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Pratiqué en amateur, en professionnel ou à un très haut niveau, le sport est une puissante école de vie. Interview de deux grands connaisseurs du monde du sport.
Les vertus véhiculées par le sport sont nombreuses. Certaines vous touchent-elles en particulier ?
Philippe Gonigam Je retiens la logique de paix. Le mouvement sportif est porteur de quelque chose de fantastique dans ce domaine : le 19 juillet prochain, une semaine avant les Jeux, démarrera la trêve olympique. Cette trêve qui existait déjà dans la Grèce Antique a été réintroduite dans les années 1990 et fait aujourd’hui l’objet d’une résolution des Nations-Unies. La guerre en Ukraine a d’ailleurs démarré une semaine après la fin des Jeux d’hiver. Ce mouvement sportif qui réunit l’ensemble des peuples est l’occasion de montrer que l’on est capable, sur un temps donné et sur une décision commune, d’être en situation de paix – même si celle-ci est évidemment relative. On peut transposer cela sur le plan individuel : la paix est toujours le fruit d’une volonté personnelle. Le sport peut ainsi nous encourager à être artisan de paix dans notre famille, dans notre voisinage…
François Morinière Pour moi, la vertu essentielle du sport, c’est le respect des règles. La genèse des Jeux olympiques, qui ont été le creuset du sport, c’est d’avoir permis à des personnes, des équipes et des territoires de s’affronter autrement que par la guerre. Le sport permet la canalisation de cette violence qui existe depuis le début de l’Humanité : tous les coups ne sont plus permis, cette violence est placée dans un cadre, pour que le plus fort soit reconnu et déclaré ainsi. Avant même d’être une vertu éducative, ce respect des règles est d’abord un concept de vie pour l’Homme.
Comment allier esprit de compétition et respect de l’autre, sans tomber dans le mépris pour le plus faible ou le culte du champion ?
P.G. L’adversité existe dès lors qu’on est en compétition. Pour autant, notamment dans des disciplines très techniques ou très fines, l’adversaire devient un « frère exigeant », qui va vous imposer ce chemin qui vous oblige à vous dépasser. Dans ce travail sur soi-même, il devient un miroir. Cela m’impose un respect de cet adversaire : on le combat, mais il n’est pas un ennemi. Dans ma vie personnelle, mon premier adversaire a été mon frère jumeau. J’ai donc vécu cela sur le plan familial en même temps que sportif, mais finalement, même dans une fratrie, on est parfois en situation de concurrence, même avec quelques années d’écart. Cette notion de « frère exigeant » vaut aussi dans le cadre de la famille.
F.M. Cela peut paraître surprenant pour les personnes qui regardent une compétition de voir les sportifs se donner un geste d’amitié ou de fraternité à la fin d’une compétition. En fait, le sportif de haut niveau se connaît parfaitement bien, il est un cristal de très haute précision : il sait très bien ce en quoi il a raté le coche et s’en veut d’abord à lui-même s’il a perdu. Le respect de l’adversaire vient de là. Après, l’éducation à la compétition est d’abord le rôle des parents, premiers éducateurs de leurs enfants. Vient ensuite l’encadrant qui va être le garant pour leur apprendre ces règles. En ce moment, du fait des difficultés que connaissent beaucoup de familles, ceux-ci se retrouvent malheureusement souvent en première ligne dans un rôle d’éducation tout court dans beaucoup de disciplines – je pense au football qui est le premier sport français. Ils le font avec beaucoup d’engagement mais c’est la limite du système.
Le sport est un lieu propice à l’éducation intégrale corps-cœur-esprit. Comment inculquer aux jeunes sportifs cet équilibre, et notamment un rapport ajusté à leur corps ?
P.G. Si on résume l’activité sportive en la limitant aux gestes ou au corps, j’aurais eu une pauvre jeunesse, celle d’un garçon dont l’ambition est de courir plus vite qu’un autre. C’est pourtant cela, le 400 mètres. C’est bien pauvre comme démarche, et encore plus quand on sait l’énergie et le temps que cela demande, et qu’en plus cela fait souffrir. A partir du moment où l’on donne du sens à son engagement dans la compétition, qu’on le positionne bien dans un projet de vie, on est en mesure de mieux sensibiliser aux valeurs, aux vertus et à cet équilibre entre le cœur, le corps et l’esprit.
F.M. La force physique et la musculation font partie du bagage nécessaire pour le sportif, mais elles ne sont pas les seules. Il faut aussi que l’éducateur insiste sur l’adresse, l’agilité, en prenant des exemples : un 400 mètres haies, ce n’est pas qu’une vitesse de pointe, c’est aussi une très grande agilité et de la souplesse. Je crois aussi à l’importance de pratiquer le sport dans une structure collective, même un club de sport : faire de la musculation chez soi toute la journée n’a rien à voir avec le fait d’aller dans une salle avec d’autres, d’échanger, d’avoir un coach qui va nous conseiller tel ou tel exercice. L’échange permet une forme d’ajustement.
Le sport est-il apte à répondre aux défis éducatifs propres à notre époque ?
F.M. Malheureusement, notre modèle éducatif français a longtemps considéré le sport comme la vingtième roue du carrosse, même si des efforts sont faits. On a construit pendant des générations l’éducation des enfants sur des valeurs intellectuelles et non sportives, à l’opposé des modèles anglo-saxon et allemand pour qui l’éducation de la personne reposait sur le binôme corps et esprit. Du coup, c’est important que les parents trouvent les moyens de compléter cette éducation par du sport périscolaire ou en famille.
P.G. Il y a un autre élément qui complexifie les choses, ce sont les écrans. Ils sont pour nous un concurrent, et je pèse mes mots. Face à des jeunes qui sont en situation d’addiction, notre offre sportive doit être formulée de façon très puissante. Quand je parle des écrans, je pense aussi au e-sport qui est une organisation qui compte un nombre de pratiquants inimaginables. Il nous faut donc prendre le taureau par les cornes, bien comprendre la situation actuelle et reformuler une offre plus séduisante de pratiques sportives dans une vocation d’éducation. A nous d’inventer des solutions, de nouveaux patronages, sachant qu’on a bien identifié la problématique, puisque les responsables politiques évoquent eux-mêmes « l’ensauvagement des jeunes ».
Est-il possible d’évoluer sainement dans le milieu du sport de haut niveau, malgré les dérives connues (culte de l’argent, harcèlement, dopage…) ?
P.G. Le constat est en effet terrible : dans le cadre de mon activité syndicale, on a lancé en 2003 un programme de recherche en matière d’évaluation de prévention des risques : sur 400 sportifs professionnels et de haut niveau interrogés, 47 % déclarent avoir été victimes de violences psychologiques, 8 % de violences physiques et 12 % de violences sexuelles. 68 % de ces actes se sont produits en milieu sportif. Comme le sport de haut niveau fait rêver, le sportif s’oublie : il est prêt à tout pour réussir. Tout en encourageant le jeune, il faut donc relativiser, en lui présentant les avantages, les inconvénients et le sens de la pratique. Le sport de haut niveau peut être un chemin très vertueux quand on le pratique avec les bons codes.
F.M. Les aiguillages qui mènent vers un parcours de haut niveau sont extrêmement fins, et le discernement difficile. Le premier écueil étant la désillusion, il faut de la sincérité de la part du système pour éviter les fausses joies futures. Il faut aussi essayer de jauger la force mentale au-delà de la capacité physique, ce qui n’est pas facile à voir.
Les Jeux olympiques sont aussi paralympiques : comment la pratique sportive et le monde du sport peuvent-il transmettre le respect de la différence et l’attention aux plus fragiles ?
F.M. C’est évidemment pour nous chrétiens un sujet très important. Les Jeux paralympiques sont extrêmement importants et porteurs d’espoir pour toutes les personnes handicapées qui verront les Jeux à la télévision, sans compter tout ce qu’ils apportent aux athlètes eux-mêmes. Comme le disait récemment Tony Estanguet [président de Paris 2024, ndlr], ils permettent aussi de reconnaître la capacité de résilience considérable des personnes handicapées, qui sont capables d’arriver à des performances dans des conditions d’entraînement et d’infrastructures beaucoup moins solides et appropriées que celles des valides. Cela demande une capacité énorme pour franchir les étapes, et cela mérite d’être souligné.
P.G. Si on pose le sujet sur le plan de la différence, on va comparer, classer, ranger les capacités. Alors que si on prend un autre terme sportif qui est celui de la mesure des écarts entre les capacités, on se focalise sur une problématique à laquelle on peut répondre. C’est pour cela qu’il y a des catégories. Même dans le sport valide, entre un garçon ou une fille de 10 ans, on voit bien qu’il y a un écart, même dans une même discipline. La question n’est plus de savoir si on accepte ou pas, cela fait partie du jeu, on a un regard très objectif, sans jugement. Il faut qu’on arrive à ça, dans le handisport et dans la vie.
Les parents se soucient-ils assez de la bonne tenue des structures auxquelles ils confient leurs enfants au moment de les inscrire à une activité sportive ?
« On a souvent tendance à donner sa confiance d’emblée, le sport étant par nature une activité saine » remarque Philippe Barbet, inspecteur principal de la Jeunesse et des Sports honoraire et responsable du secteur Éducation à la CNAFC. Pourtant, « même si tout se passe bien dans la plupart des clubs, il serait imprudent de donner un blanc-seing à la structure sans se renseigner un minimum… ».
Sur quels critères s’appuyer ?
Première question à se poser : quel est le statut de la structure ? Est-elle rattachée à une Fédération ? Les éducateurs sont-ils diplômés ? En France, tous les éducateurs sportifs salariés doivent être détenteurs d’un diplôme d’État.
Au-delà de ces questions importantes, l’état d’esprit du club est à questionner : dans quelles conditions l’activité sportive est-elle exercée ? Pratique-t-on la compétition à outrance ? Entretient-on le respect de l’adversaire, le fair-play ? Tient-on compte des remarques des parents ?
Pas plus que les autres institutions, les clubs sportifs n’échappent aux affaires de pression ou de harcèlement : certains clubs de danse poussent leurs élèves à perdre plus de poids, d’autres entretiennent un culte de la réussite au mépris des jeunes moins performants…
« On a même vu des parents s’élever contre d’autres qui voulaient porter plainte contre un entraîneur, de peur que celui-ci ne puisse plus emmener leurs enfants vers la gloire » raconte Philippe Barbet. D’où l’importance de répéter à ses enfants qu’ils doivent s’exprimer si quelque chose les met mal à l’aise.
Autre point de discernement pour les familles catholiques : le planning des entraînements et des compétitions permet-il la pratique dominicale ?
Enfin, l’activité physique n’étant pas l’apanage des seuls clubs, il est important de veiller aux conditions d’encadrement et de sécurité dans lesquelles elle est pratiquée, dans les aumôneries ou le scoutisme par exemple.
Les AFC accordent un label AFC à une sélection de films distribués par SAJE, une société française de distribution de films, spécialisée dans la diffusion de productions d’inspiration chrétienne.
Les bénévoles du secteur Médias des AFC visionnent et analysent de nombreux films en respectant les critères établis pour l’obtention du label :
Le film, à travers le sujet traité et l’angle choisi, a-t-il un intérêt moral ?
Le film présente-t-il une moralité bonne ou dangereuse ? Repose-t-il sur de bonnes moeurs ?
L’histoire du film se base-t-elle sur des faits réels ? Si non, est-ce une histoire réaliste ?
Les prises de vue, de son, l’usage des effets spéciaux sont-ils de qualité ?
Le film présente-t-il des scènes de vulgarité (propos, tenues, gestes, érotisme) ou de violence (violence physique, violence émotionnelle, violence verbale) ?
Ce matin mercredi 29 mai à 0h45, les Sénateurs ont adopté en 1ère lecture la Proposition de loi visant à encadrer les pratiques médicales mises en œuvre dans la prise en charge des mineurs en questionnement de genre (texte ICI).Juristes pour l’enfance salue cette avancée majeure en vue de la protection des mineurs en difficulté avec leur identité sexuée de fille ou de garçon. En effet :1/ Le texte interdit de prescrire au patient mineur des traitements hormonaux tendant à développer les caractéristiques sexuelles secondaires du genre auquel le mineur s’identifie (prescription de testostérone pour les filles et d’oestrogènes pour les garçons). 2/ Le texte interdit de réaliser sur un patient mineur des actes chirurgicaux de réassignation de genre (les mastectomies actuellement pratiquées à partir de 14 ans sans indication médicale seront ainsi interdites). 3/ Le texte encadre strictement la prescription initiale de bloqueurs de puberté, qui ne pourront être prescrits à un patient mineur que :- après réunion de concertation pluridisciplinaire,- par un médecin exerçant dans l’un des centres de référence,- après évaluation par l’équipe médicale de l’absence de contre indication et de la capacité de discernement du mineur,- après respect d’un délai minimal de deux ans après la première consultation du patient dans un centre de référence. 4/ Autre mesure protectrice, le diagnostic et la prise en charge des mineurs présentant une dysphorie de genre seront assurés dans des centres de référence spécialisés. 5/ Enfin, Juristes pour l’enfance salue l’attention portée par le législateur à la pédospychiatrie en France puisque la proposition prévoit l’élaboration d’une stratégie nationale pour la pédopsychiatrie pour garantir à tout enfant ou adolescent l’accès aux soins nécessaires à la bonne prise en charge de sa santé mentale. Trop nombreux sont en effet les témoignages de parents qui révèlent qu’il est plus rapide en France d’obtenir de la testostérone pour leur fille qu’une consultation pédopsychiatrique. Juristes pour l’enfance salue la clairvoyance et l’engagement du Sénat qui accepte de sortir de l’idéologie pour prendre en compte les études médicales et scientifiques qui mettent en lumière les dangers de ces traitements dits de réassignation sexuelle et appellent à privilégier une approche prudentielle, au profit de la prise en charge au plan psychiatrique ou psychologique des troubles et difficultés des enfants.JPE salue en particulier l’encadrement de la prescription des bloqueurs de puberté, qui tient compte des études très récentes révélant ce qui était déjà suspecté : les bloqueurs de puberté ne constituent pas une « pause » et, au contraire, ont des conséquences graves [voir ci-dessous]. Juristes pour l’enfance compte maintenant sur les députés pour adopter à leur tour cette proposition de loi indispensable pour une prise en charge de qualité des enfants.Vous pouvez chers amis être acteurs de cette bataille en écrivant d’ores et déjà à votre député pour lui demander de voter ce texte lorsqu’il arrivera à l’Assemblée!