SERIE D’ETE : REUSSIR L’EDUCATION – CONSEIL D’UN GRAND-PERE (2/6)

Voici le 2ème épisode de Conseils d’un grand-père, la série d’été des AFC. Le regard doux et bienveillant d’un grand-père qui tire de sa propre expérience des leçons de vie et d’éducation pour les jeunes parents.

Philippe, professeur retraité, nous livre « une sorte de clin d’œil à toutes ces petites choses apprises au cours de ma vie et qui donnent un sens à l’éducation. Il ne s’agit pas d’une leçon de morale nostalgique, mais d’une forme de témoignage qui peut servir à tout parent. »

Relus et illustrés par une jeune étudiante, ces textes prennent la forme d’un écrit intergénérationnel, fidèle à l’esprit familial des AFC.

Retrouvez cette série tout au long de l’été sur notre site internet et abonnez-vous aux AFC sur InstagramFacebookTwitter et LinkedIn pour être notifié des parutions, tous les 15 jours.

Après nous avoir fait découvrir l’importance du silence, Philippe nous parle dans ce deuxième épisode d’éducation.

Réussir l’éducation

La difficulté d’une éducation réussie, c’est qu’on n’éduque pas un enfant comme on suit une recette. Chaque enfant, heureusement, est tout à fait différent. Qu’il s’agisse de son caractère ou de la situation du moment, tout est à prendre en compte. Que faire alors si tout est relatif ? Il y a, je crois malgré tout, 5 principes incontournables pour toute éducation réussie à la maison comme à l’école :

  1. 1. Être réellement présent
  2. 2. Un équilibre entre l’autoritarisme et le laxisme
  3. 3. Eduquer avec bienveillance et fermeté
  4. 4. Un « zéro-mépris » constant
  5. 5. Et un maximum de douceur

1. Être réellement présent

Je pense qu’un certain nombre d’entre vous se souviennent de ces mercredis assis à regarder les entraînements de gym ou de foot. Mais combien sont toujours là lorsque les enfants ont passé 12-13 ans et qu’ils n’ont soi-disant plus besoin de nos encouragements ?

On ne répètera jamais assez combien le contact physique est primordial. Une présence non pas seulement physique, mais de qualité. Pas besoin de grands moyens, la présence réelle va « du toucher » : câlins, parties de chahut, etc. ; au « faire ensemble » : cuisine, jeu, bricolage, sortie ; en passant par « la parole » : histoires racontées, messages échangés et conseils.

Malgré tous les préjugés qu’ils nous renvoient, je suis persuadé que les adolescents se ressourcent, se structurent et se personnalisent bien mieux s’ils continuent à avoir ces échanges avec leurs parents. Car notre présence leur donne de l’importance. Autrement dit, de l’amour ! Passer ces temps ensemble, c’est créer un lien spécial qui les comblera. Il faut cependant veiller à ce que cette présence ne soit ni envahissante ni exclusive.

2. Un juste milieu entre laxisme et autoritarisme

Nous savons tous qu’il existe deux types de parents : ceux qui ne cèdent rien à leurs enfants, qui attendent de la discipline avant tout et qui n’accordent que peu de droits ; et ceux qui ont démissionné et n’hésitent pas à donner « carte blanche » aux professeurs, ne sachant plus comment s’y prendre. Eh bien, j’ai appris combien ces deux attitudes extrêmes étaient néfastes pour le jeune.

Car d’un côté, inculquer autoritairement et tout réglementer bloque l’initiative et la construction de la personnalité. Mais de l’autre, laisser faire, en estimant que toute expérience personnelle est formatrice, empêche le jeune de se structurer et de s’intégrer à la vie sociale qui passe par le respect des règles. Il nous faut donc essayer de naviguer entre ces deux attitudes, laissant le maximum d’autonomie dans un cadre bien établi. Tout comme en sport, il faut à la fois fixer des règles, mais aussi laisser le jeu se développer librement. Ça n’empêche pas que le carton jaune doit être rapidement et fermement sorti. Mais comment établir des règles solides et justes ? C’est sur ce point que les trois principes nous éclairent, mêlant explications, bienveillance et douceur.

3. Eduquer avec bienveillance et fermeté

Une éducation bienveillante et ferme ne repose donc pas sur des règles pour des règles avec ce fameux : « parce que c’est comme ça ». À toute demande, que ce soit pour interdire ou demander un comportement correspond une raison. Le parent peut choisir de l’exprimer ou non, selon l’âge, la situation ou le besoin de l’enfant. Le « va te coucher » ou « mets tes chaussons », en passant par « ne touche pas au gaz », peut se transformer en « Il faut aller te coucher, sinon tu risques d’être fatigué à l’école demain », ou « mets tes chaussons pour éviter de salir la maison que je viens de nettoyer », ou « ne touche pas au gaz, tu pourrais te brûler gravement ».

C’est trop long ? C’est idiot, parce que c’est évident ? Et pourtant, c’est un facilitateur pour le parent, car l’enfant aura tendance à mieux obéir. C’est également bénéfique pour l’enfant, puis l’adolescent : il a besoin d’une raison, d’un sens. D’autant plus qu’il prendra l’habitude d’agir aussi avec raison et sera ensuite capable d’expliquer pourquoi il agit de telle manière. C’est lui donner la possibilité de devenir un « expliquant » et non seulement un « appliquant ».

La bienveillance n’exclut pas la fermeté, bien au contraire, l’enfant pour grandir sereinement a besoin d’un cadre ferme donné par ses parents, qui le rassure. L’autorité repose donc sur un juste équilibre entre bienveillance et fermeté

4. L’éducation « zéro-mépris »

Il nous semble évident de ne jamais mépriser un jeune, ne jamais le comparer aux autres, à ses frères ou ses cousins. Et pourtant, combien de fois ai-je entendu mes collègues ou des parents dire à un élève des phrases du genre : « mais ton frère, lui, en maths… ». Son frère, c’est son frère. Lui, c’est lui. Et plus vous le comparerez, plus il fera exprès d’accentuer les différences pour montrer sa personnalité, qu’il est bien lui ; lui, une personne à part entière.

Nous savons tous à quel point certains ont des difficultés à se mettre en route. Pourtant, il n’est jamais bon d’enfoncer ou de décourager. Combien d’entre nous avons entendu nos professeurs dire : « tu es nul », « tu es vraiment bouché », « on ne tirera rien de toi », etc. Cela nous a-t-il déjà aidé ? On a surtout tendance à retenir : « je suis nul, j’ai toujours été nul, je serai toujours nul ». Moi, ancien prof, j’ai appris que le regard positif était révolutionnaire et que, si on veut élever un jeune, il faut d’abord « l’élever à ses propres yeux ». Mais comment faire alors sans mépris, pour les motiver ? Eh bien, par la douceur. Oui, la douceur.

5. Un maximum de douceur

J’ai vraiment appris qu’on peut quasiment tout obtenir avec de la douceur. Je te dirai, par ailleurs, combien cette attitude est indispensable dans tout domaine, à commencer par celui de l’amour. Pour l’éducation, tandis que les principes précédents constituaient le fond, la douceur représente leur emballage. Or, nous savons combien les emballages et le design nous font acheter plus que l’utilité de l’objet en lui-même.

Nous sommes séduits par une image avant d’être séduits par son efficacité. Dans nos relations humaines, c’est à peu près pareil : nous sympathisons dès les premiers instants d’une rencontre, les premiers mots, l’impression générale, la forme finalement ! Il en est de même pour l’éducation. On peut demander avec douceur et être ferme. On peut dire « non » avec douceur. Et dans ces cas, on ne choque plus, on ne blesse plus, on ne méprise plus. On respecte, on considère, on estime, voire on aime, avec de la douceur.

Qu’il est donc difficile d’éduquer… Mais avant d’éduquer les autres, moi, ancien professeur, j’ai compris qu’il fallait d’abord m’éduquer moi-même.

PODCAST DES AFC – ADOS & INFORMATIONS COMMENT LES PREPARER ? AVEC ACTUAILES !

Dans ce nouvel épisode, nous partons à la découverte du magazine Actuailes en compagnie de trois de ses journalistes : Valérie d’Aubigny, Sophie Roubertie et Anne-Sophie Biclet. Ensemble, elles nous dévoilent les coulisses de ce bimensuel gratuit, conçu pour aider les jeunes dès 10 ans à comprendre le monde qui les entoure.

Comment choisir les sujets ? Comment parler d’actualité aux adolescents sans les perdre ? Et surtout, comment développer leur esprit critique face à l’information ? Autant de questions auxquelles nos invitées répondent avec passion.

Un échange inspirant autour d’un projet porté par des bénévoles engagés, soucieux d’accompagner les parents dans l’éducation aux médias et à l’information.

À écouter dès maintenant sur toutes les plateformes de podcast !

(COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CNAFC) LES AFC DENONCENT UNE OFFENSIVE CONTRE L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE.

Examinée en procédure accélérée, la proposition de loi visant à lutter contre les violences en milieu scolaire suscite une vive réaction des AFC. Elles dénoncent un texte qui cible l’enseignement privé sous contrat tout en épargnant l’Éducation nationale.

Un texte examiné à marche forcée

La proposition de loi déposée par la députée Violette Spillebout, visant à protéger les enfants et à lutter contre les violences en milieu scolaire, est soumise aux députés en procédure accélérée, c’est-à-dire une seule lecture dans chaque chambre. Si la nécessité de protéger les enfants contre toute forme de violence ne souffre d’aucune discussion, la méthode et le contenu du texte soulèvent de sérieuses questions.

Pour les AFC, ce calendrier contraint et cette procédure d’exception traduisent une volonté de faire passer rapidement des dispositions dont les implications dépassent largement la simple protection de l’enfance.

Deux poids, deux mesures

Alors que la proposition de loi impose à l’enseignement privé sous contrat de nouvelles contraintes de contrôle et de nouvelles missions sociales, elle ne prévoit aucun mécanisme comparable pour l’enseignement public. Pire : les moyens financiers dus à l’enseignement privé sous contrat ne sont pas même versés dans de nombreuses communes.

En matière de protection de l’enfance, cette logique à deux vitesses est inacceptable et inexcusable. Le texte sous-entend l’existence de problèmes plus importants au sein du privé, sans chercher à faire la lumière sur les abus au sein du public et de son périscolaire. Et ce, alors que 18% des familles font le choix de l’enseignement catholique.

La liberté de culte directement menacée

[Mise à jour du 2/6/2026 : Le passage concernant le secret de la confession a été retiré de la proposition de loi, la liberté de culte n’est donc plus menacée !]

Au-delà des questions éducatives, les AFC pointent l’article 9 de la proposition de loi comme une attaque directe contre la liberté de culte. Cet article méconnaîtrait les principes fondamentaux de séparation de l’Église et de l’État, pourtant garantis par la Constitution française. Un point de droit que le mouvement familial entend défendre avec la plus grande fermeté devant les parlementaires.

Des lacunes graves en matière de signalement

Les AFC regrettent par ailleurs que le texte ne prévoie aucun dispositif de signalement et de lancement d’alertes à la hauteur des enjeux. De nombreux parents se retrouvent aujourd’hui sans recours efficaces et rapides lorsque leurs enfants subissent des agressions dans le cadre scolaire ou périscolaire. Cette lacune aurait pu et dû être comblée. Elle ne l’est pas.

De même, le contrôle des personnels intervenant dans les établissements resterait inférieur à celui en vigueur dans les accueils collectifs de mineurs, alors même que la fréquentation quotidienne, la proximité et le lien d’autorité qui caractérisent l’école commandent une vigilance accrue.

L’appel des AFC aux députés

Face à ces constats, les AFC appellent solennellement les députés à rejeter ce texte. Pour le mouvement familial, défendre la liberté d’enseignement, l’égalité de traitement entre public et privé, et la laïcité comprise comme garantie de pluralisme, c’est défendre les familles et les enfants (l’objet même de la proposition de loi).

https://afc-france.org/wp-content/uploads/2026/06/Communique_de_Presse_EDUCATION-protection-de-lenfance-ou-offensive-contre-lenseignement-catholique_VF.pdf

ACTUAILES : AIDER LES ADOS A COMPRENDRE L’ACTUALITE.

Le magazine numérique Actuailes fête la parution de son 200ème numéro, après 13 ans d’existence pour aider les adolescents à comprendre l’actualité.

Un article en partenariat avec Actuailes

Deux cents numéros, plus de 7 000 familles et établissements scolaires abonnés, 39 contributeurs bénévoles et une ambition inchangée depuis 2013 : aider les jeunes à comprendre le monde qui les entoure. À l’heure où l’information circule en continu sur les réseaux sociaux, le magazine numérique Actuailes poursuit un pari singulier : proposer aux adolescents une actualité expliquée, accessible et exigeante. Gratuit, indépendant et publié tous les quinze jours, le magazine vient de célébrer son 200e numéro.

Un magazine sur l’actualité né d’un souci éducatif

À l’origine d’Actuailes, en 2013, il y a la préoccupation de parents constatant qu’il n’existe pas réellement de média d’actualité adapté aux adolescents. Les publications disponibles leur semblent trop orientées idéologiquement, peu adaptées à la maturité des jeunes lecteurs, ou insuffisamment soucieuses de développer leur esprit critique. De nombreux parents se posent la question d’abonner leur enfant à un magazine.

Autour de Gaëlle Iordanow, toujours directrice de la rédaction, une petite équipe se constitue alors avec une idée simple : permettre aux 10-15 ans de mieux comprendre les événements qui façonnent le monde contemporain. « Actuailes a été fondé par un groupe de parents qui avaient la volonté d’enrichir le panel de la presse pour ados, en leur proposant, par ce journal, une actualité décryptée et éclairée. Actuailes se situe dans une démarche d’éducation intégrale, autour de la connaissance du monde, de la culture générale, mais aussi de la détente.» explique la fondatrice.

Car comprendre l’actualité ne consiste pas seulement à relayer des faits. « Une bonne compréhension du monde nécessite d’aller à l’origine des faits », rappelle l’équipe d’Actuailes. Une ligne directrice qui demeure au cœur du magazine treize ans plus tard.

Décrypter plutôt que survoler

Publié tous les quinze jours, hors vacances scolaires, Actuailes propose 24 pages consacrées à l’actualité française, européenne et internationale, mais aussi à des sujets de culture générale et à des dossiers de fond.

Les familles y trouvent aussi des conseils de livres, de films, des expositions. Des enseignants utilisent aussi les publications pour illustrer leurs cours. Le site internet actuailes.fr permet de retrouver tous les articles, ce qui s’avère très utile pour préparer des exposés ou des dossiers scolaires.

Les articles cherchent à expliquer les causes d’un événement, ses conséquences, les enjeux politiques, historiques ou sociaux qui l’entourent. Cette volonté de recul répond à une conviction forte : les jeunes ont besoin d’outils pour apprendre à décrypter l’information, dans un environnement souvent marqué par les réactions immédiates et les prises de position tranchées.

Guerres, élections, questions sociétales, enjeux environnementaux, économie, sciences ou vie internationale : les sujets abordés sont variés, parfois complexes. Lorsque certains thèmes touchent à des questions sensibles — notamment sociétales ou géopolitiques — les rédacteurs prennent le temps de la discussion avant publication.

Une rédaction entièrement bénévole

Le fonctionnement d’Actuailes tient de l’exception dans le paysage médiatique actuel. Le magazine repose sur l’engagement de 39 contributeurs bénévoles : médecins, juristes, cadres d’entreprise, auteurs, expatriés, spécialistes de la vie politique française ou internationale, mais aussi prêtres et religieux.

Rédacteurs, correctrices, secrétaires de rédaction : tous donnent de leur temps pour produire ce bimensuel gratuit. La mise en page est confiée à une maquettiste professionnelle, seule personne rémunérée du projet.

Le magazine fonctionne sans publicité et sans soutien d’entreprise, de groupe de presse ou d’association. Son financement repose exclusivement sur les dons des lecteurs, qui permettent de couvrir les frais techniques et de fabrication.

Aujourd’hui, plus de 7 000 familles, mais aussi des établissements scolaires et des CDI, sont abonnés à Actuailes.

Former l’esprit critique de nos ados

Actuailes cherche à former l’esprit critique de ses lecteurs. Les faits sont contextualisés, les événements, expliqués, pour inciter les jeunes à réfléchir par eux-mêmes.

Pour les sujets touchant à l’anthropologie ou aux questions de société, la rédaction s’appuie également sur les ressources de l’enseignement de l’Église pour éclairer certains débats. Une page spirituelle, rédigée par un prêtre ou un religieux, accompagne ainsi chaque numéro et propose une réflexion personnelle adaptée aux ados.

Mais l’objectif du magazine n’est pas de remplacer les parents dans l’éducation des enfants. Au contraire, Actuailes insiste sur leur rôle central : les parents demeurent les premiers et principaux éducateurs de leurs enfants.

Les articles sont d’ailleurs souvent pensés comme des points de départ pour des discussions familiales. Le format numérique permet aussi une grande souplesse : le magazine peut être lu sur ordinateur, ou imprimé à la maison pour les familles souhaitant limiter l’usage des écrans.

Un succès construit dans la durée

Au fil des années, Actuailes a fidélisé un lectorat attaché à cette approche exigeante de l’information.

« Je tenais à vous remercier très sincèrement pour la qualité de cette publication. Tous nos enfants, de 11 à 20 ans, se jettent dessus, et nous aussi ! », écrit ainsi un lecteur du magazine.

« Un journal dans lequel je peux tout lire, c’est super ! », confie Félicité, 10 ans.
Une enseignante témoigne également : « Au hasard de mails reçus par une de mes sœurs, une info sur l’existence d’Actuailes… Et là, c’est la révélation. Tout le monde à la maison le lit maintenant, et je l’utilise parfois pour travailler certains sujets avec mes élèves. »

À l’heure des vidéos courtes, des algorithmes et de l’information fragmentée, Actuailes poursuit donc une mission devenue rare : prendre le temps d’expliquer. Une manière d’apprendre aux adolescents non seulement à s’informer, mais aussi à penser.

(ARTICLE CNAFC) SIGNALEUR DE CONFIANCE, PROTEGER SON ENFANT EN LIGNE.

Face aux dangers du numérique, les signaleurs de confiance aident les familles à faire retirer rapidement les contenus illégaux et à mieux protéger les enfants en ligne.

Internet est un espace d’échanges, d’apprentissage et de loisirs, mais il peut aussi exposer les mineurs à des contenus choquants ou illégaux. L’Unaf (Union nationale des associations familiales) et Point de Contact ont publié, le 9 février 2026, un guide pratique pour aider les familles à comprendre le rôle des « signaleurs de confiance » et à agir plus efficacement. Ce guide rappelle notamment que 77 % des mineurs disent avoir déjà vu des contenus jugés choquants en ligne, et que 35 % déclarent avoir été victimes de cyberharcèlement.

À quoi sert un signaleur de confiance ?

Un signaleur de confiance est une organisation reconnue pour son expertise dans la détection et le signalement de contenus présumés illégaux en ligne, auprès des plateformes internet, pour faire retirer rapidement ce contenu. En France, ces organismes sont désignés par l’Arcom, dans le cadre du règlement européen sur les services numériques (DSA). Leurs signalements doivent être traités en priorité par les plateformes concernées. La plateforme garde toutefois la responsabilité de décider si le contenu doit être retiré ou bloqué.

Pourquoi ce dispositif est-il utile aux familles ?

Lorsqu’un enfant est confronté à une situation grave sur internet, les parents ne savent pas toujours vers qui se tourner ni comment faire retirer rapidement un contenu. Le recours à un signaleur de confiance permet d’obtenir un regard humain, une analyse experte et un signalement prioritaire auprès de la plateforme. Le guide Unaf/Point de Contact cite notamment les cas suivants : cyberharcèlement, diffusion non consentie d’images intimes, sextorsion, incitation à la haine, apologie du terrorisme, usurpation d’identité, contenus pédocriminels ou provocations au suicide.

Qui sont les signaleurs de confiance en France ?

L’Arcom indique, avec une dernière mise à jour au 18 août 2025, huit signaleurs de confiance désignés en France : e-Enfance, ALPA, IFAW, INDECOSA-CGT, Point de Contact, Addictions France, Crif et Licra. La Commission européenne publie de son côté la liste à jour de l’ensemble des signaleurs de confiance désignés dans l’Union européenne.

Dans quels cas faut-il réagir ?

Il faut agir sans attendre lorsque vous vous rendez compte que votre enfant :

  • découvre un contenu manifestement violent, sexuel ou haineux ;
  • subit des insultes, menaces ou humiliations répétées en ligne ;
  • voit circuler une photo ou une vidéo intime sans son accord ;
  • est victime de chantage, de sextorsion ou d’usurpation d’identité ;
  • tombe sur un contenu qui semble manifestement illégal.

La marche à suivre en 7 étapes

1. Repérez précisément le contenu ou le comportement en cause.

2. Conservez les preuves : captures d’écran, date, lien internet, pseudonymes, messages reçus ou envoyés.

3. Signalez le contenu à un signaleur de confiance, par exemple Point de Contact.

4. Le signaleur analyse la situation et vérifie si le contenu est illégal.

5. Si c’est le cas, il alerte la plateforme et, selon la situation, les autorités compétentes.

6. La plateforme retire le contenu rapidement ou motive son refus.

7. Le signaleur informe la famille du suivi et des actions entreprises.

En résumé

Ne laissez pas l’enfant seul face à la situation. Rassurez-le, évitez de diffuser davantage le contenu litigieux, et conservez les éléments utiles avant toute suppression. Le signalement est important non seulement pour protéger son propre enfant, mais aussi pour éviter que d’autres jeunes soient exposés au même contenu. Le guide Unaf/Point de Contact insiste sur cette dimension de protection collective et de geste citoyen.

À qui s’adresser concrètement ?

     Point de contact permet de signaler simplement et gratuitement des contenus potentiellement illicites en ligne. L’association met à disposition un formulaire, une application mobile et une extension de navigateur ; elle analyse les signalements et peut faire le lien avec les plateformes et les autorités pour faire retirer rapidement le contenu illicite.

    Le 3018 est le numéro dédié aux jeunes victimes et aux témoins de harcèlement et de violences numériques. Il est accessible 7 jours sur 7, de 9 h à 23 h, par téléphone, tchat et Messenger. e-Enfance indique que le 3018 dispose d’une procédure accélérée pour obtenir la suppression de contenus ou de comptes préjudiciables en quelques heures.

    PHAROS, est le portail officiel de signalement aux autorités. Il permet d’alerter la police ou les services compétents sur un contenu ou un comportement illicite en ligne. En pratique, ce dispositif est complémentaire aux signaleurs de confiance. Dans les situations graves, il est souvent utile de faire les deux.

    En résumé

    Les signaleurs de confiance sont des alliés utiles pour les parents. Ils ne remplacent pas la vigilance familiale, mais ils permettent d’agir plus vite et plus efficacement lorsque des contenus illégaux mettent un enfant en danger. Face à un doute, il ne faut pas rester seul : conserver les preuves, signaler rapidement et se faire accompagner est souvent la meilleure protection.

    Règlement sur les services numériques (DSA) : liste des signaleurs de confiance désignés par l’Arcom | Arcom

    Signaleur de confiance : des alliés pour protéger vos enfants en ligne | Unaf

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