Communiqué de presse AFC – 4/10/19 Bioéthique : Pourquoi nous marcherons dimanche 6 octobre

Depuis 10 jours, les députés débattent du projet de loi de bioéthique. Les séances révèlent chaque jour un peu plus le manque de préparation du gouvernement, l’outrance de certains députés, la cohérence de l’opposition.

Hier soir, la GPA a été de facto reconnue en France, contre l’avis du gouvernement, par l’adoption d’un amendement du rapporteur du texte lui-même.

Quand des députés ne voient pas de problèmes à la pluri-parentalité, d’autres se croient obligés d’affirmer que : … »nous n’empêcherons quelconques parents hétérosexuels de vouloir concevoir un enfant de manière charnelle » !

D’autres enfin, dans la majorité, expriment de plus en plus ouvertement leurs doutes sur les conséquences de cette loi.

De courageux députés tentent de ramener à la raison, d’élever le débat, d’alerter sur les dangers inéluctables mais semblent écrasés par une majorité  » progressiste  » inconsciente et par un temps de parole scandaleusement contraint.

Le gouvernement, incapable de tenir sa propre majorité, a renoncé au « débat apaisé » qu’il disait vouloir : le grand bricolage qu’il a organisé se transforme en grand chavirage éthique.

Une nouvelle fois, les Associations Familiales Catholiques appellent tous ceux qui croient que la cellule familiale, avec un père et une mère, est le meilleur écosystème pour accueillir et faire grandir un enfant, à manifester dimanche avec Marchons Enfants.

Plus que jamais, il est indispensable d’aller dire aussi dans la rue « quel monde nous voulons pour demain », comme nous y invitaient les Etats Généraux de la bioéthique. Nous serons en masse dans la rue dimanche, près du Sénat, pour dire notre attachement à une législation respectueuse du plus petit et pour montrer, avec une foule immense, que nous ne voulons pas dénaturer la filiation.

Dimanche 6 octobre, rendez-vous à 13h , place Edmond Rostand, Paris, 6e.

Communiqué de presse AFC – PMA : les Français refusent les dérives éthiques que le gouvernement veut imposer à tout prix. 02/10/19

Un sondage IFOP,

https://oxi90.com/OSZEPXF15/AFC-IFOP-SONDAGE-RESULTATS-20191002.pdf

pour les Associations Familiales Catholiques révèle l’ampleur de l’opposition des Français à la « révolution de la filiation » imposée par le gouvernement dans le cadre des réformes sociétales menées sous couvert de la révision des lois de bioéthique.

À de nombreuses reprises, les AFC ont exprimé leur inquiétude sur les dérives éthiques du projet de loi bioéthique en cours de discussion à l’Assemblée Nationale. Elles ont également dénoncé le simulacre de débat que le gouvernement a organisé pour tenter d’imposer cette « loi de tous les dangers » (cf propos tenus par Emmanuel Macron lui-même).

Les AFC rendent aujourd’hui publics les résultats d’un sondage exclusif commandé à l’IFOP sur certains articles que le gouvernement préfèrerait passer sous silence. Des sondages généraux sur l’ouverture de droits supplémentaires au couples homosexuels existent. Mais aucun n’avait sondé plus précisément les Français sur des conséquences concrètes d’une nouvelle loi sur la PMA.

Au nom du  » progrès « , le gouvernement n’hésite pas à abattre des digues éthiques que la France avait toujours, jusque-là, eu à cœur de préserver, au nom de la dignité de la personne humaine et de la protection de l’intérêt supérieur de l’enfant. Ces résultats confirment s’il était besoin que :

– les Français disent non à l’effacement total du père dans la procréation et la filiation,

les Français disent non aux expériences scientifiques sur les embryons.

Ce débat sur la « révolution de la filiation », encore une fois, ne prend pas assez en compte l’avis des Français, malgré les promesses de consensus et de débat apaisé exprimées par Emmanuel Macron.

1/Les Français sont quasiment unanimes (83%) pour réaffirmer « le droit pour chaque enfant d’avoir un père ». Jean-Louis Touraine, rapporteur du projet de loi, lors des débats en Commission, avait posé comme conviction centrale qu’ « Il n’y a pas de droit de l’enfant à avoir un père et heureusement ! ». Il a même dit souhaiter au plus vite l’ouverture à la GPA dans les années à venir, ce qui achèverait définitivement son projet d’une « PMA sans sexe pour tous« . Or cet effacement total de la figure du père, qu’elle soit biologique, sociale ou même symbolique, les Français n’en veulent pas ! Même dans le camp de la majorité, les électeurs d’Emmanuel Macron sont 80% à rappeler leur attachement à ce principe fondateur de la filiation.

2/ Une immense majorité de Français (91%) estime préférable que les enfants ne soient pas élevés par une femme seule, rejetant ainsi, et de manière massive, la création délibérée de familles monoparentales par l’accès à l’AMP des femmes seules.

3/Une très large majorité de Français (65%) estime que c’est une mauvaise chose d’autoriser des entreprises privées à se lancer sur le marché de la collecte et de la conservation des ovocytes au lieu de réserver ces actes à des organismes publics. C’est un jugement que partagent aussi 62% des électeurs d’Emmanuel Macron.

Par ailleurs, et malgré leurs demandes réitérées, les AFC n’ont toujours pas eu de réponse de la part du gouvernement sur la manière avec laquelle il entend éviter les dérives de la conservation des ovocytes sans raison médicale : Comment garantir aux femmes que l’autoconservation des ovocytes ne va pas déboucher sur des pressions de leurs employeurs ? Comment garantir que la pénurie de gamètes ne va pas se traduire par une marchandisation du corps humain et le développement d’un marché international ? Comment éviter le développement à moyen terme d’un business florissant de la procréation ?

4/82% des Français ne sont pas favorables (et 57% pas du tout favorables) à ce que les chercheurs soient autorisés à créer des  » embryons animaux chimériques « , c’est-à-dire des embryons d’animaux sur lesquels sont greffées des cellules humaines.

5/Enfin, plus d’un Français sur deux (54%) estiment que les Français n’ont pas été suffisamment écoutés et leur avis pris en compte par rapport à ce projet de loi. Nous sommes loin des conditions d’un consensus, ni de celui d’un débat apaisé.

Les AFC dénoncent une fois encore un « GRAND BRICOLAGE » qui ne prend pas en compte les conséquences sociales d’un tel changement et qui modifie en profondeur la filiation sans aucun principe de précaution. La majorité a joué un simulacre de débat : – en niant les résultats des Etats généraux de la Bioéthique, – en balayant les réserves de l’Académie de Médecine, – en persévérant à prendre pour référence des études que tous les experts, dont le CCNE, ont jugé inexploitables en raison de leurs biais méthodologiques et de leur manque de recul, – en arguant du principe de l’égalité entre les couples homosexuels et les couples hétérosexuels, alors que le Conseil d’Etat avait rappelé dans un arrêt du 28 septembre 2018 qu’exclure les couples de femmes de la PMA ne pouvait être jugé discriminatoire,

Avec la publication de ce sondage exclusif, les AFC entendent à nouveau dénoncer avec force la méthode de pseudo-concertation du gouvernement et expriment leurs vives inquiétudes sur les conséquences néfastes multiples de ce projet de loi.

Elles appellent à une Marche avec le collectif d’associations « Marchons enfants » le 6 octobre prochain pour faire entendre la voix des familles, celle des enfants à naître et pour continuer son travail de « lanceur d’alerte » sur cette loi. Les AFC rappellent le caractère profondément pacifique et respectueux de leur démarche.

Elles demandent instamment au gouvernement de renoncer à ce projet de loi et de promouvoir une politique engagée pour l’écologie humaine et familiale. La famille est en effet un écosystème fragile, cellule de base de la société, et il importe de le protéger.

Les Associations Familiales Catholiques sont, depuis 1905, un cadre d’engagement et d’entraide offert à tous ceux qui veulent agir dans la société au service de la famille, à la lumière de l’enseignement de l’Eglise catholique. Les AFC représentent 30 000 familles adhérentes, réparties dans près de 300 AFC locales et ont pour but de valoriser la famille, proposer des services aux familles et être force de proposition permanente auprès des acteurs économiques, sociaux et politiques, pourque le choix de la famille et l’accueil de l’enfant soient facilités.

Communiqué de presse AFC 24/09/19 – Bioéthique : de nouvelles voix s’élèvent. Le Gouvernement restera-t-il sourd ?

       La discussion du projet de loi relatif à la bioéthique débute aujourd’hui dans l’hémicycle et se poursuivra jusqu’au 9 octobre. Pendant les longs mois d’Etats Généraux de la bioéthique et d’auditions, le débat a semblé comme anesthésié par un Gouvernement et une majorité parlementaire aveugles aux limites que nous devons ensemble nécessairement poser à l’absolutisme de la technique et à la volonté toute puissante des individus. Après le Grand Rabbin de France à l’Assemblée nationale, le 29 août, la Conférence des Evêques de France au Collège des Bernardins, le 16 septembre, c’est au tour de l’Académie Nationale de Médecine de souligner « une rupture volontaire d’égalité entre les enfants » et d’alerter : « la conception délibérée d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure qui n’est pas sans risques pour le développement psychologique et l’épanouissement de l’enfant ».

L’Union Nationale des Associations Familiales demandait, quant à elle, hier aux parlementaires de rétablir le lien entre accouchement et filiation.

Dans La Croix du 23 septembre, douze hauts fonctionnaires pour qui « aucun débat réel n’a été possible » appelaient le gouvernement à retirer le projet de loi bioéthique.

Les Associations Familiales Catholiques ont dénoncé avec force les conséquences néfastes multiples de ce projet de loi bricolé et injuste pour la société tout entière. Il n’appartient pas à un projet de loi relatif à la bioéthique de s’occuper du « sociétal » et de révolutionner la filiation. Elles redisent avec gravité que, mieux qu’un débat apaisé, elles souhaitent un débat éclairé sur les ruptures majeures qui vont être débattues.

Communiqué de presse AFC : Non, la société n’est pas prête à la PMA pour toutes !



Agnès Buzyn a commenté, avant-hier, dans le JDD, son projet de loi relatif à la bioéthique.

Elle prétend qu’il ne s’agit pas «  d’une loi de combat mais d’un texte élaboré après une large consultation « , que  » la société est prête « , et que  » l’ouverture de la PMA à toutes les femmes ne trahit aucune valeur éthique fondamentale « .

A lire Madame Buzyn, on comprend que le gouvernement ne tient aucun compte de l’opposition massive révélée lors des Etats Généraux de la bioéthique. Il reste sourd aux avis du CCNE,  lequel révèle de larges désaccords en son sein et signale lui-même de très nombreux  » points de butée « . 
Il  n’a pas plus écouté les mises en garde des juristes, des psychiatres et des spécialistes de la petite enfance. Il se moque de l’avis des nombreuses associations extrêmement préoccupées par le modèle de société qui se met en place.

Si la consultation a été large et étalée dans le temps c’est pour essouffler et diluer les oppositions. Ce n’est pas du tout  pour s’assurer, avec prudence,  que ces évolutions étaient bénéfiques pour notre pays.

Nous continuons à nous adresser au sens de la responsabilité du Gouvernement pour rappeler que :
–  L’extension de la PMA bouleversera l’établissement de la filiation en fondant celle-ci sur le désir des adultes
–  Elle privera délibérément un enfant d’un père pour répondre à la souffrance existentielle des femmes.
–  » La médecine serait simplement convoquée pour satisfaire un droit individuel à l’enfant » (avis n°90 du CCNE).
– Elle ouvrira la porte à la marchandisation du corps humain induite par la pénurie de sperme, aux dérives eugéniques inhérentes à la sélection des donneurs et à la GPA, au nom de la même conception, erronée, de l’égalité

Les AFC redisent à Madame Buzyn toute leur détermination à s’opposer à ce projet, qui va une nouvelle fois fissurer la société française.

Elles lui demandent  d’assumer le  » progressisme sociétal  » du gouvernement, à visée clientéliste, d’avoir l’honnêteté de ne pas se prévaloir d’une consultation qui n’a été qu’une opération de communication et de porter la responsabilité d’un mouvement social d’ampleur dans les prochains mois. 

Communiqué de presse AFC – Projet de loi bioéthique : Qui pense aux enfants ?

Edouard Philippe a annoncé hier, dans son discours de politique générale à l’Assemblée Nationale, la présentation d’un projet de loi de bioéthique fin juillet au Conseil des ministres pour une discussion fin septembre au Parlement. Ce projet de loi inclura la généralisation de la  » PMA  » aux femmes célibataires et aux couples de femmes.


Depuis l’ouverture des Etats Généraux de la bioéthique, les AFC ont dit leur totale désapprobation.

Ce projet priverait délibérément des enfants de père et serait la dernière marche avant la légalisation de la GPA.


Cette évolution changerait profondément le droit de la famille et de la filiation dans notre pays. Aujourd’hui, ce droit est fondé sur la référence biologique à la paternité et à la maternité. Demain, il pourrait être fondé sur le seul  » projet parental  » ou sur le désir – par essence mouvant – des adultes. Comment les enfants se construiront-ils psychiquement alors que leur état civil leur reconnaîtrait une prétendue  » double filiation maternelle « , par nature impossible ?


Ce projet ouvrirait aussi la voie à la commercialisation des produits du corps humain : le Conseil d’Etat chiffre à plusieurs centaines le nombre de donneurs de sperme manquant. La tentation pourrait devenir grande de rétribuer le  » don  » ou d’acheter du sperme dans les banques de sperme étrangères, notamment au Danemark. La sélection des  » donneurs  » induit, en outre, une démarche eugéniste.


Les AFC ont été reçues le 25 avril par Adrien Taquet, secrétaire d’Etat en charge de la protection de l’enfance auprès d’Agnès Buzyn, ministre de la Santé et le 11 juin par la Garde des Sceaux, Nicole Belloubet.


Elles leur ont redit leur très ferme opposition et les ont mis en garde contre les conséquences néfastes de ce projet qui porte les germes d’une nouvelle fracture sociale. Elles ont rappelé combien la loi sur le  » Mariage pour tous  » avait suscité de clivages et de rancœurs dans notre pays.


Elles se préparent à résister par tous les moyens, y compris par la manifestation, à cette transgression lourde de conséquences.