Retrouvez la conférence de Véronique Lemoine « Autorité et liberté : les défis de l’éducation »

« Le bonheur passe par la maturité ». Après une définition de la maturité affective, Véronique Lemoine parle de l’autorité, de son évolution durant les dernières décennies et surtout comment l’exercer aujourd’hui à partir de deux outils psycho-éducatifs : l’éducation à la liberté et l’éducation à la frustration.

Véronique Lemoine est psychologue et psychothérapeute depuis près de 20 ans, co-fondatrice de l’association MCAdS (Mieux Connaître l’Angoisse de Séparation) et elle a écrit avec Agnès Daubricourt « Guide de survie à l’usage des parents » (2014).

Cette conférence a eu lieu lors des assises des Chantiers-Education, le 1er février 2019.

🎧 / 🎥 Ecouter ou voir la conférence :

Pour l’écouter voici le lien :

https://drive.google.com/file/d/1HKjgr15CeE3rMBhh-On4mMlskzIhHEvC/view

Pour voir la vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=Lk3b6L9ESyQ&list=PLY2V0QMXqguxPDc-o3sXJDQl-YLlUNsCi

« Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants ! » : Vous aussi rejoignez un Chantier-Education (service des AFC) !

Lors d’une conversation entre amis, il peut arriver que nous comparions nos expériences éducatives. C’est aussi l’objet des rencontres mensuelles des Chantiers-Éducation.

Et souvent, si ces amis n’ont pas encore d’enfant, sort la phrase « Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants ! ».
Une phrase qui peut paraître défaitiste. Mais qu’en est-il finalement ?

Les principes…

Lors des rencontres de notre Chantier-Education, il peut ressortir, par exemple, qu’éduquer un aîné peut sembler plus difficile que pour les cadets sans doute parce qu’avec un premier enfant tout parent veut tout bien faire. Ensuite, il arrive que nous perdions nos illusions sur nous-mêmes et que nous nous décontractions avec les suivants.

Alors pour bien éduquer ses enfants, faut-il d’abord perdre toute illusion sur notre capacité à être de « bons parents » ?

A moins d’être immatures ou exceptionnellement insouciants, tout parent débute sa carrière en étant bourrés de principes (plus ou moins bons) qui deviennent autant de projets que la réalité a tôt fait de malmener. Et plus les enfants grandissent, plus nos principes éducatifs sont malmenés !

… maintenant j’ai des enfants

Vient donc (périodiquement) le temps de « l’autocritique ». Et heureusement ! Car à rester accroché à ses projets de départ, nous risquons de passer à côté de ce que sont réellement nos enfants. Mais si cette attitude critique peut sembler nécessaire, elle peut devenir désastreuse quand elle nous conduit à douter du caractère primordial et irremplaçable de notre mission de parents et de notre capacité à la remplir.

Il serait judicieux de se considérer comme de perpétuels apprentis en éducation, ce qui implique la possibilité de faire des erreurs et, dès lors, le droit de se reprendre.

 Géraldine, Chantier-Éducation du Val de Marne

Réflexion éducative des Chantiers-Education décembre 2018 : Comment mettre fin efficacement et sans délai aux colères enfantines et ramener la paix dans la famille ?

Notre consoeur portugaise, Fabiana Santos, mère de deux enfants, a expérimenté une méthode d’une efficacité avérée pour mettre fin, sans délai, aux colères enfantines et ramener la paix dans la famille. Explications.

« Je n’ai pas lu tous les livres de psychologie infantile et je n’ai pas non plus suivi toutes les formations pour apprendre à éviter les colères des enfants. Pourtant, forte d’une expérience personnelle avec ma fille de 5 ans, je souhaite vous faire part d’une méthode que j’ai récemment découverte. Elle pourrait vous servir grandement quand vos enfants semblent éprouver un malin plaisir à faire un drame pour n’importe quelle raison.

Les faits, tout d’abord. Quand ma fille a commencé à aller à la crèche, elle est devenue très angoissée. Haute comme trois pommes, elle nous menaçait néanmoins de ne rien nous raconter sur ce qui se passait à la garderie. Son comportement, à la maison, est devenu incontrôlable. Toutes les occasions étaient bonnes pour faire une scène, même dans les moments les plus anodins.

La crèche nous a alors encouragé à solliciter l’assistance d’un psychologue infantile, pour quelques séances. Il était important qu’Alice puisse s’épancher afin d’apaiser la situation. Nous avons donc pris rendez-vous et la personnes qui nous a reçus, Sally Neuberger, nous a fourni un conseil aussi simple qu’excellent.

La psychologue nous a expliqué qu’il fallait faire en sorte que l’enfant se sente respecté, en accordant de la valeur à ce qu’il pouvait ressentir. En effet, à partir de l’âge de 5 ans, l’enfant a besoin d’être écouté pendant ses crises, quel qu’en soit le motif, et il a besoin de réfléchir, de trouver la réponse à ce qui lui arrive.

L’inclure dans la résolution du problème et accorder de l’attention à ses préoccupations, constituent les éléments clés pour désamorcer la situation.

Ainsi, concrètement, lors d’un accès de colère – parce que c’est l’heure du coucher, parce qu’il ne veut pas aller faire ses devoirs… – quel que soit le motif, il faut poser la question suivante à l’enfant, en le regardant dans les yeux et d’une voix apaisée : « Est-ce que c’est un grand, un moyen ou un petit problème ? »

L’effet est littéralement magique. Chaque fois que je lui pose cette question, ma fille me répond. En sondant son ressenti, elle parvient à trouver une solution au problème.

Un petit problème sera facilement résolu. Le problème moyen ne sera probablement pas résolu dans l’immédiat : l’enfant comprendra que, certaines choses, demandent des efforts particuliers et du temps. Si un problème est grave – les choses graves pour un enfant ne doivent pas être dédaignées ou survolées par les adultes – cela demandera sûrement un échange approfondi et une attention plus aiguë afin que l’enfant puisse comprendre qu’il y a des choses qui ne peuvent être exactement comme on les souhaite.

Je pourrais citer de nombreux exemples pour vous montrer de quelle manière j’applique cette méthode. Je me contenterais d’un cas récent : juste au moment de se préparer pour aller à l’école. Ma fille me fait souvent des scènes pour choisir sa tenue. Elle veut porter son pantalon préféré, alors qu’il est à la machine. Elle fond en larmes et je reste ferme : « Alice, est-ce qu’il s’agit d’un problème grand, moyen ou petit ? » Toute penaude, elle me regarde et chuchote : « Petit ». Je peux donc alors lui expliquer en quoi ce problème était effectivement petit, et donc facile à régler.

Je lui demande quelle solution nous pouvons trouver à ce petit souci (il est important de lui laisser le temps pour qu’elle réfléchisse et trouve une réponse). Elle me répond : « En choisissant un autre pantalon ». J’ajoute : « Et n’aurais-tu pas d’autres pantalons à choisir ? ». Elle me sourit et part chercher un autre pantalon.

Fabiana Santos est journaliste et la maman de Felipe, 11 ans, et d’Alice, 5 ans. Ils vivent à Washington DC. Les réponses aux « petits problèmes« sont désormais courantes, maintenant, Alice parvient même à rire de ses propres caprices. Elle est parvenue, à quelques reprises, à reconnaître sincèrement : « Maman, je crois que ceci n’est même pas un problème ».

Source Aleteia 2017