ARTICLE CNAFC – COMMENT PARLER DE LA GUERRE A NOS ENFANTS ?

Dans un contexte international complexe et anxiogène, nombreux sont les parents qui se questionnent sur la nécessité d’instaurer un dialogue sur les conflits actuels avec leurs enfants. Entre crainte et sentiment d’impuissance, il est souvent difficile de passer le pas, voici quelques éléments de langages simples.

Pourquoi leur parler de la guerre ?

Certains parents ne souhaitent pas avoir cette discussion avec leurs enfants pour deux raisons principales: ils ne veulent pas créer un sentiment d’insécurité chez leurs enfants, ils se sentent démunis pour le faire. La première raison est souvent évoquée en cabinet de psychothérapie concernant d’autres sujets difficiles comme la mort, la sexualité ou la question des abus. Les AFC vous proposent un article pour aborder le sujet de la mort avec les enfants. Même s’il est évident que le dialogue doit être adapté à l’âge de l’enfant, il est impératif de retenir que  le silence parental est toujours plus anxiogène pour un enfant que la discussion. En effet, nous savons bien que les cours d’école, de collège ou de lycée mais aussi les réseaux sociaux, les écrans et nos propres conversations d’adultes surprises par l’enfant, se chargent de leur apporter des informations, rarement justes sur le contenu et encore moins contenantes. L’enfant va alors créer ses propres théories pour comprendre le monde et se sentira très seul face aux émotions qu’elles génèrent en lui. Cela relève donc de la responsabilité des parents que d’apporter quelques éléments de compréhension et de réassurance à leurs enfants.

Comment aborder le sujet ?

Il s’agit tout d’abord d’être soi-même en état d’avoir cette conversation. Si le parent est trop débordé émotionnellement, l’enfant ne pourra percevoir de la réassurance dans cette discussion. Prenez donc soin d’y avoir réfléchi avant, d’être suffisamment calme vous-même  et préparé pour commencer le dialogue. Si vous avez plusieurs enfants, essayez de prendre un temps privilégié avec chacun afin d’ajuster le vocabulaire et la complexité du discours en fonction de l’âge de l’enfant. Pour initier la conversation, commencez toujours par questionner l’enfant lui-même: que sait-il? qu’a-t-il compris? Il est important de le questionner également sur ses émotions: a-t-il peur? Fait-il des cauchemars? A-t-il regardé des images anxiogènes?

Un dialogue stimulant

Le dialogue avec votre enfant va amener de la pensée, stimuler le cérébral et ainsi permettre que les émotions ne prennent pas toute la place. Il s’agit alors d’apporter des éléments concrets de compréhension et de connaissance. Munissez-vous par exemple d’un atlas afin d’avoir un support à la discussion. L’enfant et l’adolescent n’ont que rarement conscience des frontières et des distances, ce qui augmente le sentiment d’insécurité. Plus l’enfant est âgé, plus vous pourrez revenir aux sources des conflits. Mais il est important de ne pas avoir une pensée trop manichéenne dès le plus jeune âge, de sortir de la vision simpliste des gentils et des méchants. C’est l’occasion de montrer que le conflit entre êtres humains fait partie de leur vie au quotidien, qu’ils y sont eux-mêmes confrontés tous les jours et trouvent des solutions pour y faire face. Vous pouvez également “dézoomer” de notre époque et rappeler que les conflits entre nations sont présents tout au long de l’histoire de l’humanité. Il est normal d’être inquiet face aux nouveaux conflits car cette génération n’en a heureusement plus l’habitude.

Ce que les enfants ont besoin d’entendre

L’enfant a besoin d’entendre des éléments de réassurance quant à notre sécurité. Rappelez-lui pour cela que notre pays n’est pour le moment en guerre avec aucune nation, que nous coopérons avec d’autres Etats pour le maintien de la paix. Vous pouvez également expliquer qu’il existe de grandes instances internationales pour tenter de protéger la paix durablement et que, même si elles sont actuellement malmenées, elles continuent tout de même de jouer leur rôle. Rappelez également à vos enfants que des hommes et des femmes s’entraînent et œuvrent quotidiennement pour notre sécurité. C’est d’ailleurs l’occasion de leur inculquer le devoir de reconnaissance et de gratitude envers eux.

Vous pouvez aussi aborder la valeur de la paix. Nous avons la chance de vivre dans un pays qui souhaite protéger le plus possible la paix et qui œuvre dans ce sens dans un esprit de tempérance au niveau international.

Enfin, le fonctionnement psychique humain ne supporte pas le sentiment d’impuissance, quel que soit l’âge. Encouragez donc votre enfant à avoir une petite action pour la paix: se réconcilier lui-même avec quelqu’un, prier pour la paix, déposer une bougie à cette intention.

Quels bienfaits ?

Ce dialogue avec votre enfant a pour objectif de limiter ses propres théories face aux éléments anxiogènes qu’il perçoit mais aussi de légitimer ses émotions face aux sujets. Vous ne disposez pas d’un pouvoir magique d’enlever toute ses angoisses, mais la discussion sera un précieux support de réassurance pour votre enfant. Il ne se sentira  pas seul dans d’angoisse mais aussi pas LE seul à ressentir des émotions diverses face à l’environnement.

Plus largement, par ces conversations, votre enfant intégrera qu’il peut vous faire confiance, que vous êtes disponible et à l’écoute pour d’autres dialogues autour de sujets pas toujours simples à aborder pour lui dans son développement.

Mathilde Tiberghien, Psychologue clinicienne. Psychothérapeute de couple et de famille.

Auteur de Familles de militaires, le défi de la mission, disponible aux éditions Mame. 17,90 €. 2024

(ARTICLE CNAFC) DARK ROMANCE : UN PHENOMENE LITTERAIRE INQUIETANT.

Les Associations Familiales Catholiques alertent les parents sur une forme de littérature très en vogue chez les jeunes, et en particulier les jeunes adolescents : la Dark Romance (« romance sombre »).

Né aux Etats-Unis dans les années 2010, ce sous-genre de la New Romance arrivé chez nous quelques années plus tard met en scène des relations violentes et dégradantes, des amours « interdites » et des relations condamnées par la morale ou par la loi. Il mêle sexualité explicite, violence, humiliation, emprise, viol, torture, drogue, alcool, rapt et relations toxiques « idéalisées ». Les protagonistes masculins sont souvent des anti-héros, mafieux, tueurs à gages, dominateurs « brisés » et violents.

Ces récits présentent couramment des scènes de sado-masochisme ou des scènes de torture, notamment vis-à-vis des femmes, souvent elles-mêmes dociles et consentantes vis-à-vis d’une terreur et d’une perversité imposées : une sorte d’apologie du gynocide.

Une popularité croissante

Vanté sur les réseaux sociaux, le genre est devenu très populaire en France auprès d’un public féminin (plus de 90 %) souvent très jeune (dès 12 ans) ; il représente 17 % du marché du livre – notamment via la saga Captive de Sarah Rivens (2022) – qui brille par sa pauvreté de langue et son amas de clichés.

Les auteurs font valoir qu’il ne s’agit que de fiction (un terrain de jeu émotionnel où l’on circule en zone soi-disant « sûre »), et que des avertissements figurent en début d’ouvrage.

Mais ces titres sont très largement accessibles aux jeunes : gratuitement avec le Pass Culture, et sans contrôle parental ni filtre via des plates-formes de livres en ligne (comme Nextory), en accès libre sur Kindle, Skyblog, Wattpad ou via TikTok (BookTok) – sans que les pouvoirs publics y trouvent à redire.

Avec leurs couvertures innocentes fleuries et « glamours », ils figurent souvent en tête de gondole dans les librairies, tandis que le marketing des maisons d’édition tourne en boucle sur les portables via les vidéos TikTok. Les librairies elles-mêmes se voient débordées par le phénomène.

S’ils peuvent déconseiller une lecture, les libraires ne peuvent refuser une vente puisqu’aucune restriction d’âge n’est imposée.

Ravis de voir leurs enfants lire, les parents ne se méfient pas de cette « littérature » redoutablement nocive pour nos jeunes. Non avertis, beaucoup se laissent berner.

Amazon a néanmoins récemment retiré de sa plate-forme l’un de ces titres (Corps à cœur) mis en cause pour apologie de la pédophilie et de la pédocriminalité ; cet ouvrage a également fait l’objet d’un signalement à la justice par Sarah El Haïry, haut commissaire à l’Enfance.

Comment les parents peuvent (ré)agir ?

Il est urgent de n’exposer en aucun cas nos enfants à cette « littérature » qui n’a rien à voir avec un amour véritable entre un homme et une femme fondé sur le don mutuel, la tendresse et le respect. A l’âge de la construction de la personnalité, certaines lectrices auront du mal à distinguer les dynamiques relationnelles fictives de celles du monde réel. La répétition des scènes violentes finit par rendre insensible à la violence, la rendant plus acceptable, et induisant une confusion entre désir et coercition.

S’ils ont été en contact avec ces livres, il importe de faire prendre conscience aux jeunes de la toxicité de ces lectures : il y a là risque d’addiction et d’atteinte psychique – et spirituelle- proche de celui que l’on trouve dans les films pornographiques avec la recherche d’une excitation sexuelle malsaine. Aux parents de leur rappeler que ces récits relèvent de fantasmes, qui ne doivent pas être transposés à la réalité.

Plutôt que cette sous-littérature, invitons nos jeunes à découvrir les ouvrages qui vont les aider à se construire.

Quelques recommandations de lecture

Le guide de lecture proposé par les AFC de Versailles recense près de 1500 livres pour enfants et adolescents jusqu’à leur entrée dans l’âge adulte. Classiques, récents ou très actuels, tous les livres présentés ont été lus avec attention par des adultes et de jeunes lecteurs avant d’être sélectionnés et classés par thème et par âge. Ce guide de lecture de s’intitule Lire, c’est élire, et est disponible aux éditions Salvator (10€, en rupture provisoire). D’autres idées de bonnes lectures figurent aussi sur Livres en famille et 123 loisirs.

Le maître-mot : dialoguer, et lire avec eux !

(ARTICLE CNAFC) MAJORITE NUMERIQUE : DES PROPOSITIONS INSUFFISANTES.

📢 Protégeons nos enfants !

L’examen de la loi sur la majorité numérique à 15 ans débute aujourd’hui à l’Assemblée nationale.

C’est un tournant majeur pour nos familles. 🔥

Trop souvent, nous nous sentons démunis face à l’omniprésence des réseaux sociaux dans la vie de nos adolescents. Cette loi est un outil nécessaire pour aider les parents à fixer des limites et pour obliger les plateformes à prendre leurs responsabilités.

Aux AFC, nous suivons de près les débats pour que la voix des familles soit entendue : la santé mentale de nos jeunes n’est pas négociable. 📵

On vous en dit plus dans notre article 👉 :

https://www.afc-france.org/education/majorite-numerique/?fbclid=IwY2xjawPnDoNleHRuA2FlbQIxMABicmlkETBpd2lteGxnUWFsYndMV3hjc3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHpexCvYocRcVDSZbUWlhpPAxCBWtVhTk9VVMdy69oNJSHcl0aJToYp4_exsp_aem_CIDdOCHhjtEQ4TKYiT_RdA

Le Conseil d’Etat examine le projet de loi du gouvernement interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans et l’usage des téléphones portables dans les lycées. Les Associations Familiales Catholiques saluent ce premier pas, mais soulignent des mesures insuffisantes en comparaison des risques liés à l’utilisation des écrans chez les mineurs.

Les dangers pour les mineurs concernent l’addiction aux écrans et l’accès à des sites malsains comme les sites pornographiques, le dark web, etc. Ces dernières années s’est ajoutée l’utilisation désordonnée de l’Intelligence Artificielle. L’usage des smartphones est à cet égard un facteur de risque essentiel, au-delà de l’accès aux réseaux sociaux.

Il serait donc nécessaire de mettre en œuvre également en ce domaine une politique d’encadrement forte et de sensibiliser les parents à la nécessité d’une éducation attentive, progressive et a des âges raisonnables aux outils numériques.

C’est avec cet objectif que les AFC ont publié leur livret 12 questions à se poser sur les réseaux sociaux (éditions Tequi) en septembre 2023. Il convient également que l’Education Nationale s’interroge sur la pratique contradictoire qui consiste d’un côté à vouloir freiner l’usage des écrans et smartphones et de l’autre à y avoir recours systématiquement pour l’enseignement, les travaux scolaires et le lien avec les parents.

Les AFC demandent que d’autres moyens de communication soient promus par l’Education nationale.

Téléchargez le communiqué de presse

DECOUVREZ LE NOUVEAU NUMERO DE LA SAGA DES AFC « 12 QUESTIONS ».

Nous sommes heureux de vous annoncer la sortie de la toute nouvelle brochure des AFC ! Des pistes concrètes pour les parents afin de les aider à traverser les conflits dans la fratrie. Disponibles en librairie ou sur le site des AFC !

Sous forme de questions essentielles et concrètes, ce livret aidera les parents à traverser plus sereinement les conflits entre frères et sœurs.

https://www.librairietequi.com/12-questions-a-se-poser-sur-l-art-de-vivre-les-conflits-dans-la-fratrie.html