La lettre n°1 des Chantiers-Education spéciale confinement

Voici quelques idées :

Notre organisation familiale :

– Commençons peut-être par abaisser notre niveau d’exigence pour favoriser l’adaptation de chacun à ce nouvel environnement si inattendu

– On peut être tenté de ne plus se mettre de contrainte horaire, ne pas obliger les enfants à s’habiller.  Pour autant, ce ne sont pas les vacances et il est préférable de garder un rythme, éventuellement moins exigent (pas de perte de temps dans les transports, on peut donc se lever un peu plus tard).

– On peut imposer un temps calme chaque jour, mettre en place de nouvelles routines permettant de tenir dans la durée

– Prendre l’air chaque jour, dans la mesure du possible, surtout tant que la météo est si clémente, tout en respectant les contraintes imposées bien sûr

– Ménageons-nous un moment tranquille, surtout lorsque nous avons de jeunes enfants à charge ; pour cela, on peut se lever un peu avant eux

– Lorsque cela est possible, exprimons nos craintes à notre conjoint, afin qu’il / elle ait conscience de nos inquiétudes face à cette situation.

L’école à la maison :

– on peut réorganiser le salon (qui ne sert actuellement plus à recevoir famille et amis) : prenons le temps et le plaisir d’aller fouiller dans nos placards avec nos enfants pour sortir quelques jeux de société, pas tous en même temps, et changer les jeux mis à disposition qq jours plus tard…. 

– voir avec les plus grands ce qui leur convient le mieux comme espace de travail : leur chambre ? une table dans la pièce principale ? 

– Réajuster les règles avec les téléphones portables….tâtonner, corriger inlassablement : les devoirs arrivent sur les messageries ; de nombreuses conversations de classe se créent, les interros et devoirs se partagent…. Bref, il convient d’inventer pour ne pas les laisser se faire aspirer par l’outil.

– Pourquoi ne pas tenir un journal et demander aux enfants d’y noter : leur horaire de lever / coucher / travail fait chaque jour, service rendu, nouveau mot appris….

– n’oublions pas les activités créatives : dessin, peinture, instruments de musique, perles, bricolage, construction, jeux de société, de cartes, cuisine…

– Pourquoi ne pas sortir du cadre habituel en proposant, selon l’âge évidemment :          – pour les plus jeunes : choisir un apprentissage / histoires à leur lire        

– pour les plus grands :  une matière plus approfondie chaque jour / projet Voltaire / documentaires intéressants (vive les podcasts) / séries tv en langues étrangères / pourquoi ne pas en profiter pour leur proposer d’apprendre les capitales des pays ? Une fable de la Fontaine ? un temps de lecture…

Echange de recettes familiales rapides et faciles : Et oui, les repas reviennent vite….alors partageons nos secrets de grand-mères !
Crumble de poulet (recette pour env 6 pers – peut se faire la veille) : 2 boites de ratatouille / 4 filets de poulet / 100g farine / 50g chapelure / 100g parmesan / 100g beurre / bouillon de volaille

Couper les filets de poulet en dés. Les faire revenir à la poêle dans un peu de matière grasse puis ajouter le bouillon de légume et cuire ainsi jusqu’à absorption du bouillon.Préparer la pâte à crumble : malaxer farine, chapelure, beurre et parmesan râpé pour en faire une pâte grumeleuse.Préchauffer le four à 200°Dans un plat à gratin, étaler 1 boite de ratatouille. Couvrir avec les dés de poulet. Recouvrir avec la 2e boite de ratatouille. Couvrir de pâte à crumble.Mettre au four 15min environ, le dessus doit être doré.

Prenons soin les uns des autres :

– Proposons régulièrement à un enfant de prendre des nouvelles d’un proche isolé en lui téléphonant, en lui écrivant, ou en lui envoyant un dessin….

– Voir, quand cela nous est possible bien sûr, si nous pouvons faire les courses d’un voisin âgé, lui imprimer l’attestation de sortie….

– Remercions nos enfants pour les efforts et le bon coeur qu’ils mettent à nous rendre service quand ils le font

Grandissons spirituellement avec les contraintes imposées par le confinement : De nombreuses initiatives voient le jour grâce à internet (cela nous permettra au passage  de voir cet outil sous un autre jour !)

– Messes télévisées

– Ecoutons notre Pape « Nous devons redécouvrir l’importance des petits gestes, des petites attentions à avoir envers nos proches, notre famille, nos amis  » 

– nombreux blogs mis à jour régulièremement : padreblog à 17h chaque jour / Eglise Lyon Centre (louange et temps d’enseignement le mercredi à 19h30) / chaine youtube du Père René Luc et tant d’autres belles initiatives pour tous les âges, toutes les sensibilités. 

– Prions, confions les malades, les familles endeuillées, les personnes seules, les personnes fragiles, le personnel hospitalier si dévoué

– Partageons nos intentions de prière lorsque nous le souhaitons, afin de les porter à plusieurs
– Nous vous proposons également de nous partager vos difficultés et vos joies sur notre adresse mail ; n’hésitez pas, si vous en ressentez le besoin, à demander de l’aide. Nous veillerons à y répondre au mieux. Sachez que les AFC ont mis en place un service d’aide aux familles qui le demandent.
Nous espérons que la situation s’améliorera rapidement et qu’elle sera pour chacun de nous l’occasion de grandir humainement et spirituellement. Que chaque famille soit assurée de notre dévouement et de nos prières en ces temps difficiles.

Valérie Devin

Blandine Nottet

Référentes Chantiers-éducation du Rhône

chantier.education69@gmail.com

Education et confinement…gérer notre quotidien

Cette période est curieuse. Nous sommes à la maison, avec nos enfants, comme pendant les vacances et pourtant nous ne sommes pas en vacances. Le travail et les devoirs scolaires s’imposent chez nous. Il est donc important d’insuffler un rythme à tous petits et grands et vivre avec une bonne et saine  hygiène de vie.

Le sommeil est primordial. Les écrans n’ont pas à s’immiscer dans la chambre de nos enfants au-delà d’une certaine heure, ni d’ailleurs peut être dans la nôtre.

Un emploi du temps peut être fixé en collaboration avec les enfants pour que chacun effectue les mêmes tâches au même moment alternant, par exemple, prière, travail et détente (travaux manuels et exercices physiques mais aussi temps calme avec lecture ou sieste).

Nous pouvons veiller à prendre soin les uns des autres notamment au moment des repas et des échanges entre nous. Enfin les tâches ménagères pourront être effectuées à un moment précis dans la journée en demandant la contribution de chacun, même des plus jeunes.

Et surtout, la charité est première en tout. Notre devoir de parents est bien d’offrir un foyer calme et joyeux pour rester unis.

Marie Legrand, référente des Chantiers-Education

Article éducation : « Mission supermarché ! »

Près du rayon des jeux, j’entends un petit bonhomme de 7 ou 8 ans déclarer : « Maman, j’veux ça ! » « Ce n’est pas possible. Certes, tu as fait tout ton travail mais tout n’est pas juste, je pense que tu ne mérites pas de récompense. » Tout doit-il être parfait pour mériter une récompense ? Car si l’enfant a mis toute son énergie et son attention dans un exercice sans le réussir à 100 pour 100, que juger ? la performance ou l’effort de l’enfant ?

Après réflexion, je vous partage les questions suivantes :

– Quand récompenser son enfant ?

– Quand tout est parfait ou encourager ses efforts ?

– Quelles étaient les règles annoncées au départ ?

– Quel est son moteur pour agir ?

– Même s’il cherche ou attend toujours une récompense matérielle, comment les encouragements, le regard positif de ses proches lui donnent confiance en lui ?

Cher enfant, puisses-tu gérer les sentiments, les frustrations, qui t’animent et grandir grâce aux « non » de tes parents dont tu ne comprendras le sens que plus tard.

Chère Maman, quelle que soit la méthode choisie, cherchez la cohérence et la justesse. Respectez la règle fixée, même s’il est dur de résister à cet enfant qui réclame bien fort et profite peut-être d’être en public pour vous tester…

Cher badaud, témoin de la scène, ne jugez pas trop vite ! Vous ne connaissez pas leur histoire, et êtes bien content aujourd’hui de ne pas être sur la scène avec vos têtes blondes, à vous dépatouiller du rayon jeux… (en fait, il ne faudrait jamais y passer avec des enfants, si on ne veut pas de problème !)

Laurence – département du Rhône (69)

Dossier AFC : Eduquer à la fertilité

Vers une prise de conscience d’un enjeu national ? La France est en tête des pays de l’Union Européenne avec ses 758 000 naissances par an mais garde un taux de fécondité en-dessous du seuil de renouvellement des générations. L’État devrait mettre en place prochainement un plan de lutte contre les causes de l’infertilité. Mais ne devrait-on pas plutôt parler, d’une manière plus positive, d’action en faveur de la fertilité ? La CNAFC agit depuis de nombreuses années auprès des adultes et des jeunes pour les inciter à adopter un nouveau regard.

Retrouver la joie d’accueillir un enfant

Le projet de loi de bioéthique rencontre de nombreuses résistances. Dans le même temps, paradoxalement, beaucoup d’initiatives nationales ou associatives voient le jour pour mettre en avant la fertilité dans…

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Parcours TeenSTAR Apprendre à s’ouvrir à la vie

Lors d’une après-midi festive, la fédération des AFC de l’Ariège a proposé une conférence tenue par des animateurs du parcours Teenstar. Il en existe plus d’une centaine qui propose aux adolescents une éducation…

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Éduquer à la fertilité – Concrètement

Les AFC vous apportent quelques réflexions pour éduquer à la fertilité à travers des textes du pape François, des conseils de livre ou de formation et la chronique du P. philippe Verdin o.p.

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Retards de langage chez les enfants : trop d’écrans ?

C’est une étude de Santé publique France qui vient, une fois encore, démontrer la nocivité des écrans pour les plus jeunes de nos enfants. Précisément : les enfants qui ont le nez sur la télé, le smartphone, la tablette ou l’ordinateur avant de dire bonjour à papa et maman ont six fois plus de risques que les autres de présenter des troubles du langage.

L’étude a porté sur 276 enfants âgés de 3 à 6 ans en Ille-et-Vilaine, un département aux marches de Bretagne, préfecture Rennes.

Les résultats publiés par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire montrent que, sur ce panel, 167 enfants ont été diagnostiqués avec des troubles primaires du langage (dysphasie, bégaiement, manque de vocabulaire… non liés à une maladie ou une surdité) et 109 ne présentent aucun retard.

Sur la foi du témoignage des parents, « au cours d’une semaine scolaire classique, 44,3 % des cas [enfants diagnostiqués] et 22 % des témoins [enfants non diagnostiqués] étaient exposés aux écrans le matin avant l’école. Dans les deux groupes, ils étaient seuls face à l’écran 40 % du temps. »

Conclusion de Manon Collet, médecin généraliste et coauteur du dossier, pour 20 Minutes Santé : « Cette étude de cas-témoins montre qu’un enfant qui est exposé aux écrans le matin serait trois fois plus à risque de développer des troubles du langage. Et pour celui qui, en plus, ne parlerait pas avec ses parents après avoir consommé des écrans, le risque serait six fois supérieur. »

Ça vous étonne ? Pas moi.

Il faut dire qu’à observer les recommandations récentes de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), on demeure perplexe, voire inquiet, sur ce qu’elles signifient. En effet, que l’OMS en soit réduite – au nom de la santé, donc – à recommander aux parents de « bannir les écrans pour les enfants de moins de 2 ans et de limiter à une heure par jour leur usage entre 2 et 5 ans » en dit assez long sur la façon dont beaucoup éduquent leur progéniture.

Encore que le mot « élèvent » serait, en l’occurrence, plus juste car, on le devine, le problème est moins l’abondance des écrans que le manque des parents !

Les écrans sont des nounous commodes et finalement peu chères, mais aux conséquences délétères sur le cerveau des gamins : « L’exposition le matin va épuiser la concentration de l’enfant, moins apte aux acquisitions […] Il va répondre de façon réflexe à ce stimulus très important, qui n’a rien à voir avec l’attention volontaire face à un instituteur. L’adulte est capable de contrôler ce réflexe, pas le tout-petit, il est absorbé, en hypervigilance, excité », dit Manon Collet.

Résultat : des gamins qui arrivent en classe surexcités et ayant déjà épuisé toutes leurs capacités de concentration !

Enfin, et c’est sans doute le plus grave dans l’affaire, ces enfants sont seuls devant les écrans. Grégoire Borst, professeur de psychologie du développement à l’université Paris-Descartes, souligne lui aussi ce qui apparaît comme une évidence : « Peut-être que le problème n’est pas l’écran, mais le manque d’interaction avec les parents. » On en revient toujours à cela, constaté à longueur de temps : loin de créer du lien, les écrans isolent le plus souvent. On refuse de le dire, pourtant ils sont plus que jamais un élément majeur dans la construction de cette « fracture sociale » qu’on nous sert à toutes les sauces. Alors, on pourra bien dédoubler les classes, puis dédoubler les dédoublements, jamais on ne rattrapera l’écart qui se creuse dès le berceau entre l’enfant à qui l’on parle, celui qui écoute les histoires lues à l’heure du coucher, qui feuillette un livre assis sur les genoux de ses parents, apprend les mots de leur bouche en les collant sur des images, dit et répète, questionne… Celui qui, surtout, a des réponses à ses questions quand d’autres n’ont pour interlocuteur qu’un parent lui-même vissé à son smartphoneet qui l’éloigne d’un geste d’impatience quand, pauvre de lui, il ose se mettre en travers du paradis virtuel en quémandant un peu d’attention.

Marie Delarue

Ecrivain, musicienne, plasticienne