Les chroniques bioéthiques (Fondation Lejeune) : PMA / Anonymat des donneurs de sperme

Voir la vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=Zv3PEH-kHgY&feature=youtu.be

« Derrière le don de sperme, il y a quelqu’un, le donneur ! »

Il s’appelle Arthur Kermalvezen. Il a 34 ans. Son père était stérile, il est donc né grâce à un don de sperme par Insémination avec donneur, une technique de Procréation médicalement assistée. Arthur Kermalvezen, qui a su très tôt la façon dont il avait été conçu, se demandait qui était l’homme à qui il devait la vie, l’homme qui lui a donné la moitié de son ADN, c’est-à-dire celui à qui il doit la moitié de ce qu’il est. Une question grave qui l’a hanté. Parce que derrière le sperme, il n’y a pas rien : il y a un corps humain, il y a quelqu’un. Alors il s’est fâché, il a saisi la justice, les médias, il a sensibilisé les politiques, il a écrit un livre, mais rien à faire. Les CECOS, les Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humain, qui détiennent la clé de ses origines, sont restés muets. Il s’est marié avec une jeune femme née comme lui d’un don de sperme, conscient des risques de consanguinité qui planaient sur leur couple.

Bien que la démarche soit illégale en France, en septembre, pour 99 dollars, il commande sur Internet un test génétique à l’entreprise 23andMe. Il envoie aux Etats-Unis un échantillon de sa salive et reçoit en retour des informations qui lui permettent de remonter « la filière » de sa généalogie et de retrouver Gérard, son père biologique. Il lui écrit et le jour de Noël, reçoit un appel de cet homme. Arthur apprend alors l’histoire de son donneur et celle de ses origines : où, quand et pourquoi Gérard a choisi de léguer ses gamètes. Il découvre que Gérard a deux enfants, des demi-frères et peut-être d’autres encore avec qui ils ont une moitié de patrimoine génétique en commun. Enfin son géniteur le met en garde : il est potentiellement porteur d’une anomalie génétique grave, transmissible à ses enfants.

Depuis le début des années 70, avec la mise en place des fameux CECOS, 70 000 enfants seraient nés comme Arthur, mais seulement 8,6% d’entre eux le savent.

Au-delà du débat entre le maintien ou la levée de l’anonymat qui, de facto, risque de devenir rapidement obsolète, la question plus profonde touche la discontinuité voulue de la filiation. Connaître son géniteur ne résout pas tout. Dans son avis 90, le Comité Consultatif National d’Ethique écrivait que « la dissociation volontaire des dimensions biologiques et sociales de la filiation ne doit pas masquer que l’enfant, lui, hérite de fait de ces deux dimensions et de toute l’histoire qui a abouti à sa conception dans une unique filiation ». Qu’on le veuille ou non, le sperme n’est pas seulement de la matière biologique, il transmet une hérédité, un génome, et concrètement des traits physiques, une ressemblance, une taille, un poids, des maladies, des goûts, un caractère… Aussi, chaque dissociation introduit une discontinuité préjudiciable dans la vie de l’enfant. Ce qui peut arriver accidentellement est, dans le cas d’une PMA avec donneur, institué dans le droit. Fallait-il aller jusque-là ?

Aujourd’hui on parle beaucoup de « PMA pour toutes ». Sans multiplier les obstacles du parcours, dans les conditions actuelles, la PMA est source de situations complexes dont les implications sont mal connues et dramatiquement insolubles. Est-il vraiment nécessaire de multiplier ces situations limites ? Même sous le prétexte d’un désir fort d’enfant ?

source : 28 mars 2018

 

PMA Quelques éléments de discernement / GPA Conséquences pour les enfants

http://fr.calameo.com/read/005467280c02fccaa70d6

Vous trouverez ci-après (sous format livre numérique) un livret réalisé par Aude Mirkovic pour vous aider à discerner les enjeux de la PMA et de la GPA et les conséquences pour les enfants. Nous l’avons imprimé, il est disponible gratuitement. Il vous suffit de le commander à l’adresse ci-dessous en précisant le nombre d’exemplaire souhaité.

N’hésitez pas à le diffuser !

Nous restons à votre disposition

Bien à vous

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Patrick RECIPON
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18 02 Livret_PMA_GPA

Communiqué de presse des AFC : « Extension de la PMA où est le débat apaisé ? »

Extension de la PMA : où est le débat apaisé ?

 

Marlène Schiappa, Secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, annonce ce matin qu’un projet de loi ouvrant la PMA aux femmes célibataires et aux couples de femmes sera déposé en 2018 dans le cadre de la révision des lois de bioéthique.

 

La PMA est aujourd’hui seulement autorisée en cas d’infertilité médicale d’un couple. Les AFC estiment dangereux de modifier cet équilibre pour répondre aux pressions voulant imposer un «droit à l’enfant». Des techniques médicales destinées à soigner des pathologies se trouveraient ainsi utilisées pour créer artificiellement une fertilité de convenance.

 

Ouvrir la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, c’est  délibérément priver de père un enfant, alors même que de plus en plus de professionnels de l’enfance (pédopsychiatres, services d’adoption…) soulignent l’importance de la place du père et de l’accès aux origines dans la construction de l’enfant.

 

Les AFC attendent du Président de la République et du Gouvernement qu’ils ne rouvrent pas inutilement des débats de société, à plus forte raison si les conditions d’une concertation apaisée ne sont pas réunies.

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Campagne de sensibilisation PMA-GPA :

Face aux avancées des partisans de l’extension de la PMA et de son corollaire, la GPA, les AFC soutiennent le site PMA-GPA.

On y trouve des informations, des arguments, des visuels destinés à l’affichage,… De nombreux outils pour sensibiliser l’opinion publique aux enjeux majeurs sur ce sujet grave.

 

Extension de la PMA : le comité d’Ethique Partagé – Position des AFC

Le Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE) a rendu aujourd’hui un avis consultatif majoritairement favorable à l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) aux femmes seules et aux couples de femmes. Cet avis attendu depuis 2013 et toujours reporté jusqu’ici, compte tenu de la gravité des enjeux, n’a pas fait l’unanimité au sein même du Comité d’Éthique. Plusieurs sages ont émis une opinion divergente. En 2011, le Législateur avait considéré la PMA comme une réponse possible à l’infertilité médicale, par définition non choisie et non voulue.

Les AFC estiment dangereux de modifier cet équilibre, pour répondre aux pressions de lobbies qui militent pour un « droit à l’enfant ». Des techniques médicales destinées à soigner des pathologies se trouveraient ainsi utilisées pour créer artificiellement une fertilité de convenance.

Les AFC ne peuvent pas non plus admettre les conséquences d’une éventuelle généralisation de la PMA. Celle-ci déboucherait inévitablement sur l’autorisation de la GPA, négation de la dignité de la femme, de la maternité et du droit des enfants à connaître leur père et leur mère. Ouvrir la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, c’est  délibérément priver de père un enfant, alors même que de plus en plus de professionnels de l’enfance (pédopsychiatres, services d’adoption…) soulignent l’importance de la place du père et de l’accès aux origines dans la construction de l’enfant. Les AFC attendent du Président de la République qu’il ne rouvre pas des débats de société qui ont contribué à la division du pays, à l’heure où toutes les énergies doivent être mobilisées vers la réconciliation, l’amélioration du sort des plus défavorisés et le bien commun.

GPA – PMA : interview

INTERVIEW – Signataire de l’appel à François Hollande, Myriam Szejer, pédopsychiatre et psychanalyste, est coauteur, avec la pédiatre Catherine Dolto, de L’Aventure de la naissance avec la PMA, à paraître fin août aux Éditions Gallimard

 

LE FIGARO. – Pourquoi êtes-vous contre la GPA?

Myriam SZEJER. – Le drame de l’infertilité n’est pas une raison suffisante pour fabriquer de toutes pièces des enfants qui auront à subir tous les problèmes liés à l’abandon à la naissance. Quel droit en tant que médecins avons-nous de provoquer cela? Ce que reconnaît un enfant à la naissance, ce ne sont pas ses gamètes, c’est sa mère. C’est elle qui va lui donner un sentiment de sécurité, sa confiance en lui. À partir du moment où il n’est plus avec sa mère, c’est sûr qu’il va se débrouiller avec ce qu’on lui propose… Mais on ne peut nier que ça laisse des cicatrices, une amputation aussi bien du côté de la mère que Continuer la lecture