Bioéthique : Mgr Aillet demande aux prêtres et aux laïcs d’accueillir avec attention les sollicitations du collectif « Marchons Enfants » et des AFC

Lettre de Mgr Aillet du 24 septembre aux prêtres, aux diacres et aux responsables de Mouvements, Associations de Fidèles et Services diocésains :

Chers frères et sœurs,

Comme vous le savez, même si les grands médias sont restés très discrets sur le sujet, le projet de loi bioéthique, aggravé par la Commission spéciale de l’Assemblée Nationale, a été adopté le 1er août 2020, par l’Assemblée Nationale en seconde lecture, avec 101 députés présents dans l’hémicycle sur 577. Deux députés courageux de notre département, dont un de la majorité parlementaire, ont voté contre.

J’ai publié deux messages, le 18 juillet et le 15 août, pour commenter cette douloureuse actualité. De nombreux évêques ont réagi à ce « désastre éthique » et le Groupe de travail bioéthique de la Conférence des évêques de France, présidé par Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, a communiqué le 1er août sa désapprobation. Nous ne pouvons certes pas nous bercer d’illusions, mais l’adoption définitive de ce projet de loi n’est pas acquise : le texte doit encore repasser devant le Sénat et le Conseil Constitutionnel pourrait encore être saisi.

Une Coordination d’associations – dont les Associations familiales Catholiques, la Manif pour Tous, Alliance Vita et l’Association Juristes pour l’enfance –, qui a pour nom : « Marchons Enfants », multiplie les campagnes de sensibilisation du grand public, les démarches auprès des parlementaires, et appelle les citoyens à manifester le samedi 10 octobre prochain dans de nombreuses villes de France, dont Bayonne et Pau.

Des représentants de cette Coordination ont été reçus par le Conseil permanent de la Conférence des Evêques de France et ont demandé aux évêques un encouragement, non moins qu’une parole forte adressée au grand public, en affirmant que les évêques sous-estiment souvent leur impact et leur capacité de mobilisation.

C’est dans ce sens que je vous invite à faire bon accueil aux représentants de cette Coordination qui vous contacteront.  Ils vous proposeront de donner une information à vos paroissiens et aux membres de vos Mouvements ou Associations de fidèles, non seulement sur les enjeux du Projet de Loi, mais aussi sur les modalités pratiques des manifestations prévues le 10 octobre à Bayonne et à Pau. Je ne suis pas certain en effet qu’un nombre important de nos fidèles aient une connaissance suffisante du contenu de ce projet de loi, ni tout à fait conscience de ses enjeux et de la gravité des « avancées » ainsi adoptées par l’Assemblée Nationale.  (Voir le site des AFC qui donne beaucoup d’informations utiles, tant sur la manifestation que sur le projet de loi : afc-France.org).

Si l’Eglise ne doit pas s’engager directement dans la gestion des affaires publiques, elle n’en a pas moins la mission prophétique d’éveiller les consciences, en rappelant les principes, parfois non négociables, qui guident la recherche du Bien commun, but principal de la Politique. Elle doit même encourager les fidèles du Christ laïcs à s’engager dans leur mission spécifique, qui est d’animer chrétiennement les réalités temporelles – famille, travail, vie associative, engagement social et politique –, de manière autonome et de leur propre initiative, dès lors que c’est en cohérence avec la foi et l’enseignement de l’Eglise.

Je vous invite donc à encourager les fidèles à prendre leurs responsabilités par rapport à ce projet de loi, qui ne sera pas sans incidences dans la vie de tous les citoyens. Cela peut passer par la décision, que chacun doit prendre librement et en conscience, de manifester. Encore faut-il qu’il soit informé de cette possibilité.

Je vous rappelle que ce projet de loi bioéthique ne s’attaque pas à des réalités contingentes, sujettes à opinions : il comporte une « rupture anthropologique majeure » qui attente à la dignité fondamentale de la personne humaine, à commencer par la plus vulnérable, et offense gravement le dessein du Créateur.

L’Eglise a déjà porté dans le passé un jugement sévère sur la PMA (procréation médicalement assistée) : non seulement elle substitue la technique à la nature, ce qui est incohérent à l’heure de l’engagement écologique, mais elle induit dans la plupart des cas la destruction d’embryons. Aujourd’hui, elle met en garde contre la fabrication légale et intentionnelle d’enfants sans père, induisant un bouleversement de la filiation sans précédent, où la filiation n’est plus liée à la nature – qui exige les gamètes d’un homme et d’une femme – mais à un projet parental. C’est la remise en cause pure et simple de la nature de la génération humaine et la négation de la corporéité, qui est partie intégrante de la personne humaine. Et le fait que cela ne concernera qu’un nombre limité de couples, ne change rien à la Révolution ainsi opérée dans le droit général de la filiation.

Ce projet de loi prévoit en outre d’autoriser largement l’expérimentation sur les embryons humains, jusqu’à fabriquer des embryons-chimères, par l’apport de cellules souches humaines à des embryons animaux !

Enfin, un amendement hors-sujet a été introduit, en extrême fin des discussions, visant à étendre l’Interruption Médicale de Grossesse, déjà possible jusqu’à la fin de la grossesse, aux cas de « détresse psychosociale » : il s’agit ni plus ni moins de détruire un être humain innocent – qui peut nier qu’un fœtus de 9 mois soit un enfant ? – pour résoudre un problème psychosocial. C’est un véritable scandale qui met en lumière le drame de tout avortement ! Comment résoudra-t-on les traumatismes post-avortement qu’un nombre croissant d’experts reconnaissent aujourd’hui ?

Personne n’est dupe non plus sur le frein mis par le gouvernement, pour calmer les esprits, à l’adoption de la GPA, qui ne saurait être longtemps ajournée, ne serait-ce que pour honorer le principe de non-discrimination entre les couples de femmes et les couples d’hommes, et pour ne pas prendre de retard dans une compétition commerciale déjà bien engagée, si l’on en croit la tenue, en toute impunité quoiqu’illégalement, de salons « désir d’enfants » qui en font déjà la promotion en France !

Je pense que vous conviendrez aisément avec moi de la gravité des enjeux et de l’importance qu’il y a à informer les fidèles, comme à les sensibiliser à leur prise de responsabilité, pour faire entendre la voix du bon sens et de la justice sur un projet de loi qui, en fin de compte, n’est ni bio ni éthique, et se contente, une fois encore, de suivre l’évolution des mœurs, au mépris de la loi morale comme des lourdes conséquences qui pèseront sur les générations à venir.

Je répète encore une fois qu’il ne s’agit pas de porter un jugement sur les personnes, dont les souffrances sont respectables. Mais on ne saurait rester muet sur le désordre éthique que ces avancées sociétales apporteront objectivement pour tous. La compassion et l’attention respectueuse que l’on doit aux personnes ne justifient pas que l’on déroge à des principes aussi fondamentaux, parce que seuls à même de garantir les droits fondamentaux de toute personne humaine, sans exception. En l’occurrence, quelle que soit la souffrance de ne pas avoir d’enfant, celui-ci n’est jamais l’objet d’un désir, mais un don qui ne saurait jamais être asservi à la volonté de ses parents.

La prière et le jeûne demeurent les moyens privilégiés pour accompagner notre action et en garantir de la part du Seigneur la fécondité.

En confiant cette lettre à votre discernement, je vous assure de mes sentiments dévoués dans le Christ et Son Eglise, et de ma prière.

+ Marc AILLET

Conférence (zoom) exceptionnelle de l’AFC Villefranche : « PMA : CE QU’ON NE VOUS DIT PAS » par Olivia SARTON – 4 dates au choix : lundi 28 septembre – mercredi 30 septembre – lundi 12 octobre ou mercredi 14 octobre 2020, de 20h30 à 22h30

Chères familles, en lien avec l’AFC de Mâcon, vous est proposée une conférence exceptionnelle :
« PMA : CE QU’ON NE VOUS DIT PAS »par Olivia SARTON4 dates au choix : lundi 28 septembre – mercredi 30 septembre – lundi 12 octobre ou mercredi 14 octobre 2020, de 20h30 à 22h30.
ZOOM vous permet d’y assister de chez vous gratuitement et même d’y participer en fin d’exposé par vos questions.Nous éviterons ainsi les risques de contagion liés au COVID. Les frais seront pris en charge par les AFC. Par ailleurs, se battre juridiquement pour protéger les enfants coûte cher . Aidez JPE en adressant vos dons à « Juristes pour l’enfance », 23 rue Royale – 69001   Lyon
Si vous êtes intéressés, inscrivez-vous. Les délais étant très courts, merci de répondre par le lien ci-dessous avant le vendredi soir 25 septembre
https://doodle.com/poll/55r67tt5w888inwLa date retenue sera celle qui réunira le plus d’audience.Un lien Zoom sera adressé aux inscrits le jour même à leur adresse mail.N’hésitez pas à inviter vos connaissances à nous rejoindre et à s’inscrire, même après la date du 25 septembre.

Un petit mot d’Aude Mirkovic (venue à Villefranche le 17 octobre 2019)
« Hélas, l’actualité ne s’est pas (encore) arrangée et le projet de loi bioéthique, adopté en seconde lecture à l’Assemblée cet été le 31 juillet à 3h40 du matin ! va revenir au Sénat pour une seconde lecture. Il est donc encore temps de travailler à la prise de conscience sur ces sujets si graves (PMA sans père, GPA, IMG…). L’appel à la mobilisation du 10 octobre prochain y contribuera.Olivia Sarton, ancienne avocate qui travaille depuis un an avec moi à Juristes pour l’enfance vient de publier au printemps 2020 le livre « PMA : ce qu’on ne vous dit pas » (ed. Tequi 2020). Elle vous proposera un éclairage pour mieux comprendre les enjeux financiers et idéologiques qui sous-tendent le projet de loi, et qui justifient que l’on passe sous silence les dommages collatéraux nombreux de ce marché de la PMA.Elle renouvelle ainsi le sujet de manière fort intéressante et éclairante. Pas d’ennui possible !La marchandisation du corps humain dans le projet de loi de bioéthique : Les promoteurs de ce projet affirment, de manière bien trompeuse, qu’il s’agit d’une loi d’amour. La réalité est bien différente. Business de la fertilité, marchandisation du corps humain, blanc-seing donné aux dérives scientifiques, c’est ce qui est mis en oeuvre dans ce projet. Les conséquences ne se feront pas attendre longtemps. Déjà, après le vote en Seconde lecture du projet de loi à l’Assemblée nationale, les marchands d’enfants ont organisé début septembre à Paris un salon « Désir d’enfants » où ils ont vendu sans états d’âme leurs prestations.Alors, TOUS derrière nos écrans pour une soirée passionnante! À bientôt. »

Venez tous manifester contre la PMA sans Père, le 10 octobre à 14h45 place Bellecour et/ou faites un don …

Venez nombreux à ce rassemblement statique organisé par le collectif « Marchons Enfants » pour manifester votre désaccord à ce projet de loi. Vous entendrez des intervenants, dont la généticienne Alexandra HENRION-CAUDE.

Si vous ne pouvez vous déplacer, vous pouvez soutenir financièrement la manifestation du 10 octobre 2020 contre la « PMA sans père » et recevez un reçu fiscal des AFC.

Spécifiez bien dans votre courrier que c’est pour cette manifestation.

Adresse : AFC – 4 rue des Remparts d’Ainay 69002 LYON

Bien entendu les AFC reverseront intégralement les fonds au collectif « Marchons Enfants ».

Merci de votre générosité !

Communiqué de presse afc – Avortements en hausse : une autre politique est possible


Les chiffres des avortements réalisés en 2019 viennent d’être publiés par la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques.
Ils annoncent 232 200 avortements en 2019 contre 224 023 en 2018. Le taux de recours est à son niveau le plus élevé depuis 1990.
 » Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame. C’est pourquoi, si le projet qui vous est présenté tient compte de la situation de fait existante, s’il admet la possibilité d’une interruption de grossesse, c’est pour la contrôler et, autant que possible, en dissuader la femme.  » déclarait Simone Veil le 26 novembre 1974 devant l’Assemblée nationale.
La loi et son évolution n’ont pas dissuadé les femmes d’avorter mais, au contraire, elles les y ont plutôt encouragées.
D’une IVG pratiquée en cas de situation de détresse de la femme, avec autorisation parentale obligatoire pour les mineures et délai de réflexion de 7 jours minimum (Loi Veil du 17 janvier 1975), nous sommes arrivés, en janvier 2014, à un délai légal de l’avortement porté de 10 à 12 semaines de grossesse avec une consultation psychosociale seulement pour les mineures, un consentement parental supprimé pour les mineures et des IVG médicamenteuses pouvant être pratiquées en cabinet  » de ville « , le tout sans  condition de détresse. (Cf fiche : Evolution de la législation sur l’IVG de 1975 à 2020)
En 2020, l’Interruption Médicale de Grossesse sur critère de détresse psychosociale incluse dans le projet de loi de bioéthique et la proposition de loi Gaillot (allongement des délais légaux d’accès à l’IVG de 12 à 14 semaines et suppression de la double clause de conscience), si elles étaient votées, banaliseraient cet acte.
L’Allemagne, notre voisine, tout en ayant 16 millions d’habitants de plus que nous, obtient des résultats bien différents des nôtres puisqu’il s’y passe 100 000 IVG annuelles seulement (La Croix 8/1/2020).
Aux USA, depuis 2000, les avortements diminuent, accusant une baisse jusqu’à 7% entre 2014 et 2017 (Source Institut Guttmacher in le Figaro 18/09/2019).
Les avortements diminuent aussi en Espagne, au Portugal, en Estonie, en Slovaquie.
Pourquoi la France continue-t-elle à produire autant d’avortements ?
La France a longtemps été persuadée que la diffusion massive de la contraception contribuerait à diminuer le nombre des IVG. Or la France à un taux de couverture contraceptive parmi les plus élevés au Monde. C’est le paradoxe de la contraception.
Le Gouvernement et les parlementaires devraient regarder le nombre élevé d’IVG comme un problème de santé publique et développer des politiques préventives et d’accompagnement des grossesses imprévues et non comme une solution pour la libération de la femme.
Les Associations Familiales Catholiques appellent à un changement de politique incluant :
– un développement de l’éducation affective et sexuelle des jeunes
– la lutte contre les facteurs de risque (pauvreté, déscolarisation) de recourir à l’IVG en cas de grossesse imprévue.
– d’aides matérielles et financières pour aider les femmes et les familles
– la valorisation de l’accouchement sous le secret.
Cessons de banaliser l’avortement, prenons soin des futures mères en difficulté.
Voir nos fiches « Prévention et alternatives à l’IVG » et « Grossesses imprévues, où trouver de l’aide? « 

Prochaine Bourse aux Vêtements de l’AFC Saint-Jean-Marie-Vianney

Vous les attendiez avec impatience… voici les dates de la prochaine bourse aux vêtements des AFC! Elle aura lieu les lundi 12 et mardi 13 octobre à Francheville, chez Marie-Sophie de Closmadeuc.Toutes les infos sont ci-dessous.


Pricille Le Guen, Marie-Sophie de Closmadeuc et Valentine Guézo