(COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CNAFC) LES AFC DENONCENT UNE OFFENSIVE CONTRE L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE.

Examinée en procédure accélérée, la proposition de loi visant à lutter contre les violences en milieu scolaire suscite une vive réaction des AFC. Elles dénoncent un texte qui cible l’enseignement privé sous contrat tout en épargnant l’Éducation nationale.

Un texte examiné à marche forcée

La proposition de loi déposée par la députée Violette Spillebout, visant à protéger les enfants et à lutter contre les violences en milieu scolaire, est soumise aux députés en procédure accélérée, c’est-à-dire une seule lecture dans chaque chambre. Si la nécessité de protéger les enfants contre toute forme de violence ne souffre d’aucune discussion, la méthode et le contenu du texte soulèvent de sérieuses questions.

Pour les AFC, ce calendrier contraint et cette procédure d’exception traduisent une volonté de faire passer rapidement des dispositions dont les implications dépassent largement la simple protection de l’enfance.

Deux poids, deux mesures

Alors que la proposition de loi impose à l’enseignement privé sous contrat de nouvelles contraintes de contrôle et de nouvelles missions sociales, elle ne prévoit aucun mécanisme comparable pour l’enseignement public. Pire : les moyens financiers dus à l’enseignement privé sous contrat ne sont pas même versés dans de nombreuses communes.

En matière de protection de l’enfance, cette logique à deux vitesses est inacceptable et inexcusable. Le texte sous-entend l’existence de problèmes plus importants au sein du privé, sans chercher à faire la lumière sur les abus au sein du public et de son périscolaire. Et ce, alors que 18% des familles font le choix de l’enseignement catholique.

La liberté de culte directement menacée

[Mise à jour du 2/6/2026 : Le passage concernant le secret de la confession a été retiré de la proposition de loi, la liberté de culte n’est donc plus menacée !]

Au-delà des questions éducatives, les AFC pointent l’article 9 de la proposition de loi comme une attaque directe contre la liberté de culte. Cet article méconnaîtrait les principes fondamentaux de séparation de l’Église et de l’État, pourtant garantis par la Constitution française. Un point de droit que le mouvement familial entend défendre avec la plus grande fermeté devant les parlementaires.

Des lacunes graves en matière de signalement

Les AFC regrettent par ailleurs que le texte ne prévoie aucun dispositif de signalement et de lancement d’alertes à la hauteur des enjeux. De nombreux parents se retrouvent aujourd’hui sans recours efficaces et rapides lorsque leurs enfants subissent des agressions dans le cadre scolaire ou périscolaire. Cette lacune aurait pu et dû être comblée. Elle ne l’est pas.

De même, le contrôle des personnels intervenant dans les établissements resterait inférieur à celui en vigueur dans les accueils collectifs de mineurs, alors même que la fréquentation quotidienne, la proximité et le lien d’autorité qui caractérisent l’école commandent une vigilance accrue.

L’appel des AFC aux députés

Face à ces constats, les AFC appellent solennellement les députés à rejeter ce texte. Pour le mouvement familial, défendre la liberté d’enseignement, l’égalité de traitement entre public et privé, et la laïcité comprise comme garantie de pluralisme, c’est défendre les familles et les enfants (l’objet même de la proposition de loi).

https://afc-france.org/wp-content/uploads/2026/06/Communique_de_Presse_EDUCATION-protection-de-lenfance-ou-offensive-contre-lenseignement-catholique_VF.pdf

ACTUAILES : AIDER LES ADOS A COMPRENDRE L’ACTUALITE.

Le magazine numérique Actuailes fête la parution de son 200ème numéro, après 13 ans d’existence pour aider les adolescents à comprendre l’actualité.

Un article en partenariat avec Actuailes

Deux cents numéros, plus de 7 000 familles et établissements scolaires abonnés, 39 contributeurs bénévoles et une ambition inchangée depuis 2013 : aider les jeunes à comprendre le monde qui les entoure. À l’heure où l’information circule en continu sur les réseaux sociaux, le magazine numérique Actuailes poursuit un pari singulier : proposer aux adolescents une actualité expliquée, accessible et exigeante. Gratuit, indépendant et publié tous les quinze jours, le magazine vient de célébrer son 200e numéro.

Un magazine sur l’actualité né d’un souci éducatif

À l’origine d’Actuailes, en 2013, il y a la préoccupation de parents constatant qu’il n’existe pas réellement de média d’actualité adapté aux adolescents. Les publications disponibles leur semblent trop orientées idéologiquement, peu adaptées à la maturité des jeunes lecteurs, ou insuffisamment soucieuses de développer leur esprit critique. De nombreux parents se posent la question d’abonner leur enfant à un magazine.

Autour de Gaëlle Iordanow, toujours directrice de la rédaction, une petite équipe se constitue alors avec une idée simple : permettre aux 10-15 ans de mieux comprendre les événements qui façonnent le monde contemporain. « Actuailes a été fondé par un groupe de parents qui avaient la volonté d’enrichir le panel de la presse pour ados, en leur proposant, par ce journal, une actualité décryptée et éclairée. Actuailes se situe dans une démarche d’éducation intégrale, autour de la connaissance du monde, de la culture générale, mais aussi de la détente.» explique la fondatrice.

Car comprendre l’actualité ne consiste pas seulement à relayer des faits. « Une bonne compréhension du monde nécessite d’aller à l’origine des faits », rappelle l’équipe d’Actuailes. Une ligne directrice qui demeure au cœur du magazine treize ans plus tard.

Décrypter plutôt que survoler

Publié tous les quinze jours, hors vacances scolaires, Actuailes propose 24 pages consacrées à l’actualité française, européenne et internationale, mais aussi à des sujets de culture générale et à des dossiers de fond.

Les familles y trouvent aussi des conseils de livres, de films, des expositions. Des enseignants utilisent aussi les publications pour illustrer leurs cours. Le site internet actuailes.fr permet de retrouver tous les articles, ce qui s’avère très utile pour préparer des exposés ou des dossiers scolaires.

Les articles cherchent à expliquer les causes d’un événement, ses conséquences, les enjeux politiques, historiques ou sociaux qui l’entourent. Cette volonté de recul répond à une conviction forte : les jeunes ont besoin d’outils pour apprendre à décrypter l’information, dans un environnement souvent marqué par les réactions immédiates et les prises de position tranchées.

Guerres, élections, questions sociétales, enjeux environnementaux, économie, sciences ou vie internationale : les sujets abordés sont variés, parfois complexes. Lorsque certains thèmes touchent à des questions sensibles — notamment sociétales ou géopolitiques — les rédacteurs prennent le temps de la discussion avant publication.

Une rédaction entièrement bénévole

Le fonctionnement d’Actuailes tient de l’exception dans le paysage médiatique actuel. Le magazine repose sur l’engagement de 39 contributeurs bénévoles : médecins, juristes, cadres d’entreprise, auteurs, expatriés, spécialistes de la vie politique française ou internationale, mais aussi prêtres et religieux.

Rédacteurs, correctrices, secrétaires de rédaction : tous donnent de leur temps pour produire ce bimensuel gratuit. La mise en page est confiée à une maquettiste professionnelle, seule personne rémunérée du projet.

Le magazine fonctionne sans publicité et sans soutien d’entreprise, de groupe de presse ou d’association. Son financement repose exclusivement sur les dons des lecteurs, qui permettent de couvrir les frais techniques et de fabrication.

Aujourd’hui, plus de 7 000 familles, mais aussi des établissements scolaires et des CDI, sont abonnés à Actuailes.

Former l’esprit critique de nos ados

Actuailes cherche à former l’esprit critique de ses lecteurs. Les faits sont contextualisés, les événements, expliqués, pour inciter les jeunes à réfléchir par eux-mêmes.

Pour les sujets touchant à l’anthropologie ou aux questions de société, la rédaction s’appuie également sur les ressources de l’enseignement de l’Église pour éclairer certains débats. Une page spirituelle, rédigée par un prêtre ou un religieux, accompagne ainsi chaque numéro et propose une réflexion personnelle adaptée aux ados.

Mais l’objectif du magazine n’est pas de remplacer les parents dans l’éducation des enfants. Au contraire, Actuailes insiste sur leur rôle central : les parents demeurent les premiers et principaux éducateurs de leurs enfants.

Les articles sont d’ailleurs souvent pensés comme des points de départ pour des discussions familiales. Le format numérique permet aussi une grande souplesse : le magazine peut être lu sur ordinateur, ou imprimé à la maison pour les familles souhaitant limiter l’usage des écrans.

Un succès construit dans la durée

Au fil des années, Actuailes a fidélisé un lectorat attaché à cette approche exigeante de l’information.

« Je tenais à vous remercier très sincèrement pour la qualité de cette publication. Tous nos enfants, de 11 à 20 ans, se jettent dessus, et nous aussi ! », écrit ainsi un lecteur du magazine.

« Un journal dans lequel je peux tout lire, c’est super ! », confie Félicité, 10 ans.
Une enseignante témoigne également : « Au hasard de mails reçus par une de mes sœurs, une info sur l’existence d’Actuailes… Et là, c’est la révélation. Tout le monde à la maison le lit maintenant, et je l’utilise parfois pour travailler certains sujets avec mes élèves. »

À l’heure des vidéos courtes, des algorithmes et de l’information fragmentée, Actuailes poursuit donc une mission devenue rare : prendre le temps d’expliquer. Une manière d’apprendre aux adolescents non seulement à s’informer, mais aussi à penser.

(ARTICLE CNAFC) SIGNALEUR DE CONFIANCE, PROTEGER SON ENFANT EN LIGNE.

Face aux dangers du numérique, les signaleurs de confiance aident les familles à faire retirer rapidement les contenus illégaux et à mieux protéger les enfants en ligne.

Internet est un espace d’échanges, d’apprentissage et de loisirs, mais il peut aussi exposer les mineurs à des contenus choquants ou illégaux. L’Unaf (Union nationale des associations familiales) et Point de Contact ont publié, le 9 février 2026, un guide pratique pour aider les familles à comprendre le rôle des « signaleurs de confiance » et à agir plus efficacement. Ce guide rappelle notamment que 77 % des mineurs disent avoir déjà vu des contenus jugés choquants en ligne, et que 35 % déclarent avoir été victimes de cyberharcèlement.

À quoi sert un signaleur de confiance ?

Un signaleur de confiance est une organisation reconnue pour son expertise dans la détection et le signalement de contenus présumés illégaux en ligne, auprès des plateformes internet, pour faire retirer rapidement ce contenu. En France, ces organismes sont désignés par l’Arcom, dans le cadre du règlement européen sur les services numériques (DSA). Leurs signalements doivent être traités en priorité par les plateformes concernées. La plateforme garde toutefois la responsabilité de décider si le contenu doit être retiré ou bloqué.

Pourquoi ce dispositif est-il utile aux familles ?

Lorsqu’un enfant est confronté à une situation grave sur internet, les parents ne savent pas toujours vers qui se tourner ni comment faire retirer rapidement un contenu. Le recours à un signaleur de confiance permet d’obtenir un regard humain, une analyse experte et un signalement prioritaire auprès de la plateforme. Le guide Unaf/Point de Contact cite notamment les cas suivants : cyberharcèlement, diffusion non consentie d’images intimes, sextorsion, incitation à la haine, apologie du terrorisme, usurpation d’identité, contenus pédocriminels ou provocations au suicide.

Qui sont les signaleurs de confiance en France ?

L’Arcom indique, avec une dernière mise à jour au 18 août 2025, huit signaleurs de confiance désignés en France : e-Enfance, ALPA, IFAW, INDECOSA-CGT, Point de Contact, Addictions France, Crif et Licra. La Commission européenne publie de son côté la liste à jour de l’ensemble des signaleurs de confiance désignés dans l’Union européenne.

Dans quels cas faut-il réagir ?

Il faut agir sans attendre lorsque vous vous rendez compte que votre enfant :

  • découvre un contenu manifestement violent, sexuel ou haineux ;
  • subit des insultes, menaces ou humiliations répétées en ligne ;
  • voit circuler une photo ou une vidéo intime sans son accord ;
  • est victime de chantage, de sextorsion ou d’usurpation d’identité ;
  • tombe sur un contenu qui semble manifestement illégal.

La marche à suivre en 7 étapes

1. Repérez précisément le contenu ou le comportement en cause.

2. Conservez les preuves : captures d’écran, date, lien internet, pseudonymes, messages reçus ou envoyés.

3. Signalez le contenu à un signaleur de confiance, par exemple Point de Contact.

4. Le signaleur analyse la situation et vérifie si le contenu est illégal.

5. Si c’est le cas, il alerte la plateforme et, selon la situation, les autorités compétentes.

6. La plateforme retire le contenu rapidement ou motive son refus.

7. Le signaleur informe la famille du suivi et des actions entreprises.

En résumé

Ne laissez pas l’enfant seul face à la situation. Rassurez-le, évitez de diffuser davantage le contenu litigieux, et conservez les éléments utiles avant toute suppression. Le signalement est important non seulement pour protéger son propre enfant, mais aussi pour éviter que d’autres jeunes soient exposés au même contenu. Le guide Unaf/Point de Contact insiste sur cette dimension de protection collective et de geste citoyen.

À qui s’adresser concrètement ?

     Point de contact permet de signaler simplement et gratuitement des contenus potentiellement illicites en ligne. L’association met à disposition un formulaire, une application mobile et une extension de navigateur ; elle analyse les signalements et peut faire le lien avec les plateformes et les autorités pour faire retirer rapidement le contenu illicite.

    Le 3018 est le numéro dédié aux jeunes victimes et aux témoins de harcèlement et de violences numériques. Il est accessible 7 jours sur 7, de 9 h à 23 h, par téléphone, tchat et Messenger. e-Enfance indique que le 3018 dispose d’une procédure accélérée pour obtenir la suppression de contenus ou de comptes préjudiciables en quelques heures.

    PHAROS, est le portail officiel de signalement aux autorités. Il permet d’alerter la police ou les services compétents sur un contenu ou un comportement illicite en ligne. En pratique, ce dispositif est complémentaire aux signaleurs de confiance. Dans les situations graves, il est souvent utile de faire les deux.

    En résumé

    Les signaleurs de confiance sont des alliés utiles pour les parents. Ils ne remplacent pas la vigilance familiale, mais ils permettent d’agir plus vite et plus efficacement lorsque des contenus illégaux mettent un enfant en danger. Face à un doute, il ne faut pas rester seul : conserver les preuves, signaler rapidement et se faire accompagner est souvent la meilleure protection.

    Règlement sur les services numériques (DSA) : liste des signaleurs de confiance désignés par l’Arcom | Arcom

    Signaleur de confiance : des alliés pour protéger vos enfants en ligne | Unaf

    Accueil – Point de Contact

    internet-signalement.gouv.fr – Accueil

    ARTICLE CNAFC – COMMENT PARLER DE LA GUERRE A NOS ENFANTS ?

    Dans un contexte international complexe et anxiogène, nombreux sont les parents qui se questionnent sur la nécessité d’instaurer un dialogue sur les conflits actuels avec leurs enfants. Entre crainte et sentiment d’impuissance, il est souvent difficile de passer le pas, voici quelques éléments de langages simples.

    Pourquoi leur parler de la guerre ?

    Certains parents ne souhaitent pas avoir cette discussion avec leurs enfants pour deux raisons principales: ils ne veulent pas créer un sentiment d’insécurité chez leurs enfants, ils se sentent démunis pour le faire. La première raison est souvent évoquée en cabinet de psychothérapie concernant d’autres sujets difficiles comme la mort, la sexualité ou la question des abus. Les AFC vous proposent un article pour aborder le sujet de la mort avec les enfants. Même s’il est évident que le dialogue doit être adapté à l’âge de l’enfant, il est impératif de retenir que  le silence parental est toujours plus anxiogène pour un enfant que la discussion. En effet, nous savons bien que les cours d’école, de collège ou de lycée mais aussi les réseaux sociaux, les écrans et nos propres conversations d’adultes surprises par l’enfant, se chargent de leur apporter des informations, rarement justes sur le contenu et encore moins contenantes. L’enfant va alors créer ses propres théories pour comprendre le monde et se sentira très seul face aux émotions qu’elles génèrent en lui. Cela relève donc de la responsabilité des parents que d’apporter quelques éléments de compréhension et de réassurance à leurs enfants.

    Comment aborder le sujet ?

    Il s’agit tout d’abord d’être soi-même en état d’avoir cette conversation. Si le parent est trop débordé émotionnellement, l’enfant ne pourra percevoir de la réassurance dans cette discussion. Prenez donc soin d’y avoir réfléchi avant, d’être suffisamment calme vous-même  et préparé pour commencer le dialogue. Si vous avez plusieurs enfants, essayez de prendre un temps privilégié avec chacun afin d’ajuster le vocabulaire et la complexité du discours en fonction de l’âge de l’enfant. Pour initier la conversation, commencez toujours par questionner l’enfant lui-même: que sait-il? qu’a-t-il compris? Il est important de le questionner également sur ses émotions: a-t-il peur? Fait-il des cauchemars? A-t-il regardé des images anxiogènes?

    Un dialogue stimulant

    Le dialogue avec votre enfant va amener de la pensée, stimuler le cérébral et ainsi permettre que les émotions ne prennent pas toute la place. Il s’agit alors d’apporter des éléments concrets de compréhension et de connaissance. Munissez-vous par exemple d’un atlas afin d’avoir un support à la discussion. L’enfant et l’adolescent n’ont que rarement conscience des frontières et des distances, ce qui augmente le sentiment d’insécurité. Plus l’enfant est âgé, plus vous pourrez revenir aux sources des conflits. Mais il est important de ne pas avoir une pensée trop manichéenne dès le plus jeune âge, de sortir de la vision simpliste des gentils et des méchants. C’est l’occasion de montrer que le conflit entre êtres humains fait partie de leur vie au quotidien, qu’ils y sont eux-mêmes confrontés tous les jours et trouvent des solutions pour y faire face. Vous pouvez également “dézoomer” de notre époque et rappeler que les conflits entre nations sont présents tout au long de l’histoire de l’humanité. Il est normal d’être inquiet face aux nouveaux conflits car cette génération n’en a heureusement plus l’habitude.

    Ce que les enfants ont besoin d’entendre

    L’enfant a besoin d’entendre des éléments de réassurance quant à notre sécurité. Rappelez-lui pour cela que notre pays n’est pour le moment en guerre avec aucune nation, que nous coopérons avec d’autres Etats pour le maintien de la paix. Vous pouvez également expliquer qu’il existe de grandes instances internationales pour tenter de protéger la paix durablement et que, même si elles sont actuellement malmenées, elles continuent tout de même de jouer leur rôle. Rappelez également à vos enfants que des hommes et des femmes s’entraînent et œuvrent quotidiennement pour notre sécurité. C’est d’ailleurs l’occasion de leur inculquer le devoir de reconnaissance et de gratitude envers eux.

    Vous pouvez aussi aborder la valeur de la paix. Nous avons la chance de vivre dans un pays qui souhaite protéger le plus possible la paix et qui œuvre dans ce sens dans un esprit de tempérance au niveau international.

    Enfin, le fonctionnement psychique humain ne supporte pas le sentiment d’impuissance, quel que soit l’âge. Encouragez donc votre enfant à avoir une petite action pour la paix: se réconcilier lui-même avec quelqu’un, prier pour la paix, déposer une bougie à cette intention.

    Quels bienfaits ?

    Ce dialogue avec votre enfant a pour objectif de limiter ses propres théories face aux éléments anxiogènes qu’il perçoit mais aussi de légitimer ses émotions face aux sujets. Vous ne disposez pas d’un pouvoir magique d’enlever toute ses angoisses, mais la discussion sera un précieux support de réassurance pour votre enfant. Il ne se sentira  pas seul dans d’angoisse mais aussi pas LE seul à ressentir des émotions diverses face à l’environnement.

    Plus largement, par ces conversations, votre enfant intégrera qu’il peut vous faire confiance, que vous êtes disponible et à l’écoute pour d’autres dialogues autour de sujets pas toujours simples à aborder pour lui dans son développement.

    Mathilde Tiberghien, Psychologue clinicienne. Psychothérapeute de couple et de famille.

    Auteur de Familles de militaires, le défi de la mission, disponible aux éditions Mame. 17,90 €. 2024

    (ARTICLE CNAFC) DARK ROMANCE : UN PHENOMENE LITTERAIRE INQUIETANT.

    Les Associations Familiales Catholiques alertent les parents sur une forme de littérature très en vogue chez les jeunes, et en particulier les jeunes adolescents : la Dark Romance (« romance sombre »).

    Né aux Etats-Unis dans les années 2010, ce sous-genre de la New Romance arrivé chez nous quelques années plus tard met en scène des relations violentes et dégradantes, des amours « interdites » et des relations condamnées par la morale ou par la loi. Il mêle sexualité explicite, violence, humiliation, emprise, viol, torture, drogue, alcool, rapt et relations toxiques « idéalisées ». Les protagonistes masculins sont souvent des anti-héros, mafieux, tueurs à gages, dominateurs « brisés » et violents.

    Ces récits présentent couramment des scènes de sado-masochisme ou des scènes de torture, notamment vis-à-vis des femmes, souvent elles-mêmes dociles et consentantes vis-à-vis d’une terreur et d’une perversité imposées : une sorte d’apologie du gynocide.

    Une popularité croissante

    Vanté sur les réseaux sociaux, le genre est devenu très populaire en France auprès d’un public féminin (plus de 90 %) souvent très jeune (dès 12 ans) ; il représente 17 % du marché du livre – notamment via la saga Captive de Sarah Rivens (2022) – qui brille par sa pauvreté de langue et son amas de clichés.

    Les auteurs font valoir qu’il ne s’agit que de fiction (un terrain de jeu émotionnel où l’on circule en zone soi-disant « sûre »), et que des avertissements figurent en début d’ouvrage.

    Mais ces titres sont très largement accessibles aux jeunes : gratuitement avec le Pass Culture, et sans contrôle parental ni filtre via des plates-formes de livres en ligne (comme Nextory), en accès libre sur Kindle, Skyblog, Wattpad ou via TikTok (BookTok) – sans que les pouvoirs publics y trouvent à redire.

    Avec leurs couvertures innocentes fleuries et « glamours », ils figurent souvent en tête de gondole dans les librairies, tandis que le marketing des maisons d’édition tourne en boucle sur les portables via les vidéos TikTok. Les librairies elles-mêmes se voient débordées par le phénomène.

    S’ils peuvent déconseiller une lecture, les libraires ne peuvent refuser une vente puisqu’aucune restriction d’âge n’est imposée.

    Ravis de voir leurs enfants lire, les parents ne se méfient pas de cette « littérature » redoutablement nocive pour nos jeunes. Non avertis, beaucoup se laissent berner.

    Amazon a néanmoins récemment retiré de sa plate-forme l’un de ces titres (Corps à cœur) mis en cause pour apologie de la pédophilie et de la pédocriminalité ; cet ouvrage a également fait l’objet d’un signalement à la justice par Sarah El Haïry, haut commissaire à l’Enfance.

    Comment les parents peuvent (ré)agir ?

    Il est urgent de n’exposer en aucun cas nos enfants à cette « littérature » qui n’a rien à voir avec un amour véritable entre un homme et une femme fondé sur le don mutuel, la tendresse et le respect. A l’âge de la construction de la personnalité, certaines lectrices auront du mal à distinguer les dynamiques relationnelles fictives de celles du monde réel. La répétition des scènes violentes finit par rendre insensible à la violence, la rendant plus acceptable, et induisant une confusion entre désir et coercition.

    S’ils ont été en contact avec ces livres, il importe de faire prendre conscience aux jeunes de la toxicité de ces lectures : il y a là risque d’addiction et d’atteinte psychique – et spirituelle- proche de celui que l’on trouve dans les films pornographiques avec la recherche d’une excitation sexuelle malsaine. Aux parents de leur rappeler que ces récits relèvent de fantasmes, qui ne doivent pas être transposés à la réalité.

    Plutôt que cette sous-littérature, invitons nos jeunes à découvrir les ouvrages qui vont les aider à se construire.

    Quelques recommandations de lecture

    Le guide de lecture proposé par les AFC de Versailles recense près de 1500 livres pour enfants et adolescents jusqu’à leur entrée dans l’âge adulte. Classiques, récents ou très actuels, tous les livres présentés ont été lus avec attention par des adultes et de jeunes lecteurs avant d’être sélectionnés et classés par thème et par âge. Ce guide de lecture de s’intitule Lire, c’est élire, et est disponible aux éditions Salvator (10€, en rupture provisoire). D’autres idées de bonnes lectures figurent aussi sur Livres en famille et 123 loisirs.

    Le maître-mot : dialoguer, et lire avec eux !