Dossier AFC : Eduquer à la fertilité

Vers une prise de conscience d’un enjeu national ? La France est en tête des pays de l’Union Européenne avec ses 758 000 naissances par an mais garde un taux de fécondité en-dessous du seuil de renouvellement des générations. L’État devrait mettre en place prochainement un plan de lutte contre les causes de l’infertilité. Mais ne devrait-on pas plutôt parler, d’une manière plus positive, d’action en faveur de la fertilité ? La CNAFC agit depuis de nombreuses années auprès des adultes et des jeunes pour les inciter à adopter un nouveau regard.

Retrouver la joie d’accueillir un enfant

Le projet de loi de bioéthique rencontre de nombreuses résistances. Dans le même temps, paradoxalement, beaucoup d’initiatives nationales ou associatives voient le jour pour mettre en avant la fertilité dans…

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Parcours TeenSTAR Apprendre à s’ouvrir à la vie

Lors d’une après-midi festive, la fédération des AFC de l’Ariège a proposé une conférence tenue par des animateurs du parcours Teenstar. Il en existe plus d’une centaine qui propose aux adolescents une éducation…

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Éduquer à la fertilité – Concrètement

Les AFC vous apportent quelques réflexions pour éduquer à la fertilité à travers des textes du pape François, des conseils de livre ou de formation et la chronique du P. philippe Verdin o.p.

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Retards de langage chez les enfants : trop d’écrans ?

C’est une étude de Santé publique France qui vient, une fois encore, démontrer la nocivité des écrans pour les plus jeunes de nos enfants. Précisément : les enfants qui ont le nez sur la télé, le smartphone, la tablette ou l’ordinateur avant de dire bonjour à papa et maman ont six fois plus de risques que les autres de présenter des troubles du langage.

L’étude a porté sur 276 enfants âgés de 3 à 6 ans en Ille-et-Vilaine, un département aux marches de Bretagne, préfecture Rennes.

Les résultats publiés par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire montrent que, sur ce panel, 167 enfants ont été diagnostiqués avec des troubles primaires du langage (dysphasie, bégaiement, manque de vocabulaire… non liés à une maladie ou une surdité) et 109 ne présentent aucun retard.

Sur la foi du témoignage des parents, « au cours d’une semaine scolaire classique, 44,3 % des cas [enfants diagnostiqués] et 22 % des témoins [enfants non diagnostiqués] étaient exposés aux écrans le matin avant l’école. Dans les deux groupes, ils étaient seuls face à l’écran 40 % du temps. »

Conclusion de Manon Collet, médecin généraliste et coauteur du dossier, pour 20 Minutes Santé : « Cette étude de cas-témoins montre qu’un enfant qui est exposé aux écrans le matin serait trois fois plus à risque de développer des troubles du langage. Et pour celui qui, en plus, ne parlerait pas avec ses parents après avoir consommé des écrans, le risque serait six fois supérieur. »

Ça vous étonne ? Pas moi.

Il faut dire qu’à observer les recommandations récentes de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), on demeure perplexe, voire inquiet, sur ce qu’elles signifient. En effet, que l’OMS en soit réduite – au nom de la santé, donc – à recommander aux parents de « bannir les écrans pour les enfants de moins de 2 ans et de limiter à une heure par jour leur usage entre 2 et 5 ans » en dit assez long sur la façon dont beaucoup éduquent leur progéniture.

Encore que le mot « élèvent » serait, en l’occurrence, plus juste car, on le devine, le problème est moins l’abondance des écrans que le manque des parents !

Les écrans sont des nounous commodes et finalement peu chères, mais aux conséquences délétères sur le cerveau des gamins : « L’exposition le matin va épuiser la concentration de l’enfant, moins apte aux acquisitions […] Il va répondre de façon réflexe à ce stimulus très important, qui n’a rien à voir avec l’attention volontaire face à un instituteur. L’adulte est capable de contrôler ce réflexe, pas le tout-petit, il est absorbé, en hypervigilance, excité », dit Manon Collet.

Résultat : des gamins qui arrivent en classe surexcités et ayant déjà épuisé toutes leurs capacités de concentration !

Enfin, et c’est sans doute le plus grave dans l’affaire, ces enfants sont seuls devant les écrans. Grégoire Borst, professeur de psychologie du développement à l’université Paris-Descartes, souligne lui aussi ce qui apparaît comme une évidence : « Peut-être que le problème n’est pas l’écran, mais le manque d’interaction avec les parents. » On en revient toujours à cela, constaté à longueur de temps : loin de créer du lien, les écrans isolent le plus souvent. On refuse de le dire, pourtant ils sont plus que jamais un élément majeur dans la construction de cette « fracture sociale » qu’on nous sert à toutes les sauces. Alors, on pourra bien dédoubler les classes, puis dédoubler les dédoublements, jamais on ne rattrapera l’écart qui se creuse dès le berceau entre l’enfant à qui l’on parle, celui qui écoute les histoires lues à l’heure du coucher, qui feuillette un livre assis sur les genoux de ses parents, apprend les mots de leur bouche en les collant sur des images, dit et répète, questionne… Celui qui, surtout, a des réponses à ses questions quand d’autres n’ont pour interlocuteur qu’un parent lui-même vissé à son smartphoneet qui l’éloigne d’un geste d’impatience quand, pauvre de lui, il ose se mettre en travers du paradis virtuel en quémandant un peu d’attention.

Marie Delarue

Ecrivain, musicienne, plasticienne

Les ados et la foi…

Ce dimanche, notre cher ado ne veut pas nous suivre à la messe : » Y’a qu’des vieux… c’est nul !  » : il préfère une autre messe ; et bien, soit, vas-y fiston, on te laisse libre du lieu, l’essentiel c’est d’y aller !

Mais comment faire avec nos ados pour qu’ils aient envie d’y aller personnellement, librement ?

Jean-Paul II s’adressait déjà à eux en 2002 : « Jeunes du nouveau millénaire, faites bon usage de votre liberté ! Soumettez-vous uniquement au Christ, qui désire que vous soyez pleinement heureux et accomplis ! » L’enjeu, c’est donc que nos jeunes soient heureux ! Pour cela, aidons-les à découvrir que la foi c’est une Rencontre avec quelqu’un qui les aime d’un amour fou et que ce quelqu’un c’est Jésus ! Il s’agit donc de les nourrir de cette Rencontre.

C’est possible, dès l’âge du biberon. La nourriture terrestre oui, la nourriture spirituelle : aussi ! Tout simplement grâce à la prière en famille, où chacun parle à Dieu comme à un ami.

Ensuite, à l’âge du primaire et collège, cherchons des occasions de vivre des temps forts spirituels en dehors de la maison : retraites, école de prières…chaque été, 200 jeunes s’inscrivent à la retraite pour ados au foyer de charité de Tressaint, et beaucoup sur liste d’attente doivent trouver un autre bon plan comme les camps VTT d’où ils reviennent si heureux ! Ainsi, nos enfants prennent l’habitude une semaine par an de ces temps forts, cela devient un incontournable de leurs vacances, et en plus c’est sympa !

Le jeune garde donc l’habitude à l’âge du lycée, de vivre ces moments d’intériorité, où sa foi d’enfant devient progressivement une foi d’adulte, découvrant cette relation d’amitié avec Dieu, en dehors de la famille, sans nous. En prime, il vit de belles amitiés qui guérissent son sentiment de solitude ou son mal être. Et il ne rechigne plus à aller à la messe !

Les fondations se font plus sûrement durant la petite enfance et enfance, mais bien sûr, l’ado peut aussi être interpellé plus tard par des amis, à une retraite de jeunes. Que d’exemples autour de nous de lumineuses découvertes de la foi parce qu’un copain a simplement proposé de l’accompagner à Paray Le Monial ou à Taizé. Par ailleurs, les jeunes sont heureux le dimanche d’avoir un rôle qui leur est confié au cours de la messe, selon leur âge : servant d’autel, servante de la liturgie, orchestre, et si ces services n’existent pas, pourquoi ne pas le mettre en place avec d’autres parents et s’engager dans ce service ?

Transmettre la foi, c’est aussi se mettre au service. Place aux jeunes ados aussi pour les lectures et l’animation des chants : un dimanche, une collégienne de 5e a animé les chants de notre grande assemblée, et les mamies ont adoré ! Ainsi le travail persévérant au conservatoire porte de beaux fruits ! Faisons leur confiance, cela les aidera en plus à faire grandir leur estime de soi.

Tant de bonnes idées fourmillent : par exemple, la lecture de l’évangile avec eux pendant le petit déjeuner. Cela peut être l’occasion d’une belle communication entre ados et parents, et de beaux échanges. On peut aussi laisser trainer volontairement sur la table le Magnificat à la bonne page : vous aurez peut-être la surprise de voir qu’ils le liront ! Ou encore visionner ensemble un film sur l’histoire sainte, instaurer la bénédiction de la table, celle des enfants…

Profitons des vacances pour être inventifs et innovants !

Claire, département de Seine-Maritime (76)

Les papas pousse-pousse

Deux mamans discutent :

– Dans ta famille aussi, c’est le père qui fait la conduite à l’école du matin ?

– Oui, et je m’en réjouis tous les jours – enfin presque – car il faut reconnaître les exceptions : les réunions qui démarrent trop tôt, les chantiers qui imposent des trajets différents, les déplacements en région, etc. Mais ça valorise tous les possibles de nos vies.

– Oh, on sait très bien ! Il y a beaucoup de souris dans le métro ! Mon fils m’a rapporté l’anecdote suivante : « Sur un quai bondé du métro s’engouffraient des tonnes de travailleurs stressés tels des harengs essorés, lorsqu’a débarqué un jeune quadra à grandes foulées suivi de 4 petits canetons en cirés jaunes coiffés de cartables géants. Il criait joyeusement à sa couvée : « poussez, poussez, poussez ! » tel un bon rugbyman. Et le tout s’est retrouvé collé à la barre comme les moules à leur rocher savourant ardemment la fierté d’avoir réussi l’exploit quotidien : rester en banc et entrer ensemble dans la même rame ! »

– N’empêche, j’aimerais être une petite souris pour voir comment ils s’en tirent ! Ils ne font pas comme nous !

– Transformer les contraintes quotidiennes en jeu, c’est un sacré challenge ! Les hommes ne sont pas dépourvus de cet humour et cette créativité ! Mais personne ne reste à quai ?

– Non, pas que je sache. C’est un autre talent masculin : une confiance absolue dans les capacités des enfants à se débrouiller !

– Mais les plus petits ?

– Le petit dernier, caché sous son cartable et à moitié broyé par la foule ? Il s’est exclamé tout rempli de joie, « c’est comme un câlin géant ! »

– Belle leçon d’amour viril pour notre humanité compressée !

Béatrice, département du Vaucluse (84)

source site web CNAFC 12/11/19

L’autorité bienveillante

L’autorité peut-elle associer fermeté et bienveillance ?

Deux remarques préalables : quelle est la véritable volonté des parents ? Se sentir compétent. Quelle est la véritable peur des parents ? Se sentir incompétent.

Autrefois, le père imposait le silence : on ne discutait pas un père ni avec un père. Son autorité s’exerçait par la domination physique et morale. Nous sommes aujourd’hui dans l’exact inverse : tout se discute à l’infini, ce qui exige de la part des couples des négociations permanentes, pour l’exercice de l’autorité, comme pour les tâches domestiques : qui décide quoi ? Nous pourrions aller plus loin en nous posant la question : Comment se prennent les décisions au sein de notre couple et au sein de nos familles ?

Etymologiquement, le mot autorité signifie « faire croître, accroître, augmenter ». Il souligne une croissance et une finalité. L’autorité ne consiste donc pas simplement à interdire car dans le mot autorité, il y a d’abord le concept de l’autorisation : c’est parce que nous autorisons un enfant à aller découvrir le monde, que nous pouvons aussi lui fixer des interdits.

Quand nous comprenons que de l’autorité dépend la croissance et l’harmonie de la personne humaine, c’est donc d’elle que dépend aussi la stabilité de la famille. De ce fait, l’autorité parentale devient alors l’expression de l’amour qui peut protéger, guider, nourrir et corriger.

De là, découle naturellement la qualité première de celui qui exerce l’autorité qui est celle d’aimer ceux qui lui sont confiés, non pour leur imposer une vision des choses, mais pour être au service de leur croissance et de leur maturité. Inversement, une absence de limites imposées à l’enfant est assimilable à de mauvais traitements.

Dans ce domaine, les éducateurs ont donc toujours à marcher sur une ligne de crête très étroite entre le laisser faire et l’interventionnisme. Mais n’est-ce pas là un bel enjeu d’auto-éducation ?

source site CNAFC mars 2019