« Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants ! » : Vous aussi rejoignez un Chantier-Education (service des AFC) !

Lors d’une conversation entre amis, il peut arriver que nous comparions nos expériences éducatives. C’est aussi l’objet des rencontres mensuelles des Chantiers-Éducation.

Et souvent, si ces amis n’ont pas encore d’enfant, sort la phrase « Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants ! ».
Une phrase qui peut paraître défaitiste. Mais qu’en est-il finalement ?

Les principes…

Lors des rencontres de notre Chantier-Education, il peut ressortir, par exemple, qu’éduquer un aîné peut sembler plus difficile que pour les cadets sans doute parce qu’avec un premier enfant tout parent veut tout bien faire. Ensuite, il arrive que nous perdions nos illusions sur nous-mêmes et que nous nous décontractions avec les suivants.

Alors pour bien éduquer ses enfants, faut-il d’abord perdre toute illusion sur notre capacité à être de « bons parents » ?

A moins d’être immatures ou exceptionnellement insouciants, tout parent débute sa carrière en étant bourrés de principes (plus ou moins bons) qui deviennent autant de projets que la réalité a tôt fait de malmener. Et plus les enfants grandissent, plus nos principes éducatifs sont malmenés !

… maintenant j’ai des enfants

Vient donc (périodiquement) le temps de « l’autocritique ». Et heureusement ! Car à rester accroché à ses projets de départ, nous risquons de passer à côté de ce que sont réellement nos enfants. Mais si cette attitude critique peut sembler nécessaire, elle peut devenir désastreuse quand elle nous conduit à douter du caractère primordial et irremplaçable de notre mission de parents et de notre capacité à la remplir.

Il serait judicieux de se considérer comme de perpétuels apprentis en éducation, ce qui implique la possibilité de faire des erreurs et, dès lors, le droit de se reprendre.

 Géraldine, Chantier-Éducation du Val de Marne

Réflexion éducative des Chantiers-Education décembre 2018 : Comment mettre fin efficacement et sans délai aux colères enfantines et ramener la paix dans la famille ?

Notre consoeur portugaise, Fabiana Santos, mère de deux enfants, a expérimenté une méthode d’une efficacité avérée pour mettre fin, sans délai, aux colères enfantines et ramener la paix dans la famille. Explications.

« Je n’ai pas lu tous les livres de psychologie infantile et je n’ai pas non plus suivi toutes les formations pour apprendre à éviter les colères des enfants. Pourtant, forte d’une expérience personnelle avec ma fille de 5 ans, je souhaite vous faire part d’une méthode que j’ai récemment découverte. Elle pourrait vous servir grandement quand vos enfants semblent éprouver un malin plaisir à faire un drame pour n’importe quelle raison.

Les faits, tout d’abord. Quand ma fille a commencé à aller à la crèche, elle est devenue très angoissée. Haute comme trois pommes, elle nous menaçait néanmoins de ne rien nous raconter sur ce qui se passait à la garderie. Son comportement, à la maison, est devenu incontrôlable. Toutes les occasions étaient bonnes pour faire une scène, même dans les moments les plus anodins.

La crèche nous a alors encouragé à solliciter l’assistance d’un psychologue infantile, pour quelques séances. Il était important qu’Alice puisse s’épancher afin d’apaiser la situation. Nous avons donc pris rendez-vous et la personnes qui nous a reçus, Sally Neuberger, nous a fourni un conseil aussi simple qu’excellent.

La psychologue nous a expliqué qu’il fallait faire en sorte que l’enfant se sente respecté, en accordant de la valeur à ce qu’il pouvait ressentir. En effet, à partir de l’âge de 5 ans, l’enfant a besoin d’être écouté pendant ses crises, quel qu’en soit le motif, et il a besoin de réfléchir, de trouver la réponse à ce qui lui arrive.

L’inclure dans la résolution du problème et accorder de l’attention à ses préoccupations, constituent les éléments clés pour désamorcer la situation.

Ainsi, concrètement, lors d’un accès de colère – parce que c’est l’heure du coucher, parce qu’il ne veut pas aller faire ses devoirs… – quel que soit le motif, il faut poser la question suivante à l’enfant, en le regardant dans les yeux et d’une voix apaisée : « Est-ce que c’est un grand, un moyen ou un petit problème ? »

L’effet est littéralement magique. Chaque fois que je lui pose cette question, ma fille me répond. En sondant son ressenti, elle parvient à trouver une solution au problème.

Un petit problème sera facilement résolu. Le problème moyen ne sera probablement pas résolu dans l’immédiat : l’enfant comprendra que, certaines choses, demandent des efforts particuliers et du temps. Si un problème est grave – les choses graves pour un enfant ne doivent pas être dédaignées ou survolées par les adultes – cela demandera sûrement un échange approfondi et une attention plus aiguë afin que l’enfant puisse comprendre qu’il y a des choses qui ne peuvent être exactement comme on les souhaite.

Je pourrais citer de nombreux exemples pour vous montrer de quelle manière j’applique cette méthode. Je me contenterais d’un cas récent : juste au moment de se préparer pour aller à l’école. Ma fille me fait souvent des scènes pour choisir sa tenue. Elle veut porter son pantalon préféré, alors qu’il est à la machine. Elle fond en larmes et je reste ferme : « Alice, est-ce qu’il s’agit d’un problème grand, moyen ou petit ? » Toute penaude, elle me regarde et chuchote : « Petit ». Je peux donc alors lui expliquer en quoi ce problème était effectivement petit, et donc facile à régler.

Je lui demande quelle solution nous pouvons trouver à ce petit souci (il est important de lui laisser le temps pour qu’elle réfléchisse et trouve une réponse). Elle me répond : « En choisissant un autre pantalon ». J’ajoute : « Et n’aurais-tu pas d’autres pantalons à choisir ? ». Elle me sourit et part chercher un autre pantalon.

Fabiana Santos est journaliste et la maman de Felipe, 11 ans, et d’Alice, 5 ans. Ils vivent à Washington DC. Les réponses aux « petits problèmes« sont désormais courantes, maintenant, Alice parvient même à rire de ses propres caprices. Elle est parvenue, à quelques reprises, à reconnaître sincèrement : « Maman, je crois que ceci n’est même pas un problème ».

Source Aleteia 2017

 

Les Chantiers-Education, des rencontres pour donner confiance aux parents

Reportage sur les Chantiers-Education paru sur le site Aleteia en septembre 2018

Ouverts à tous, les Chantiers-Éducation, créés au sein des Associations Familiales Catholiques (AFC), soutiennent les parents dans leur mission de premiers éducateurs de leurs enfants. Ils sont un temps d’écoute, d’échange et de partage sur des questions éducatives. Actuellement, plus de 600 Chantiers-Éducation font leur rentrée en France et à l’étranger.

Aleteia a assisté à la première réunion d’un chantier « jeunes enfants » dans le Val d’Oise. Reportage.

Comme tous les premiers lundis du mois, ces huit mères de famille se retrouvent pendant deux heures pour échanger autour d’un sujet d’éducation. Elles arrivent l’une après l’autre, après avoir déposé enfants et faux-semblants. Embrassades, discussions animées autour de la rentrée des classes — mois de septembre oblige —, thé et café, témoignent d’un bel esprit de convivialité. Un temps d’intériorité apaise les esprits, puis vient le moment d’aborder le thème qui les réunit aujourd’hui : l’autorité.

Un partage d’expériences

Un premier tour de table délie les langues. Pas de surprise, les trois questions exposées pendant le chantier ont été envoyées par mail avant la réunion, et chacune y a répondu en couple, dans la mesure du possible, bien souvent la veille et par écrit. Première question : « Comment l’autorité se vit-elle à la maison ? » Pas de mamans parfaites qui diraient « mais tout va très bien ! », ni de phrases toutes faites. Elles savent qu’un des piliers du chantier est la confidentialité. Il règne un climat d’écoute et de bienveillance qui les met en confiance et toutes osent raconter comment ça se passe vraiment à la maison. Chez l’une, l’autorité est plutôt du ressort du père, et elle en bave lorsqu’il n’est pas là. Chez une autre, l’autorité se résume à crier toujours plus fort, jusqu’à ce qu’elle baisse finalement les bras. Une autre raconte comment des règles précises et strictes, définies à l’avance, l’aident à asseoir son autorité sur ses enfants.

La seconde question du jour porte sur les joies et les difficultés rencontrées dans l’exercice de l’autorité. Nouveau tour de table, et nouveau partage d’expériences, encore plus personnel. Les jeunes femmes expriment leurs émotions, leur frustration, leurs victoires de maman. L’une confie sa difficulté à donner des ordres à ses enfants, en ayant souffert plus jeune. Une autre a adopté un tableau de services, « garant de l’harmonie familiale ! », assure-t-elle, enthousiaste. Une autre encore a remarqué qu’elle n’usait pas de la même autorité selon ses enfants, l’aîné ayant besoin de limites bien précises tandis que le second est plus malléable.

Valoriser, enrichir, donner du sens

Un dernier tour de table invite à se reposer la question de ses choix personnels et de couple en matière d’éducation. La question préparatoire était : « Dans notre manière d’exercer notre autorité, que voulons-nous transmettre à nos enfants ? » Chacune réfléchit à ses propres raisons et motivations. Donner un cadre à l’enfant, inculquer le respect des parents, apprendre à vivre en société… En exprimant ainsi leurs motivations profondes, ces jeunes mamans se sentent valorisées, confortées, dans ce qu’elles font, elles s’enrichissent des expériences des unes et des autres, elles donnent du sens à leurs actes du quotidien. Aucune recette miracle ne sort de la réunion, mais un dernier récapitulatif des grandes motivations de chacune offre une multitude de pistes à explorer, et éventuellement, à s’approprier.

Un réel élan d’enthousiasme jaillit en fin de chantier. Comme un mélange d’impatience, d’essayer une nouvelle organisation, de joie, d’avoir récolté un truc ou une astuce, de force renouvelée dans sa belle mission de parent, et de soulagement, de ne pas être seule. Dans le brouhaha général, la responsable et l’animatrice du chantier annoncent le thème de la prochaine réunion : la gestion de la tranche-horaire 18h-20h. Les exclamations fusent de toutes parts. Le thème a du succès. Visiblement, elles auront des choses à partager !

Conférence des Chantiers-Education le mardi 9 octobre 2018 à 20h à la Maison des Familles : « comment aider notre enfant à découvrir ses sources de motivation ? »

La rentrée des Chantiers

Et si je décidais de prendre du temps pour moi cette année pour réfléchir à ma mission de parent ?

La famille s’est agrandie. Mon ainé entre en CP ou au collège ou au lycée. Mes enfants grandissent et je me laisse parfois submerger par leurs désirs, leur envie d’autonomie.  Les émotions prennent le pas sur la réflexion. Je n’arrive pas à trouver mon équilibre.

Et si la solution c’était de rejoindre un Chantier-Education pour me permettre de rencontrer d’autres parents, de partager mes expériences, de m’enrichir : de donner plus de place à ma mission de parents…

Plus de 600 Chantiers-Éducation font leur rentrée en France et à l’étranger. Et si je proposais à mon AFC de démarrer une équipe ?

Renseignements  :

Valérie Devin
Blandine Nottet
Référentes Chantiers-éducation du Rhône
chantier.education69@gmail.com