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Jean-Guilhem Xerri : « Imaginer l’après-confinement, c’est déjà le faire exister »

Aleteia

À l’aube du déconfinement qui s’amorcera progressivement à partir du 11 mai, il est tentant de recommencer à se projeter dans l’avenir. Exprimer ses désirs, ses envies, ses rêves, serait même un exercice bénéfique pour mieux vivre le moment présent, selon le psychanalyste chrétien Jean-Guilhem Xerri.

Le confinement lié à l’épidémie de covid-19 nous fige. Telle une parenthèse dans le déroulé de nos vies, il nous fige dans le temps qui est comme suspendu, dans l’espace étroit de nos maisons et dans l’incertitude de l’après. A l’image des rues désertées, l’immobilisme a élu domicile dans nos existences et a parfois tendance à gagner notre intériorité : nos projets sont annulés ou reportés, nos envies refrénées par le manque de visibilité et nos désirs demeurent engourdis par l’anxiété ou la morosité. « Les manifestations qui commencent à être observées sont multiples, analyse Jean-Guilhem Xerri, auteur de (Re)vivez de l’intérieur (Cerf) : de l’inquiétude, évoluant vers l’anxiété et éventuellement l’angoisse ; de l’irritabilité, jusqu’à l’agressivité et la violence ; des sentiments dépressifs ; et enfin des pratiques addictives qui apparaissent ou resurgissent ». Fort de ce constat, le psychanalyste invite à retrouver une mobilité intérieure pour établir un nouvel équilibre.

Imaginer l’après pour mieux vivre le présent

Comment retrouver une mobilité intérieure ? Pour Jean-Guilhem Xerri, cela passe par deux « exercices » : faire mémoire du passé et se projeter vers l’avenir. Se souvenir des moments difficiles qui ont déjà été surmontés permet de surmonter ceux du présent. Et « se projeter vers l’avenir aide à mieux vivre un présent difficile », explique le psychanalyste. « Imaginer le futur possède une grande vertu, confie-t-il à Aleteia, celle de se remettre en mouvement, de retrouver de l’élan, de la créativité, de l’envie ». Demandons-nous simplement : « A quelles personnes rendrai-je visite lorsque la liberté de circuler sera rétablie ? », « Quel sera mon premier déplacement ? », « Qu’est-ce que j’aurai envie de vivre dans le monde d’après ? » L’imagination permet d’accéder au champ du désir. Tant pis si tous les désirs exprimés fluctuent d’un jour à l’autre ou n’aboutissent pas, il ne s’agit pas d’engagements gravés dans le marbre, mais plutôt de raviver ses envies, d’exprimer ses rêves, de retrouver cette mobilité intérieure qui nous fait cruellement défaut en ce moment. Cela a un effet bénéfique sur le présent. « Imaginer l’après-confinement, c’est déjà le faire exister ». Alors laissons libre cours à notre imagination !

Enfants et écrans : comment gérer le confinement et… après ?

Les Echos – publié le 7 avril 2020

Par Jacques Henno

En ces temps de confinement, beaucoup de parents autorisent leurs enfants à passer plus de temps sur les écrans pour faciliter le lien avec l’école et les amis. Avec le risque de créer des habitudes sur le long terme, y compris lors du retour à une vie « normale ». Comment gérer cette situation inédite au mieux, sans tomber dans l’excès ?

Mathilde P. est maman d’un garçon de treize ans. Pour l’aider à rester en contact avec ses amis pendant le confinement, elle l’a autorisé à installer Snapchat sur son smartphone. « Je ne connaissais pas cette application, mais une copine m’a dit que c’était sans risque : il paraît que les textes et les photos que l’on y publie disparaissent automatiquement au bout de quelques minutes. C’est vrai ? » demande-t-elle… Comme beaucoup de Français contraints de passer toutes leurs journées avec leurs enfants, cette mère de famille est devenue beaucoup moins regardante côté rangement, heures de coucher et… temps d’écran ! Une façon comme une autre d’acheter la « paix sociale » à la maison, mais qui culpabilise certains parents et les amène à s’interroger sur l’impact des jeux vidéo, réseaux sociaux, dessins animés sur Gulli ou séries Netflix désormais consommés à hautes doses.

Que ces adultes se rassurent : tous les experts qui d’ordinaire dénoncent – avec raison – les effets négatifs de la télévision ou des tablettes doivent, comme tout le monde, s’adapter à cette situation inédite qui les contraint à rester enfermés avec leur progéniture ! « J’en suis encore à essayer de trouver le mode d’emploi », sourit Christine Carter, sociologue à l’université de Berkeley (Californie), auteure de « The New Adolescence : Raising Happy and Successful Teens in an Age of Anxiety and Distraction », confinée avec son mari et leurs quatre ados.

Ne pas culpabiliser

Première recommandation de tous ces spécialistes en phase d’expérimentation forcée : ne pas culpabiliser d’avoir lâché du lest. « Avec d’autres chercheurs, nous avons passé ces dernières années à expliquer que la surexposition des enfants aux écrans constituait un véritable scandale sanitaire ; mais en période de confinement, ces outils apparaissent comme malheureusement salvateurs : ils vont permettre à certains parents de respirer et de ne pas devenir trop agressifs envers leur progéniture », reconnaît Stéphane Blocquaux, chercheur à l’UCO (Université catholique de l’Ouest) sur les effets de la réalité virtuelle.

Cependant, les parents ne doivent pas renoncer à exercer leurs responsabilités. « D’une façon générale, le rôle des parents consiste, entre autres, à informer, à rassurer, à valoriser le vivre-ensemble et à rythmer le quotidien », insiste Michel Wawrzyniak, professeur en psychologie à l’université d’Amiens et président de la Fnepe (Fédération nationale des écoles des parents et des éducateurs).

Quatre règles qui s’appliquent aussi aux écrans. Informer ? « Les dessins animés pour les plus jeunes, les réseaux sociaux pour les plus grands doivent être une source de dialogue, plutôt que de conflits entre les générations : profitons du confinement pour expliquer aux enfants pourquoi les écrans nous fascinent », insiste Merwann Abboud, coordinateur de Fragil, une association nantaise d’éducation aux médias et aux pratiques numériques. On interrogera les plus jeunes sur leur dessin animé favori, leur héros préféré, son comportement (violent ? altruiste ?…) afin de les aider à prendre du recul. Aux préados et aux ados, on révélera l’économie de l’attention sur laquelle repose Instagram, « le » réseau social du moment : nous faire revenir le plus souvent et le plus longtemps possible sur cette plateforme afin de nous montrer toujours plus de publicités. « L’offre de captation de l’attention est désormais infinie et gratuite, mais notre capacité de réception est limitée et fragile », prévient Anne de Pomereu, spécialiste de la mémoire et de l’attention.

Protéger les plus jeunes

Rassurer ? Ce temps de pandémie est bien sûr angoissant pour tout le monde. A cette peur s’ajoute celle provoquée par certaines fausses nouvelles. Les sites de vérification des faits, comme celui de l’AFP, constituent une aide précieuse. Mais il est aussi conseillé de protéger les plus jeunes : ni les parents ni les grands frères ou grandes soeurs ne doivent regarder le journal télévisé avec eux. « Attention en particulier au côté anxiogène des chaînes d’information en continu », met en garde Olivier Duris, psychologue clinicien et membre de l’association 3-6-9-12, qui a mis au point les balises du même nom (par exemple, pas d’écran avant 3 ans).

Valoriser le vivre-ensemble ? Les parents peuvent proposer des activités communes : la cuisine, des jeux de plateau, un film en famille… Il faut aussi montrer le côté positif des réseaux sociaux, qui permettent de maintenir le lien avec les grands-parents, les cousins, les amis… « Ce qui est perturbant, bien sûr, c’est quand ce lien social survient, via WhatsApp ou autre, alors que l’enfant fait ses devoirs, qu’il dîne avec ses parents ou qu’il s’apprête à se coucher : les adultes doivent aider les grands à comprendre qu’un écran n’a pas de limite, ni de lieu, ni d’espace ! » explique Elena Pasquinelli, membre de la fondation La Main à la pâte, qui promeut l’enseignement scientifique.

D’où l’importance de rythmer le quotidien, en proposant des temps de travail, de loisirs, de sport… sans écran. « Nous, adultes, devons montrer l’exemple en coupant les écrans pour permettre à notre cerveau de se régénérer : moi-même, je fais de la visualisation mentale, je m’imagine en promenade dans une forêt », détaille Caroline Cuny, professeure de psychologie à Grenoble Ecole de Management et coauteure d’un guide pratique sur la sursollicitation numérique. Pour abriter sa famille du numérique, chacun a sa petite astuce : définir un agenda très précis, passer un contrat familial… Nir Eyal, auteur de « Indistractable : How to Control Your Attention and Choose Your Life », croit, lui, aux nouvelles technologies. « L’application Forest vous propose de faire pousser un arbre virtuel pendant que vous n’utilisez pas votre smartphone et avec les points ainsi obtenus de financer la plantation de vraies forêts », avance-t-il. Anne de Pomereu Penicaut vante un réceptacle mis au point par des Américains pour enfermer son smartphone quelques heures ou quelques jours. Une fois programmé, on ne peut plus revenir en arrière. Le téléphone est… confiné !

Comment préparer la sortie du confinement ?

« Dites d’ores et déjà à vos enfants qu’il s’agit d’une période extraordinaire et que celle-ci aura bien sûr une fin et qu’il y aura donc un retour à une consommation normale des écrans », conseille Christine Carter, sociologue à l’université de Berkeley (Californie). « Méfiez-vous des offres gratuites de la part des plateformes de vidéos et autres dessins animés : ce sont souvent des cadeaux empoisonnés destinés à attirer une nouvelle clientèle, puis à la garder une fois la quarantaine terminée », avertit Stéphane Blocquaux, chercheur à l’Ensam (Ecole nationale supérieure d’arts et métiers). « Idéalement, il faudrait profiter du confinement pour repenser en famille la structuration de notre temps par les outils numériques, évaluer leurs impacts sur notre concentration, établir de nouvelles règles – plus saines – de consommation des écrans et garder ces bonnes habitudes après », estime, quant à elle, Caroline Cuny, professeure de psychologie à Grenoble Ecole de Management. J.H.

Enfants et écrans : dix règles d’or

· Pas d’écran (ni télévision, ni jeu vidéo, ni dessin animé sur tablette, etc.) avant 3 ans.

· Laisser le moins possible les autres enfants seuls devant un écran. L’écran doit être un temps de partage avec un parent (voir https://www.3-6-9-12.org/).

· Pas d’écran dans la chambre des enfants.

· Pas d’écran le matin avant d’aller à l’école (ou de se mettre au travail, en temps de confinement).

· Pas d’écran pendant les repas afin de ne pas nuire au dialogue parents-enfants.

· Pas d’écran le soir pour les jeunes enfants et les enfants du primaire afin de ne pas retarder leur endormissement.

· Les jeux vidéo doivent convenir à l’âge de l’enfant. Avant de donner un nouveau jeu consulter la classification Pegi.

· Les contenus vus en famille doivent être accessibles au plus jeune présent devant l’écran (voir la signalétique jeunesse sur csa.fr).

· Les smartphones des enfants doivent être équipés d’un contrôle parental (par exemple Temps d’écran sur iOS, Kaspersky Safe Kids ou Norton Family sur Android).

· Les profils des enfants, préados et ados sur les réseaux sociaux et les plate-formes de visio-conférence, doivent être paramétrés en mode privé.

Confinement : un rituel pour favoriser le coucher d’un enfant

Comment préparer la sortie du confinement ?

Enfants et écrans : dix règles d’or

· Pas d’écran (ni télévision, ni jeu vidéo, ni dessin animé sur tablette, etc.) avant 3 ans.

· Laisser le moins possible les autres enfants seuls devant un écran. L’écran doit être un temps de partage avec un parent (voir https://www.3-6-9-12.org/).

· Pas d’écran dans la chambre des enfants.

· Pas d’écran le matin avant d’aller à l’école (ou de se mettre au travail, en temps de confinement).

· Pas d’écran pendant les repas afin de ne pas nuire au dialogue parents-enfants.

· Pas d’écran le soir pour les jeunes enfants et les enfants du primaire afin de ne pas retarder leur endormissement.

· Les jeux vidéo doivent convenir à l’âge de l’enfant. Avant de donner un nouveau jeu consulter la classification Pegi.

· Les contenus vus en famille doivent être accessibles au plus jeune présent devant l’écran (voir la signalétique jeunesse sur csa.fr).

· Les smartphones des enfants doivent être équipés d’un contrôle parental (par exemple Temps d’écran sur iOS, Kaspersky Safe Kids ou Norton Family sur Android).

· Les profils des enfants, préados et ados sur les réseaux sociaux et les plate-formes de visio-conférence, doivent être paramétrés en mode privé.

Confinement : un rituel pour favoriser le coucher d’un enfant

Aleteia

Horloge des routines (Eyrolles)

Avec le confinement, les repères d’un enfant sont chamboulés, les temps d’écran explosent et le stress ambiant peut l’atteindre de manière inconsciente. Résultat des courses, il fait tout pour repousser le moment d’éteindre la lumière. Et si vous faisiez appel à « l’horloge des routines » pour l’aider à se coucher plus facilement ?

Dommage collatéral de la pandémie de covid-19 : le sommeil de certains enfants est fortement altéré. Alors qu’il dormait bien jusqu’ici, bon nombre de parents témoignent que leur enfant se réveille à nouveau la nuit, fait des cauchemars ou refuse d’aller au lit. S’il n’y a pas de statistiques en la matière, la Société Française de Recherche et Médecine du Sommeil (SFRMS) alerte : « Le confinement à domicile peut entraîner ou augmenter des troubles du sommeil chez vos enfants. Ce n’est pas une fatalité, vous pouvez les aider ! ». Une aide d’autant plus bienvenue qu’un sommeil réparateur permet à l’enfant de mieux faire face au stress et à l’anxiété, et l’aide à renforcer le bon fonctionnement de son système immunitaire. L’institut donne en ce sens quelques conseils : éviter les écrans une heure voire deux heures avant l’heure du coucher, ne pas discuter des événements négatifs de la journée le soir, fixer des horaires de coucher réguliers et renforcer les routines du soir.

L’horloge des routines

Peut-être que votre rituel du soir est déjà bien calé : histoire, prière, câlin et au lit ! Néanmoins, la situation actuelle exige dans certains cas de rassurer encore plus l’enfant ou d’instaurer un nouveau rituel pour casser un éventuel sentiment de lassitude. Julie Renauld Millet, thérapeute systémique, propose dans son ouvrage Mon enfant ne veut pas

Dessinez une horloge que vous découpez (comme un gâteau) en parts égales marquant les différentes étapes qui précèdent le coucher : rangement, pyjama, passage aux toilettes, brossage de dents, lavage des mains bien sûr, prière du soir, histoire, câlin… Définissez une heure de début et une heure de fin. Si c’est à vous de définir les étapes, à lui, si possible, de choisir l’ordre de ces routines.

Affichez ensuite l’horloge dans le couloir, devant sa chambre. « Visualiser les différentes étapes aidera votre enfant à se mettre en marche et vous aidera à le rendre autonome. Il est bien plus constructif pour lui d’entendre : « Que te reste-t-il à faire avant l’histoire ? » que : « Va te laver les dents ! » », souligne la thérapeute. Une manière de ritualiser, de manière formelle, le coucher de votre enfant, auquel il prend lui-même une part active, avec moins de facilité de s’y soustraire. Un rituel à définir en amont : « Le rituel du coucher se prépare en dehors du coucher », précise Julie Renauld Millet, et avec des règles claires : nombre d’histoires, heure de coucher, droit de se relever ou pas


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