Adhérer à une association familiale, c’est agir pour défendre la place de la famille dans la société tout en bénéficiant d’un soutien concret au quotidien.
La famille reste un lieu privilégié de croissance et de ressource, fondement de toute société. Qui veille sur les conditions d’exercice de la vie familiale ? Les pouvoirs publics et les institutions sociales abreuvent notre société de lois, de normes pour régir les interactions et le bon fonctionnement de notre pays. Mais les réalités familiales – telles que l’Eglise les promeut – sont peu valorisées soit même mises à mal, par exemple, le mariage, la responsabilité parentale, le droit à choisir l’éducation et la croissance des enfants selon les valeurs de l’Evangile, le soutien de la vie matérielle des familles en faveur d’une natalité florissante.
Les Associations familiales catholiques œuvrent au niveau municipal, régional et national pour alerter, former, informer les élus et les institutions des besoins réels des familles. Ce travail n’est possible que si les AFC peuvent chiffrer suffisamment d’adhérents soucieux d’être représentés ! C’est là que la cotisation intervient.
Afin de soutenir les familles, les AFC agissent donc sur le plan politique et social. Mais elles offrent aussi un panel de services de proximité : formation, convivialité, groupe de parents (Chantiers-Education), EARS (Education affective relationnelle et sexuelle) pour les enfants d’âge primaire, etc.
Après avoir adopté définitivement le texte sur « L’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs », le Sénat a examiné en deuxième lecture la proposition de Loi relative au « Droit à l’aide à mourir ». La Haute Assemblée a rejeté l’article 2 avec les voix des opposants à l’euthanasie et les voix des sénateurs qui estimaient que le texte n’allait pas assez loin. Par cohérence, le Sénat a ensuite supprimé l’ensemble des articles suivants, rejetant le texte et renonçant au vote solennel.
Les Sénateurs ont à nouveau montré qu’il n’y avait pas de consensus possible sur un texte qui aurait organisé la précipitation de la fin de vie des plus vulnérables.
Le narratif d’un texte attendu par les Français ne tient plus. L’équilibre recherché depuis le début de cette séquence parlementaire n’a jamais été trouvé. Ce d’autant que de plus en plus de députés s’opposent à cette proposition de loi. Les Français ne demandent pas qu’on légalise le suicide assisté et l’euthanasie mais souhaitent un égal accès aux soins palliatifs pour tous.
La représentation nationale est incapable de s’entendre sur ce texte qui divise au lieu de rassembler.
Alors que l’examen de cette proposition de loi s’apparente à de l’acharnement législatif et que le sondage AFC-Fondapol a montré que les Français n’en voulaient pas, les AFC appellent le Président de la République et le Premier ministre, à supprimer ce texte de l’agenda parlementaire.
Face aux dangers du numérique, les signaleurs de confiance aident les familles à faire retirer rapidement les contenus illégaux et à mieux protéger les enfants en ligne.
Internet est un espace d’échanges, d’apprentissage et de loisirs, mais il peut aussi exposer les mineurs à des contenus choquants ou illégaux. L’Unaf (Union nationale des associations familiales) et Point de Contact ont publié, le 9 février 2026, un guide pratique pour aider les familles à comprendre le rôle des « signaleurs de confiance » et à agir plus efficacement. Ce guide rappelle notamment que 77 % des mineurs disent avoir déjà vu des contenus jugés choquants en ligne, et que 35 % déclarent avoir été victimes de cyberharcèlement.
À quoi sert un signaleur de confiance ?
Un signaleur de confiance est une organisation reconnue pour son expertise dans la détection et le signalement de contenus présumés illégaux en ligne, auprès des plateformes internet, pour faire retirer rapidement ce contenu. En France, ces organismes sont désignés par l’Arcom, dans le cadre du règlement européen sur les services numériques (DSA). Leurs signalements doivent être traités en priorité par les plateformes concernées. La plateforme garde toutefois la responsabilité de décider si le contenu doit être retiré ou bloqué.
Pourquoi ce dispositif est-il utile aux familles ?
Lorsqu’un enfant est confronté à une situation grave sur internet, les parents ne savent pas toujours vers qui se tourner ni comment faire retirer rapidement un contenu. Le recours à un signaleur de confiance permet d’obtenir un regard humain, une analyse experte et un signalement prioritaire auprès de la plateforme. Le guide Unaf/Point de Contact cite notamment les cas suivants : cyberharcèlement, diffusion non consentie d’images intimes, sextorsion, incitation à la haine, apologie du terrorisme, usurpation d’identité, contenus pédocriminels ou provocations au suicide.
Qui sont les signaleurs de confiance en France ?
L’Arcom indique, avec une dernière mise à jour au 18 août 2025, huit signaleurs de confiance désignés en France : e-Enfance, ALPA, IFAW, INDECOSA-CGT, Point de Contact, Addictions France, Crif et Licra. La Commission européenne publie de son côté la liste à jour de l’ensemble des signaleurs de confiance désignés dans l’Union européenne.
Dans quels cas faut-il réagir ?
Il faut agir sans attendre lorsque vous vous rendez compte que votre enfant :
découvre un contenu manifestement violent, sexuel ou haineux ;
subit des insultes, menaces ou humiliations répétées en ligne ;
voit circuler une photo ou une vidéo intime sans son accord ;
est victime de chantage, de sextorsion ou d’usurpation d’identité ;
tombe sur un contenu qui semble manifestement illégal.
La marche à suivre en 7 étapes
1. Repérez précisément le contenu ou le comportement en cause.
2. Conservez les preuves : captures d’écran, date, lien internet, pseudonymes, messages reçus ou envoyés.
3. Signalez le contenu à un signaleur de confiance, par exemple Point de Contact.
4. Le signaleur analyse la situation et vérifie si le contenu est illégal.
5. Si c’est le cas, il alerte la plateforme et, selon la situation, les autorités compétentes.
6. La plateforme retire le contenu rapidement ou motive son refus.
7. Le signaleur informe la famille du suivi et des actions entreprises.
En résumé
Ne laissez pas l’enfant seul face à la situation. Rassurez-le, évitez de diffuser davantage le contenu litigieux, et conservez les éléments utiles avant toute suppression. Le signalement est important non seulement pour protéger son propre enfant, mais aussi pour éviter que d’autres jeunes soient exposés au même contenu. Le guide Unaf/Point de Contact insiste sur cette dimension de protection collective et de geste citoyen.
À qui s’adresser concrètement ?
Point de contact permet de signaler simplement et gratuitement des contenus potentiellement illicites en ligne. L’association met à disposition un formulaire, une application mobile et une extension de navigateur ; elle analyse les signalements et peut faire le lien avec les plateformes et les autorités pour faire retirer rapidement le contenu illicite.
Le 3018 est le numéro dédié aux jeunes victimes et aux témoins de harcèlement et de violences numériques. Il est accessible 7 jours sur 7, de 9 h à 23 h, par téléphone, tchat et Messenger. e-Enfance indique que le 3018 dispose d’une procédure accélérée pour obtenir la suppression de contenus ou de comptes préjudiciables en quelques heures.
PHAROS, est le portail officiel de signalement aux autorités. Il permet d’alerter la police ou les services compétents sur un contenu ou un comportement illicite en ligne. En pratique, ce dispositif est complémentaire aux signaleurs de confiance. Dans les situations graves, il est souvent utile de faire les deux.
En résumé
Les signaleurs de confiance sont des alliés utiles pour les parents. Ils ne remplacent pas la vigilance familiale, mais ils permettent d’agir plus vite et plus efficacement lorsque des contenus illégaux mettent un enfant en danger. Face à un doute, il ne faut pas rester seul : conserver les preuves, signaler rapidement et se faire accompagner est souvent la meilleure protection.
Adhérer à une association familiale, c’est agir pour défendre la place de la famille dans la société tout en bénéficiant d’un soutien concret au quotidien.
Un peu d’histoire pour mieux comprendre
Début XXe, la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat crée de nombreuses polémiques. L’une d’entre elles est la situation des élèves issus des écoles congréganistes arrivés subitement dans les écoles publiques. Les pères de famille s’érigent en association pour protéger leurs enfants de la stigmatisation et défendre une vraie conception de la laïcité. Ces associations évoluent très vite en défense des droits de la famille pensée selon les vérités de l’Enseignement social de l’Eglise dans la société.
A l’issue de la 2e guerre mondiale, le Général de Gaulle érige les diverses associations familiales en corps intermédiaire unies sous l’égide de l’UNAF (Union nationale des associations familiales). De même que les syndicats représentent le monde du travail auprès du pouvoir politique, de même les associations familiales représentent la vie de famille auprès du gouvernement.
Aujourd’hui, où en sommes-nous ?
La famille reste un lieu privilégié de croissance et de ressource, fondement de toute société. Qui veille sur les conditions d’exercice de la vie familiale ? Les pouvoirs publics et les institutions sociales abreuvent notre société de lois, de normes pour régir les interactions et le bon fonctionnement de notre pays. Mais les réalités familiales – telles que l’Eglise les promeut – sont peu valorisées soit même mises à mal, par exemple, le mariage, la responsabilité parentale, le droit à choisir l’éducation et la croissance des enfants selon les valeurs de l’Evangile, le soutien de la vie matérielle des familles en faveur d’une natalité florissante.
Les Associations familiales catholiques œuvrent au niveau municipal, régional et national pour alerter, former, informer les élus et les institutions des besoins réels des familles. Ce travail n’est possible que si les AFC peuvent chiffrer suffisamment d’adhérents soucieux d’être représentés ! C’est là que la cotisation intervient.
Afin de soutenir les familles, les AFC agissent donc sur le plan politique et social. Mais elles offrent aussi un panel de services de proximité : formation, convivialité, groupe de parents (Chantiers-Education), EARS (Education affective relationnelle et sexuelle) pour les enfants d’âge primaire, etc.
La commune a de nombreux devoirs vis-à-vis des familles, puisqu’elle marie les citoyens, a la charge de la petite enfance et du logement. Mais celles-ci sont aussi attendues pour s’y impliquer et contribuer au Bien Commun. Regards croisés d’un maire et d’un adhérent AFC représentant les familles dans sa commune.
Qui sont-ils ?
Maxence de Rugy est maire de Talmont-Saint-Hilaire (Vendée), président de la Communauté de Communes Vendée Grand Littoral, et conseiller départemental de Vendée. Il est aussi président de l’Association du Passeport pour le civisme qu’il a fondée.
François de Montleau est adhérent aux AFC et membre représentant de l’UDAF au Conseil d’Administration du Centre Social d’Action Communale (CCAS) de Montigny (Yvelines).
Interview réalisée par Sophie Le Pivain.
D’où vient votre engagement dans la politique municipale ?
François de Montleau : Ingénieur de formation, j’ai longtemps travaillé dans l’industrie avant de me lancer dans l’investissement. En parallèle, j’ai aussi suivi des études de théologie, qui m’ont conduit à donner des cours de théologie dans ma paroisse et dans le diocèse de Versailles. Je ne suis donc pas un homme politique. Mais quand les AFC m’ont appelé en me proposant de devenir représentant de l’UDAF au Centre Communal d’Action Sociale (CCAS), j’ai tout de suite dit oui. Pour moi, il s’agit de mettre en pratique ma foi dans un engagement concret. Au début, j’étais un peu perdu, et je me demandais comment trouver ma place dans cette mission, d’autant qu’elle n’est pas confessionnelle. J’ai commencé par beaucoup écouter, en essayant d’apporter sur la mission du CCAS un regard qui prenne de la hauteur.
Maxence de Rugy : J’ai grandi dans une famille où la question de l’engagement dans la Cité était très présente. J’ai commencé par des engagements très humbles, comme celui de membre du Conseil Municipal des enfants, une petite mission, mais qui marque ceux qui la reçoivent – je remarque que, parmi les maires, beaucoup ont aussi fait cette expérience. Mes études en droit à l’ICES ont été l’occasion de mettre des mots sur les idées que j’avais. Et puis, j’ai découvert la politique locale en travaillant au Conseil Général de Vendée auprès d’élus comme Bruno Retailleau. J’étais fasciné par leur entière disponibilité au service de leur territoire et de ses habitants. J’avais une aspiration profonde à agir en tant que chrétien dans la Cité. Après avoir été chef de cabinet de Bruno Retailleau au Conseil départemental, puis élu au Conseil municipal de ma commune, j’ai été élu maire de Talmont-Saint-Hilaire pour la première fois en 2014 à 31 ans, ce qui a fait de moi le plus jeune maire de Vendée à cette époque.
Quels sont les fruits de cet engagement personnel au niveau municipal ?
F. de M. : Un des fruits personnels, c’est que j’ai découvert au CCAS de Montigny des personnes investies et généreuses. J’avais de la politique l’image d’un lieu de coups bas et de mesquinerie. Au contraire, nous tirons tous dans le même sens, celui du Bien Commun. J’ai aussi pu contribuer, avec d’autres, à un changement de perspective de la structure. Le CCAS comporte une vingtaine de personnes. Son budget est essentiellement alimenté par la subvention de la commune à la hauteur d’un million d’euros environ, pour une ville de 33 000 habitants. Il y avait une tendance à le considérer comme une machine à distribuer des subventions. Les discussions tournaient beaucoup autour de ça, et l’opposition réclamait toujours plus de budget. Avec deux autres personnes, nous avons voulu réfléchir à faire autrement, notamment en proposant une réflexion sur le rôle et les priorités du CCAS. Il en est ressorti qu’il lui revient d’orchestrer la solidarité en mettant en lien les différentes associations du territoire, plutôt que d’essayer de tout faire lui-même, ce qui revient à le faire moins bien. Nous avons aussi commandé une étude sur les besoins prioritaires de la population auprès d’une société extérieure. Celle-ci nous a conduits à un recentrage sur les questions liées au handicap et à l’isolement des seniors.
M. de R. : Celui qui me tient le plus à cœur est le passeport du civisme que j’ai conçu, un petit carnet que reçoivent les CM2 de ma commune, et où ils reçoivent un tampon à chaque acte de civisme accompli. Il peut s’agir de visiter un malade, d’assister aux commémorations du 11 novembre, ou encore de ramasser les déchets sur une plage. Avec ce dispositif, nous aidons les jeunes à devenir des acteurs et non des consommateurs, à s’engager pour les autres et non seulement pour eux-mêmes. Ce dispositif a été adopté dans 550 villes en France. Il aide chaque jeune à comprendre que son comportement individuel contribue au bien collectif. Sur ma commune, j’ai aussi lancé le « blabla familles », des parcours destinés aux parents, aux duo parents-ados ou encore aux couples. Pour ce dernier, nous donnons rendez-vous aux couples dans des lieux insolites et faisons appel à des conseillères conjugales professionnelles. Il y a notamment un dîner en tête-à-tête pour explorer ensemble les langages de l’amour. Alors que nous célébrons les mariages, que nous avons en charge les crèches et la petite enfance, et que nous recevons des subventions de l’État pour lutter contre les violences intrafamiliales, nous nous devons aussi de prendre soin des couples !
F. de M. : Cette initiative m’intéresse, parce que la fragilité du lien conjugal est une problématique qui s’est aussi posée chez nous et pour laquelle nous n’avons pas de solution. Il faut dire que ce sujet est très sensible. Pour pouvoir être entendu sur cette question, je l’aborde sous l’angle économique, par exemple celui de la crise du logement.
Quels sont les domaines dans lesquels les familles sont attendues ?
M. de R. : La première chose que j’attends d’elles, c’est qu’elles s’impliquent dans leur commune. On entend trop souvent que les hommes politiques sont compromis. J’ai de nombreuses familles engagées sur mon territoire : dans les clubs sportifs, dans les conseils d’école. La crise de la société, la crise de l’école proviennent souvent d’une crise plus profonde de la famille. Nous avons besoin de familles solides et impliquées.
F. de M. : A Montigny, qui a été un temps la ville la plus jeune de France, on observe maintenant une baisse du nombre d’enfants, et il y a eu plusieurs fermetures d’écoles. Ce changement n’est pas directement lié aux politiques menées, mais de fait, la parole s’est déplacée des familles vers les seniors, alors que la prise en considération des familles et de leurs difficultés est encore plus nécessaire au vu de la question de la baisse générale de la natalité. Évidemment, elles sont très prises par leur quotidien, mais elles sont assez absentes du paysage politique, et cela n’aide pas le maire à faire valoir la défense de la famille.
Quelles sont les défis que vous avez à relever dans votre engagement local ?
M. de R. : En tant que maire, je dois accepter d’être exposé, et ma famille aussi. Je ne m’appartiens plus complètement. J’assume ce choix, qui demande beaucoup de sacrifices, et qui m’apporte aussi beaucoup de joie. C’est un honneur de me sentir utile.
F. de M. : Je n’ai évidemment pas cette difficulté. Mon défi, quant à moi, c’est de rester fixé sur les objectifs que je me donne. Je limite mes activités. Cet équilibre me permet de rester à l’écoute d’autres personnes, dans mon cercle familial et amical, mais aussi dans ma paroisse. J’y côtoie des personnes d’horizons sociologiques et politiques très divers, et je crois que, dans mon engagement municipal, cela me donne une sensibilité que je n’aurais pas si je n’étais pas chrétien.
Quelle est à vos yeux l’importance de la politique locale, dans la vie d’un pays ?
M. de R. : Pour moi, la commune est une petite patrie, la République incarnée localement. C’est dans la multiplicité de toutes nos communes que se joue le pacte social. Je crois beaucoup à l’enracinement. Sylvain Tesson le définit ainsi : « l’enracinement, c’est être fixé à un lieu d’où l’on accueille le monde ». Et c’est cet enracinement dans nos territoires, dans nos communes et dans nos associations qui portera du fruit dans notre société.
F. de M. : La commune, c’est l’échelle véritablement humaine de la politique. Tout le monde peut serrer un jour dans sa vie la main du maire, pas celle du président. Au niveau national, on se projette volontiers dans des idées et dans des débats. Mais beaucoup de choses ne peuvent se passer qu’à l’échelle locale, l’échelle humaine. C’est notamment le cas de la solidarité, une histoire de rencontres, de personnes qui échangent, prennent des nouvelles et se viennent en aide.