Manifestation le 10 octobre à Paris et dans toute la France contre la PMA pour toutes, l’autoconservation des ovocytes ou encore l’IMG pour détresse psychosociale…

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Le mouvement associatif «Marchons enfants !» est strictement opposé au texte adopté en seconde lecture par l’Assemblée nationale. Le texte prévoit l’adoption de la «PMA pour toutes», l’autoconservation des ovocytes ou encore l’IMG pour «détresse psychosociale».

Par Bénédicte Lutaud

Afin de manifester son opposition au projet de loi de bioéthique, le collectif «Marchons enfants !», qui rassemble 22 associations, appelle les Français à manifester le 10 octobre prochain, à Paris et dans d’autres villes de France. Le collectif a fait cette annonce lors d’une conférence de presse ce mercredi 26 août à Paris, en présence des représentants des associations Juristes pour l’enfance, Associations familiales catholiques (AFC), Alliance Vita, et du Collectif des maires pour l’enfance.

Pour s’adapter au contexte de crise sanitaire, plusieurs manifestations éparses, sous le seuil de 5000 personnes, devraient se tenir en Île-de-France et dans au moins cinq grandes villes de l’hexagone. « Nous prévoirons plusieurs cortèges au besoin dans certaines villes », précise au Figaro Ludovine de la Rochère, présidente du collectif Marchons enfants, et de La Manif pour tous.

Marchons enfants prévoit d’autres actions pour protester contre le projet de loi de bioéthique, comme la signature de la pétition «papa t’es où?» afin «d’exposer aux pouvoirs publics que les Français sont massivement contre ce projet de loi», affirme Ludovine de la Rochère. Franck Meyer, porte-parole du Collectif des maires pour l’enfance, a ainsi déploré que «l’avis des Français», consultés lors des États généraux de la bioéthique en 2018, n’ait «rien à voir» avec «ce qui se profile aujourd’hui» dans le projet de loi.

«Nous sommes encore libres de dire non», a insisté Aude Mirkovic, porte-parole de l’association Juristes pour l’enfance, invitant les Français à manifester le 10 octobre prochain et fustigeant plusieurs mesures du projet de loi de bioéthique. Ainsi, pour la PMA, «le critère d’infertilité a été supprimé, même pour les couples hétérosexuels, désormais cible numéro 1 du business de la procréation», a-t-elle déploré. La juriste a également dénoncé le remboursement par la Sécurité sociale de la PMA pour toutes les femmes : «le reste à charge d’un patient atteint du Covid-19 va de 1500 à 8000 euros. Et la loi de bioéthique prendrait totalement en charge un acte pour des personnes ne souffrant d’aucune maladie ?».

Pascale Morinière, présidente de la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC), a pour sa part fustigé une «loi honteuse où la personne humaine est réduite à un matériau de laboratoire»«L’urgence sociale, c’est l’aide aux familles et on le redira avec force dans la rue avant le passage au Sénat», a-t-elle ajouté.

L’enjeu, pour le collectif Marchons enfants, va également être d’alerter les nouveaux sénateurs après les prochaines élections sénatoriales prévues le 27 septembre prochain, qui renouvelleront la moitié des sièges des élus, et donc avant le passage du texte au Sénat en deuxième lecture. «Des courriers, des rencontres, des rassemblements, des manifestations seront prévues, plus nombreuses que lors de la première lecture du projet de loi», précise au Figaro Ludovine de la Rochère.

Par ailleurs, différentes actions devraient être menées contre le salon « Désir d’enfants » qui doit se tenir les 5 et 6 septembre prochains à Paris. Ce salon «affiche des prestations faisant la promotion de l’exploitation reproductive du corps des femmes dans le but d’obtenir un enfant (GPA) et fournit aux clients potentiels les moyens de réaliser une telle GPA», s’alarme ainsi le collectif.À lire aussi : Loi bioéthique: «Les digues de la prudence ont été abattues»

Première grande réforme sociétale du quinquennat, le projet de loi bioéthique a été voté à l’Assemblée nationale début août par 60 voix contre 37 et 4 abstentions, sous les applaudissements de la majorité. Il doit encore repasser devant le Sénat, peut-être pas avant janvier 2021, avant que les parlementaires des deux chambres ne tentent de trouver une version de compromis.

Interruption médicale de grossesse en cas de «détresse psychosociale»

Outre la mesure emblématique de l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires, ce projet de loi prévoit une délicate réforme de la filiation et de l’accès aux origines, et aborde nombre de sujets complexes comme l’autoconservation des ovocytes ou la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Un amendement, autorisant l’interruption médicale de grossesse en cas de «détresse psychosociale», a également été adopté en toute fin de course de l’examen de la loi. «Alliance Vita est très mobilisée contre ce critère invérifiable de détresse psychosociale permettant un avortement jusqu’au terme de la grossesse», a déclaré sa déléguée générale Caroline Roux, lors de la conférence de presse de Marchons enfants ce 26 août.


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