchote : « Petit ». Je peux donc alors lui expliquer en quoi ce problème était effectivement petit, et donc facile à régler.

Je lui demande quelle solution nous pouvons trouver à ce petit souci (il est important de lui laisser le temps pour qu’elle réfléchisse et trouve une réponse). Elle me répond : « En choisissant un autre pantalon ». J’ajoute : « Et n’aurais-tu pas d’autres pantalons à choisir ? ». Elle me sourit et part chercher un autre pantalon.

Fabiana Santos est journaliste et la maman de Felipe, 11 ans, et d’Alice, 5 ans. Ils vivent à Washington DC. Les réponses aux « petits problèmes« sont désormais courantes, maintenant, Alice parvient même à rire de ses propres caprices. Elle est parvenue, à quelques reprises, à reconnaître sincèrement : « Maman, je crois que ceci n’est même pas un problème ».

Source Aleteia 2017