Retrouvez les vidéos de la grande journée de réflexion et d’information du 15 octobre 2018 sur la bioéthique « La PMA pour toutes : La ligne rouge » organisée par l’association Cosette et Gavroche

 

Cliquez ci-dessous pour retrouver les vidéos en ligne sur le site de Cosette et Gavroche :

iihttp://www.cosetteetgavroche.fr/nos-actions/etats-generaux-acte-ii

Communiqué de presse AFC – PMA : le CCNE au mépris du réel

 Le Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE) a rendu aujourd’hui un avis  favorable à la PMA (Procréation Médicalement Assistée) pour les couples de femmes et les femmes seules.

Les AFC déplorent cette prise de position puisque dans son avis de juin 2017, le CCNE faisait pourtant état d’un important dissensus au sein de ses membres d’une part, et pointait de graves « points de butée » et problèmes éthiques d’autre part. Or, depuis, les Etats Généraux de Bioéthique ont montré une opposition massive et argumentée à l’évolution de la loi. Le CCNE semble ne pas en tenir compte. Plus encore, le CCNE se prononce désormais en faveur de l’élargissement de la conservation des ovocytes et de la PMA « post mortem » !

Les AFC estiment dangereux de répondre aux pressions de lobbies qui militent pour un « droit à l’enfant ». Des techniques médicales destinées à soigner des pathologies se trouveraient ainsi utilisées pour créer artificiellement une fertilité de convenance.

« La réalité du désir d’enfant » soulignée par l’avis du CCNE ne saurait être résolue par des pratiques qui nient les besoins de l’enfant.

Si la filiation venait à s’affranchir des repères naturels et de la vraisemblance biologique qu’ils confèrent à la PMA pour les couples homme-femme, alors elle reposerait sur le seul désir exprimé dans le « projet parental », mouvant par nature, et aux multiples expressions possibles.

De plus, l’avis évoque la possibilité de rembourser la PMA dans ces cas. Alors que le financement de la Sécurité Sociale fait déjà peser un lourd tribut sur les Français et que son équilibre demeure très fragile, ce remboursement apparaîtrait scandaleux et injuste, quand on sait par ailleurs que la tendance va au déremboursement de soins et de médicaments parfois élémentaires.

Les AFC n’admettent pas non plus les conséquences d’une éventuelle  généralisation de la PMA. Au nom de la même justice sociale, celle-ci déboucherait inévitablement sur l’autorisation de la GPA, négation de la dignité de la femme, de la maternité et du droit des enfants à connaître leur père et leur mère.

La révision des lois de bioéthique a été précédée cette année par des États Généraux d’une ampleur inédite.

Ouvrir la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, c’est priver délibérément un enfant de connaitre son ascendance paternelle, alors même que de plus en plus de professionnels de l’enfance (pédopsychiatres, services d’adoption…) soulignent l’importance de la place du père et de l’accès aux origines dans la construction de l’enfant.

Les AFC appellent le Président de la République à ne pas  rouvrir des débats de société qui ont contribué à des divisions profondes dont notre pays garde encore la trace, à l’heure où toutes les énergies doivent être mobilisées vers la réconciliation, l’amélioration du sort des plus défavorisés et l’intérêt général.

Pour aller plus loin :
Quel monde voulons nous pour demain ? 10 fiches de Bioéthique pour comprendre les techniques et leurs enjeux humains
Par les AFC, Ed. Tequi, Septembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Communiqué de presse des AFC – PMA : le Conseil d’Etat rend un avis technique

le 06 juillet 2018

Saisi par le Gouvernement au printemps, le Conseil d’État rend aujourd’hui au Premier Ministre son avis sur la révision des lois de bioéthique.

Ayant distingué plusieurs scénarios possibles, le Conseil d’État, sans surprise, n’identifie pas de contrainte majeure ou rédhibitoire à l’extension de l’Assistance Médicale à la Procréation aux couples de femmes et aux femmes seules, mettant  » au vert  » un voyant supplémentaire dans l’esprit de ses promoteurs.

Mais si le Conseil d’État est l’institution qui conseille le Gouvernement en amont des projets de loi, son avis n’en possède pas moins un caractère essentiellement technique destiné à éclairer le Gouvernement dans ses choix politiques.

Or les récents États Généraux de Bioéthique l’ont montré : il existe une opposition franche, massive et argumentée à l’extension de l’AMP en France. Les AFC ont largement contribué à l’exprimer, portées par une vision anthropologique au service du Bien Commun. L’évolution de la loi sera donc un choix éminemment politique dont l’entière responsabilité incombera à l’exécutif.

Au moment où la société a plus besoin d’être rassemblée que divisée, cette responsabilité s’alourdit encore et ne saurait se défausser sur un avis technique.

 

Nouveau livre d’Aude Mirkovic, adhérente AFC : La PMA un enjeu de société « Va-t-on enfin prendre les droits de l’Enfant au sérieux ? »

La PMA pour les femmes célibataires et les couples de femmes est l’une des mesures phare de la révision de la loi de bioéthique, et l’attente du public en la matière est forte. Mais, au moment d’envisager cette PMA non thérapeutique, la société doit choisir : jusqu’où voulons-nous aller avec ces techniques de procréation artificielle ? La PMA doit-elle demeurer une mesure d’exception, destinée à compenser un problème médical, ou devenir un mode habituel de procréation entrainant la société vers une nouveauté anthropologique, selon les termes du Comité consultatif national d’éthique ? 

Les Français qui se disent favorables à la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires seraient-ils du même avis si la question leur était posée du point de vue de l’enfant : « pensez-vous que la loi doive organiser la conception d’enfants privés, délibérément et légalement, de père ? »

Ce qui se joue désormais n’est pas seulement la PMA pour les femmes, mais un bouleversement majeur de la société qui ne saurait en rester aux cas individuels et à l’émotion qui s’en dégage.
Il est urgent de mesurer ce que signifie exactement la PMA pour les femmes, pour en saisir les enjeux et prendre nos décisions en connaissance de cause. C’est le propos de ce livre.

 

Aude Mirkovic, maître de conférences en droit privé, est porte-parole de l’association des Juristes pour l’enfance et auteur, notamment, de PMA-GPA : quel respect pour les droits de l’enfant ?, Téqui 2016 et En rouge et Noir, Scholae 2017. 

Les chroniques bioéthiques (Fondation Lejeune) : PMA / Anonymat des donneurs de sperme

Voir la vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=Zv3PEH-kHgY&feature=youtu.be

« Derrière le don de sperme, il y a quelqu’un, le donneur ! »

Il s’appelle Arthur Kermalvezen. Il a 34 ans. Son père était stérile, il est donc né grâce à un don de sperme par Insémination avec donneur, une technique de Procréation médicalement assistée. Arthur Kermalvezen, qui a su très tôt la façon dont il avait été conçu, se demandait qui était l’homme à qui il devait la vie, l’homme qui lui a donné la moitié de son ADN, c’est-à-dire celui à qui il doit la moitié de ce qu’il est. Une question grave qui l’a hanté. Parce que derrière le sperme, il n’y a pas rien : il y a un corps humain, il y a quelqu’un. Alors il s’est fâché, il a saisi la justice, les médias, il a sensibilisé les politiques, il a écrit un livre, mais rien à faire. Les CECOS, les Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humain, qui détiennent la clé de ses origines, sont restés muets. Il s’est marié avec une jeune femme née comme lui d’un don de sperme, conscient des risques de consanguinité qui planaient sur leur couple.

Bien que la démarche soit illégale en France, en septembre, pour 99 dollars, il commande sur Internet un test génétique à l’entreprise 23andMe. Il envoie aux Etats-Unis un échantillon de sa salive et reçoit en retour des informations qui lui permettent de remonter « la filière » de sa généalogie et de retrouver Gérard, son père biologique. Il lui écrit et le jour de Noël, reçoit un appel de cet homme. Arthur apprend alors l’histoire de son donneur et celle de ses origines : où, quand et pourquoi Gérard a choisi de léguer ses gamètes. Il découvre que Gérard a deux enfants, des demi-frères et peut-être d’autres encore avec qui ils ont une moitié de patrimoine génétique en commun. Enfin son géniteur le met en garde : il est potentiellement porteur d’une anomalie génétique grave, transmissible à ses enfants.

Depuis le début des années 70, avec la mise en place des fameux CECOS, 70 000 enfants seraient nés comme Arthur, mais seulement 8,6% d’entre eux le savent.

Au-delà du débat entre le maintien ou la levée de l’anonymat qui, de facto, risque de devenir rapidement obsolète, la question plus profonde touche la discontinuité voulue de la filiation. Connaître son géniteur ne résout pas tout. Dans son avis 90, le Comité Consultatif National d’Ethique écrivait que « la dissociation volontaire des dimensions biologiques et sociales de la filiation ne doit pas masquer que l’enfant, lui, hérite de fait de ces deux dimensions et de toute l’histoire qui a abouti à sa conception dans une unique filiation ». Qu’on le veuille ou non, le sperme n’est pas seulement de la matière biologique, il transmet une hérédité, un génome, et concrètement des traits physiques, une ressemblance, une taille, un poids, des maladies, des goûts, un caractère… Aussi, chaque dissociation introduit une discontinuité préjudiciable dans la vie de l’enfant. Ce qui peut arriver accidentellement est, dans le cas d’une PMA avec donneur, institué dans le droit. Fallait-il aller jusque-là ?

Aujourd’hui on parle beaucoup de « PMA pour toutes ». Sans multiplier les obstacles du parcours, dans les conditions actuelles, la PMA est source de situations complexes dont les implications sont mal connues et dramatiquement insolubles. Est-il vraiment nécessaire de multiplier ces situations limites ? Même sous le prétexte d’un désir fort d’enfant ?

source : 28 mars 2018