Clarification des AFC sur la polémique « des votes au CESE » concernant l’euthanasie

Message d’Aude DUCROS Chargée de la communication et des relations presse aux AFC
a.ducros@afc-france.org
tél : 01.48.78.81.08 fax : 01.48.78.07.35
 

Le 23/04/2018

Je comprends les questionnements  – voire la colère – que peut soulever chez certains le vote d’Antoine Renard au CESE.

Aussi vais-je essayer d’y répondre, car cette « affaire des votes » au CESE relève surtout d’une mauvaise communication, de la part du CESE d’abord, des médias ensuite (mais, à leur décharge, qui n’ont fait que reprendre les éléments transmis par le CESE et qui étaient tronqués).

Les AFC agissent en ce-moment même auprès du CESE pour qu’il clarifie ses propos et reconnaisse sa communication déloyale, reconnaissance dont les AFC attendent qu’elle s’ensuive d’actes levant toute ambiguïté.

 J’entends que beaucoup auraient préféré que les AFC se positionnent tout simplement contre l’avis afin de faire passer un message clair. 

Au préalable, je vous invite à prendre connaissance :

Antoine Renard et, à travers lui, les AFC, ont bien voté CONTRE l’euthanasie en dépit du vote « pour » l’avis tel que véhiculé par les médias et le CESE de manière déloyale.

 Les AFC se sont positionnées résolument CONTRE l’euthanasie tout au long de la rédaction de l’avis du CESE.

 C’est pour cela aussi qu’elles ont voté « contre » une portion des préconisations figurant dans cet avis, mais « pour » l’avis consultatif qui a été soumis au vote dans son ensemble. 

Durant toutes les discussions en commission et en séance, les AFC (et l’UNAF) ont défendu pied à pied leurs convictions et avec d’autres, ont obtenu du CESE que soit exprimé un dissensus formel sur les préconisations 12, 13 et 14, et que celles-ci y fassent explicitement référence par la mention « Le dissensus décrit précédemment sous les termes « Divergences exprimées » s’applique aÌ cette préconisation », qui est sans ambiguïté. En obtenant que soit acté un dissensus, Antoine Renard est allé courageusement à l’encontre des habitudes du CESE qui rend toujours des avis consensuels.

Il s’est battu pour faire prendre en compte un dissensus sur cette question. Ayant obtenu satisfaction, il a cru possible de voter pour la résolution dans la mesure où le dissensus serait diffusé.

 Les AFC (et l’UNAF) ont également obtenu durant les discussions que les fameuses préconisations incriminées parlent clairement « d’injection létale », là où le CESE parlait de « soin », afin de lever l’amalgame qui voulait faire croire que l’Euthanasie était un soin. Antoine Renard est « allé au carton » courageusement et/car peu soutenu.

 En votant « pour » l’avis, les AFC ont donc approuvé la formulation du dissensus et le fait qu’il s’applique aux préconisations 12, 13 et 14.

Les AFC regrettent profondément que le CESE ait manqué de rigueur et de loyauté en n’évoquant pas clairement ce dissensus dans ses actions de communication. Elles regrettent que ce manquement provoque la confusion et l’équivoque, ce dont La Croix a fait état le 12 avril. 

Les AFC prennent acte de ce qui s’est passé pour en tirer les conclusions nécessaires à l’avenir. 

Je voudrais terminer ce message en évoquant [Saint] Jean XXIII qui consacre dans « Pacem in terris » un paragraphe sur « Le devoir de participer à la vie publique » pour les chrétiens et Péguy qui rappelait que seuls ceux qui n’ont pas de mains ont les mains propres.

Les AFC n’ont pas trahi leurs convictions ni leur conscience même si, encore une fois, j’entends parfaitement qu’en terme de communication la chose soit périlleuse et difficile à  comprendre.

Elles agissent en prenant les places dans les instances politiques pour y faire changer les choses de l’intérieur et améliorer tout ce qui peut l’être. Cela amène à prendre des risques et des coups qu’elles sont prêtent à porter.

Communiqué de presse : Euthanasie : dissensus profond au CESE

Le mardi 10 avril, le Conseil économique, social et environnemental (CESE), troisième assemblée de la République, s’est prononcé explicitement en faveur de la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté en adoptant un rapport en ce sens par 107 voix pour, 18 voix contre et 44 abstentions.

Alors  que la question de la fin de vie est fortement débattue à l’occasion des États généraux de la bioéthique, et que la loi Claeys-Léonetti de 2016 n’est pas encore pleinement appliquée, l’adoption de ce rapport favorisant une  » sédation profonde explicitement létale  » est lourde de sens.

Les AFC saluent l’opiniâtreté des trop rares votes contre, dont – et contrairement à ce qui a été publié par le CESE – celui d’Antoine Renard, ancien Président de la Confédération Nationale des AFC et membre désigné du CESE au titre de la cohésion sociale et territoriale et vie associative.

Ceux qui ont voté contre ont aussi obtenu qu’un avis divergent soit mentionné et publié, avis que les médias ont largement préféré taire.

Dans les derniers moments de l’existence se vivent un condensé des relations de toute une vie : derniers messages, pardons donnés, recommandations, ultimes mots d’amour. Ce n’est possible que si on accepte de prendre le temps de l’accompagnement sans être dans une logique d’urgence pour  » en finir « . La fin de vie pose de façon aiguë la question de la solidarité à la société tout entière.

Nous ne pouvons croire que la solution technique envisagée soit un progrès en humanité.

Ne donnons pas la mort, humanisons-la.

Faut-il rappeler que dans des pays où l’euthanasie s’est totalement démocratisée et libéralisée (comme en Hollande ou en Belgique), certains malades ou certaines personnes âgées font le choix de quitter leur propre pays par crainte d’être euthanasiés contre leur gré. Est-ce ce climat de méfiance et de peur que nous voulons instaurer ?

Les AFC redisent et ne cesseront de redire avec force que chacun doit pouvoir être (r)assuré que la main qui le soigne ne peut être une main qui donne la mort. Les AFC veulent une société de la confiance mutuelle malade-famille-soignants.