Communiqué de presse des AFC – Vote au CESE sur la fin de vie : les AFC désapprouvent le vote du groupe famille

Le mardi 10 avril, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) s’est prononcé en faveur du développement des soins palliatifs mais aussi de la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, en adoptant un avis par 107 voix pour, 18 voix contre et 44 abstentions.


Le groupe famille du CESE au sein duquel siègent des militants AFC a voté « pour » l’avis à une large majorité.

 

Les AFC ne doutent ni de leurs convictions, ni de leur désapprobation des propositions en faveur de l’euthanasie puisqu’ils ont courageusement travaillé à la rédaction d’un dissensus (opinion divergente) formellement inscrit dans l’avis. Ils ont aussi dénoncé avec force les mentions « décès naturel » à l’état civil ou « derniers soins » en cas d’euthanasie.

 

Les AFC estiment néanmoins que ce vote s’est révélé une erreur dans la mesure où, à l’expérience, il fait l’objet d’interprétations contradictoires. D’autant que l’ambiguïté de ces interprétations a été entretenue par la communication du CESE, dont les AFC ont obtenu qu’il la rectifie et rende compte plus loyalement du dissensus qu’il avait tout d’abord occulté.

 

En particulier, pour beaucoup, la présence de 11 bonnes préconisations en faveur du développement des soins palliatifs et la formulation explicite d’un dissensus sur les préconisations 12, 13 et 14 qui sont favorables à l’euthanasie et au suicide assisté, n’auraient pas dû exonérer de la nécessité de voter contre l’avis dans son ensemble.

 

Surtout, au-delà d’un vote inapproprié aux interprétations ambiguës, les AFC appellent à garder les yeux d’abord rivés sur la gravité de la situation. Car même si le groupe famille avait voté « contre », les préconisations en faveur de l’euthanasie auraient obtenu une écrasante majorité.

L’engagement contre l’euthanasie et pour le développement des soins palliatifs requiert une action ambitieuse et durable d’explication, notamment des points suivants :
– « La dignité est inhérente à la nature humaine. Elle ne dépend pas de l’idée que chacun se fait de lui-même, elle n’est donc pas un principe, mais son respect en est un. » 1
– « La légalisation de l’assistance au suicide entrerait en contradiction avec le droit de toute personne à la vie ; elle mettrait en cause un principe anthropologique présent dans tout notre système juridique qui reflète une société́ prioritairement soucieuse de protéger le plus faible » 2 – texte repris du dissensus introduit par les opposants du CESE à l’euthanasie.
– « Si certains font le choix désespéré du suicide, la société a avant tout le devoir de prévenir ce geste traumatisant. Ce choix ne doit pas entrer dans la vie sociale par le biais d’une coopération légale au geste suicidaire. » 3

 

Les AFC redisent inlassablement que chacun doit pouvoir être assuré que la main qui le soigne ne peut être une main qui donne la mort.

 



1 Avis du CESE, Déclaration du groupe de l’UNAF, avril 2018
2 Avis du CESE, Texte du dissensus du groupe de l’UNAF, avril 2018
3 Fin de vie, oui à l’urgence de la fraternité ! Déclaration de la Conférence des Evêques de France, avril 2018

Communiqué de presse : Euthanasie : dissensus profond au CESE

Le mardi 10 avril, le Conseil économique, social et environnemental (CESE), troisième assemblée de la République, s’est prononcé explicitement en faveur de la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté en adoptant un rapport en ce sens par 107 voix pour, 18 voix contre et 44 abstentions.

Alors  que la question de la fin de vie est fortement débattue à l’occasion des États généraux de la bioéthique, et que la loi Claeys-Léonetti de 2016 n’est pas encore pleinement appliquée, l’adoption de ce rapport favorisant une  » sédation profonde explicitement létale  » est lourde de sens.

Les AFC saluent l’opiniâtreté des trop rares votes contre, dont – et contrairement à ce qui a été publié par le CESE – celui d’Antoine Renard, ancien Président de la Confédération Nationale des AFC et membre désigné du CESE au titre de la cohésion sociale et territoriale et vie associative.

Ceux qui ont voté contre ont aussi obtenu qu’un avis divergent soit mentionné et publié, avis que les médias ont largement préféré taire.

Dans les derniers moments de l’existence se vivent un condensé des relations de toute une vie : derniers messages, pardons donnés, recommandations, ultimes mots d’amour. Ce n’est possible que si on accepte de prendre le temps de l’accompagnement sans être dans une logique d’urgence pour  » en finir « . La fin de vie pose de façon aiguë la question de la solidarité à la société tout entière.

Nous ne pouvons croire que la solution technique envisagée soit un progrès en humanité.

Ne donnons pas la mort, humanisons-la.

Faut-il rappeler que dans des pays où l’euthanasie s’est totalement démocratisée et libéralisée (comme en Hollande ou en Belgique), certains malades ou certaines personnes âgées font le choix de quitter leur propre pays par crainte d’être euthanasiés contre leur gré. Est-ce ce climat de méfiance et de peur que nous voulons instaurer ?

Les AFC redisent et ne cesseront de redire avec force que chacun doit pouvoir être (r)assuré que la main qui le soigne ne peut être une main qui donne la mort. Les AFC veulent une société de la confiance mutuelle malade-famille-soignants.