Les ados et la foi…

Ce dimanche, notre cher ado ne veut pas nous suivre à la messe : » Y’a qu’des vieux… c’est nul !  » : il préfère une autre messe ; et bien, soit, vas-y fiston, on te laisse libre du lieu, l’essentiel c’est d’y aller !

Mais comment faire avec nos ados pour qu’ils aient envie d’y aller personnellement, librement ?

Jean-Paul II s’adressait déjà à eux en 2002 : « Jeunes du nouveau millénaire, faites bon usage de votre liberté ! Soumettez-vous uniquement au Christ, qui désire que vous soyez pleinement heureux et accomplis ! » L’enjeu, c’est donc que nos jeunes soient heureux ! Pour cela, aidons-les à découvrir que la foi c’est une Rencontre avec quelqu’un qui les aime d’un amour fou et que ce quelqu’un c’est Jésus ! Il s’agit donc de les nourrir de cette Rencontre.

C’est possible, dès l’âge du biberon. La nourriture terrestre oui, la nourriture spirituelle : aussi ! Tout simplement grâce à la prière en famille, où chacun parle à Dieu comme à un ami.

Ensuite, à l’âge du primaire et collège, cherchons des occasions de vivre des temps forts spirituels en dehors de la maison : retraites, école de prières…chaque été, 200 jeunes s’inscrivent à la retraite pour ados au foyer de charité de Tressaint, et beaucoup sur liste d’attente doivent trouver un autre bon plan comme les camps VTT d’où ils reviennent si heureux ! Ainsi, nos enfants prennent l’habitude une semaine par an de ces temps forts, cela devient un incontournable de leurs vacances, et en plus c’est sympa !

Le jeune garde donc l’habitude à l’âge du lycée, de vivre ces moments d’intériorité, où sa foi d’enfant devient progressivement une foi d’adulte, découvrant cette relation d’amitié avec Dieu, en dehors de la famille, sans nous. En prime, il vit de belles amitiés qui guérissent son sentiment de solitude ou son mal être. Et il ne rechigne plus à aller à la messe !

Les fondations se font plus sûrement durant la petite enfance et enfance, mais bien sûr, l’ado peut aussi être interpellé plus tard par des amis, à une retraite de jeunes. Que d’exemples autour de nous de lumineuses découvertes de la foi parce qu’un copain a simplement proposé de l’accompagner à Paray Le Monial ou à Taizé. Par ailleurs, les jeunes sont heureux le dimanche d’avoir un rôle qui leur est confié au cours de la messe, selon leur âge : servant d’autel, servante de la liturgie, orchestre, et si ces services n’existent pas, pourquoi ne pas le mettre en place avec d’autres parents et s’engager dans ce service ?

Transmettre la foi, c’est aussi se mettre au service. Place aux jeunes ados aussi pour les lectures et l’animation des chants : un dimanche, une collégienne de 5e a animé les chants de notre grande assemblée, et les mamies ont adoré ! Ainsi le travail persévérant au conservatoire porte de beaux fruits ! Faisons leur confiance, cela les aidera en plus à faire grandir leur estime de soi.

Tant de bonnes idées fourmillent : par exemple, la lecture de l’évangile avec eux pendant le petit déjeuner. Cela peut être l’occasion d’une belle communication entre ados et parents, et de beaux échanges. On peut aussi laisser trainer volontairement sur la table le Magnificat à la bonne page : vous aurez peut-être la surprise de voir qu’ils le liront ! Ou encore visionner ensemble un film sur l’histoire sainte, instaurer la bénédiction de la table, celle des enfants…

Profitons des vacances pour être inventifs et innovants !

Claire, département de Seine-Maritime (76)

Les papas pousse-pousse

Deux mamans discutent :

– Dans ta famille aussi, c’est le père qui fait la conduite à l’école du matin ?

– Oui, et je m’en réjouis tous les jours – enfin presque – car il faut reconnaître les exceptions : les réunions qui démarrent trop tôt, les chantiers qui imposent des trajets différents, les déplacements en région, etc. Mais ça valorise tous les possibles de nos vies.

– Oh, on sait très bien ! Il y a beaucoup de souris dans le métro ! Mon fils m’a rapporté l’anecdote suivante : « Sur un quai bondé du métro s’engouffraient des tonnes de travailleurs stressés tels des harengs essorés, lorsqu’a débarqué un jeune quadra à grandes foulées suivi de 4 petits canetons en cirés jaunes coiffés de cartables géants. Il criait joyeusement à sa couvée : « poussez, poussez, poussez ! » tel un bon rugbyman. Et le tout s’est retrouvé collé à la barre comme les moules à leur rocher savourant ardemment la fierté d’avoir réussi l’exploit quotidien : rester en banc et entrer ensemble dans la même rame ! »

– N’empêche, j’aimerais être une petite souris pour voir comment ils s’en tirent ! Ils ne font pas comme nous !

– Transformer les contraintes quotidiennes en jeu, c’est un sacré challenge ! Les hommes ne sont pas dépourvus de cet humour et cette créativité ! Mais personne ne reste à quai ?

– Non, pas que je sache. C’est un autre talent masculin : une confiance absolue dans les capacités des enfants à se débrouiller !

– Mais les plus petits ?

– Le petit dernier, caché sous son cartable et à moitié broyé par la foule ? Il s’est exclamé tout rempli de joie, « c’est comme un câlin géant ! »

– Belle leçon d’amour viril pour notre humanité compressée !

Béatrice, département du Vaucluse (84)

source site web CNAFC 12/11/19

L’autorité bienveillante

L’autorité peut-elle associer fermeté et bienveillance ?

Deux remarques préalables : quelle est la véritable volonté des parents ? Se sentir compétent. Quelle est la véritable peur des parents ? Se sentir incompétent.

Autrefois, le père imposait le silence : on ne discutait pas un père ni avec un père. Son autorité s’exerçait par la domination physique et morale. Nous sommes aujourd’hui dans l’exact inverse : tout se discute à l’infini, ce qui exige de la part des couples des négociations permanentes, pour l’exercice de l’autorité, comme pour les tâches domestiques : qui décide quoi ? Nous pourrions aller plus loin en nous posant la question : Comment se prennent les décisions au sein de notre couple et au sein de nos familles ?

Etymologiquement, le mot autorité signifie « faire croître, accroître, augmenter ». Il souligne une croissance et une finalité. L’autorité ne consiste donc pas simplement à interdire car dans le mot autorité, il y a d’abord le concept de l’autorisation : c’est parce que nous autorisons un enfant à aller découvrir le monde, que nous pouvons aussi lui fixer des interdits.

Quand nous comprenons que de l’autorité dépend la croissance et l’harmonie de la personne humaine, c’est donc d’elle que dépend aussi la stabilité de la famille. De ce fait, l’autorité parentale devient alors l’expression de l’amour qui peut protéger, guider, nourrir et corriger.

De là, découle naturellement la qualité première de celui qui exerce l’autorité qui est celle d’aimer ceux qui lui sont confiés, non pour leur imposer une vision des choses, mais pour être au service de leur croissance et de leur maturité. Inversement, une absence de limites imposées à l’enfant est assimilable à de mauvais traitements.

Dans ce domaine, les éducateurs ont donc toujours à marcher sur une ligne de crête très étroite entre le laisser faire et l’interventionnisme. Mais n’est-ce pas là un bel enjeu d’auto-éducation ?

source site CNAFC mars 2019

Comment montrons-nous à nos enfants que nous les aimons ?

Les premiers mots qu’on adresse à l’enfant, les paroles douces qui le concernent, sont aussi importants que les caresses. Elles l’intègrent au monde des humains et l’aident à bâtir sa personnalité à venir.

Communément, aimer quelqu’un, c’est lui donner une place particulière dans sa vie. De fait, il faut de l’amour pour se construire : les enfants privés d’affection grandissent moins que les autres.

Il y a dans l’amour d’une femme pour son enfant quelque chose de sublime : son inconditionnalité ; quelque chose de ridicule : son aveuglement ; et quelque chose d’ignoble : le fait qu’il ne concerne que son enfant et non les autres. Une mère est « intéressée » par son enfant. Mieux vaut qu’elle le sache, et sache épurer son amour de sa part de narcissisme, de volonté, de pouvoir, de captation.

Le père peut être l’agent de cette conversion car l’amour paternel est beaucoup plus sage : le rapport du père à l’enfant est empreint d’une certaine distance, d’une lucidité, d’une modération, d’un respect qui ne sont pas moins indispensables à l’enfant que le fol amour maternel.

Mais attention : dans la relation parents-enfants, il est certes important que l’enfant sente qu’il compte pour ses parents, mais il ne doit pas sentir qu’il est leur « chose » sous prétexte qu’il était, au départ, totalement dépendant d’eux !

La grande question, ce n’est pas d’aimer nos enfants, parce qu’à de rares exceptions près, tous les parents aiment leurs enfants, mais la difficulté, c’est de montrer à nos enfants que nous les aimons.

Dans chaque enfant se trouve un «réservoir émotionnel» qui ne demande qu’à être rempli d’affection.

Comment remplir son réservoir affectif, et ainsi le sécuriser par notre amour ? D’après Ross Campbell, c’est en essayant d’apprendre sa langue maternelle émotionnelle, et en veillant à lui parler ce langage qui est le sien.

Il existe ainsi cinq langages de l’amour: les paroles valorisantes, les moments de qualité, les cadeaux, les services rendus, le toucher physique. Quel que soit son langage, l’enfant doit percevoir l’amour de ses parents comme inconditionnel, c’est-à-dire au-dessus de toute autre considération. Cela ne signifie pas que nous apprécions toujours sa façon de se conduire ou de répondre, mais que nous l’aimons, lui, cet enfant, comme un trésor unique, au-delà de son aspect, de son potentiel, de son éventuel handicap, et sans préjuger de sa conduite. Parce que du petit enfant qui pleure de manière inexpliquée, jusqu’à l’adolescent qui nous provoque, qui fait des fugues, se met à fumer des joints ou à faire des tas de bêtises, jusqu’à l’adulte qui se montre désagréable ou provocateur, derrière tout cela, il y a toujours la même question : est-ce que tu m’aimes ?

Soyons clairs : on n’aime pas ses enfants de la même manière. Et heureusement ! L’essentiel est que chacun soit reconnu comme unique. Une mère de famille nombreuse à qui on demandait comment elle avait pu diviser l’amour entre ses enfants, répondit : « Je n’ai rien divisé, j’ai multiplié l’amour ».

Source  : site web CNAFC 12/02/19

Réflexion éducative des Chantiers-éducation octobre 2018 : Qu’est-ce qui rend les enfants heureux ?

Par Paula Pinto Gomes, le 25/9/2018 (La Croix)

À l’occasion de son 40e anniversaire, le magazine Astrapi dévoile les résultats d’une

enquête qui donne la parole aux enfants.

À l’ère de la consommation débridée, on pourrait croire les enfants plus attachés

qu’autrefois aux biens matériels. Mais il n’en est rien. Ce qui rend les enfants heureux

en 2018, ce n’est ni la dernière console vidéo, ni les chaussures à la mode, mais les

parents, les amis et le jeu, selon une enquête d’Harris Interactive pour Astrapi,

publiée mardi 25 septembre.

À l’occasion de son 40e anniversaire, le magazine des 7-11 ans publié par Bayard

(également éditeur de La Croix) a demandé à plus de 500 enfants de cette tranche

d’âge s’ils se sentaient heureux et quelle était la source de leur bonheur. Résultat : 98

% des enfants se disent résolument heureux. Et leur bien-être dépend d’abord de la

famille.

Ce qui compte avant tout pour 57 % des enfants interrogés, c’est d’avoir des parents

qui les aiment. Passer du temps avec maman et papa comble 68 % des 7-11 ans (et 73

% des 7-9 ans), bien plus que d’avoir des invités à la maison (47 %), de lire des

histoires (42 %) ou encore de jouer avec les frères et soeurs (41 %).

Les bons élèves sont-ils des enfants heureux ?

Les amis et le jeu

« Si la famille apporte une sécurité affective et un bonheur indéniable, le cercle amical

et les jeux qui en découlent sont eux aussi très importants », révèle l’enquête. Près des

trois quarts des enfants (42 %) disent avoir besoin de copains pour se sentir heureux.

Un besoin qui dépasse largement l’envie de posséder des biens matériels. Seuls 24 %

citent les cadeaux comme source de bonheur, 10 % « de l’argent pour acheter tout ce

qu’ils veulent » et 5 % « une belle maison ou un bel appartement ».

Après les amis, le jeu est le troisième ingrédient essentiel au bonheur des enfants. Un

tiers des 7-11 ans déclarent avoir besoin de temps pour jouer, que ce soit à la maison,

avec les copains ou à l’école. « Faire des choses ensemble, s’amuser, partager des

bons moments restent en 2018 des moteurs fondamentaux et, ce, quelles que soient

les catégories socioprofessionnelles », souligne l’enquête. Jouer avec les parents

s’avère même l’activité préférée pour 70 % des jeunes, avant de regarder la télévision,

(53 %), de discuter (44 %), de faire la cuisine (34 % – mais 46 % pour les filles) ou

encore de jouer aux jeux vidéo (34 % – et 46 % pour les garçons).

Le jeu et les amis, c’est aussi ce qui rend 87 % des enfants heureux à l’école, même si

avoir un maître ou une maîtresse gentille, obtenir de bonnes notes et apprendre des

choses nouvelles contribuent également à leur bonheur.

Ce qui les rend malheureux

En revanche, ce qui rend les enfants malheureux à l’école ce sont les moqueries (51

%), les disputes (45 % et même 51 % pour les filles) ou le manque d’amis (29 % mais

35 % pour les filles). A la maison, ils sont surtout tristes lorsque les parents les

grondent (45 % et 52 % pour les garçons) ou se disputent entre eux (31 %).

Conscients du monde qui les entoure, les 7-11 ans sondés par Astrapi se disent

affectés par les actes terroristes (49 % et 54 % pour les 10-11 ans), le harcèlement

scolaire (35 %), le fait que des personnes soient malades, handicapés (33 %) ou sans

abri (25 %). Néanmoins, 33 % d’entre eux s’estiment plus heureux que les autres

enfants en France et les deux tiers plus heureux que les autres enfants dans le monde.

Paula Pinto Gomes

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